‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 175 sur 224 · IV. — UN SEUL CŒUR 503 Re · texte numérisé non relu

IV. — UN SEUL CŒUR 503 Re

munitions des grâces actuelles : elle inspire, elle conduit, elle achève en nous et avec nous toutes nos œuvres qui sont réputées divines, parce que cette divine Personne en est le principe et la fin. Cette adorable Personne reproduit en nous ce rôle de principe de vie qu'elle exerce dans la sainte humanité de Jésus, réalisant à Ja lettre la déclaration du Sauveur : Comme, dans mon humanité, je vis de mon Pére, parce que ma Po:rsonne, qui est le Verbe, possède la vie divine du Père et n’en fait vivre : Sicut isit sne vivens Pater el ego viro propter Patreim : ainsi celui qui mance ma chair vivra de moi, qui demeurerai en lui par ma Personne divine, pour lui communiquer ma vie d'une manicre continue : Et qui inanducat me vivet propler ine (1).

Comment expliquer autrement cette « demeure » du Christ dans le chrétien, promise comme effet de Ia commnnion par ces paroles formelles : Celui qui mange ma chair demeure en moi et je demeure en lui : Qui manducat mean carnem in me manel el ego in illo: —et celles-ci, qui les complètent et les fortifient en les répétant : « Demeurez en moi, comme je demeure en vous : Mancele in me el ego in vobis. — Je suis la vigne, vous êtes les branches : celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit; et sans moi vous ne pouvez rien faire : Qui manel in ne et ego in eo, hic fort fructum mul-

(1) Deitas enim Christi, quasi cibus manet in anima, semper eam alens, ac vicissin anima manet in deitate Christi, quasi in cibo immortali ct vivifico, imo quasi in ipsa vita, qui continuo nos pascit et cibat influxu gratiæ habitualis, ac per stata tempora infusione novæ gratis actualis, pata novis sanctis illustrationibus, novis inspirationibus, novis pii- aflectibus et impulsibus in arimam immissis, ut flamus idem God ipse est, ait S, Gregorius Nyssenus, id est ut fiamus spirituales, sancti et divini, idque in dies magis et magis, atque ipsam Chnisti deitatem, quasi lisnum vite, semper habeamus in stomacho tam corporis quam animie, nt ipsa suo tem: pore, scilicet in communi resurrectione nobis communicet suam vitam immortalem, beatam et divinam. (Corn. a L. Ub. supr.)

tum. » — Enfin cette dernière et plus sublime consécration de l'union personnelle du chrétien avec Jésus et en Jésus avec Dieu : « Comme tu m’as envoyé dans le monde, ô Père saint, en te donnant à moi, en vivant en moi et en me faisant vivre, ainsi je les envoie apres m'être donné à eux dans la réalité de ma chair et en vivant en eux dans la permanence de ma présence personielle, pour les conduire, les garder et les sanctifier en vérité : Sicui tu me misisli in munduin el egomisi eos in mundum, el pro eis ego sanclifico meipsum ut el ipsi sint sanclificali in verilate. — Je te prie non seulement pour ceux-ci, mais pour tous ceux qui, par eux, croiront en moi; que tous soient un, ensemble, par l'effet de l'union qu’ils auront avec moi : car, comme tu es en moi, à Père, et que je suis en toi, il faut qu’ils soient un en nous : U{ omnes uni sint, sicut tu Paler îin me et ego in te, ut et ipsi in nobis unuin sint. — Moi en eux et toi en moi, et qu'ainsi ils soient consommés dans l’unité : Ægo in eis, el tu in me, ut sint consummalti in unum (1) ! »

Toute autre explication de lunion produite par la communion, sinon celle de la demeure permanente de la Personne du Verbe, comme principe de nutrition de la vie spirituelle, pèche par défaut ou par excès.

Dira-t-on que, l’acte de la communion passé, il n’en reste

() Hic Christus dat causam, cur ipse in Eucharistia sit panis vivus et vivificus, qui nos suscitabit a morte in die judicii, ac ipsam vitæ et resurrectionis originem fontemque aperit et assignat. Deus Pater enim est ipsa fontalis vita, juxta illud : « Quoniam apud te est fons vitæ », Ps. xxxv, vers. 10, qui hanc vitam Filio suo cum essentia communicat : quo fit ut ipse Filius sit fontalis vita. Quare sicut Pater semper manens in Filio, semper hanc fontalem vitam Filio impertit, sic et Filius missus a Patre in carnem in eaque manens vitam hanc divinam carni et humanitati a se assumptæ assidue instillat, ac nobis illam in Eucharistia sumentibus continue in nobis manens similem vitam inspirat. Vivet ergo « propter me », ut sicut Pater Filio suam communicat vitam, ita Christus suaru Christiano eum rite suscipienti. (Corn. a L. Ub. supr.)

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