‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 187 sur 224 · IT. — ADOPATION ET CONSOLATION · texte numérisé non relu

IT. — ADOPATION ET CONSOLATION

en prend. Saint Francois de Sales dit dans Son gracieux langage, si expressif : « La compassion, condoléance où commisération n’est autre chose qu'une affection qui nous fait participer à Ja passion et douleur aimons, tirant la mi- ve qu'il souffre de

« Pour produire ce soulagement de chagrin et ouvrir nne issue approchez votre

de celui que nous dans notre cœur ({). »

l'affligé accablé par lo au trop plein qui l’étoutfe, cœur Je plus prés possible du sien, vous pénétrant des causes, de la profondeur, de | sa douleur : souffrez sa souffrance, mettant à sa place et en vous

er] ‘acuité de par la pensée, en vous représentant ce que vous éprouveriez alors, Car si vous ne vous mettez à son di:

ipason, $’il vous sent trop différent

de lui par la paix ou la joie qui remplit votre cœur, tandis que le sien déborde d'amerlume, vous serez impuissant à le consoler : là première ‘ondition est de souffrir Par Compassion avec celui qui souffre passion, Puis, comme il faut amoilir deux morceaux de cire que l'on veut unir, amollissez votre cœur par les larmes, par l’affliction partagée, afin qu'il se puisse fondre avec le cœur de l’affliré noyé dans le chagrin: serrezle fortement contre le sien par une affection vive, sincère. sans réserve : vous aurez ainsi communié à sa peine, vous aurez donné la vraie, l'efficace consolation (2)! »

Voilà ce qui s'appelle donner son cœur à l'affligé qui en

() Tr. de l'Amour de Dieu. (L. V, ce. 1v.)

(2) « Ordo consolationis est, ut, Cum volumues afflictum quempiam a mœærore suspendere, studeamus prius méærendo ejus Juctui concordare. Dolentem non potest consolari, qui non concordat dolori : quia in eo ipso quod a mæroris afflictione discrepat, minus ab illo recipitur, a quo mentis qualitate separatur, Emolliri itaque prius debet animus, ut afllicto congruat, Congruens irhæreat, inhtærens trahat. Neque enim ferrum ferro conjungitur, si non utrumque exustione ignis liquetur; et durum mlli non adhéeret, nisi prius eJus duritia temperata mollescat, ut quasi hoc ipsum fiat, quod curatur ut teneat. Sic nec Jacentes erigimus, nisi a rigore nostri Status inclinemur, Amici igitur B. Job, ut affictum a dolore suspen

derent, curaverunt necesSsario simul dolere, » (S. Greg. Lib. Il Moral., c. x.)

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manque, lui enlever une part de sa peine, lui rendre en affection ce que son malheur lui en ravit. Il se peut que le sentiment de cette affection sincère et spontanée, dont le dévouement et le désintéressement sont si purs et si touchants, lui donne autant de contentement que son malheur lui causait de peine, et par conséquent le console à fond et Jui fasse tout oublier. En tout cas il se sent désormais un double cœur pour résister et pour supporter : le sien qui s'en allait et celui du vrai consolateur qui le relève et le soutient.

« Celui qui console ainsi atteint la perfection de ce ministère de miséricorde : il se donne lui-même, et ce don surpasse tous les bienfaits, tous les secours et toutes les bonnes paroles (1). »

Ainsi fit le grand Consolateur de toute douleur à notre égard. 11 descendit jusqu’à nous, se fit un cœur de douleur comme le nôtre, prit notre condition, entra dans nos maux et les attira sur lui pour les souffrir dans leurs plus cruels excès, jusqu'à en mourir. Et sa vue, son souvenir, Sa grâce allègent nos peines : Dolores nostros ipse porlavit.

Ainsi la Vierge au cœur immaculé, la Mère au cœur fort, pour accomplir auprès de Jésus consumé de maux le ministère parfait de la consolation, le suivit-elle sur le Calvaire, se tint-elle debout au pied de la Croix, l’enlaçant de ses bras pendant que son amour l’enveloppait tout entier, pénétrant jusqu'au fond du Cœur de son Fils pour y souffrir chacune de ses douleurs, pendant que ses larmes se mêlaient à son sang rédempteur.

La compassion de sa sainte Mère, où elle se plongeait tout entière sans réserve, apportait à Jésus autant de consolation qu’il éprouvait de peine, et, lui faisant oublier ses douleurs infinies, lui donnait la force de les souffrir :

(1) Exteriora largiens, rem extra semetipsum præbuit. Qui autem

fl-uuin et compassionem proximo tribuit, ei aliquid etiam de seipso dedit. (S Greg. Lib. XX Moral., c. xxvI.)

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Voilà ce qu'attend et sollicite de nous l'adorable l'atient du tabernacle : une compassion sincère sur de sa vie mortelle qu'il n’embrassa que pour nous; une compassion attendrie sur toutes les ingratitudes, tous les mépris, toutes les injures qu'il subit pour nous dans le Sacrement. Communions à ses peines et entrons-y par la connaissance et par le désir, par l'union de notre cœur à son Cœur,en nous pénétrant de toutes les raisons qui nous en pourront faire comprendre l'horreur, le nombre, la profondeur et l'étendue. Puis communions-y e

tous les maux

n les attirant en nous pour les souffrir dans notre vie, par la mortification et par l'acceptation généreuse de toutes les épreuves qu'il pourra plaire à Dieu de nous envoyer, Toute peine acceptée chrétiennement décharge Jésus, car elle est une partie de la croix, qui devient moins lourde sur ses épaules selon que uous en chargeons une parcelle sur les nôtres.

Nous entendrons le cri du Cœur accablé de toutes les douleurs et nous y voudrons répondre :

« S'ils rendaient quelque retour à mon amour, j estimerais peu ce que j'ai fait pour eux et voudrais, s’il se pouvait, en souffrir encore davantage, Mais ils n'ont que des froideurs et des rebuts pour tous mes empressements à leur faire du bien.

« Toi, du moins, donne-moi ce plaisir de suppléer à leur ingratitude autant que tu peux en ütre capable!

« Et lui représentant mou impuissance, il me répondit : « Voilà de quoi suppléer à tout ce qui te manque! »

« En même temps, ce divin Cwur s'ouvrant, il en sortit nne flamme si ardente que je pensais en être consumre, en ‘lant si pénétrée que, ne pouvant plus la soutenir, jele priui d'avoir pitié de ma faiblesse.

«Je serai ta force, me ditil, ne crains rien, mais sois attentive à ma voix (1)! »

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