IV. — REMÈDE SOUVERAIN DU PURGATOIRE 623 TR RUE ES
apitoyantes, et qu’on secourt en elles de vraies malheureuses; mais parce qu’elles sont facilement oublices, qu'étant absentes des yeux elles le sont bien souvent du cœur, et qu’enfin elles n'ont aucun moyen d'attirer l'attention, de se plaindre et de demander, à titre de justice de la part des leurs, les secours qu'on leur refuse, à titre de charité de la part de tous, les miettes de la table spirituelle, Là où ln misère se montre, où le cri du pauvre se fait entendre, où l’ostension de ses plaies sollicite la pitié, la charité est facile à faire, tout en restant méritoire. L’amour-propre peut aussi, hélas! aider à en accomplir des œuvres éclatantes en vue de la reconnaissance des malheureux ou des applaudissements des hommes.
Ici la charité a toute sa grandeur et tout son mérite : elle est cachée, elle ignore ses succès, elle n’est point sollicitée : il faut donc que le très pur motif de l'amour divin l'inspire et la soutienne : l'unique foyer d'un tel amour est le Cœur de Jésus, et on ne s'en peut embraser qu’à le fréquenter avec la ferveur et l’assiduité d’une vraie dévotion.
Fruit de l'amour encore le culte du Purgatoire, parce qu'il emploie d'ordinaire, pour le témoigner, des œuvres inspirées par la charité parfaite. La prière fréquente, la mortification, les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle sontses principaux moyens : ils appartiennent à la perfection chrétienne. Les indulgences à gagner réclament une grande pureté de conscience, la fuite des fautes volontaires et l’amour parfait de Dieu. Et si l’on veut que l'in. tervention en faveur de ces prisonniéres soit agréte, il faut que le médiateur soit agréable : car, n'ayant aucun droit rigoureux à intercéder pour les autres, les prières et les œuvres qu'il offre à leur intention ne sont reçues que dans la mesure où, ami de Dieu, Dieu tient à lui faire plaisir, à le récompenser de sa fidélité et à manifester le contentement qu'il a de sa vie et les complaisances qu’il prend en lui. Pour se tenir dans la pratique habituelle de ces œuvres d'amour, il faut que le fonds en soit assez abon
G24 LA DÉVOTION AU SACRÉ-CŒUR a — me
dant el assez alimenté, Et pourrons-nous espérer jamais d'aimer d'amour un peu surabondant si notre cœur, établi sur le fondement du Cœur de Jésus, n'y puise assidûment les trésors de son amour ?
L'amour donc, ne de la dévotion envers les âmes souffrantes, première raison de la dévotion envers le Sacré- Cœur, les unit entre elles par un nouveau lien de fond. Les chères âmes avaient raison de demander l'avènement du Sacré-Cœur « comme un nouveau et souverain remède à leurs maux » : l’accroissement d'amour amené par sa Révélation devait stimuler et développer dans les âmes la charité envers elles, qui est aussi ancienne, dans l'Eglise, que le sacrifice eucharistique lui-même, le divin Maitre, sous la poussée de son Cœur, l'ayant institué et pour les vivants et pour les morts !
V. — La Bienheureuse a enseigné. sous la dictée formelle ou sous l'inspiration du Sacré-Cœur, par quels moyens surtout on pouvait efficacement accomplir ce grand et doux ministère de charité envers le Purgatoire, où l'on est sûr de faire du bien à deux êtres bien dignes d'être aimés : les âmes saintes, encore que malheureuses, et Jésus lui-même, dont le Cœur s'est tant identifié à leurs peines qu’il éprouve comme fait à lui-même tout le soulagement qu'on leur procure.
Elle énumère d'abord les œuvres de la piété eucharistique : les longues et persévérantes intercessions 2 l’adoration au pied du Saint Sacrement, pendant lesquelles les âmes Ja suppliaient de les secourir, où elle recevait de NotreSeigneur l'impression de leurs souffrances, où le divin Maitre l'assurait qu'en vue de sa prière et de ses peines si généreusement emh:ssées et soutenues avec une patience si courageuse, il accordait les adoucissements, les remises et les délivrances demandées (1).
(1) Lettre Lxxxvi.
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IV, — REMÉDE SOUVERAIN Dr PURGATOIRE C5 mm … Elle demande des messes : elle dit que les pauvres fines en sont avides ; surtout des r Cœur, Aussi, la Bienhenreuse en quélait-elle auprès de ses Supérieures, et sa Correspondance ext chaudes instances en faveur de frantes (1), »
ns
uesses en l'honneur du Sacrée
remplie de ses Ses bonnes amies souf-
Enfin la communion, des Communions aussi nombreuses que possible, des communions générales de la communauté. Elle savait, etles chères times aussi qui l'en sollicitajent (2), combien la communion. par les préparations qu'elle exisre, par lunion où elle inet avec Jésus, rend le suppliant capable de plaire ; combien, par le don de lui-même, Jésus est engagé à accorder les autres dons qu'on lui demande : combien enfin, par le contact immédiat de son cœur avec le Cœur de Jésus, le Communiant participera à sa piété dévoute pour la partie souffrante de son troupeau et S'enflammera de zèle à les secourir par toutes les œuvres de la charité, de la tortification et de la souffrance.
Les œuvres de vertu sont, en effet, le seconil ordre de moyens à employer en faveur du Purgatoire,
(1) La premisre fois que je la vis après sa mort, elle me dit : “ Ah ! que je souflre de cruolles peines, et que cinq années seront bien longues en de si rigoureux tourments ! » — Je Jui demandai ce qu'elle souhaitait, et elle me demanda dos messes, (Lettre XXIX.)
(2) Une religieuse décédés depuis longtemps, dit la Bienheureuse elle-même, me pressait si fort qu'elle ne me donnait point de repos, me disant invessainment : « Priay Dieu poar moi : offrez-ui vos souffrances unies à celles Je Jésus-Christ pour : ulager les miennes ! Donnez-mui tout ce que Vous ferez jusqu'au premier ven. dredi de mai, que vous cOMmmMuHIc "eZ pour moi, » — Aprés avoir fait la communion qu'elle m'avait demandée, elle me dit que ses horribles tourments étaient bien diminues ; car on lui avait dt une messe en l'honneur de la Passion, mais qu'elle était encore pour longtemps en Purgatoire, où elle soutfrait Les peines qui sont dues aux âmes qui ont été tièdes au service de Dieu, (T. I, p. 501.) — « Elle me dit de m'adresser à vous, ma bonne More, pour vous demander une communion sénérale... » (Lettre x::1x.)
Dans une admirable instruction à ses novices (1), où eïle les « défie » et provoque à la charité généreuse envers le Purgatoire, la Bienheureuse enseigne par la pratique de quelles vertus surtout on pourvoit à leur soulagement. Ce sont celles où elles ont le plus manqué, et dont elles expient les manquements par de terribles et longs tourments. En faire des actes fréquents avec grande application, c'est non seulement satisfaire la divine Justice pour les dettes contractées par les fautes, mais rendre à la Sainteté de Dieu la somme de gloire dont elle fut privée. Aussi ne saurait-on trop se donner à la pratique solide des vertus chretiennes et s'efforcer de les porter jusqu’à la perfection, si l'on veut devenir sincèrement dévot au Purgatoire et soulag-r efficacement les pauvres martyres de la souffrance et de l'abandon. Les exercices de piété à leur intention sont bons ; vous les rendrez parfaits si vous les soutenez pur des œuvres de vertu,
La Bienheureuse recommande quatre vertus comme plus nécessaires pour expier, parce que ce sont celles dont l'omission fait souflrir un plus grand nombre d’âmes : la pureté, — la charité, — la pénitence, — l'humilité.
« Défi pour l'Octave des trépassés, — Voici la manière qu'il me semble être la plus conforme au désir du Sacré- Cœur de Jésus pour vous acquitter plus fidèlement de la promesse que vous lui avez faite en faveur des saintes âmes souffrantes du Purgatoire.
« Depuis Prime jusqu'à l'Office, cinq pratiques de purets d'intention : vous les ofirirez à Dieu pour satisfaire à sa justice en lui payant, par la pureté du Sacré-Cœur, Île défaut de pureté d'intention de ces pauvres âmes, pour lequel elles souffrent maintenant.
« À la récréation, cinq pratiques de charité, cinq actes
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VV. — REMÉDE SOUVERAIN Dr PURGATOIRT 677 ne mg 2 ss de douceur et de condescendance, que vous unirez ù l'ardente charité du Sacré-Cœur pour payer les défauts de cos Pauvres âmes souflrantes en ce lieu 1),
« Pendant le diner, Cinq pratiques de mortification (21
‘ Mais comme l'orgueil est 1a plus grosse dette, vous
ferez auiant de Pratiques d'humijité que vous pourrez, Vous les unirez a celle de ce divin Cœur, pour payer pour ces pauvres affligées qui sont be
aueoup soulauées par les communions spirituelles, pour réparer le méchant usage
qu’elles ont fait des réelles (3).
(1) Une religieuse au Purgatoire disait à In Bienheureuse : « La troisième chose qui me fait bien soutfrir, c'est pour les minque ments à la ch:rité — et Pour avoir causé la désunion et en avoir eu avec les autres : et pour cela les privres que l'on fait ici ne me sont pas appliquées — et le Sacré-Cœur de Jésus me voit souftrir sans compassion — parce que je n'en avais pas de ceux que je voyais souflrir, » (Lettre xxix.)
(2) Je vous demande encore comme à ma bonne Mère quelques secours particuliers pour notre pauvre Sœur M.-H., pour laquelle, dès le commencement de l'année, j'ai offert tout ce que Je pourrais faire et souffrir, ne m'ayant point donné de repos que Je ne ui aie fait cette promesse de faire pénitence pour elle, me disant qu'elle souffrait beaucoup, particulièrement pour trois choses, La première, pour le trop de délicatesse et mollesse du corps. (Lettre X\x111,) — Une autre disait : « Je souttre à cause de mOn « vœu de pauvreté », « ne voulant pas que rien me manquit, donnant à mon corps plu- « sieurs soulagements superflus..…, Ah! que je paie bien main- « tenant le trop de caresses que J'ai fait à mon corps ! et que les « religieuses qui veulent avoir plus que la vraie nécessité, et qu! “ne sont pas parfaitement pauvres, sont cdieuses aux yeux de “ Dieu ! » (Lettre xx1x.)
(3) La désobéissance est la forme concrète de l'orgueil, conme l'ubéissance est l'expression complète, la mesure exacte de Fhumilité, Aussi la désobéissance est-elle sévèremant punie au Purgatoire, à l'égal de l'orgueil. « Pour la seconde fois que cette bonne Suur apparut, elle me fit voir le pitoyable état où elle était, en disant :
* Ah! ma pauvre Sœur, que Je souffre d'horribles tourments ! ft
en que je souffre pour plusieurs choses, il ÿ eu à trois qui me * lont plus soufrir que tout le reste. La première est mon « veu
2 merde canemnts é-seieht tnt
Ces vertus, la Bicnheureuse demandait au'on les prutiquàt en union avec le Sacré-Cœur, dans le Cœur même de Jésus, avec le regard intérieur tourné vers le Saint Sacrement.
« Premiérement, vous vous mettrez dans le Sacré-Cœur, vous consacrant tout à lui et tout ce que vous direz et penserez. — Vous offrirez à Jésus au Saint Sacrement tous les saints Sucrilices qui se célèbrent dans la sainte Eglise, lesquels vous prierez vos bons anges d'entendre et d'offrir à Dieu pour apaiser sa justice. »
Et la journée tout entière, chaque journée, et par conséquent toute la vie, étant offerte pour les chéres clientes du Sacré-Cœur, elle terminait gracieusement son instruction :
« Le soir vous ferez un petit tour par le Purgatoire, en la compagnie du Sacré-Cœur, en lui consacrant tout ce que vous aurez fait ponr le prier d'appliquer ses mérites à ces saintes âmes souffrantes. Et vous le prierez en même temps d'employer leur pouvoir pour vous obtenir la grûce de vivre et de mourir dans l'amour et la fidélité du Sacré- Cœur de Notre-Seigneur Jésus Christ, en répondant à ses désirs sur vous, sans résistance ! »
Faisons done, par amour pour Jésus qui les aime tant, la charité aux chères âmes! Nous gagnerons non seulement leur reconnaissance, mais la gratitude de son Cœur infiniment bon; et il nous sera singulièrement utile, si nous descendons au Purgatoire à notre tour, d'avoir, pour se souvenir de notre détresse, les mes bienheureuses que nous aurons délivrées, et le Cœur de Jésus que nous aurons consolé !
« d'obéissance » que j'ai si mal observé, que je n'obéissais qu'en ce «qui me plaisait : et telles obéissances ne sont pas agréées ile « Dieu, étant des fermes hypocrites de vertu et non vertu sincère, * (ettre xxIX.)
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qu'en ce éées ile ncère, *