‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 147 sur 224 · III. — MODÈLE DES VERTUS · texte numérisé non relu

III. — MODÈLE DES VERTUS

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Et la Bienheureuse en a laissé d'innombrables témoignages, dont nous allons citer quelques-uns,

S'il est une image qui dise avec une exactitude parfaite la reproduction, dans une copie, des traits de l'original, c'est celle de la toile d'attente sur laquelle lartiste va exprimer et traduire en traits précis, qu'il animera des couleurs de la vie, la pensée qui hante son génie, En fait, il se reproduit lui-même dans Son tableau, car sa pensée c'est son cerveau, c’est son Cœur, C’est lui-même, — Or, un jour que la Bienheureuse, incxpérimentée aux choses de la vie spirituelle, demandait à sa Maitresse de lui apprendre à faire l’oraison, cette religieuse de grand sens surnaturel lui fit cette réponse, que Ja novice n° comprit pas : « Allez-vous mettre devant Notre-Seivneur comme une toile d’attente devant un peintre. » Notre-Scigneur daigna Sanctionner l'idée fort juste de la Maitresse en se l'appropriant et en l’expliquant à l'enfant noive mais sincère, que sa tendresse entourait déjà de prédilections très marquées. — « Viens, lui dit-il, je l'apprendrai ce que cela veut dire. » — « Et d’abord que je fus à l'oraison, mon Souverain Maitre me fit voir que mon âme était cette toile d'attente sur laquelle il voulait Peindre tous les traits de Sa vie souffrante, qui s’est toute écoulée dans l’amour et Je sacrifice ; et qu’il y feruit cette impression après l'avoir purifiée de toutes les taches qui lui restaient, tant de l'affection aux che s$ te: “estres que de l'amour de moimême et de la cature, pour lesquels mon nature] complaisant avait beaucoup de penchant (1). »

Se conformant désormais à cette intention du divin Maitre, la Bienheureuse étudiait attentivement les vertus dont son Eucharistie est le perpétuel exemplaire, et, dans une instruction d'admirable profondeur, devenue maitresse à son tour, elle disait aux jeunes religieuses du noviciat :

DT. I, p 2355.

45h LA VIE DU SACRÉ-CŒUR

« Notre Seigneur me fit entendre que, m'ayant destinée à rendre un continuel hommage à son état d’hostie dans le Saint Sacrement, je devais lui immoler continuellement mon être par amour, adoration et conformité à Ja vie de mort qu'il a dans l'Eucharistie et pra.iquer mes vœux sur ze sacré modéle (1).

« Sa vie est toute cachée aux yeux des créatures, qui n’y apercoivent que les pauvres et viles espèces du pain et du vin. — De même, je tâcherai de me tenir tellement cachée, que je n’aurai pas de plus grande joie que de ne voir paraître en moi que ce qu'il y a de plus pauvre et abject, pour m, tenir toujours cachée sous la cendre de l'humilité, par les rebuts et inépris des créatures.

« Jésus est là dans un état de mort au regard de la vie des sens. — Il faut donc que je fasse mon plaisir de n’en point avoir, en renonçant à tout ce qui m’en pourrait procurer, essayant de mortiüer tout ce qui me pourrait contenter.

« Jésus est toujours solitaire au trés saint Sacrement, n’y conversant qu'avec Dieu. — Pour me conformer à lui, je tàcherai d’être partout solitaire, ne conversant intérieurement qu'avec Jésus.

« Jésus y garde un perpétuel silence, — lequel je veux imiter par le silence intérieur et extérieur, ne parlant que par l’ordre de ma règle et de la charité, »

Après ces exemples de ce qu’on peut appeler le fondement général de la vie religieuse, la Bienheureuse a vu ceux des vertus et des vœux, et elle se dispose à les imiter : le bel enseignement, simple et profond, mais que l’on n'aime guère à entendre parce qu’il oblige trop sévèrement la nature à s'y sacrifier sans retard et sans réserve :

« Jésus se fait pauvre au très saint Sacrement, nous donnant tout ce qu'il a sans se rien réserver, pour posséder

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