‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 199 sur 224 · V. — MODÈLE p · texte numérisé non relu

V. — MODÈLE p

Le modèle de la dévotion au Sacré-Cœur.

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I. — 11 nous senble nécessaire de élore ces étui )* nous avons entendu les lecons de 1 Bienheurense, incom parable maitresse dans la science du Cœur de Jésus, montrant comment elle comprenait et enseignait, non plus par ses paroles, mais par ses œuvres, a dévotion envers le Sacré-Cœur.

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Jamais l'union à reconnaitre et à garder entre le Saint Sacrement et le Cœur adorable n'apparut plus manifeste, Avant d’avoir reçu les merveilleuses Révélations du Sacré- Cœur, la Bienheureuse était attirée vers le tabernacle par un attrait dominant qui enlacait ses affections, ses pensées et sa vie autour du Christ sacramentel par des liens de plus en plus forts et étroits. Après que NotreSeigneur lui eut découvert son Cœur vivant et aimant derrière le voile eucharistique, elle descendit plus avant dans le Saint Sacrement et y habita plus assidñment que jamais, ne voulant plus, comme elle le dit, « se séparer du Cœur dé son Dieu et du Dieu de son Cœur. »

Sa vie se peut exactement diviser en deux phases, dominées l’une et l’autre par l'unique amour de l’Eucharistie. Pendant la première elle chercha avec l'ardeur et la onstance d’une invincible passion le vivant Sauveur dans le profond mystère du Sacrement : Per noctes quiesivi quein diligit anima mea. Pendant la seconde, ayant trouvé le Cœur de Jésus duns le sanctuaire animé de son

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corps immortel, elle s’y abima et n’en sortit plus : Terui eum nec dimittam. La Révélation du Sacré-Cœur et les nouveaux devoirs qu'elle imposait à sa reconnaissance et à sa religion se traduisirent, pour cette âme intelligente de la nature et des rapports des réalités surnaturelles, non moins qu'instruite des volontés du divin Maitre, par un redoublement de dévotion envers Jésus-Christ dans le Sacrement.

IL. — « Jamais nous ne découvririons le Christ, a dit saint Augustin, s’il ne commençait à se découvrir à nous dans des appels qui nous préviennent. » Les appels adressës à la Bienheureuse par le Dieu de l'Eucharistie furent si précoces, si nombreux et si pressants qu'ils permettaient à l'Epoux divin de dire plus tard à cette épouse de son Cœur : « Regarde, ma fille, si tu trouveras un père blessé d'amour pour son fils unique, qui ait pris autant de soin de lui donner des marques de son amour que je t'en ai données du mien jusqu’à présent (1). »

Elle n'avait encore que quatre ans et commencait à peine à se pouvoir connaître qu’un instinct de grâce lui donnuit le besoin et la connaissance de Jésus-Christ au Sacrement : « Etant à la campagne chez une dame sa marraine, elle sentait un attrait si grand d’être à l'église que, bien loin de s’y ennuyer, elle n’avait aucun plaisir en la vie égal à celui d'y demeurer longtemps et n’en sortait qu’à regret. Comme, par bonheur pour elle, la maison où elle était se trouvait fort près de l’église, elle sortait souvent du logis pour s’y rendre, s’y tenant toujours à genoux, les mains jointes, sans avoir autre chose dans l’esprit que les premiers principes de la doctrine chrétienne qu’on enseigne aux enfants dès qu’ils commencent à parler. Elle croyait Dieu plus présent à l'église qu'ailleurs, à cause au’on lavait instruite,

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selon sa petite capacité, que Jésus Christ Dieu et homine réside réellement en Corps eten âme au très saint Sacre. ment de l’autel. Elle crovait cette vérité simplement, et sa plaisait en la sainte présence de celui qui dés lors prenait possession de son cœur innocent (1j. »

Le Christ caché, en lui faisant sentir sa présence, lui donnait le sens de sa vie Personnelle, qui porte à nouer avec le Saint Sacrement toutes les relations de confiance, de préférence et de conversation qui font le commerce humain. Peu de prières vocales dans ses longues stations au pied du tabernacle : le sentiment de la présence qe l'Ami vivement goûté, l'oblation prolongée d'elle-même en retour du don qu'il lui fait pur Sa constante présence, et le silence comme unique moyen d'exprimer des sentiments trop profonds et trop délicats pour que la parole les pût traduire exactement.

Voici ce que la Bienheureuse a dit de sa manière de faire oraison, alors qu'elle était encore dans le monde :

« Mon divin Maitre nr'apprit comme il voulait que je la lisse, ce qui m'a servi toute ma vie, [Lie faisait prosterner humblement devant lui pour iui demander pardon de tout C: en quoi je l'avais affecté, et puis, après lavoir adoré, je lui offrais mon oraison sans suvoir comme il m'y fallait prendre. Ensuite, il se présentait lui-méine à moi dans le mystère où il voulait que je le considérusse : et il appliquait si fort mon esprit en tenant mon âme en toutes mes puissances englouties dans lui-méme., que je ne sentais point de distractions, mais mon cœur se sentait consümé du désir de l'aimer; et cela me donnait un désir insatiable de la sainte communion et de souffrir. Mais je ne savais comment faire. Je n'avais pas de temps que celui de la nuit : j'en prenais ce que je pouvais. Sa bonté me tenait si fort dans l'occupation que je viens de dire qu'elle me

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