‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 151 sur 224 · TITI. — NODÈLE DES VERTUS · texte numérisé non relu

TITI. — NODÈLE DES VERTUS

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ment acceptées pendant toute la durée de l'Euncharistie : il n'en faut pas d'avantage pour que la pauvreté, la dépendance, l’inertie du pain livré à tous en nourriture, deviennent Ja pauvreté, l'humilité, l'obéissance et la charité dévouée sans mesure du Christ Jésus contenu et donné Sons le sine sacramentel.

Voyez cette mystérieuse investiture des propriétés du pain par le Christ à la Céne, qui rappelle de si près l'investiture des qualités de la nature humaine par le Verbe divin lors de l'Incarnation. Jésus prend substantiellement dans le pain la place de la substance matérielle qu'il en exelut ; il en garde les accidents, dont il constitue son état Sacramentel, c’est-à-dire les conditions extérieures, oraniques et sensibles de cette nouvelle présence qu’il inaugure ici-bas pour Y être notre compagnon d'exil, la victime de notre religion et l'aliment divin de nos âmes. A cette heure solennelle de sa vie mortelle, il est libre et dans les conditions où il peut pratiquer toutes les vertus méritoires. C’est par amour qu'il se fait sacrement, et cette arande œuvre d'amour égale, si elle ne la surpasse à certuins égards, la preuve sublime qu'il en va le lendemain donner en mourant sur la croix pour salisfaire à la Justice infinie, Ce sacrifice sanglant sera si méritant que le Christ en obtiendra l’apaisement du courroux divin, le salut du monde, la résurrection et la glorification de sa sainte humanité. Pourquoi l’œuvre d'amour qui consiste à livrer son Corps ct à répandre son sang sur l'autel du Cénacle, en revétant l'état sacramentel, ne serait-elle pas d'un mérite infini? A ce moment, d'un regard qui pénètre jusqu'au dernier fond de l'horizon des siècles, dans les retraites profondes de tous les tabernacles et dans les replis ténébreux de toutes les âmes, le Christ voit tout ce Qu'il aura à y subir d'humiliation. de sujétion, d'abandon, et souvent de mépris, de trahisons et &indisnes traitements; malgré les répugnances les plus légitimes de sa majesté, de sa sainteté et de sa dignité de Dieu et d'homme,

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il brave tous ces obstacles, accepte tous ces ahaiss-ments, prend librement l’état matériel qui lui en sera l’occasion et la cause : n'est-ce pas là mériter et transformer toutes les propriétés matérielles de cet état en d’admirables manifestations des plus sublimes vertus ?

Eh bien, ce que le Christ fit alors vertueusement et méritoirement, il le renouvelle chaque matin. Si cet acte n’est plus inéritoire parce que le Christ n'est plus dans le temps du mérite, limité à la vie mortelle, il n’en est pas moins puissant en vertu, et il continue de manifester, par le signe des propriétés matér' Îles de l’état sacramentel, le trésor des vereus invisibles contenues dans le Cœur du Christ eucharis'' ‘le.

Le vil prix d a matière du signe eucharistique devicnt la pauvreté volontaire de Jésus, qui s'en revêt en dépouillant le manteau de sa gloire.

L’abjection de ces signes inertes, qui tiennent le dernier rang des êtres, au-dessous du vermisseau et de l'herbe des champs, lesquels du moins manifestent de la vie, devient l'humilité sublime du Christ qui y descend du trône de sa royauté céleste et y anéantit sa vie glorieuse.

L'état dépendant de ces accidents proclame l’obéissance généreuse, la soumission héroïque du Christ qui y enchaîno son empire sur les cieux, la terre et les enfers.

L'immobilité pesante et insensible des accidents est la démonstration d'üne constance et d’une patience que rien ne fatigue à tout supporter, même ce qu’il y a de plus klessant pour la dignité et la délicatesse de Celui qui n'y est qu'amour et fidélité.

L'aptitude des accidents à être mangés par tous fuit éclater la chari‘’ du Sauveur, le don qu'il fait à tous et à chacun pour se consumer au service de tous les intérêts, au soulagement de tous les besoins de ses enfants.

Faut-il encore ajouter que le voile épais de cette matiéro qui obseurcit la grâce resplendissante de son visage, qui fait disparaitre les formes harmonieuses de son humanité

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