Ï. — SACRÉ-CŒUR ET EUCHARISTIE D
Etonné et troublé, Salomon tomba à wenoux, et, les mains tendues vers l'autel, il dit : Seigneur, confirmez et réalisez les paroles que vous avez dites à David votre serviteur! Ne lui avez-vous pas promis que votre nom serait sur cette maison, et que vos yeux y seraient ouverts, et que vous exauceriez les prières qui vons y seraient faites? Mais si nous ne pouvons approcher de vous, que deviennent ces promesses ?
Et le Seigneur lui répondit : J'ai entendu ta prière; j'ai choisi et sanctifié cette maison et j’v ai placé mon nom pour jamais; mes yeux v seront ouverts sur ceux qui “iendront m'y invoquer; mes oreilles y seront tendues à iwurs prières, et mon Cur y sera à jamais présent : ZE Cor cum ibi cunclis diebus (A).
A ces mots, à cette apparition de ce cœur, image de [a bonté de Dieu, la nuée se dissipe, le jour renait, les prêtres se relèvent, agitent leurs encensoirs, font résonner leurs instruments, entonnent des cantiques, et le peuple <e répand en prières avec des larmes de joie.
Ainsi l'apparition du cœur symbolique de Dieu avait
(1) Et intulerunt sacerdotes arcam fæderis Domini in locum suum, in oraculum templi in sanctum sanctorum subter alas cherubim. Factum est autem... ut nebula implevit domum Domini, et non poterant sacerdotes stare et ministrare propter nebulam ; impleverat enim gloria Domini domum Domini. Stetit autem Salomon ante altare Domini et expandit manus sua3 in cœlum et ait (fixerat enim utrumque genu in terram) : Domine Deus Israel, firmentur verba tua quæ locutus es servo tuo David Patri meo. Sed respice ad orationem servi tui et ad preces ejus, Domin», Deus meus! Audi orationem quam servus tuus orat coram te hodhis : ut sint oculi aperti super domum hanc nocte ac die, super domum de qua dixisti : Erit nomen meum ibi, ut exaudias deprecationem populi tui, quodcumque oraverint in loco isto, et cum exaudioris, propitius eris. Apparuit autem ei Dominus et ait : Audivi orationem tuam et elegi locum istum in domum saciificii. Elegi enim et sanctificavi locum istum, ut sit nomen meum ibi in sempiternum, et permaneant oculi mei et Cor meum ibi cunctis diebus ÿ ul Reg., var, 9.)
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dissipé les ténèbres, révélé sa présence divine, manifesti sa bonté paternelle, apaisé les craintes et ranimé k confiance dans tous les cœurs.
Il en est de même du mystère eucharistique. A le con sidérer en lui-même et au premier aspect il est un mystèr profond, inexplicable et terrible pour la raison; un mys tère de glace et d'insensibilité pour Je cœur; un mystère d’impuissance et d’humiliation pour l'expérience.
Quoi! cet objet matériel et sans forme, est l’humanitc vivante du Fils de Dieu ?
Quoi! ce rite rapide et froid est le sacrifice auguste de la religion vraie, où la victime est réellement immolée ?
Quoi! ce pain, ces signes insensibles et grossiers sont capables de nourrir mon àme de vie spirituelle et divine ? Durus est hic sermo : Non, non, je ne le puis admettre!
Mais que le ( eur de Jésus avec ses puissances infinies de sagesse et d'amour éclaire la nuit sombre de la foi en l'Eucharistie, transperce le nuage de l’état sacramentel, toute obscurité disparait dans la plus douce lumière, toute terreur se fond dans un charme irrésistible.
Si cette Hostie du tabernacle a un cœur, et si c'est le Cœur de Jésus, sa présence est personnelle, vivante et aimante! Il me voit, m’entend et m'aime. Sa présence est pour moi une protection vigilante, un refuge ouvert, unc consolation sympathique. Je ne suis plus seul sur la terre, je marche conduit et soutenu, et, pour parvenir au terme de la vision bienheureuse, j’ai tovjours sous les yeux la douce et encourageante vision du Christ eucharistique!
Si cette Hostie entre les mains du prètre à l'autel a un cœur, et si c’est le Cœur de Jésus, j'accepte alors le mystère du sacri‘ice véritable; j'y vois le Prètre invisible debout, s'offrantlui-même, d'une volonté sans cesse renouvelée, par les ardeurs infatigables de son amour, en victime vraiment immolte par l'anéantissement, qu’elle accepte pour la satis-
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urement symbolique, elle est un fait, un grand fait : le sacritire aususte renouvelé sans cesse par un miracle d’ de Jésus rend toujours eXplicable!
du Calvaire amour que le Cœur
Si l'Hostie offe:te en aliment est animée par le Cœur de Jésus, la communion n'est plus ce que mur à y voir, une cérémonie touchante seulemen paix avec Dieu et de fraternité entre les hommes ; je come prends et j'admets avec joie tout ce qu'en enseigne l'Eglise, parce que rien n'est impossible à un Cœur qui aime comme celui de Jésus! Elle est le Verbe incarné qui, épris de mon me, l'épouse, l'embrasse et l'étreint : la chair sucrifiée par le feu de la douleur, transtisurée par le feu de la résurrection, elle est pure, viviliante et satuelilfiante: son contact me purilie, ses étreintes m'arrachent à la vie des sens et à mon égoisme ; c’est l'amour. l'amour céleste, l'amour éternel qui m'envahit, m'élève et m'emporte dans le sein de Dieu pour y vivre éternellement, Car l'amour est vivant et cause de vie, Le Christ est dans cette Hostie, que j'ai mangee, el Son Cœur, qui y fait sa vie, veut conduire, développer sans cesse la mienne
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aussi, Tout est encore miracle surhumain, inais miracle de beauté, d'harmonie et d'amour : parce que c'est le Cœur de Jésus, qui a préparé et qui me fait ce don de la communion |
Ainsi les liens entre l'Eucharistie et le Sacré-Cœur sont-ils aussi sacrés, aussi étroits et inviolables que nombreux. L'Eucharistie et le Sacré-Cœur sont l'un à l'autre lumière, secours, appui, concours, complément et épanouissement. C'est une nécessité, que le culte que nous rendons et à l’autre de ces adorables réalités ne le dans ses hommages, mais au contraire le étroitement possible pour répondre au pla
à l’une S sépare jamais s réunisse le plus nu, à l'ordonnance
de Celui qui à voulu unir si intimeïuent son Cœur et sou élat eucharistique.
Er." cr cs
5S2 LA DÉVOTION AU SAGRÉ-GŒUR
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VI, — S'il s'agit de spécifier les formes de Ja dévotion au Sneré-Cœur, cost par les hommages du culte eucharistique qu’elle se doit exprimer, pour que son objet sacré soit honoré là où il est et vit en réalité, là où il aime et veut être aimé, honoré comme il le mérite, par l'adoration proprement dite; pour qu'il puisse exercer pleinement sur l'âme son action bienfaisante, qui est d'y répandre la vie surnaturelle de l'amour, de la faire vivre de sa propre vie de sainteté, de s’unir effectivement nos cœurs et de vivre en eux pour les rendre capables de servir et de glorifier Dieu, d’un seul et même parfait hommage avec lui.
Ce culte vivant, ce culte vivifiant, ce culte suprème du Sacré-Cœur, qui répond seul à tous ses droits, à toutes ses volontés comme à tous ses désirs, ne se peut rendre que par l'Eucharistie : l’adoration privée et publique de l'Eucharistie, le sacrifice de l'Eucharistie, la communion de lEucharistie.
Certes, nous savons ja valeur du culte du Sacré-Cœur par image et par toutes les dévotions privées comme par toutes les manifestations publiques qu’il comporte. Nous le louons, et nous recommandons qu’on y soit fidèle, et qu'on le répande partout. 11 porte avec lui la grace de Jésus, et, en outre de sa légitimité, il s'appuie sur ses promesses aagnifiques. Il a une triple mission : celle de suppléer à li présence de l'Eucharistie, là où on ne peut l'avoir en réa lité; celle d'aider les yeux à supporter l'obscurité mysté rieuse du Sacrement qui le cache, et celle d’amener à L réalité vivante du Sacré-Cœur, c'est-à-dire au Cœur présent et aimant dans le Saint Sacremert.
Qu'on lui fasse donc a-romplir sa mission et que tou les emblèmes du Sacré-Uœur, tous les exercices de piét faits devant ses images servent à rappeler lauguste Ré: lité, à amener à l’hororer par tous les respects, à la rece voi assez pour en vivre et jui appartenir.
Si ce culte de l'image n’arrivait pas à ce résultat, ine
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