‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 196 sur 224 · EP ES TES · texte numérisé non relu

EP ES TES

ristiques était dans votre calice à Gethsémani : n'en étail-ce pas la lie dans la lie, l’amertume dans l'amertume ? C'est celle que vous deviez poire tous les jours, jusqu’à la fin, et dont vous disiez : « Cela m'est plus sensible que tout ce que j'ai enduré dans ma Passion ! »

Aurons-nous, du moins maintenant, de la vraie contrition de nos péchés, une honte salutaire de notre froide ingratitude, un peu de pitié pour Celui que nous accablons gi douloureusement ?

V, — Les FRUITS DE L'AconiE. — Recueillons avet soin les grâces de l'agonie : il faut les demander instamment et prendre les résolutions les plns sincères et les plus efficaces pour en profiter. Car à quoi bon demander le secours divin, implorer la grâce, si l’on ne creuse PAS le sillon qui doit la recevoir, et si l’on n’est pas décidé à la cultiver fidèlement ?

Le premier fruit de J'agonie est la contrition : la contrition parfaite, profonde, universelle, venant d'amour.

Pour savoir quelle horreur mérite le péché, regardons Jésus agonisant, au moment où il doit s'en charger en notre nom. — Si nous voulons savoir quel chàtiment lui pst réservé, voyons Jésus impuissant à lui en obtenir le pardon, la Justice divine refusant de V'accorder, sinon al prix de la Passion et de la mort du Rédempteur. — Jésux agonisant, Jésus crucifié, voilà ce qu'est, ce que vaut le péché

Détestons-le donc à cause de Jésus, et pour son amour: st offrons pour noë péchés tous les trésors de la propri gontrition de cet innocent l

Le second fruit de l'agonie est la grâce de la priër parfaite. — Prière humble : Jésus Y est à deux genoux ; — prière désintéressée : il veut avant tont la volonté de Dieu

nn —

it-ce rest n,et ; que

ntriroide blonx

ave stams plus le sesillon utiver

a conur.

ardons ger en ent lui enir le non ail — Jésus vaut le

amour.

propre

a priere AoUx ; — le Dieu:

Gi DID IE TES

HI, — L'HEURE SAINTE 609 ere

il lui sacrifie d'avance tous ses désirs, s'ils sont contraires

aux desseins qu'elle à sur lui ; prière persévérante : elle dure trois heures malgré l'ennui, le dégoût, la tristesse

intérieure : bien plus, elle semble se prolonger à mesure que ces affections décourageantes augmentent : Jésus alors ne parle plus, mais, prosterné la face contre terre, immobile, plongé dans l’amertume, il prie par sa souffrance ot son humiliation mêmes !

Le troisième fruit est la grûce de la résisnation dans les épreuves. — Jésus nous y montre que, quels que soient les angoisses du cœur, les déchirements de l'ame, il faut tout abandonner aux droits de Dieu, nous deman. dàt-il l’holocauste de nos affections les plus chères, de notre honneur, de notre santé et de notre vie, Il faut tout donner dés qu'il l'exige, et ne voir en ce Dien inexorable qu'un Pére : Abba, Pater! Il est père! Il permet qu'on le supplie d'abréger ou de retirer l'épreuve : il permet à la nature de frémir et de gémir, pourvu que dans le fond de l'âme on l'adore et lui répète le Æat qui le rend maitre et vainqueur.

Le quatrième fruit est la fidélité à Jésus, pour ne pas le trahir, comme Judas, et pour ne pas l'abandonner dans la solitude de ses tabernacles, comme les Apôtres à Gethsémani. — Soutenant devant son Père la cause de 1a miséricorde, accablé par tous les pécheurs, Jésus nous conjure de veiller, de prier, de réparer av * lui : il nous supplie de ne pas le laisser seul ! N’aurons-nous pas pour Lui ces sentiments de pitié, de compussion, de charité que nous inspire la vue d’un pauvre, d’un infirme, d’un exilé ? — Soyons-y fidèles, et persévérons avec lui dans ses « tentations », c'est-à-dire dans ses humiliations eucharistiques, dans le combat de sa prière contre la Justice irritée, de sa wiséricorde contre la malice des pécheurs !

Puis prions pour les pécheurs, pour tous les pécheurs,

mr EE

spécialement pour ceux dont les péchés sont plus sensibles au Cœur de Jésus, les péchés de ses amis, de ceux qu'il aime davantage et prévient de plus de grâces |

Recommandons avec instance tous les agonisants à sa miséricorde ; l’agonie de Jésus est le trésor des pauvres mourants : offrons pour eux le mérite de ses angoisses et de ses souffrances. L'heure est décisive ; ils vont paraitre devant Dieu : Satan ve it les ravir pour la haine : gardonsles à l'amour ! Et prenons la résolution de nous employer activement pour appeler le prêtre, les préparer à le recevoir, et leur procurer le saint Viatique, qui sanclitie l'agonie et la couronne d'une bonne mort,

Le « Remède souverain » aux souffrances des âmes du Purgatoire.

Omnibus in Christé quiescentibus.

Pour toutes les âmes qui reposen$ dans le Cœur de Jésus-Christ.

(Ex Can. Missæ.)

La charité à exercer envers les âmes du Purgatoire, avec un dévouement qui se donne sans mesure à leur soulagement et à leur délivrance, a une place trés marquée dans la Révélation du Sacré-Cœur. Deux grands faits Py introduisent et obligent à chercher par quels liens théologiques l'amour du Sacré-Cœur appelle l'amour des âmes souffrantes. Disons ces faits ; cherchons ces liens ; et nous verrons ensuite par quellez vertus l'on pourra le plus sûrement se rendre apte à intercéder pour les âmes captives de la sainteté et de l'amour; par quels moyens de religion on les pourra plus sûrement soulager d'abord, puis délivrer.

L — Le premier des faits historiques dont nous voulons

les u'il

LA "res set itre ons.

>yer 'rCe-

titie

mes

poser$ Ssæ.)

avec lagedans introqques sout- S Vere sûre ptives ligion ivrer.

ulons

IV, — REMÉDE SOUVERAIN DU PURGATOIRE 11 nn. nanas

tirer des inductions en faveur de l'union à établir entre la dévotion au Sacré-Cœur et In dévotion ou la charité envers le Purgatoire, est l'amour éminent de In Bienheureuse pour les chères âmes.

Elle n’a pas eu pour elles cette compassion de toute âme risuse, qui se manifeste Simplement par des pritres, l'inscription dans une confrérie des

s défunts et quelques bonnes “uvres, Elle s'est offerte à toutes les souffrances en leur

faveur, et le divin Maitre, montrant

zèle, a appliqué et consacré la Bienh victime, par de longues et cruelles souffrances, an service et au soulagement des pauvres îmes. De sorte que celle qui fut à tous les titres le type achevé de Ia dévotion enve Sacré-Cœur, fut en mème temps un modéle de zèle pour les âmes du Purgatoire :

raison de regarder ces deux dé liées dans le plan rédempteur Christ (1) ?

d'où venait ce saint eureuse Comine une

rs le charité et de N'y a-til pas li une volions comme intimement de Notre Seigneur Jésus

Dès le commencement de £a vie religieuse, la Bi

sicnhenreuse s'était dévouée à l'assistance des âmes du Puryatoire.

« Sa charité bienfaisante, dit 1x Mère Greytié, la portait à beaucoup prier pour les âmes du Purgatoire, desquelles aussi souvent Notre-Seigneur Ini faisait connaitre l'éta, peine et les moyens de les aider à satisfaire leurs dettes, A quoi elle se portait volontiers avec congé; et lorsqu'elle

cédait en faveur de ces chéres âmes souffrantes tout ce

(1) Sainte Gertrude fut, au xirne Siècle, une des âmes les plus favorisées des grâces du Sacré-Cœur. Eh bien ! elle aussi fut remplie de dévotion envers le Purgatoire, à une époque où la charité envers les morts, toujours honorée dans l'Eglise comme un élément de Ja croyance catholique, n'avait pas encore revêtu, comme aujourd'hui, le caractère d'une dévotion universelle, On lit en eflet dans les leçons de sa fête, 15 novembre : « Justorum animas piacularibus flaimmis addictas, quotidianis subsidiis ecprecibus juvabat. «(Lect. vi.)

on

qu’elle pouvait fuire et souffrir, pendant quelque temps ses peines intérieures, ses niaux corporels et les exercices des petites contradictions extérieures ne manquaient pas de redoubler. On avait recommandé aux prières de Sœur Marguerite-Marie l'âme d'une supérieure @e notre Ordre nouvellement décédée. La nuit du Jeudi Saint, priant pour elle devant le Saint *acrement, Notre-Seigneur la lui fit voir sous le pied du calice où il reposait, et où cette âme achevait son Purgatoire, recevant participai.on de l'agonie de Notre-Seigneur au Jardin des Olives (1). »

Elle les aimait et secourait si assidûment qu'elle avait «une étroite amitié » avec elles : « La Mère Greyfié, ditelle, me donna aux âmes du Purgatoire la nuit du Jeudi Saint 1683, me permettant de la passer devant le Très Saint Sacrement, où je fus une partie du temps comme tout environnée de ces pauvres âmes souffrantes avec lesquelles j'ai contracté une étroite amitié. Et Notre-Seigneur me dit qu’il me donnait à elles pour leur faire tout le bien que je pourrais. Depuis lors, elles sont souvent avec moi et j" ne les nomme plus que mes amies ouffrantes (2). »

Notre-Seigneur, pasteur compatissant des àmes du Pur gatoire autant qu'il est l'exécuteur exact des divines jt tices à leur égard, cherchant partout qui les veuille aider acceptait volontiers le concours dévoué que lui offrait, pou solder leurs dettes, la généreuse servante de tous ses in!” rêts :

« Il me fit voir, dit la Bienheureuse, deux saintetés e1 jui, l’une d’amour et l'autre de justice ; toutes deux rigou reuses en leur mar'ôre, et lesquelles s'exercent continuri lement sur moi. P. la première, je souffre une espèce dl purgatoire, très douloureux à supporter, pour les äines 41

Q) T. EL, p. 301.

(2) Lettre xxI-

ps ses es des as de Sœur Ordre t pour lui fit te àme agonie

e avait fé, dit- 1 Jeudi s Saint ne tout quelles me dit que je DCE

lu Pu' nes j!

e aider.

it, pour ses in”

tetés en x rigon ntinuel spèce dde unes «iii

Fa dm tnt PEU ESC ape Lo, 5 Lo

IVe — REMÉDE SOUVERAIN DU PUNGATOIRE 615 — nn,

Y sont détenues, et auxquelles il lui plaisait, de s'adresser à moi (1).

Elle écrivait à la Mére Greyfié :

« Ma croix fut changée en une intérieure: de laquelle je Vous avoue, ma bonne Mère, Que je ne pourrais longtemps Soutenir le poids si la même Main qui m'afflige ne se rendait ma force; car il me semble que sa s iüirteté de justice n'a fait sentir un petit échantillon de l'enfer, où plutôt dn Purgatoire, car je n'avais pas perdu le désir d'aimer Dieu. Je ne saurais m'exprimer là-dessus, ne pouvant dire ce que je sentais en moi, sinon en Vous disant que j'étais comme une personne à l’agonie que l'on lainerait avec des cordes pour la rendre présente aux lieux de ses devoirs qui sont nos exercices, Je ne sentais en moi ni esprit, ni volonté, m imagination, ui mémoire : tout s'était éloigné de n'avais plus aucune vigueur ; et toutes me imaient si vivement en moi qu'elles me pénétraient jusqu'à la moelle des os. En Un mot, tout en souffrait en ne sentais plus rien qu'une ent'é volonté de mon Dieu, duquel j'adore les desseins. Mais comme il me serait difficile de vous dire toute la suite de celte disposition, ni tout ce qui S'y est passé, je vous dirai seulement qu'elle me fut représentée comme une petite réverbération et participation de ce que Notre Seigneur souffril au Jardin des Olives… Comme VOUS savez que je fais la nuit du lut représenté une sainte j'avais été gr

permettait, selon qu'il

moi, qui S peines s'impri-

Hoi, qui re soumission à la sauinte

je tinissais la prière que jeudi au vendredi, il me üme du Pursatoire pour laquelle atifiée de cette souffrance (2).

Ainsi Notre Seigneur lui-même. avide dévouées qui veuillent achever des âmes qui souffrent et ne leur soulagement, Notre-Se

de trouver des mes sa rédemption en faveur peuvent rien elles-méêimes pour igneur sacriliait, en prètre qui

CODE EC te) Lettre xxr.

Le Cœur ve Jésus-Curisr. — T, IL

61 LA DÉVOTIO. àù SAGRE-GŒEUR

oo rt dispose souverainement de si lime, la Bienheureuse aux captives de la prison € fi Elle endurait alors des tourments qui par leu n° ur intensité et leur durée, semblaient être ceux «l y » Inémae.

Il y a deux ordres de ‘où es au Purguloire : celles du feu et de lu privatior tante de Dieu, et, rendant ce double tourriët : fera ot l'impuissance radicale à rien faire pr?! es épuisent Ja peine; elles ne peuven sien . obtenir remise ni diminution.

La généreuse victime €: piatoi ait des souffrances unalogues :

. Le Sacré Cœur de Jésus donne souvent sa chétive vie time aux mes du Puryatoire pour les aider à satisfaire à sa divine justice. C'est dans ce temps que je souffre une peine à peu prés comIme la leur, ne trouvant de repos ni jour oi nuit (1). »

Voilà le tourment perpétuel qui ue cesse jannus.

« 1 plait à Notre-Scigneur de me tenir dans un état «le souflrances continuelles, où je ne me connais plus moi méme, avec un épuisement de forces qui me donne unt extrême peine à trainer le poids de ce misérable corps. Î me semble que ces souffrances sont pour quelqu’une de chères amies du Purgatoire (2).

Voilà le poids écrasant de leur impuissance à rien fair pour elles-mêmes.

L'inspiration de 1 Bienheureuse de se donner aux QUI souffrantes, confirmée par le divin Maitre, trouvait dat les prières des saintes captives elles-mêmes un écho bi touchant. Ceux qui souffrent ont d'ordinaire l’iastinet de :

ui les pourrait soulager. Les chères àämes appelaient Ï P

(1) Lettre LXXX VI (2) Lettre x1

IV, — HEMEDE sSOt VERAIN DU PT RO ATOIRE 61

Ë a eee ER pu } leur secours, comme souverainent fticuce, la deévoti se 8, C É ent efticuce, la dévotion x se uu Sacré-Cœur : de sorte que cette dévotion, qui avait eu la lurée, haute approbation de FEglise triomphante, représentée par les chérubins associés à la Bienhéureuse dans son zèle celles pour la faire accepter (4), avait aussi les ardents suffrages L ren- de l'Eglise soutffrunte; il ne se pouvait pas que l'Eglise asance de la terre n'y fit point écho en accordant à la Bienheuent la | reuse tout ce qu'elle avait ordre de demander pour Phonsis Ni | neur du Sacré-Cœur, rances 3 Eutendez les dues du Purpyatoire demander Fétablisse- $ ment de la dévotion au Sacré-Cœur, et l'appeler « le remède ve vie + souverain à leurs souffrances. »

Si vous saviez, dit la Bienheureuse, avec combien d'urdeur ces pauvres âmes demandent ce remede nouveun — si souverain à leurs souffrances ! var, Cest ainsi qu'elles nomment la dévotion au divin Cœur, et particulitrement les messes en son honneur (?), :

Notre-Soigneur au Saint Sacrement, l'inspirateur pui sonnel et direct de la dévotion envers son Cœur, se faisait l'avocat très dévoué des pauvres âmes. C'est au jour de la Cène et de l'Institution, c’est au jour de la Fète-Dieu et pendant qu'elle adore le Saint Sacrement, que la Bienheureuse est tout particulièrement sollicitée par les tunes

sfaire à fre une epos ni

état de us moi nne une corps. Il une des

on taire : . : en faire (3) 4 Le Cœur adorable de mon Jésus me fut présenté plus bril-

Janc qu'un soleil. Il était au milieu des flimmes de son pur amour, euvironné de séraphins qui chantaient d'un concert admirable. Ces esprits bienheureux m'invitèrent à munir à eux pour louer cet admirable Cœur. Ils me dirent qu'ils étaient venus pour s'associer avec moi afin de lui rendre ua perpétuel hommage d'amour, d'adoration et de louange: et qu’ils tiendraient ma place devant le Saint Sacrement afin que je le puisse aimer continuellement par leur entremise, et que d'autre part ils participeraient à mon amour souffrant, comme je jouirais en leurs personnes. Ils écrivirent en mème temps cette association duns le Sacré-Cœur en lettres d'or et du caractère iueffaçable de l'amour. » (T. 1, p. 107.)

(2) Lettre Lxxxvi.

ux ne:

ait dat

cho bien net de c elaient à

| il

du Purgatoire ; elles sentaient quel appui sûr elles avaient en lui auprès de sa fidèle servante :

« Comme j'étais devant le Saint Sacrement le jour de sa fête, tout d’un coup il se présenta devant moi une personne toute en feu, dont les ardeurs me pénétrèrent si fort, qu'il me semblait que je brûlais avec elle. L'état pitoyable où elle me fit voir qu’elle était en Purgatoire me fil verser abondance de larmes. Elle me dit qu'elle était ce religieux bénédictin qui avait reçu ma confession une fais, et qui m'avait ordonné de faire la sainte cou,muricn, en faveur de laquelle Dieu lui avait permis de s'adresser à moi pour lui donner du soulagement dans ses peines. 11 me demandait, pendant trois mois, tout ce que je pourrais faire et souf'rir; ce que je lui promis, après en avoir demandé la permission à mu Supérieure. Mais il me serait bien diflicile de pouvoir exprimer ce que j'eus à souffrir pendant ces trois mois. Car, il ne me quittait point, et du côté où il était il me semblait le voir tout en feu, mais avec de si vives douleurs que j'étais obligée d'en gémir et d’en pleurer presque continuellement. Et au bout de ces trois mois je le vis d’une bien autre manière : tout comblé de joie et de gloire, il s’en allait jouir de son bonheur éternel; et en me remerciant il me dit qu’il me protégerait devant Dieu (1). »

La nuit du Jeudi Saint, qu’elle passa tout entière devant le Saint Sacrement, « elle fut tout environnée de ces pauvres àmes souffrantes. Et Notre-Seigneur « me dit «qu'il me donnait à elles pour leur faire tout le bien que « je pourrais (2). »

Voilà les faits. La Bienheureuse, guidée par la lumière du Sacré-Cœur, qui illumine toutes ses voies, se donue avec autant de constance que de zèle à soulager les âmes

(1) TL, p. 417.

(2) LL, p. 76.

ee

ient

r de une rent ’état loire ’elle sion inte s de ses que s en | me IS à ttait ten igée t au re :

de qu’il

ière > de » dit que

ière nue nes

ÎV. — REMÉDE SOUVERAIN DU PURGAIOIRE 617

du Purgatoire par la priére et la souflrance: = les mes souffrantes viennent sans cesse supplier leur charitable sœur de la terre, qui est encore dans la condition des œuvres et de la souffrance méritoires, de les soulager; elles l’encouragent à poursuivre l'établissement de la dévotion au Cœur adorable, dont elles attendent « un remôde nou veau et souverain » à leurs maux; —enfinle divin Maitre lui-même dévoue sa servante au service du Purgatoire comme à l’un des plus chers intérêts de son Cœur, — Ces trois faits démontrent jusqu'à l'évidence et qu'il y à des liens sacrés entre le culte du Sacré Cœur et le culte du Purgatoire; et que de la dévotion au Sacré-Cœur, bien comprise, doit naître et s’alimenter une généreuse dévotion pour ces chères âmes, en même temps que se former un puissant arsenal de secours en leur faveur.

Il. — Ce qui rend si sympathiques ces deux dévotions c'est l'amour trés particulier que le Sauveur porte x âmes du Purgatoire ; et comme on ne peut aimer quelqu'un sans aimer ceux qu'il aime, il n’est pas possible d’être port: de piété pour le Cœur sacré sans être attiré vers ces âmes qui occupent tant ses sollicitudes et qui émeuvent si profondément sa tendresse et sa pilié.

Elles sont, il est vrai, des prisonnières de se Justice pour cause de dettes laissées impayées après L deraier soir de la vie, qui clôturait le temps du négoce où on les peut acquitter par le mérite : et la Justice les traite très durement. — A sa Suinteté, qui, pour se Les unir face à face au ciel et se complaire dans le miroir de leurs vertus, exige qu'il soit absolument sans tache, elles opposent des ombres et des traces de souillures ternissant leur éclat extérieur : et la Sainteté les brûle, pour les purifier, de ses feux impitoyubles : c'est encore vrai. — Leur amour pour le Bien souverain n’a point excité en elles des désirs assez puissants pour les emporter d’un seul élan, quand

0 tt

furent rompus les liens de la chair, jusqu'aux sommets de la lumière qu'il habite; timide et défiant jusqu’à la fin, ou replié sur soi-même par quelques attaches d’égoisme, il ne les a pas assez dilatées et agrandies pour leur permettre de le saisir d’une indissoluble étreinte dans la première rencontre où la mort les mit en sa présence : et le Bien infini, pour se faire désirer autant qu'il le mérite des créatures qui le veulent posséder dans ses joies sans mélange et sans fin, ouvre, excite et attise en elles des désirs insatiables et inassouvis qui les torturent sans répit. — Enfin, parce qu’elles ne surent point dominer assez la chair dans laquelle elles vécurent et se firent trop souvent complices de ses exigences et de ses bas excès, encore qu’elles les aient reniés et expiés en partie, elles sont plongées, toutes spirituelles qu’elles soient par nature, dans une fournaise ardente dont les flammes, soulevées et poussées par la puissance vengeresse de Dieu, pénètrent jusqu’au fond de leur substance et les dévore sans les consumer, pour rendre leur supp'ice plus cruel et plus long.

Et dans ces tourments, dont l'intensité répond à l’ampleur infinie des causes qui les produisent et les appliquent, les pauvres prisonnières du Purgatoire sont dans l’impossibilité radicale de rien faire pour s'aider, se soulager, se délivrer. Elles souffrent, elles payent, elles expient, mais sans qu'aucune soufiranc: bien supportée les délivre d’aucune de celles qu’elles ont à subir encore; sans qu'aucune dette soldée soit prise en compte sur les autres dettes ; sans que la perfection de leur patience puisse diminuer les délais de leur peine. Elles ne peuvent rien pour ellesmêmes sinon souffrir. C’est l’indigence, le dénûment, l'impuissance, les écrasant de tout leur poids insupportable !

Tout cela, certes, suffit à faire comprendre la condition infortunée des âmes du Purgatoire, et que tous les maux du temps réuais n’approchent pas de leur malheur : elles sont bien des condamnées et des prisonnières, subissani un épouvantable châtiment!

ee

ets de a fin, me, il nettre miére Bien e des sans s des répit.

sez la uvent encore s sont ature, rées et êètrent ns les s lon.

Vamquent, [M pos- 2er, se , Mais > d’auucune lettes ; uer les ellest, l'imble!

adition maux : elles bissant

JV. — REMÉDE SOUVERAIN DU PURCATOIRE 619

EEE ER

HI. — Malgré cela. et à cause de cela aussi, elles sont infiniment chères au Cœur sacré du Sauveur. — Elles sont dignes de son amour parce qu’elles l'aiment par-dessus toute chose, d'un amour qui ne peut plus connaitre de trahison ni même de défaillance, d'un amour qui le désire d'un désir dévorant, qui l’adore et se soumet à ses châtiments avec une inaltérable patience, qui accepte sa peine et s’v plonse avec un zéle qu’inspirent la faim et la soit de la justice la plus exacte. — Elles sont dignes de son amour parce qu’elles sont justifiées, pures dans leur fond, humble: et dociles; parce qu’elles ont été jugées dignes du ciel, après leur peine temporaire subie, et que leurs noms sont écrits au livre de vie. — Elles lui appartiennent, comme sa clorieuse conquête ; elles sont des membres vivants de son corps immortel ; elles vivent de son sang, de sa vie, de son amour. Elles sont dans le Cœur sacré, puisqu'elles sont dans l'amour de Jésus. L'Eglise dit qu'elles y reposent . In Christo quiescentibus. Elles y étaient, vivant dans la charité de l’état de grâce, quand la mort vint les séparer de leur corps; elles ont eu le bonheur de s'y coucher au moment de leur dernier sommeil, et elles y dorment dans la paix que donne l'assurance de n’en sortir jamais : Beati mortui qui in Domino moriunlur 4).

Jésus répond donc d’elles ; il est leur Chef et leur Prince, leur Sauveur et leur Pasteur ; elles vivent en lui, par lui et pour lui; elles sont dans sa dépendance, sous Sa conduite, et en perpétuelle aspiration vers lui : Regem cui omnia vivunt (?).

Tendant vers la cité glorieuse de son empire, n'étant plus de la cité militante, elles dépendent encore pourtant de sa royauté eucharistique. Car c’est de l'application de la rédemption renouvelée en leur faveur et appliquée à leurs maux par le sacrifice eucharistique, qu’elles attendent l'achèvement de leur salnt. Tous les matins le bon

(1) Apoc., xiv, 14.

(2) Invitatoire de l'Office des morts,

Ut

620 LA DÉVOTION GG ACRÉ-cœunR ne ee men ngene nn,

Pasteur prend son vèteme sacramentel pour visiter son immense bercail, portant le pain dont il nourrira ses brebis et ses agneaux, le breuvage dont il apaisera leur soif, les eaux vives où il les baignera, les remèdes dont il guérira les blessées et les malades ; après avoir parcouru, plus rapide que l'éclair, la portion du troupeau établie sur cette terre, il s'empresse de descendre vers les vallées profondes où souffrent, dans les ténèbres, dans le feu dévorant et dans la fièvre du désir, un nombre incalculible de ses brebis (1). 11 les visite, il les console, il les encourage, il paie une partie de leur rancon , 11 fait monter celles dont la délivrance approche vers l'issue tant convoitée qui donne sur le ciel. Son sang, ses mérites, ses vertus, tous les trésors de son sacrifice, il les leur départit largement. Cest, au langage de l'Eglise, « de la lumicre, du rafraîchissement et de la paix » qu'il répand dans leurs ténèbres, dans leurs flammes, dans leurs angoisses (2). Renouvelant tous les mystères de sa vie, de sa mort et de sa résurrection, le sacrifice eucharistique renouvelle aussi le charitable, doux et touchant mystère de la descente de Jésus aux enfers, non point à ceux qui n'existent P'S pour son amour, livrés qu’ils sont à ses seules colères, uuis à ces enfers où achévent de se purifier ec de préparer leur délivrance les captives de la justice, de la sainteté et de l’amour : Descendit ad inferos. Et il n’en remonte jamais sans être escorté d’une troupe joyeuse et triomphante d’âmes qu'il a délivrées, chantant ses miséricordes, qui leur ont été fidèles jusque par delà la vie du temps : Ascendens in allur captivam duxit caplivitatem (3). C’est, de tous ses triomphes, le plus cher à son Cœur :

(1) Memento, Domine, famulorum famularumque tuarum qui nos præcesserunt cum signo fidei et dormiunt in somno pacis. (Ex Can. Missæ.)

(2) Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiescentibus locum refrigerii, lucis et pacis ut indulgeas deprecamur. {Ubi supr.)

(3) Ephes., 1v, 8.

re

son ebis les rira plus sur lées feu lculeg iter itée tus, rœedu urs

tet elle Jos.

ent ‘es, rer

et nte

es,

Page 1