‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 17 sur 224 · I. — J'AI UNE »UIF ARDENTE D'ÊTRE aIMÉ · texte numérisé non relu

I. — J'AI UNE »UIF ARDENTE D'ÊTRE aIMÉ

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se brisent et les épouvantes des ténèbres qui, tout d’un coup. enveloppent le Calvaire. Il est plein de mystère et de grandeur. Il a traversé les siècles sans qu'aucun des plus bruyants cataclysmes de l’histoire en ait pu atténuer Pécho ; tous les docteurs l'ont ‘‘udié pour en révéler les sens profonds ; les âmes contiuplutives se sont appliquées à en savourer les sucs amers et doux à la fuis.

Les uns le regardent comme l'expression de re tourent cruel le la soit qui, dans les grandes fatigues et dans les souffrances prolongées, dessèche la gorge. brûle les levres, et allume dans l'organisme le feu d’une véritable tièvre (1). Ft, en effet, le Sauveur, qui n'avait rien pris depuis la Cen auguste de la veille, qui avait perdu tout son sang dur la sueur de l’agonie et par les innombrables plaies onvertes dans son corps, qui endurait depuis lors, duns toutes les puissances de son âme comme dans tous ses membres, des tortures continues, le Sauveur « desséché et brûlé comme l’argile du potier dans la fournaise, et la langue collée à sa gorge brûlante (2) », pouvait bien éprouver la soif à un degré intolerabl : et vouloir, par ce cri, appeler un pen de soulagement à sa souffrance.

D'autres ont vu dans ce cri un sublime appel de l’âme du Sauveur à toutes les âmes, qu’il voulait racheter d'une volonté ardente, dont il désirait le salut d’un désir d’angoisse, semblable à une soif que rien n’apuise, sinon la Satisfietion convoitée (3).

Bien d'autres commentaires, tons exacts à certain point de vus, ont été fouruis : mais ce mot de quelques letires n'eût point encore été expliqué à fond, si Gelui-là qui l’a

(1 Tum yjuia nec biberat, nec ederat quid a cœna pridiana, Aumoretn omnem exsudarat et sanguine in fl: sellatione et “ruvifixione, tu quia dolores acerrim sitin inextinguibilem escitabuut. (Corn a Lap., in Joan., xvir.)

Ci Hine in Christo umpletuin est illud Ps. xxt, 6 : Aruit tan-nain test: virius mea et lingua mea athæsit taucibus meis. — ({bid.)

(3) Myshce : sitiebat Christus nnimarum salutem. (Ibid.)

LES FAROLES DE LA RIVELATION

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conçu et prononcé n’en cût donné lui-même au monde lauthentique déclaration.

Le jour de la fète du disciple fidèle qui à entendu le cri du Sauveur agonisant au Calvaire et l'a consigné dans son récit authentique, Notre-Seigneur montre son Cœur environné et pénétré par des flammes : il le montre avec une plaie béante, couronné d'épines, dominé par la Croix qui sort de ses profondeurs : il le présente dans l'Eucharistie qu'adore le véridique et virginal témoin de cette merveilleuse manifestation, et il fait éclater cette étrange parole : « J'ai une soif ardente d'cive aimé des hommes duns le Saint Sacrement ! ;

C’est le même cri, la même véhémence, la même angoisse. Le Sauveur découvre explicitement ici ce qu'il réclamait alors : être aimé de ceux pour l'amour desquels il meurt! — C'était d'amour, de reconnaissance, de com. passion, de fidélité et de zèle, d'amour sous toutes les formes, qu’il était altéré : c’est l'amour qu'il souffrait de ne pas recevoir, et dont il avait un désir aussi brûlant qu'une soif qui ne se peut étancher! Voilà l'explication adéquate du cri de son agonie dernicre, donnée par le Maitre qui le tit entendre. Etre aimé, cela renferme tout pour lui:etle salut des âmes, car elles seront sauvées si elles l’aiment : ct l'oubli de tous les maux et la compensation à toutes les peines de sa Passion, car c'est pour gagner le cœur des hommes qu'il l'a soufferte ; et la gloire de son Père, car tous les coupables redeviennent les enfants pardonnés, dans l’amour de ce frère aîné, leur Sauveur! Qw’il soit aitu, et il n’a plus de désirs, plus de besoins ; il est satistuit, il est récompense, il est parfaitement heureux !

Les signes de l'apparition, comme les paroles du Sauveur à la Bienheurcuse, sont un autre commentaire, aussi précis que complet, du cri de sa soif.

La croix, les épines, Ia plaie, manifesiées avec son trur,

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