IT. — LE PLUS PARFAIT HOMMAGE
1 amour, en faisant l'objet de ses délices, Nous ne pouvons , l'aimer qu'autant que nous aimons les croix. Il me fit connaitre qu'autant de fois je ferais rencontre de la croix i- et la mettrais par amour dan mon cœur, autant de fois je a recevrais et ressentirais sa présence dans mon cœur : eur 1 sa croix l'accompagne partout comme le vrai caractére de 1i son amour (1). »
l'- Certes, elle ne se recherchait pas dans Ja communion et a ne communiait pas pour son plaisir, mais pour le plus pur 8 service et le plus dévorant amour de Dieu, l'âme héroïque 8 qui écrivait encore ces paroles sublimes : 4 La sainte eoniit munion m'était si douloureuse. qu'il me serait difficile ‘A d'exprimer la peine que je sentais en n'en approchant, » bien qu'il ne me fût pas permis de nren retirer, puisque ir c'était lui-même qui me faisait sonffrir ect état, me détene 1r dant de m'en éloisner (2)!
À] Concluons done : Si le Sauveur a institué Ja communion pour garder au monde toujours vif ét agissant le souvenir le de sa mort, et si cette mort a été le plus narfait hommage de sa religion envers son Père, celui qui fui a donné toute nn catisfaction et rendu tonte sa gloire restaurée, rien ne )S " saurait être plus conforme à l'esprit de Ia communion et at Î aux intentions du divin Maitre. rien non plus ne sera plus >s f utile à notre sanetitication et plus satisfaisant pour Le Ceur ul adorable, que d'envisager la comiaunion conime l'occasion 1) de nous offrir à Dieu en sacrifice, comme Je moyen se ets unir à Jésus pour être immolés comme Qui : cet alor. 18 | que ce pain de vie, en nons faisant mourir à nous, n assurera en nos àmes la vie qui ne meurt pas, et nons fera re des « hosties vivantes, saintes et agréables à Dieu (5)!
ASNRONNEAREE (CREME D 00: (3) Obsecro itaque vos, fratres. per misericordiam Dei, ut exhi-
Le Cœur pe Jésre-Cunier — Ÿ, {LL sy
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La communion réparatrice.
Aller alterius onera portate, et sie adimplebitis legem Christi.
Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de la charité qui est la loi du Cœur de Jésus,
[(Gal., vi, 2)
Cette profonde intelligence du sacrifice dans la communion au Christ qui vient dans nos ânes pour y opérer les fruits de sa mort en les faisant mourir à elles-mêmes par la souffrance généreusement embrassée ; cette fidélité magnanime à répondre à tous les désirs du Sauveur, à prendre en main le service de ses intérêts, au moins par la mortification volontaire, et à compatir à ses douleurs en les attirant en son propre cœur, devaient produire cette forme de piété touchante, grave et apostolique qu'on a appelée de nos jours la Communion réparatrice.
L'inspiration en remonte à la Révélation eucharistique de Paray et l'inauguration à la Bienheureuse, tandis qué sa diffusion parmi les fidèles et son organisation en œuvre régulière et suivie appartiennent à un très digne frère du V. Père de la Colomhière, le P. Drevon, de vénérée mémoire (1).
beatis corpora vestra hostiam viveniem, sanctam, Deo p'acentem, rationabile obsequium vestrum. (Rom., xt1, 1.)
(1) La cornunion réparatrice fut fondée comme œuvre cathalique à Pa *: le-Monial en 1854 par le P. Victor Drevon, S. J., le promotet: ‘les pèlerinages à Paray, qui, en 1873, amenèrent au sanctuaire du Sacré-Cœur 200.000 fidèles du monde entier. — D'après les Brefs apostoliques, « ceux qui ont l'intention de s'acquitter de cet exercice pieux de la communion perpétuelle et rénaratrice, scat divisés en classes ou sections. Chaque section est composée de sept ou trente associés. Un jour de la semaine où un
HIT. — LA COMMUNION RÉPARATRICE c31
« Un jour de communion, écrit la confidente du Sacré- Cœur, faisant mon action de grâces avec le désir de faire «uelque chose pour mon Dieu, le bien-aimé de mon me me dit intérieurement si je ne serais pas bien aise de soufirir toutes les peines que les pécheurs méritaient afin qu'il ft gloritié de toutes ces âmes. En même temps je lui offris mon àme et tout mon être en sacrifice pour faire sa divine volonté ; quand même mes peines dureraient jusqu'au jour du jugement, pourvu qu'il en fût glorifié je serais contente (1). »
L — Notre-Seigneur lui demanda nettement la communion da premier vendredi de chaque mois « en réparation des péchés commis contre Ini pendant le mois précédent », et la communion du jour de la fête du Sacré-Cœur € pour lui faire réparation d'honneur par une amende honorable pour réparer les indignités qu'il a recues pendant le temps (de l'octave de la Fète-Dieu) qu’il a été exposé sur les autels (?). »
Enfin : « Un autre vendredi, après avoir reçu la sainte communion dans une hostie qui avait été exposée, il me dit : « Ma fille, je viens dans le cœur que je t'ai donné, afin que par l’ardeur d'icelui tu répares les injures que j'ai recues de ces cœurs tièdes et lâches qui me déshonorent dans le Saint Sacrement. Cette âme que je t'ai donnée, tu l'offriras à Dieu mon Père, pour détourner les peines que ces âmes infidèles ont méritées, et par mon Esprit tu l'ado-
jour du mois est assigné à chaque associé pour communier. » — De 1854 à 1880, l'Œuvre a enregistré dans le monde entier 280.000.000 de communions hebdomadaires ou mensuelles. Depuis lors on est arrivé à une moyenne de 80.000 communions par jour. — Le centre administratif est à Toulouse ; mais le centre spirituel, le cœur de l'Œuvre, reste à Paray-le-Monial. — L'organe de l'Œuvre est le Messager du Sacré-Cœur, publié en plus de vingt langues. — Toulouse, rue des Fleurs, 22.
reras sans cesse avec vérité, pour tous ces esprits qui ne l'adorent qu'avec dissimulation et fausse apparence, et tout cela pour mon peuple choisi. Et c'est à cette fin que je l'ai fait un si grand don (1). »
Pour activer dans son cœur la flamme de l'amour réparateur, Notre-Seigneur ouvrait ses regards attristés ou épouvantés sur ce qu'il endurait dans les âmes qui le recevaient mal et sur le malheur de ces infidèles. Et la pauvre victime en souffrait, par communion profonde avec son divin Epoux outragé, d’indicibles martyres : « Me prépare rant pour la sainte communion, j'entendis une voix qui mo dit : « Regarde, ma fille, le mauvais traitement que je « recois dans cette âme qui vient de me recevoir. Elle à « renouvelé toutes les douleurs de ma Passion. » — Je me jetai à ses pieds adorables, saisie de crainte et de douleur, pour les arroser de mes larmes, que je ne pouvais retenir, en lui disant : « Mon Seigneur et mon Dieu, si ma vie est « utile pour ces injures, quoique celles que vous recevez de « moi soient mille fois plus grandes, néanmoins me voilà !… « Je suis votre esclave, faites de moi tout ce qu'ilvous plaira. » - « Je veux, me dit:il, que lorsque je te ferai connaître le « mauvais traitement que je reçois de cette âme, tu te pros- « ternes à mes pieds lorsque tu m'auras reçu, pour faire « amende honorable à mon Cœur, offrant à mon Père le . sacrifice sanglant de la croix pour cet effet, et tout ton êt & . pour rendre hommage au mien et pour réparer les indi- « gnités que je reçois dans ce cœur. »
« Je demeurais toute surprise d'entendre ces paroles d'une âme qui venait de se laver dans le précieux sang de Jésus- Christ, mais la même voix me dit encore : « Ce n’est pas « qu’elle soit dans le péché, mais la volonté de pécher n’est s pas sorlie de son cœur; ce que j'ai plus en horreur que « l'acte même du péché, car c'est appliquer mon sang par
fil, — LA COMMUNION RÉPARATRICE 55
en. care ro tt th
emépris sur un cœur co rompu, d'autant que la volonté eau mal est la racine de toute corruption. »
« A ces mots je soutfris de grandes peines, demandant sans cesse cetie miséricorde à Notre-Seigneur, qui me dit un jour de Pâques, après l'avoir reçu : « J'ai oui ton gémis- «sement et j'aiineliné ma miséricorde envers cette âme (1). +
Terminons ces citations par ces paroles de Notre-Seigmeur qui sont la consécration, pour la Bienheureuse, de sa foncetion de réparatrice, et qui disent à toutes les âmes géné. reuses qui veulent la suivre dans cette voie apostolique, combien le divin Persteuté les aime et attend d'elles un refuge assure, une consolation désirée 7
« Je veux que ton cœur me soit un asile, où je me retirerai pour y prendre mon plaisir lorsque Îles pécheurs me persécuteront et me rejetteront des leurs.
« Lorsque je te ferai connaitre que la divine Justice est irritée contre eux, tu me viendras recevoir par la sainte communion et, m'avant mis sur le trône de ton cœur, tn m'adoreras en te prosternant sous mes pieds. Tu m'offriras ü mon Père éternel, comme je te l'enseignerai, pour apaiset sa juste colère et fléchir sa miséricorde à leur pardonner ; et tu ne feras point de résistance à ma volonté lorsque je te la ferai connaître, non plus qu'aux dispositions que je ferai de toi pour lobéissance, cur je veux que tu me serves d'instrament pour attirer des cœurs à mon amour (2). »
JL. — Cette pieuse coutume de la communion réparatrice, encore que si visiblement demandée par le Sacré-Cœur à ea Servante — ce qui en devrait bien suffisamment établir la légitimité, — rencontre pourtant parfois des contradicteurs, esprits is et positifs, qui, appuyés sur une parole
QT. E, p. 97.
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de saint Thomas mal interprétée, prétendent que Ja communion réparatrice ne représente rien de réel, ni, par conséquent d’utile, « parce que la communion, étant un sacrement, ne peut, comme les autres sacrements, êtra profitable qu'à celui qui la reçoit (1). »
Quelques mots suffiront à réduire cette objection à sa juste mesure et nous permettront de faire ressortir les raisons doctrinales qui démontrent la légitimité et les grands fruits de la communion réparatrice.
Que, selon ia lettre de saint Thomas, on ne puisse communier les uns pour les autres, en ce sens que ceux qui communient, en se nourrissant spirituellement euxmêmes, nourrissent en même temps ceux qui s’'abstiennent, nous l'accordons facilement : rien n'est plus personnel et moins communicable que la mandueation et la nutrition.
Nous accordons de même qu'un chrétien, pour charitable et désintéressé qu'il soit, ne peut accomplir le précepte de la communion pascale à la place d’un autre, et, en communiant à son intention, le dispenser de communier luimême au moins une fois l'an, à quoi chacun est personnellement tenu sous peine de péché grave.
Enfin, admettons encore que la communion faite dans les meilleures conditions de pureté et de ferveur, pour réparer le crime de la communion sacrilège d’un profanateur, ne peut mériter en rigueur de justice à ce malheureux la grâce du pardon. C’est en effet la loi établie par Dieu que le mérite proprement dit, le mérite de justice, soit essentiellement individuel et ne couronne que les bonnes œuvres faites pour soi-même dans les conditions voulues. Maié à côté du mérite rigoureux, il v a le mérite gracieux, c’est-à-dire l'espoir fondé que Dieu accordera aux prières des uns la grâce des autres, s'ils savent luiplaire, prier en son nom, s'inspirer, en recommandant
(1) Ile, P. q. LxxIx, à. 6,
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II — LA COMMUNION RÉPARATRICE ss
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le prochain, d'une sineére charité; surtout S'ils savent mettre dans leur pricre les qualités qui gagnent presque ivrésistiblement le cœur de Dieu
Mais, ces réserves failes, il reste, en faveur de li come munion réparatrice, de nombreuses et bonnes raisons qui la recommandent à tout: s tines désireuses de satisfaire aux désirs du Sacré-Cionr, d'exercer en faveur des mes un très salutaire apo-tolut et d'aceroitre leur propre fer. Veur à Connie,
Vis-a-vis de Pneu outragé par le péché, quel qu'il soit, et davantage encore par Fi profanation du Corps de son trés saint Fils, la communion réparatrice est une application de cette nanirable et eharitable loi de la solidarité, inspirés à l'esprit humain par la bonté divine, et mise en œuvre duns
les saicritices. avec son approbation, par la substitution d'une
ictune innocente à la place du pécheur. Elle est surtout une application de cette substitution sacriticale que Jésus. Christ Inimeme, prêtre parfait uctitié par son propre sacrilice, offrait à son Pere, &06: on sang, son amour, sa idélité, les hommages © 4 ni religion, pour les crimes et les blasphémes à oupables, Qui cou munie de son mieux. aration pour Îles pécheurs, dont la plus ; t : de ne pas revenir au devoir de commun, ï. Ù er sacrilesement, velui-Jà done à Dieu ho: ÿ inédiction pour ces oublieux on pour ces con: tons. fi s'est purifié, il a
accepté ses peines, il S'est pent-eise onposé des pénitences pour enrichir Poblation de lui-même qu'il va faire dans sa communion :; il embrasse d'une volonté généreuse Jes épreuves qu'il prévoit et se résine sans exception à toutes celles que Dieu lui réserve sans les Ini faire connaitre à l'avance : ce sont là des compensations effectives offertes à Dieu contre les usurpations ou les lacunes du péché ; c'est la religion de la piété filiale contre l'irréligion du péché; et comme une attention d’un tils fait oublier à un père
l'irrévérence de son frère, comme l'affection couvre l'ingratitude et qu'un don compense un vol, ainsi tous les hommages de religion contenus dans la communion réparatrice offrent à Dieu une compensation très réelle et très légi time, qu’il agrée et demande, comme il lemandait autrefois l’oblation pure qui devait lui être présentée par toute la terre à la place des sacrifices profanés du sacerdoco infidèle (1).
Et quelle consolation, quel soulagement, quel soutien pour le Cœur de la divine victime outragée dans son amour, dans sa dignité et dans sa chair, par l'abandon ou par la trahison, que de voir venir à lui de bons cœurs, touchés de lexcès de son infortune, empressés : comme Véronique, d'essuyer les crachats qui déshonorent sa face adorable; comme Jean, de Ini témoigner fidélité contre l'abandon des apôtres; comme Marie, qui lui offrait son intrépide amour contre l'apostasie des pécheurs da tous les siècles. Dans ce ministère de généreuse compassion, les larmes de Madeleine, pleurant ses propres péchés, quoique pardonnés, pleurant aussi ceux de tous les pécheurs, sont dignes de se méler à celles de la Mère immaculée, pour faire le seul breuvage qui soutienne son Cœur accablé et défaillant.
Donnez, donnez au Christ si avide de se donner, MÉCONNU et rejeté par tant d'âmes qui s'exposent à étre éternellement séparées de Ini pour avoir refusé de s'approcher de sa Table eucharistique ; donnez-lni la consolation, en le recevant plus souvent, de ne pas laisser perdre le trésor qu’il apporte à tous, de recevoir le don divin qu'ils meprisent | Soyez de ceux qui, remplacant les invités ingrats et dédai-
(1) Mensa Domini despecta est, et munus non suscipiam de manu vestra : ab ortu enim solis usque ad occasum, offertur nomini meo oblatio munda. (Mal., 1, 7-11.)