‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 18 sur 224 · HI. — J'AI UNE SOIF ARDÈENTE D'ÊTRE AIMÉ! (E · texte numérisé non relu

HI. — J'AI UNE SOIF ARDÈENTE D'ÊTRE AIMÉ! (E

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« signifient l'amour immense qui a été la source de toutes « les souffrances et de toutes les humiliations de sa Pas « Sion. » — Il a soif d'être aimé à cause de tout ce qu’il a souffert : car ces souffrances lui créent les droits les plus sacrés à la reconnaissance et à la compassion de ceux pour l'amour de qui il les a embrassées.

I montre son Ceur dans l'Eucharistie, demandant qu'on lui apporte là le tribut d'amour dû à ses souffrances, parce qu'il est resté dans ce Sacrement pour être lui-même le vivant et perpétuel mémorial de sa mort et pour y recevoir en personne lamour, les hommages, les compensations quelle mérite.

Il précise en effet et dit où il veut être aimé : « J'ai une soif ardente d'être aimé des hommes dans le Très Saint Sacrement. » — Pourquoi à plutôt qu'ailleurs? D'abord, en réparation de ce que durant sa vie et depuis le moment de son incarnation « son Cœur accepta et souffrit à l'avance « tous les outrages auxquels l'amour devait l’expose: « jusqu'à la fin des siècles sur nos autels » ; — puis, en reconnaissance de l'amour qu'il nous y témoigne toujours en nous y aimant actuellement, en nous y continuant s4 présence et le don de lui-même comme victime et nourriture., — Ces paroles sont le prolongement de cette recommandation du Sauveur à la Cène, après le don de l'Eucharistie : « Demeurez en moi que vous avez recu, demeurez dans mon amour : dans l'amour qui m'a donné à vous, dans l'amour de mon Sacrement : Qui manducat meai carnet ianel inine.. inanele in dilectione mea.

IL. — Est-il donc vrai que Notre-Scigneur veuille être aimé de nous, et que ce désir soit si ardent, si impérieux et si poignant même, qu'on le puisse appeler une soif, c’est-à-dire un besoin qui, satisfait, cause un vrai plaisir, et qui, méconnu, est une torture ?

On n'en saurait douter, pourvu que la souffrance prove-

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nant du défaut de notre amour reconnaissant, si ell. est entendue dans son sens naturel, soit liuitée au temps oi le Cœur du Verbe incarné était passible et mortel. Muis si l’on entend ce tourment au sens plus large de dépluisir et de mécontentement, éprouvé à la manière divine, sans que l'impression en puisse nuire aucunement à la plénitude de la félicité où est entré le divin Cœur depuis le jour de la résurrection, alors il fant dire purement et simplement que le Christ-Jésus, au Sacrement, est tourmenté par une soif ardente d’être aimé des hommes qu'il y aime tant.

Saint Grégoire de Nazianze disait de l'Etre divin « qu’il a soif qu’on ait soif de lui », c'est à-dire qu'on l'aime, qu’on le désire, qu'on le cherche, qu’on le boive, qu’on le possède et qu'on goûte en lui tous les rafruichissements et toutes les délices, jusqu'à l'ivresse sans réveil de la béatitude éternelle : Sitit sitiri Deus (1).

Les droits de sa nature divine et les besoins de sa nature humaine donnent naissance à Ja soif d'amour éprouvée par le Christ-Jésus.

Comme Dieu, il lui plaît, encore que n'en avant aucun besoin, d'être aimé de sa créature: cette volonté veut être satisfaite ; elle attend cette satisfaction du libre consentement de l'homme, qui peut le lui refuser comme le lui donner. S'il le donne. le désir de Dieu est contents, sa soif d'être aimé est apaisée ; sinon, c'est son mécontentement qui est soulevé, son désir qui demeure méconnu et contredit. Telle est la soif de Jésus Christ en tant que Dien : un libre désir de notre amour, fondé sur ses droits et sur ses bienfaits, dont l'oubli le mécontente, mais ne saurait le

(1) Sitit sitiri Deus, ait Naz. in Tetrastichis, ut scilicet insatiahiliter eum amemus et Optemus, dicamusque cum Psalte - Sitivit (instar cervi anhel') anima mea ad Deum fortem vivuin ; quando veniam et apparebo ante faciem Dei ? (Corn, a Lap., in nt Joan.)

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