I. — LE PLUS GRAND DÉSIR DU SACRÉ-CŒUR
inénarrable. Désirons-la donc et la demandons fréquente, quotidienne, à notre Père qui est dans les cieux, à Marie notre mère, qui veut nourrir ses enfants du fruit de son sein; au cher Père nourricier qui a mission de le donner au monde entier; demandons-la par toutes nos prières, tous nos exercices de religion, toutes les œuvres de mortification et de charité, par toutes les actions méritoires de notre vie. C'est le bien par excellence, c'est Jésus, c’est Dieu, c'est la vie éternelle : on ne saurait jamais assez désirer de tels biens! Et il semble que ces âmes sont dans l'illogisme, qui désirent et demandent sans cesse le Ciel, s’efforceant d’ailleurs de s’en rendre dignes par leur vie chrétienne, et qui n’osent désirer, qui hésitent même à accepter la communion quotidienne. Comment prétendre à la possession du Christ dans le bonheur, si l’on n'ose aspirer à sa possession dans le labeur? Comment oser aspirer à approcher de ce Roi de majesté dans sa gloire, jusqu'à lui être pour jamais uni sans séparation possible, et refuser d'aller à lui dans son humilité, alors qu'il s'offre et appelle à lui avec de si humbles et si touchantes instances?
Enfin, ne vous sentant pas assez de confiance en son appel ou assez d'amour pour venir à lui dans une visite renouvelée chaque jour, vous osez aspirer à vivre avec Jui face à face et sans interruption pendant toute l'éternité! Et l’Etre divin que vons avez peur de manger trop souvent sous le voile condescendant d'un peu de pain, dont l'usage vous est familier, vous croyez que vous pourrez le manger dans les splendeurs de sa beauté et de sa gloire? Car la béatitude est une communion immédiate et perpétuelle à Dieu dont on se rassasie, dont on s’enivre, sans en être jamais lassé !
Prenez donc des sentiments plus conformes à la réalité. Aspirez à posséder Dieu autant qu'il se veut donner ici-bas, c'est-à-dire tous les jours : c’est la condition et le moyen de l: posséder sûrement au Ciel pour toujours. Souvenez-vous que tout en étant la sainteté divine elle-même, Jésus s'est