IT. -— J'AI UNE SOIF ARDINTE D'ÉTRÉ AIMÉ
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de leurs fautes, pour l’apaisement de 1n colère, la satisfaction de la justice, la sollicitation de la miséricorde : pour maintenir toujours ouvertes, libres et favorables les voies des pardons, des secours, des consolations et de tous les dons divins; davantage encore, où il se donne à chacun pour entretenir, augmenter et dilatér dans son âme le fen de l'amour, les œuvres de l'amour, les fruits de l'amour, ses furces, ses élans et ses joies : où, enfin. pour être sûr d'être aimé, il vient s'aimer lui-mtine en nous, nous donnant son propre Cœur et y perdant le nôtre, nous disant coinme à la Cène, quand il se livrait à ses apôtres : « Vous en moi et moi en vous! » ct comme à la Bienheureuse quand il lui donna son Cœur : « Ma fille, je prends tant de plaisir à voir ton cœur, que je veux me mettre en sa pluce et te servir de cœur (1)! »
Des désirs exprimés de tant de manitres, une volonts appuyée de tant de preuves, n'affirment-ils pas des droite, ne promulguent-ils pas une loi, ne manifestent-ils pas un besoin, ne donnent il: pas lidée dominante et urgente d'une soif qu'il faut à tout prix satisfaire, sous peine d'inmure, de violence et de souffrance dans Celui qui iv prouve, et dont la salisfaction, an contraire, lui donne le
contentement, le plaisir et Ja joic?
Tel'e . if d'être aimé de nous qui brûle le Cœur de Notre-Seixneur. — Il nous veut « ses amis, et la compagnie des enfan.s des hommes fuit ses délices, » -- [| nous de-
manle noti? concours pour ses œuvres, notre appui dans ses Inttes, nes consolations dans ses peines, « Demeures. veillez ct priez avec moi, car mon âme est triste à mourir! .
Il demande, il quète et implore notre amour, comane il le commande : il en a besoin! — En être privé lui est une douleur, la plus cruelle de toutes les douleurs. « I était tout troublé, et il protestait en disant : L’un de vons r-
(1) Tome I, p. 101,
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truhiva ! — Comment! vous n'avez Pis pu veiller une heure avec moi! » — Et trois fois, à nicsure que croissuit l'horreur de son agouie, il revint cherclier, dans l'aftection de ses apôtres, le secours. le soulagement, sans lesquels il lui semblait ne pou ‘oir soutenir plus longtemps le combat.
Comprenc:-vous que ces droits ct ces besoins sacrés d'être aimé, le Sauveur ne puisse renoncer ni à leu exercice, ni à leur satisfaction, sans renier sa nature divine sa nature humaine à la fois? sans priver son Père de la gloire qu'il s'est Promise de la création rationnelle, sans ‘bandonner l'homme, créé dans l'amour et racheté dans la miséricorde, au malheur éternel ? Comprenez-vous pour. quoi, étant, dans le Très Saint Sacrement, le gardien indéfectible de ces droits et In vivante expression de ces besoins, c'est là qu'il vent être aime ? pourquoi. ‘nfin, au moment où le naturalisme, négation radicale de l'amour de Dieu pour l’homme et de l’homme pour Dieu, va fondre sur le monde, le Sauveur secoue les cendres de l'état sacramentel, fait éclater en flammes ardentes le feu qu’elles recouvrent, et S'écrie : « J'ai une soif ardente d'être aimé des hommes dans le Près Saint Sacrement ! »
II, -— Qui .cut pénétrer dans l'être intime de Jésus- Christ, y découvrira une autre raison, plus profonde peutétre, de la soif mystérieuse, mais nextinguible, qu'il révèle par le c:i d'angoisse poussé sur la croix ot renonvelé à Paray.
Au physique, la soif vient du desséchement des tissus, causé par une chaleur excessive, Au moral, la véhémence de l'amour excite le vif désir, l'ardent besoin de sutisfaction qu’on avpelle soif des passions, soif de pluisir, soif d'affection. L'amour est à l’âäme ce que le feu est à lu matiére : amour et fen sont SYnonvmes dans les choses
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Il VAI UNE SOIF ARDENTE D'ÊTRE AIME ! 19
spirituelles, comme ils le sont duns le prototype, l'Esprit éternel, qui est à In fois « le feu et l'amour : Fons virus, anis, charitus A5 El notre Bien, qui est lumour par essence, est e un feu constumant CD, 5
Déposé dans la créature comme une étincelle prise à cet inextinguible fover, Famour est mis en l'âme comme la passion maîtresse on la flamme vive qui brille, ele, brûle et consume Ja vie 5, faisant du cœur humain un fover embrasé, en va dans l'ordre surnaturel comm: dans Le domaine de Ja nature, C'est sous la forme d’une flamme que la charité descend dans le cœur des apôtres; c'est au feu de l'amour divin que nous demandons d'embraser nos cœurs, d'éclairer nos esprits, de vivifier nos œuvres et de consumer la rouille du péché. C'est du feu du pur amour, avivé par le sonfile violent des souftrances, que nous attendons l'union parfaite de notre âme aver Dieu, dans la fusion définitive de Ja gloire, préparée par les fusions successives et de plus en plus ardentes de la urûce (4). — Donc Famour est un feu; et comme c’est le feu du sans qui brûle et altére la gorge desséchée, c'est l'amour qui allume dans l'âme les désirs urdents comme une soif.
Appliquez celte règle au Cœur du Verbe Incarné, et vous comprendrez la raison, l'intensité, l'intolérable tourment de la soif qui n'a cessé de le dévorer depuis le moment de sa formation dans le fover du Cœur de Marie, embra<é déjà des flammes de son ninour de Vierge Immaculée et de Mere de Dieu, Un mot dira tout : le Verbe Incarné tout
(1) Hym. Veni Creator.
(2) Dominus Deus tuus ignis consumens est, Deus :emulator. (Deut., 1v, 24.)
3) Fortis est ut mors dilectio : lampades ignis atque flammarum. (Cant., vit.)
(4) Justorum animite in manu Dei surt... Tanquam aurum in forpace probavit illos et quasi holocausti hostiam arcepit illos. (Sap., H,106)
5) LE: PAROLES DE LA RIVÉLATION me RE RTE
Uun feu ardent, parce qu'il est tout entier amour ;
“1 suit est égale uux “léments embrasés qui composent son
ve adorable, Il a soif autant qu'il aime; sa soif est infinie comme le foyer qui est allumé on lui.
Ur, ce foyer le consume «sous l'influence de ces trois for es: les éléments dont il se compose ; — les œuvres pPhis-antes qui l'activent et le développent; — les souffle vio ents de lu contradiction qui l' citent ot le portent aux extromes ardeurs,
Les éléments qui composent l'être du Verbe Incarné et les forces qui alimentent sa io ne sont que des feux a dents. On peut dire de la sainte humanité qu'elle a ét coulée en plein feu lorsqu'elle à &tt formée par FEsprit d'amour ; car, prise et en: eloppée à ce moment même par le Verbe de Dieu, elle à été immédiatement unie à sn nature divine, plongée dans la divinité, pérctrée jusqu'en ses moclles et dans ses moindres fibres pur l'être de Dieu, qui est le feu de l'amour infini, intiniment ardent, A con. sidérer naturellement les chos: s, la sainte humanité aurait dû être sur-le-champ consumée et r'duite cn cendres par co feu vivant que rien n'upaise, que rien n'épuise, qui ne S'éteindra jamais, non plus qu'il ne commenca jamai d'être allumé, Mais c'était une merveille du plan divin de l'incarnation, qu'au milieu des flammes elle ne se consne mât pas {1}.
Au centre de Ja sainte humanité. le Ca ur sacré de Jésus était un foyer particuliérement ardont, semblable an feu icré allumé sur l'autel antique et qui ne devait jamais s éteindre (2). Xe vous étonnez pas que toutes les fois que le Cœur sacré fut montré à la Bienheureuse, il était envi. ronné de flammes, ardent comme un soleil, bralant comme Et videbat (Mosses) quod rubus irdebat et non comburebatur,
{Eaoid., 1m.) €) Ignis sotem in altari semper ardehit. (Lav.. vr, 12)
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li. V'AI UNE sul ANDENTE D'ÉTRE ALU! A
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une fournuise, Que peut ètre, sinon du leu, ce Cwur sul tantiellement pénétré par li flamme vive de Ja divinité ? ct que peut-il faire, sinon brûler comme un inextingnible prasis r? — L'or Jest, fort eo drdens charituti vs, cat la piété catholique : Cour de Jésus, fournaiss embraste de lumour, enflainmez nos cœurs de votre feu sacré!
Dans eette fournaise où brûle l'amour inerté qui sv est versé en plénitude, tous Les amours créés ont été all Ces amours ertés sont les formes innombrables dans quelles ravonne l'amour infini pour se donner d'un grand nombre de manières adaptées à nos capai
linies, impuissantes à Le porter dans sa réalité ans mesure, — Is s'appellent l'amour de la charit vers Dieu et envers le prochain ; l'amonr du bien qu “uit
lhorrenr du mal: l'amour de sanetilieation, Fam + de complaisance, l'amour de dévouement et d'obtissune : Pamour filial et l'amour fraternel : l'amour de cotmpassior et l'amour de zèle ; l'amour de l'ami et l'amour de l''pou: l'amour du Père, du Prètre, du Pasteur, du Sauveur tous les amours, vous dis-je, dans leur intensité. leur force et leur perfection, ont été déposés et allumés dons le Cœur sacré dès sa formation, ajoutant leurs énergies, I est possible, et apportant le contingent de leurs flammes au foyer de Famour intini qui y brûlait déjà: tel le bois dont on entoure la souche d'un foyer pour obtenir un feu plus ardent et plus flambovant,
Et, depuis son premier battement, le Cœur sacré à brûlé des ardeurs redoublées de l'amour incrté et de tous les amours créés. Sa vie est de brûler, parce qu’elle est d'a mer,comme doit le faire le Cœur d'un Dieu et le cœur d'un honime qui est le premier né. Il est nécessaire que le double courant de ces flammes le dévore d'une soif égale au, ardeurs de l'amour éternel et de tout l'amour créé. dans la plénitude de leurs ardeur< réunies.
ten, rt,
Le feu a une force d’expansion qui l’active et le déve. loppe s'il est placé dans des conditions favorables. Sous l'attraction des courants de l'atmosphère, il s'excite et fait jaillir ses flunmes plus ardentes et plus vives.
Ainsi en était-il du foyer allumé dans le Cœur du Verbe incarné. Chacun de ses élans intérieurs et chacune de ses œuvres l'augmentaient ou du moins mettaient en plus
grande évidence les forces de son amour. — « L'Enfant Jésus, dit l'Evangile, croissait et se fortifiait. + — Non
seulement sa taille ct «es forces corporelles ; non seulement son âge et sa sagesse se développaient : mais son amour, qui était la raison de son être. de sa vie et de ses œuvres, éclat:it en flammes plus claires et plus vivifiantes (1). Le ch'étien n possession de la yrèce accroît le foyer de sa charit par chacun des actes parfaits «nil accomplit : ie Christ, dont l'amour infini était incapable d'accroissement, augmentait du moins etdilatiut Ja chaleur et le rayonnement awil projeliut hors de son foyer par chacun de ses actes.
Ce foyer s’étendit donc et menta ca des bonds puissants par l'élan des grondes œuvres du Sauveur: de son oblation publique au temple; de su soumis.icn sublime à ses parents, de son obéissarice oux or lres supéri-urs de son Père; de ses prières et «le ses isrnes, de ses prédications zélées et de ses bienfaits innombrables ; de ses victoires sur la tentation; de ses luttes contre l'erreur, le mensonge, la cupidité des pharisiens et la tyrannie meurtrière de Satan ct du monde.
il se développa surtout par les srands eftorts, les grands combats, les grandes douleurs de la Passion, par le suprême effort du dernier soupir, donnant à Dieu l'accomplissement du sacrifice parfait; par la victoire de la résurrection et le triomphe de l'ascension.
(1) Puer crescebat ct confortabatur plenus sapientia... Et Jesus
proficiebat sapientia, ot tetate, et gratia, npud Deum et homines {Luc., 11.)