A4 LA VIE DU SACRI-CŒUR RÉ RP EN ANR SE
fait le pain des voyageurs et qu’il s'offre ici à des conditions infiniment moins onéreuses qu’au Ciel, précisément pour préparer d’une manière progressive sa possession glorieuse par sa possession gracieuse. On ne peut entrer au Ciel avec la tache la plus légère : les exigences sont moins sévères pour l'entrée au sacré banquet, où le pain qui est offert, étant destiné par son divin Instituteur à des voyageurs, contient la vertu d'effacer les taches, de guérir les blessures, de reposer des fatigues, pourvu que la vie de Ja grâce n’en soit pas mortellement atteinte.
Désirez, désirez donc la communion quotidienne, et faites de l’accomplissement de vos obligations d'état, quelles qu'elles soient, de vos devoirs de charité, des peines de votre vie patiemment supportées, le moyen très simple et très suffisant de vous préparer à la recevoir d’une manière fructueuse pour votre âme et glorieuse pour Notre-Seigneur! On ne désire jamais trop la vie éternelle, qui est la vie parfaite en même temps que la vie heureuse; et ce désir même, qui lui est un grand hommage, entre comme un élément important dans la digne préparation de l'âme. Après tout, la communion est l'œuvre de l’amour, aussi bien de notre amour pour Dieu que de son amour pour nous, et le désir est l'expression de l'amour : on ne peut jamais trop désirer Celui que l’on n’aimera jamais assez!
Cornme ses désirs altérés méritent au cerf que la bonté divine lui fasse rencontrer les eaux vives (1), ainsi le Christ Jésus, dont le Cœur nous appelle avec tant d'impatience, récompensera-t-il l'ardeur de nos désirs en nous donnant en plénitude tous les biens renfermés dans le don de la communion : « Daniel, disait l'ange au jeune prophète exilé, parce que tu es un homme de désirs, je viens pour les combler tous (2)! »
(2) Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum, ita desiderat anima mea ad te, Deus! (Ps. x.)
(2) Ego veni ut indicarem tibi, quia vir desideriorum es. (Dan., 1x, 23.)
Il. — LE PLUS PARFAIT HOMMAGF nr
Le plus parfait hommage au Sacré-Cœur !
la communion.
Hoc facite in meam coinmemorationem Faites ceci en mémoire de moi, (Luc., xx, 49.)
Que le divin Maitre ait demandé, pour la satisfaction de son Cœur, « premièrement » d'être reçu en communion le plus souvent possible, cela se comprend très bien si l'on se rend compte de ce qu'est pour lui, de la part du chrétien, l'hommage d’une communion bien faite.
Rien qui réponde mieux au don qu'il fait de Ini-méiue que le don de nous-mêmes par la communion, — Rien ju réponde mieux aux sacrifices qu'il s'impose pour se donner à nous, que le sacrifice de nous-mêmes auquel nous oblige la communion. — Aucun hommage de religion qui contienne plus d’adoration, de pureté et d'amour, que la communion.
EL — S'il est, en effet, ur moment précieux où l'âme soit dans des dispositions religieuses moins indignes de la Majesté trois fois sainte qu'elle doit servir et honorer, c’est bien celui de la communion. Elie s'est purifiée par la confession sacramentelle, ou du moins elle a passé au crible d'un sévère examen ses pensées et ses actions, et elle s’est plongée dans la contrition de toutes ses faiblesses; elle gémit sur toutes ses imperfections reconnues et si douloureusement persistantes ; elle renonce à toutes les occasions, personnes ou choses. et à toutes les complaisances qui la pourraient ramener au péché: elle s'engage, par des résolutions aussi déterminées que possible, à donner satis-
faction à toutes les volontés de Dieu sur elle, et elle se dévoue et s’abandonne à son unique bon plaisir. Elle a pardonné au prochain, si elle avait contre lui quelque rancune, et obtenu son pardon en offrant de toute offense par elle commise une loyale réparation. Surtout, elle s'est humiliée, elle s' imilie encore et jusqu'au dernier moment, ne se pouvant jamais persuader qu'elle l'ait fait assez profondément; et cette humiliation sincère, inspirée par la vérité et par l'amour, où elle confesse son indignité absolue d'être admise par son Dieu, ne l'empêche pas de tendre vers lui de toute la force de son immense besoin; elle demande non seulement à être admise en sa présence, mais à le prendre et à le manger, afin d'être prise à son tour et consumée par le feu dévorant de sa sainteté, Et voilà que le Fils de Dieu, en descendant en personne dans cette âme, va l'unir à sa religion d’infini mérite et lui en communiquer toutes les dispositions. Non, jamais l’âme n'est aussi parfaitement religieuse que dans la communion!
Il s'agit évidemment ici de la religion individuelle que tout chrétien doit à son Créateur et à son Rédempteur Jésus ; car pour ce qui est de la religion qu'il doit comme membre du corps spirituel de l'Eglise, le Sacrifice auguste de la messe en reste toujours la plus haute, l’unique expression parfaite. Mais la communion étant la plus complète participation au sacrifice, celle qui y mêle le plus profondément l’assistant et qui en assure le mieux les fruits dans sa vie, elle est, à ce point de vue comme à tous les autres, le plus parfait hommage de la religion du fidèle envers Dieu. Et voilà pourquoi Æ Sauveur le réclame avant tous les autres pour satisfaire et consoler son Cœur.
Cette assertion demande à être développée : elle nous révélera quelques-unes des richesses du grand et doux mystère de la communion, où le Fils de Dieu se donne tout entier à l’homme en nourriture pour s'emparer de l’homme tout entier, afin que, dans cette mutuelle possession, Dieu trouve sa gloire et la créature sa perfection et son bonheur.
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