ADORATION ET CONSOLATION tas
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ficace pour le salut, il ne répondrait pas aux vues du Sauveur qui l’a demandé. Supposez que le culte de la croix, qui rappelle le grand acte de la rédemption, n'umére pas les âmes à l'autel où se continue réellement et s'applique sacramentellement aux înes la rédemption elle-même vous tombez en fait dans le culte inefficace et incomplet du protestantisme pour la croix. De mème si le culte des inages du Sacré-Cœur n'amène pas plus empressées, plus assidues et plus contiantes les âmes à ladoration, au sacrifice, à la communion du Sacré-Cœur dans l'Eucharistie, il est mal compris, insuffisamment pratiqué: il demeure inefficace. Il ne trouve son complément, sa pléuitude de valeur et d'action que réuni au culte eucharistique du Sacré-Cœur.
Ne séparez done pas dans votre dévotion ni dans votre culte, par inconsidération, défaut de foi, entrainement irréfléchi d'une piété trop extérieure, ne sépaiez pas ce que Dieu dans son plan, ce que Jésus dans son institution, a pour jamais inséparablement uni : 1e Sucré-Cu:ur el l'Eucharistie |
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Acoration et consolation.
Licirec ego plorans, quia long factus est a me cunsolator.
Ma douleur ne cesse pas , "ve que personne ne sange à me consoler.
(Thren., 1, 16.)
I. — Cette parole chargée de douleur pour le cœur du fidèle Ami méconnu est bien faite pour nous accabler de honte et de remords. C'est pour nous qu'il a souffert Fa passion intérieure de l'agonie à Gethsémani, la passion publique du déshonneur au Prétoire, la passion consom-
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Der | LA DÉVOTION AU SAUNfÉ: CŒUR
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mée de Ja douleur sur le Calvaire : pour nous, à cause de 108 pécl és à expier et de notre salut à procurer!
C'est pour nous, à cause de ses mérites à nous appliquer et de notre rédemption à nous assurer, qu'il endure l'anéantissement de son état eucharistique avec les humniliations, les ingratitudes, les mépris et les profanations qui en sont la cuite, — et nous ne pensons pas à l’ami généreux, au prêtre dévoué, à la victime héroïque et magnanirae qui se sacrifie depuis des siècles à porter le fardeau de nos péchés, à épuiser le calice de nos chätiments!
Ses larmes ont coulé sans arrêt le jour et la nuit, marquant leur brûlant sillon sur son visage : Oculus meus deducens aquas (1), et nous n’y avons pas pris garde. Il est seul à fouler le pressoir où, pour en faire sortir le breuvage et le brin de son sang, le remède à tous nos maux, la consolation de toutes nos douleurs, l’enrichissement de toutes nos indigences, s'écrasent sous le poids de la croix et du sacrifice eucharistique sa chair et son àmre, son cœur et sa vie, avec l'honneur de son non, la gloire de sa royauté et les droits adorables de sa divinité. Il s’y fatigue, il s'y consume depuis des siècles et personne de ceux pour lesquels il meurt dans cet épouvantable labeur, qui veuille l'y aider, sinon par une coopération effective, du moins por le mouvement sympathique d’un peu de pitié et d’une parole de consolation : Circumspexi et non erat auxiliator, quæsivi et non fuit qui adjuvaret (?)!
Cette insensibilité de ceux pour lesquels il se consume, leur froideur, leur indifférence universelle, l'abandon méprisant où ils le laissent, sont pour le Cœur tant aimant du Sauveur un redoublement de toutes ses douleurs; il s’en plaignait amérement autrefois par la bouche de David ; il
(1) Thren., 1, 16.
(2) Torcular caleavi solus et de gentibus non est vir mecum, Aspersus est sanguis eorum Super vestimenta mea, et omnia indumauet mea inquinavi. (Is., LxHt, 3.)
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IT, — ADORATION ET CONSOLATION Er
s’en plaint aujourd'hui par la voix de la sainte confidente de ses secrets les plus poignants
Il disait autrefois * « Mon Cœur n'a rencontré qu'oppros bres et douleur; j'ai attendu que quelqu'un me consolit en s'attristant avec moi, et personne n'est venu : Zmpropee vin exspectarit Cor ineuin et riseriam (À)!
1 dit aujourd'hui € Voilà ce Cœur qui a tant aimé les homines que de s'épuiser et de se consumer poni leur té moigyner son amour! — Et pour reconnaissance, je ne recois de la plupar! que des ingratitudes par les froideurs et les mépris qu'ils ont pour mon Sacrement d'amour ce qui m'est plus sensible que tout ce que j'ai souflert eu ma Passion, S'ils rendaient quelque retour à mon amour, j'estimerais peu ce que j'ai fait pour eux, et voudrais, s'il se pouvait, en souffrir davantage. Mais ils n'ont que des froideurs et des rebuts pour tous mes empressements à leur faire du bien. Toi, du moins, donne-moi ee plaisir de suppléer à leur ingratitude autant que tu peux en étre eue jable (2). »
II. — Ces plaintes, qu'il faut entendre avec une humble confusion, dont il faut en mème temps révérer chaque parole en excitant en notre cœur la résolution d'y satis faire, indiquent trés nettement par quel moyen nous pouvons efficacement consoler le Cœur condamné par nos abandons à un si cruel supplice : c'est en nous tenant pres de lui, en l'entourant de notre compassion attentive, en lui offrant, dans la solitude de ses tabernacles, l'hommage de nos adorations fréquentes, assidues et prolongées.
L'adoration du Saint Sacrement, offerte avec piété, renouvelée fréquemment, prolongée aussi longtemps que
() Improperium exspectavit cor meum 6t miseriam. Et sustioui qui simul contristaretur et non fuit, et qui cousolaretur me, et non inveni. (Ps. Lvitt, 21.)
(2) T. I, p. 123 et 108.
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possible, au prix d'instants conquis non sur les devoirs d'état ou sur les œuvres de charité bien entendues, mais sur l'oisiveté, la riollesse, la curiosité et le plaisir; sur le désordre dans l'organisation de la journée ou sur les relations mondaines et les entretiens inutiles ; l'adoration du Sain Sacrement, offerte en vue de réparer, en tenant compagnie au divin Méconnu, pour nos trop longues absences personnelles, et pour les délaissements dont l'affligent tant de chrétiens ingrats : voilà l'un des moyens de consolation les plus efficaces à emplover pour répondre aux plaintes suppliantes du Sacré-Cœur.
Trois éléments concourent à l'efficacité de ces adorations réparatrices bien comprises : la présence amie; de douces paroles ; ane vraie compassion.
HIT. — « Ne manquez pas de vous tenir auprés de ceux qui pleurent, pour les consoler, dit le Sage : demeurez avec eux sans vous lasser (1). » — 11 y a, en effet, dans la présence empressée et prolongée d'un être compatissant une grande consolation pour l’afiligé. Ce qui fait le fond de toute douleur morale, c’est la privation de l’aftection : être séparé de ceux qu’on aime, être condamné à ne plus les revoir ; n'avoir ni amitié, ni conseil, ni appui; si l'on est malade ou infirme, personne qui vous soigne, vous aide, panse vos plaies; si l’on est pauvre, calomnié, injustement persécuté, pas un être qui vous oflre le secours de sa bourse, le témoignage de son estime ou de sa sympathie : cet abandon, cet isolement doublent le mal. — « Malheur à celui qui est seul, dit le Saint-Esprit : Væ soli! S'il tombe, qui le relèvera (2)? » Et il tombe, dans son isolement gla-
(1) Ne desis plorantibus in consolatione et cum lugentibus ambula. (Eccli., vir, 38.)
(2) Væ soli, quia cum ceciderit, non habet sublevantem se. (Eccle., 1v, 10.)
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