‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 173 sur 224 · IV. — UN SEUL CŒUR · texte numérisé non relu

IV. — UN SEUL CŒUR

la charité surnaturelle, avec les vertus qui la traduisent en acte : les vertus thtologales et les vertus morales surnaturelles ; elle est accompagnée de toutes 3 grâces actuelles nécessaires pour soutenir les bons com.….ts, accomplir les œuvres bonnes et supporter les peines de la vie,

A ce moment, tous Jes éléments qui composent le Christ reçu et mangé, agissent pour nourrir suivant leurs aptitudes propres et répandent dans le communiant les qualités dont ils jouissent. Le Christ écoulé en nous, s'applique et s'adapte à nous, comme l'aliment corporei à toutes les parties et à tous les besoins de l'organisme, — Ainsi, dit l'Ecriture, fit le prophète Eliste, pour rendre la vie au jeune enfant de la veuve. Se rapetissant et s’efforçant de s’ajuster à sa petite taille, il appliquait son front contre le front de l'enfant, ses mains sur ses mains, ses pieds sur ses pieds (4). Et le Christ Jésus, pour nous communiquer sa vie, s'applique à tout notre être par un prodige d’abaissement et d’industrieuse condescendance,

À ce moment aussi, pourquoi son Cœur ne s’appliquerait il pas à notre cœur et, agissant selon ses forces propres, qui sont de faire vivre et d'aimer, pourquoi n'y restaurerait-il pas les forces de la vie divine et de l'amour surnaturel? — Seigneur, qu'est-ce donc que l’homme que, le voulant grandir, vous daigniez poser votre Cœur contre Son cœur : Quid est hoïno quia magnificas eum et apponis erga euin Cor tuuin (?) ?

N'est-ce pas ce que signifiait le divin Instituteur de la communion quand il attirait Jean sur son Cœur, non pas seulement pour lui montrer la source de l'Eucharistie. mais pour lui faire sentir l’action vivifiante qu’exerce dans la restauration quotidienne de l’homme son très saint

(1) Et incubuit super puerum : posuitque os suum super os pueri et oculos suos super oculos ejus et manus suas super manus ejus, et incurvavit se super puerum et calefacta est caro jueri. (IV Reg., 1V, 34.)

(2) Job, vs, 17.

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Cœur? Intelligente et prévoyante est l'âme qui, selon la recommandation de Raphaël à Tobie, porte une attention particulière sur le Cœur qu'elle mange en recevant Jésus- Christ: en s’y uvissant plus étroitement, elle en tirera des remèdes puissants de lumière et de vie : Cor ejus.. repone tibi: sunt hœc necessaria ad medicainenta utililer (À)

Le premier moment de la manducation sacramentelle passé, les espèces consumées dans l'estomac disparaissent, emportant avec elles la présence corporelle ün Sauveur, son corps ct son sang, avec Son àme : car la présence de son humanité est strictement liée à la présence des espèces sacramentelles et: limitée à leur intégrité : dès que celle-ci cesse, celle-là disparaît. Le Cœur Sacré, dans sa chair, dans sa présence corporelle et dans son action immédiate, disparaît donc aussi.

Mais cessons-nous de lui être unis ? Cesse-til d'agir en nous et sur nous ? Qu’en est-il de cette union qui était le but de la communion, l’union stable avec Jésus-Christ et avec Dieu, qui devait assurer Sa vie et son empire en nous, et, continuant de nous déifier d'une manière permanente, faire de nous d’autres christs, en qui Dieu vivrait constamment et agirait en maître, comme il fait en Jésus lui-même : 4 qui manducat me, el ipse vivet propler me?

C'est ici que commence le second moment de !a nutrition spirituelle ou la seconde phase du grand événement de la communion. Le Sauveur l'exprimait doctrinalement par ces mots très précis : « Gelui qui mange ma chair demeure en moi et je demeure en lui : Qwi manducat carnet meam, in me manet et ego in illo.» Ge qui est dire que l'effet de la manducation sacramentelle de la chair sacrée est la présence permanente de Jésus-Christ dans l'âme par le moyen de sa divine Personne ou de sa divinité,

(1) Tob., vi, 9,

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