‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 176 sur 224 · UN SEUL CŒUR A · texte numérisé non relu

UN SEUL CŒUR A

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plus rien qu'un certain effet de restauration de la wrace sanctifiante, sans aucune union particulière avee Dieu, distinete de celle de l'état de grace, qui fait de lame Île séjour de Ja sainte Trinité? 1 faut avouer que rest bien peu pour répondre à l'ampleur de cette parole : « Qui mange ma chair demeure en moi et je demeure en lui, » Cette parole dit une union nouvelle, une transformation de l'union que la grâce sanetiliante faisait avec Jésus, et qui résulte directement de la communion. I était déjà présent par la grâce comme le principe de l'être surnaturel de l'âme; il se rend présent à un nouveau titre, celui d'aliment, nourrissant, fortifiant, activant sa vie, C'est une action nouvelle de Jésus en l'âme, c'est donc une présence nouvelle aussi. C’est l’action propre, et, par conséquent, une présence propre à la communion. Elle s'exerce par un entretien et un accroissement constant de la vie spirituelle, venant à l’àime de Jésus qui affirme y demeurer. Mais n'y pouvant rester présent par sa chair, il faut bien qu'il y demeure par sa Personne divine, se élément de son être qui puisse demeurer quand cesse sa présence sacramentelle,

On se trompe par excés quand on veut expliquer ce mystère de l'union avec Jésus, fruit de la communion, par la permanence de la sainte humanité dans un mou quelconque. Si l’on dit que c’est l'humanité séparée des especes qui demeure dans l'âme sous une forme toute spirituelle, ce ne peut être dans l’état de gloire manifeste, dont le seul séjour convenable est le ciel ; ce n’est pu dan: son état sacramentel, puisque les espèces sont consumées. C’est donc dans un troisième état, mais qui reste à définir. Quoi qu’il en puisse être de la valeur de cette explication, elle a le tort de ne reposer sur aucun fondement dans l'Ecriture et de paraitre par conséquent le fruit d'une imagination pius ou moins ingénieuse.

On tombe dans le rêve et l’on heurte de front la doctrine unanime, si l’on prétend que le Christ reste dans le communiant revêtu de l'état sacramentel, On oublie que sans

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la dissolution des espèces, il n'v a pas communion purca qu'il n'y a pas manducation, la condition essentielle de Ja nutrition spirituelle étant la manducation corporelle du Sacrement, Dans £e systéme, le Sacrement ne ferait en somme que changer de place et passer du ciboir? inanimé du tabernacle dans le ciboire vivant d'une poitrine humaine, — Et si l’on dit que les espèces sont conservées, quoique dis-outes par la manducation, voici un miracle inattendu à joindre à tous ceux que suppose l’Eucharistie. Certes, tout est possible à Dieu : encore faut-il que les merveilles qu'on lui attribue soient proposées et garanties par l'enseignement de l'Evangile ou celui de l'Eglise.

Non ! tenons-nous dans la réalité. Nous sommes en face de deux termes précis : la présence permanente de Jésus- Christ en nous, appuyée sur ces paroles authentiques : Celui qui mange ma chair, je demeure en lui; — et l’impossibilité d’une iroisième présence réelle et corporelle, distincte de celle du ciel et de celle du Sacrement. Si donc Jésus demeure présent en nous, c'est par sa Personne divine, qui, introduite par le Sacrement avec sa chair, sans être restreinte à ses limites ni à ses conditions d'existence, demeure quand la chair disparait avec le dissolution achev'e du signe sacramentel.

Le Verbe, qui déifiait personnellement l'humanité de Jésus et la faisait vivre et agir divinement, le Verbe demeure en nous et nous déifie, non pas en se faisant, comme en Jésus, notre propre personne, mais en produisant en nous, par sa présence et par son action, une vie semblable à celle de Jésus : vie divine de la grâce et de toutes les vertus, principalement de la charité envers ieu et nvers le prochain, en quoi se résume toute la loi (1)

(1) Significat enim Christus vitam quæ originaliter est in Patre, per Filium et Eucharistiam, quasi per organum intermedium nobis communicari. Ita Leontius, Jansenius, Franciscus Lucas et ali. Nota hic gradationem qua vita a Deo, quasi per scalas gradatim ad nos desceudit. Primus enim gradus est, quo Pater Filio vitam

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Ainsi se trouve expliquée, sans l'enseignement théologique, 1 le Sauveur quand it révélait les merveilleux effets de la manducation de sa chair : « Comme j vis de mon Père, source de toute vie, ainsi celui qui me mange vivra de

moi: Sicut ego vivo propler Patreii, et qui nanducat me viret propter se!»

heurter l'Écriture ni a grande parole énoncée par

Et le rôle du Cœur $S de Jésus-Christ, par communiant ?

Îl est clair que, pour autant qu'il e il a disparu en même temps que le l'humanité qu'il animait. Donc, dans toutes les paroles des saints qui parlent d'union à son Gur, n'entendez pas le cœur de chair, sauf en l'acte même de ls. communion, Mais la chair n'est pas tout ie Cour de Jésus ‘en tant qu'objet Spirituel, le Sacré-Cœur est l'amour de Jésus, tous <es amours créés, et davantage encore l'Amour éternel qui est Dieu, et qui se traduit sensiblement par le cœur de chair. Or, le Verbe est personnellement cet amour infini, parce qu'il est Dieu, Demeurant présent et vivant dans l'âme du Communiant pour y agir C'une action accrue par chaque

‘Mmmunion, cet Amour vivant Y aime, y inspire et y opère avec nous toutes les œuvres de la charité et de Ja sainteté, Et c'est ainsi, dans le sens d'Amour personnellement divin, produisant en nous l’amour de la vrâce que le Cœur de Jésus demeure agit, y aime et y soufre.

C’est dans ce sens que Jésus disait : « Demeurez en moi, demeurez dans mon amour : Munece in

acré dans cette demeure pérmanente sa Personne divine, dans l'âme du

St un organe de chair.

s saintes espèces avec

, que l'on peut dire toujours en notre cœur, ÿ

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Suam divinam communicat: secundus quo Filius vitim eamdem humanitati a se assumptié per commun itionem pertit; tertius, quo eidem vitam Participatam, puta gratis et gloriæ insnirat : gieartus, quo non æqualem, sed s’milem nobis in Eucharistia instillat, (Corn. à L. Ubi supra.)

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5o8 LA VIE DU 8ACRÉ-CŒUR

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dilectione mea; ce que vous pouvez très exactement traduire : Demeurez en moi, Verbe divin, qui vous possède, vous soutiens et vous fais vivre; — demeurez dans mon Cœur qui est le symbole et le nom de l'amour qui m'amène et me retient en vous : Manete in dilectione mea. »

C’est ainsi qu'en révélant l’action et les bienfaits de son Cœur pour nous dans la communion, le divin Maitre disait à la Bienheureuse ces mémorables paroles :

« Voici la plaie de mon côté pour y faire ta demeure actuelle et perpétuelle; c'est là que tu pourras conserver la robe d'innocence dont j'ai revêtu ton âme, afin que tu vives désormais de la vie d'un Homme-Dieu : vivre comme ne vivant plus, afin que je vive parfaitement en toi; pensant à ton corps et à tout ce qui t'arrivera comme s’il n'était plus; agissant comme n’agissant plus, mais moi seul en toi. Il faut pour cela que tes puissances et tes sens demeurent ensevelis en moi; que tu sois sourde, muette, aveugle et insensible à toutes les choses terrestres : vouloir comme ne voulant plus, sans jugement, sans désirs, sans affection et sans volonté que celle de mon bon plaisir, qui doit faire toutes tes délices; ne cherchant rien hors de moi si tu ne veux faire injure à ma puissance et m'’offenser grièvement, puisque je te veux être toutes choses. — Sois disposée à me recevoir, je serai toujours prêt à me don + à toi, parce que tu seras souvent livrée à la fureur dc tes ennemis. Mais ne crains rien, je t’environnerai de ma puissance, et serai le prix de tes victoires. Prends garde de ne jamais ouvrir les yeux pour te regarder hors de moi. Qu’aimer et souffrir à l’aveugle soit ta devise : un seul cœur, un seul amour, un seul Dieu (1)! »

Et le dévot saint Bernard pouvait éerire : « Maintenant que la lance nous a ouvert une eatrée 18 le très aimant Cœur de Jésus et qu'il nous est si bon d’y demeurer, ne uous en laissons pas facilement séparer. Oh! qu’il est bon,

(1) Tome [, p. %0.

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