UN SEUL CŒUR DA
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Ï y a d'abord permanence ou continuation de l'union rnouvelée dans la communion : « Je demeure, dit le Sauveur, en qui a mangé ma chair: Ego in illo.» Cette permanence suit le fait passager de Ja manducation , elle Ini survit, comme elle en est Ja conséquence : c’est l'état qui succède à l'acte, — Comme la substance nutritive de l'aliment, qui suit la trituration opérée par les sues gastriques, se répand duus l'organisme et y demeure pendant un certain lemps, soutenant les forces jusqu'à ce que le travail de la vie, en ayant épuisé la provision, demande qu'on la renouvelle pir l'ingestion d'aliments nouveaux, ainsi la divinité, qui, par le Verbe, est le principe subsistant de l'humanité de Jésus, demeure dans l’âme et y continue la sustentation de la vie divine, l'alimentation des forces surnaturelles, l'excitation de l’activité spirituelle (1). — Sans cette permarence il n’y a pas d'union stable, d'union de vie avec Notre-Seigneur Jésus-Christ; or cette union vitale, et par conséquent durable, est l'effet assigné par le divin Maitre à la communion et enseigné par les thélogiens comme son eflet propre, distinct et dominant tous les autres : Qui manducat, inanel in ne et ego in illo (2).
Nous disons que c'est jar sa Personne divine, ou par le Verbe, que L Christ recu en aliment demeure en nous,
(1) Christus, qua Deus, per gratiam in Eucharistiie sumptione datam et infusam, etiam consumptis calore stomachi Eucharistie soeciebus, realiter habitat in homine, non tantum quasi in templo sao per charitatem, sed quoque quasi civus in stomacho suo per alimoniam. Sicut enim cibus jam digestus, et in chylum commutatus, nutrit vegetatque stomachum, et per eum omnes artus et membra,in quos stomachus transmittit et dispergit ; sic pariter Jeitas Christi c arne ejus sumpta in Eucharistia, quasi cibus animæ et corporis, cum ab homine digeri consumique nequeat, manet jusiter in animæ quasi stomacho, eumque et per eum omnes animæ vires et potentias nutrit et vegetat. Et hoc est quod ait hic Christus : « Qui manducat meam carnem, in me manet et ego in io. »# (Corn. a L. in Joan., vr, 57.)
(2) Res hujus Sacramenti est unitas corporis mystici. (III: P.,
parce que le mot choisi par Notre-Seigneur pour indiquer cette permanence est le pronom Ægo, qui désigne la personne ; puis, parce que cette Personne n’est liée dans son Aistence, ni limitée dans sa présence, par aucune cond:tion natérielle : ni par les espèces, ni par l'humanité de Jesus. Jar s’il est vrai que cette humanité ne peut exister en dehors du Verbe, il n’en est pas de mème de cette Personne divine. Celle-ci était avant le Christ, elle existe en dehors lu Christ ; elle peut done demeurer là où l'ont amente le sacrement et la chair du Christ, quand l'un et Fautre, soumis à d’autres lois, auront cessé d’y être (1).
Mais comme les différentes présences de Dieu dans les êtres se diversifient et se classent selon les différentes actions qu’il y opère, la Personne du Verbe, qui a été amenée en nous par la chair sacramentelle de Jésus-Christ pour y nourrir notre âme de vie divine, continue, en demeurant aprés la disparition du Sacrement, l’action qu’elle a commencée avec lui, de la nourrir, de la fortiier, de la déifier par . . présence vivifiante. Elle y demeure, elle y habite, elle y vit et y fait tou! vivre de vie divine, c'est-à-dire de vie sainte. Elle continue de verser de sa plénitude l'effusion de la grâce sanctifiante ; elle la soutient et la continue ; elle fournit abondamment, selon les besoins du travail et du combat, les secours et les
q. Lxxin, a. 2.) — Dicitur communio quia communicamus per ipsam Christo et quia participamus ejus carne et divinitate. (A. 1v.) — it encore : Sacramentuin quod Christum conjungit homini est dignius sacramento quod imprimit characterem. (Q. Lxv, a. 3 ad 3.)
(1) At caro Christi in Eucharistia, consumptis speciebus panis, evanescens, post se relinquit suam hypostasim, puta Verbi personam ejusque divinitatem, ob quam Christus dicitur hic manere in manduvante, eumque resuscitare, et mauducans in Christo. Ita Cyrillus et Patres superius citati, ac S. Ambrosius, lib, VI de Sacram., cap. 1, quem audi : « Quomodo ergo descendit panis e cœlo, et panis vivus ? Quia idem Dominus noster Jesus Christus censcrs est et diviaitatis et corporis; et tu qui accipis ejus carnem, divinæ ejus substantiæ in illo participaris alirento. »
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