‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 185 sur 224 · LP RE · texte numérisé non relu

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T1, — ADORAÏION ET CONSOLATIO ON7

cial, sous le poids des terreurs, de l'umertume et du découragement; car la solitude est hontée de fantômes: les appréhensions s’y donnent libre cours; l'avenir y apparaît plus menacant à travers la nuit sombre du présent, L'être qui souffre solitaire ne S'v trompe pas : son abandon lui dit l'indifférence et le mépris de tous ; et cette pensée pese sur lui plus Jourdement que les maunx particuliers qui l'accublent,

Le secours de la visite bienveillante aux affligs est si précieux, qu'au dernier jour le souverain Juge récompense du bienfait de su présence éternelle ceux qui auront visité les malades et les prisonniers; tandis qu'il condamne au supplice d'être séparés de lai pendant l'éternité les hommes au cœur dur qui se seront tenus éloignés de leurs frères “émissant dans l'isolement (1)!

La puissance consolatrice de la présence d’un ami consiste, dit saint Thomas, en ce qu'elle apporte à l'affligé lu preuve que, quels que soient ses maux, il est du moins ann par quelqu'un ;et l'affection est si bonne, si salutaire, si nécessaire au cœur humain, que cette seule constatation le réconforte et le réjouit, diminuant d'autant la tristesse qui l'aceable : Znde quamdain delectationem trahit quæ drisliliane ivinuit (À).

Or aucun cœur ne fut si digne d'affection, ni si digne d'en jouir que celui de Jésus : il y avait tous les droits, et, aimant infiniment, il éprouve un égal besoin d'être aimé. Il a fait sa cause personnelle de celle de tous les délaissés, et il revendique le droit de la venger, comme il se fait la caution de reconnaissance de tous ceux qui furent visités

(1) Intirmus eram et visitastis me ; in carcere eram et venistis ad me, — fntirmus et in carcere, et non visitastis me. Et ibunt hi in supplicium icternum : justi autem in vitam seternarm. (Match, xxv.)

(2) Se sentiens non solum esse ad portandum dolorem, priesertimque ab aliquo tunari, inde quamdam delectationem trahit quéæ tristitiam minuit, (24 2e, q. xxu, a, L.)

dans leur affliction (1). Par ailleurs, personne n'est autant délaissé, méprisé, traht; personne ne gémit dans de plus cruelles douleurs, au fond de plus grandes ionominies, SOUS le poids de plus graves responsabilités, que ce Pontife universel qui répond du salut de tous les hommes, que cette victime chargée de tous leurs péchés et frappée, humiliée à cause de cela, par la colère de Dieu, rejetée au dernier rang de l'humanité, au-dessous de tous, dont le Prophète disait : « Nous l'avons vu et nous n'avons pas voulu le reconnaître (2)! »

Songez done quelle consolation lui sera la présence de ceux qui n'auront point été scandalisés par son abaissement, rebutés par sa solitude, son silence et son impuissance! Il en à un tel besoin qu'il Ia demandait à ses Apôtres : « Tenez-vous là, veillez et priez avec moi : mon âme est triste à en mourir »; et ne l'ayant point trouvée en éveil, il en éprouva un redoublement de sa peine et ne put s'empêcher d'en faire le reproche à ses amis appesantis.

C'est qu'il faut que nos visites soient inspirées par une vraie affection, qu’elles soient attentives, sympathiques et surtout prolongées. Car, de faire d’une visite une course hâtive, où se sente surtout le désir d'en finir et la crainte de s'ennuyer en la compagnie de l'affligé, ce n’est pas ce que réclame son besoin ni ce que commande la charité; cette hâte à refermer sur lui la porte de sa prison ne servirait qu’à lui faire sentir plus vivement son mulheur, « Sustinete : demeurez, supportez, patientez, disait Notre- Seigneur; et il reprochait à ses Apôtres de n’avoir pu demeurer une heure à prier avec lui : Sie non potuislis una hora vigilare mecum ? »

(1) Amen dico vobis, quamdiu fecistis uni ex his fratribus meis minimis, mini fecistis. (Ub. supr.)

(2) Tanquam percussum à Deo et humiliatum.. novissimum virorum et abjectio plebis; vidimus eum et non reputavimus eu.

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