IV. — BEMÈDE SOUVERAIN DU PURGATOIRE
car c'est en même temps la délivrance de la plus cruelle douleur qui puisse être souflerte, et le don immédiat, total et sans fin du plus parfait bonheur qui puisse être goûté. Et comprenez-vous ce qu'un cœur aimant et bon comme le Cœur de Jésus-Christ éprouve de satisfaction à faire celte double merveille, à accorder €: double bienfait d’infinie valeur ?
L'amour très particulièrement tandre et compatissant de Jésus pour les âmes souffrantes, est done je lien fondamental de la dévotion du Sacré-Cœur avec la dévotion du Purgatoire : on ne peut s'approcher de ce Cœur sans partager sa pitié profonde, sa sollicitude toujours en éveil et Le dévouement qui le livre tout entier en Sacrifice pour soulager et délivrer ces nobles infortunées, que la grandeur de leurs maux, non moins que leur invincible patience à les supporter, rendent si attachantes.
IV. — Il en est un autre qui mérite d’être indiqué, sinon longuement exposé, et qui est formé de Ia similitude de nature entre ces deux dévotions. La dévotion envers les âmes du Purgatoireestessentiellementune dévotion d'amour, de charité noble et désintéressée aussi bien à l'égard de Dieu qu’à l'égard du prochain, etelle ne saurait trouver un appui plus sympathique, un aliment mieux approprié à ses besoins et à ses œuvres que la dévotion au Sacré. Cœur, laquelle, &e son nom propre, doit s'appeler Ia dévotion de l'amour.
Voulant dévouer la fidèle servante de son Cœur au service des âmes souffrantes, le divin Maitre l'investit « de sa sainteté d'amour », c'est-à-dire de son amour le plus saint, le plus ardent, le plus pur et le plus généreux. — « Dieu me montra, dit la Bienheureuse, sa sainteté d'amour, par laquelle je souffre une espèce de purgatoire, très difti-
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+ mnt à
cile à supporter, pour les âmes qui y sont détenues et aux: quelles il permet de s'adresser à moi (1). »
En nourrissant l'âme d’amour, qu’elle y avivera sans cesse de nouveaux augments, le culte fidèle du Sacré-Cœur développera en même temps le dévouement au Purgatoire,
Car c’est bien l'amour le plus élevé et le plus délicat pour Dieu lui-même qui porte à se dévouer pour les âmes souffrantes. C’est le souci de sa gloire personnelle à faire servir et chanter par des âmes introduites au ciel et mises dans les conditions de son service le plus parfait. Un seul élu donne plus de satisfaction à Dieu que le plus grand saint sur la terre, par sa pureté sans tache, son amour sans mélange, la connaissance sans intermédiaire de” ses perfections, par la plénitude enfin de vertus et de puissance où la gloire l’a introduit. La gloire des élus est, avec l’Incarnation et la Maternité divine, la plus grande œuvre que Dieu puisse faire, celle par conséquent d’où il tire le plus d'honneur. — Or la prière, les œuvres, les souffrances offertes pour la délivrance des âmes du Purgatoire ont ce me veilleux effet de faire entrer dans la gloire et de constituer, par conséquent, ces serviteurs immédiats de la Majesté divine, qui vont le louer et le glorifier pendant toute l'éternité. C’est avoir le noble et intelligent souci de la gloire de Dieu que de se porter à la seivir par ce qui en parait le moyen à la fois très sûr et très prompt. Ces délicatesses attentives pour la gloire de son Père, qui donc ies a et les peut inspirer, sinon le Christ au grand Cœur et ceux qu’il forme à son école ?
C’est aussi une œuvre de charité noble et désintéressée
cnvers le prochain que le dévouement aux âmes souffrantes : non seulement parce que leurs souffrances sont grandes et
(1) T. II, p. 501