‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 24 sur 224 · V. — Mais comment apaiser les ardeurs de la soif de Jésus · texte numérisé non relu

V. — Mais comment apaiser les ardeurs de la soif de Jésus

(1) Date quod estis, ait Augustinus : Judiei quippe erant acetum Congenerantes à vino Patriarcharum ot pProphetarum, et tanquam vas plenum aceto habentes, scil. cor plenum iniquitate, et velut Spongiam cavernosis et tortuosis latibulis fraudulentum. (Cit. ubi supr.)

(2) Saturabitur opprobriis (Phr., ir, 80) — Replevit me amari. tudine, inebriavit me absinthio, (Zd., 15.)

(3) Si esurierit inimicus tuus, ciba illum : si sitit, potum da illi. (Rom., xu, 20.)

(4) Hypocritæ, unusquisque vestrum sabbato non solvit bovem suum aut asinum a præsepio, et ducit adaquare ? (Luc., xt, 15.)

Le Cœur De Jésrs-Curisr. Tir 4

LES M'AROLES DE LA RLÉVÉLATION

Il l'enseigne bien nettement : en lurnant, cur c'est « d'être aimé des hommes dans le Saint Sncrement qu'il « soif, » C'est donc l'amour pour sa Personne sacrée dans l'Eucharistie qu'il lui faut ottrir.

Qu'est-ce à dire ? — Qu'il faut aimer le Saint Sucrement autant que le mérite l'Etre infiniment aimable qui y réside, S'y immole pour nous et s'y donne à nous. L'aimer par conséquent plus que tous et plus que tout, à cause de ses perfections infinics de Dieu et de ses amabilités incomparables d'homme parfait, L'aimer et l'estimer. l'honorer, le servir avant tout. L'aimer de tendresse, de bienveillance, ‘de complaisance, d'enthousiasme et de compassion, de dévouement et de générosité sans réserve. L'aimer et vouloir son bien, servir ses intérêts, étendre son empire, le faire connaître, attirer à lui et le donner à tous. L'aimer par la vertu et le sacrifice, l’aimer par la sanctification de la vie, poursuivie comme le plus bel hommuge à Ini offrir. L'aimer par la souffrance, en affrontant l'huimiliation, le mépris et l'opprobre, la haine des hommes et celle de Satan. pour rester fidèle à son service, défendre ses droits, promouvoir son règne. Enfin l'aimer comme le suprême objet du cœur, dont le bon plaisir soit la règle de tout ce que nous devons faire, et le déplaisir une barrière jamais franchie. Enfin, entretenir, nourrir, purifier et dégager sans cesse cet amour, pour le muintenir en constant progrès. Voilà ce qui satisfera la soif de Notre-Scigneur. Donnonslui l’amour tendre de l'amitié ; l'amour compatissant de la consolation ; l'amour généreux de la réparation; l'amour trés pur de la sainteté; l'amour ardent du zèle; l'amour sons toutes ses formes, et cela lui suffit : car l'amour contient tout, donne tout et mène à tout.

Et l'amour, qui est une vertu, et, comme tel, veut être cultivé, préservé ct accrû avec grand soin, est aussi et avant tout un don, qu’il faut demander, implorer et mériter pur tous les efforts, toute l’ardeur et toute la force de la prière perstvérante. Notre-Seieneur ne désire rien tant

I, — J'AL UNE soir ABDENTE p'Êree Air! 63

———.— mn - ———— me ee ,

que de le donner, Il disait à In Bicnheureuse, dun: le mo. ment méme où il Ini demandait rotour et reconnaissance Pour répondre à son amour : « Si les hommes me rendaient quelque retour d'amour, l'estimerais peu tout ce que j'ui fait pour eux, et vondtnis, s'il se pouvait, en faire encore davantage, Muis il< n'ont que des froideurs et du rebut Pour Tous mes empressements à leur faire du bien! Toi du moins, donne-moi ce plaisir de suppléer à leur iugratitude ant que tu en pourras être capable,» — Comme je Ini rémontrais mon impuissanee, ÿl me répondit : « Tiens, voilà de quoi suppléer à tout ce qui te manque!» — Et on meme temps, ce divin Cœur s'étant ouvert, il en sortit une flamme si ardente que je pensai en être constinée, car j'en fus toute pénétré et ne pouvais plus li soutenir, Je ini demandai d'avoir pitié de ma faiblesse : « Je serai ta force, me dit-il, ne crains rien, mais sois attentive à ma voix et # ce que je te demande, pour te disposer à l'accomplissement de mes desseins (D!

Allons done tous, à habitants de cette terre brûlante at SANS ét, porter au Sauveur qui l'habite avec nous, abandonné par l'ingratitude et POursuivi par la haine des hommes, allons porter au Sauveur altéré et haletunt nn peu de ce brenvage de l'amour : Occurrentes, sitienti ferte AQUAMR qui nabitalis terrain Aus/ri.. @ facie enim gladiorwis fugerunt (2).

VE — Nous avons évoqué, en coumencant d'étudier la soif du Christ dans Je Sacrement, celle qu'il éprouvu ot Manifesta sur la croix. Nous lerineron- en rappelant une circonstance de ga v ublique à Ses débuts. on. fléchissant sous le poids de la fatigue, il éprouva une telle soif que,

A) TU, p. SSI,

61 LPS PALOLES DE LA HE VÉLATION rs pm mn Se

Den Voslint las Hiposer plus longlonmis à sa huluro humaine le tourment Par trop cruel, il demanda humble. tent à boire et réconpensa Magnifiquement la femme tompalissante qui répondit à sa prière,

« Fatigué, dit FEvVangile, du chemin Qu'il avait purcourn depuis le matin sous la chaleur intense du mois de mu, quand arriva midi, l'heure où, plus tard, crucilié en plein Soleil, il poussera Le cri de sa Soif d'agonisant, - lo Sunveur Sassit sur le bot du puits de Jacob, non loin de In ville de Nichem, Iavuit soif : et. une femme de Samarie étant vont puiser de l'eun, Jésus lui demanda à boire : Du méilei bibere (4). — I vit tout do suite, inalgré l'étonnement qu'elle témoigna de s'entendre, Sainarilaine, intorpellée par un juif, le bon mouvement té Son eur; el tandis qu'elle Sempressait d'oflrir SOU iinphore pleine d'eau fraiche aux lôvres de son mystérieux jiterlocuteur. Jésus commenca de l'instraire, Car, S'il ne laisse pas sans récompense ur, verre d'en donné en son nom, il va payer en Dica Ja cha rité de cette pécheresse. fl ne Jui à demandé que pour lui ‘donner, et al va rendre, selon sa divine mesure, infiniment plus qu'il n'a recu.

En retour de quelques gorzées d'eau, il lui offre « les eaux de la vie élernelle, c'est-à-dire de la vie sans fin, de la perfection et du botihicur : Qui bihet or «qua Lac quan dabo ei, non sities de ælter nu ! D'aborl le breuvace de la connaissance du Fils de Dieu fait hotme, « le Don de Dieu qui lui parie 2)» ; puis le bain de li conversion, où elle est aussitôt Juvita de tous sos péchés 13). Ensuite il

(1) Jesus fatisatus ex itinere Sedebat sic supra fontem. Hora erat quasi Sexta. Venit mulier de Sümaria Laurire aquam, Dicit ei Jesus : Da mihi bibere, (Joan 19 0 7.)

2) Si scires donum Dei et qui est qui dicit tihi : Da. Dicit ei mulier : Scio quia Messins VEuiT... Cum erco vencrit ille... Dicit ei Jesus : ! 20 sum qui loquor tecuin. (VX 10, 25, 26.)

6) Berne dixisti quia non haheo NITURM : quiuque enim viros habuisti st nunC quern lhiubes, non est LUUS vie, — Dicit ei nulier : Domimie, iles quia propheta es tu. — Ie ergo Sa aritana, per Lioquiut

nn namnnne

— nee ame mu - - — ms

lüi fait boire à longs traits, dons Ja coupe de l'adoration « ni esprit et en Vérité, le nectir cnivrant dé la sejenen du Pére QUE Cst esprit et possède dans Ja PUrCté do sa nature toutes les Perfections infinies ({) Entiu, 1 fait bondir dans SON Cœur les flots Hupétuenx du ‘le, qui la pousse leon

tinent à sagnCr s64 corlisionnaires ‘Messie qu'elle à trouvé (2

\h! bien plus. j! à VETSE Fui-rmème en däns ne COMMUNION spirituelle di lésir et d'amon comme le brou- Vage de Ja vie, de }4 S0intcié el de l'action : c il l'invite, il excite sos désirs par In beauté de re 41m il Toi promet, il la P'ovoque à lui des ander boire à son tour : Né sCires donuim Doi, tn {orsitan Pelisses ah on pp dedisset tini aqua FR, — Or, quel bronvaen digne de lui-mémo PEU bien donner Je Don de Dieu. sinon Le jen infini

Lsent pout sutisfuiro l'äme eréc pour Dieu, combler tous lesirs ot [a Jeter dans l'ivresse du repos clerneol ? Et c'est POUFquOI, le brous ie de son SAS, Qu'il don-

hera plus tard an monde, il l'offre 4 prélibation à cette femme qui a eu Pie desat line etu: Gil: etil appelle

du même nom ce qu'il lui dr F ui et ce qu'il donnera à la Cène : le breuva HAN Dirt :

le breuvage de 1: vie étern: ” salientis is vilain @ler nai: le breuva,: it OU jamais :

Qui biberit e: QUE quai, ! » Siliet in

ler anuin (3)

et £ratiam Christi, ex péccalrice facta est p "Hitens, sancta, im Pr&co Christi, instar S. Magdalent, (Corn. in + 17.19.)

(1) Spiritus est Deus, et eos qui adorant eum. in Spiritu et veritate oportet adorare (v 21.)

2) Vade, vo: a vivum tuum…. Reliquit hydrian suam Hulier, et abiit in civitatem, et dicit illis homipibus : Venite et vidate homi- UeM qui dixit mihi OMNIA quiecumque feci : Dumquid ipse est Christus ? CV 16, 28, 20)

(5) l'z0 sum Panis vivus, dira le Sauveur en annonçant la comn- MUR 1: qui venit nd me NON esuriet: et qui credit in me non sitiet

in num. (Joan VE, 99) = I y a anilôgie complète entre la

oo ns

Et tous ces dons merveilleux, toutes ces magnifiques récompenses, qui dépassent l’imaginahle, pour quelques routtes d'eau données à sa soif, c'est-dire pour un peu d'amour rendu à son ardent amour!

Ainsi le Sauveur promettait-il de divines largesses À la Bienheureuse dont il implorait le rafraichissement pour son Cœur dévoré d'amour dans le Sacrement :

“Je te constitue héritière de mon Cœur et de tous ses « trésors, pour le temps et pour l'éternité, te permettant «d'en user selon tes désirs; et je Le promets que tu ne « Manqueras de secours que lorsque mon Cœur manquera « de puissance ! » — [it sachant, pour en avoir été la première si généreusement payée, ce que vaut la gratitude du Sacré-Cœur, la Vierge de Paray dit à loutes les âmes qui voudront apaiser sa soif « en usant envers lui de quelque retour » : « Notre-Seisnenr n'a découvert des trésors « d'amour et de grâces pour les personnes qui se cons:- «sreront et se sacrifieront à lui rendre et à lui procurer « l'honneur, l'amour et la gloire qui seront en leur pouvoir, « inais des trésors si grands, qu'il m'est impossible de m'en «exprimer. Cet aimable Cœura un désir infini d'être connu «étaimé de ses créatures, dans lesquelles il veut établir « son empire, comme :: source de tout bien, afin de pour « voir à tous leurs besoins (1)! »

Donnons done à hoire à Jésus! Apaisons les désirs de son Cœur! Rafraichissons les ardeurs qui le dévorent ! Si nous n'avons qu'un pauvre cœur, sans force ef sans vertu. tâächous du moins d'en faire jaillir quelques gouttes de compassion jusqu'à ses lèvres desséchées : d'hambles désirs de lui plaire, quelques résolutions de l'aimer plus fidélement et de le servir avec plus de zèle: un peu plus de “ommuuion de l'Eucharistie et cette communion spirituelle, ce don

de lui-même fait par le Sauveur à la vécheresse charitahle, Q) TE p 199. — Jd., p. SIT.

1! PAUUXE SOIF ABDENTE D'LTRE AIN! 67

né mme mem — ere

Pilience à souffrir, pour son amour, les peines de la vie ; plus de fidélité à lui tenir compagnie dans le Gethsémani de nos tabernacles : mais surtout plus d'empressement à le recevoir humblement dans le Sacrement où il brûle de se donner à nous.

Que jamais, à l'avenir, ne sorte des profondeurs de lHostie salutaire, sans trouver un écho dans notre cœur, ce cri de désir et d'angoisse de l'héroïque et douce Victime : «Siio.. Fai une soif ardente d'être aimé des honimes dans le Trés Suit Sucrement,

Ge sera pour nous l'assurance de n'étre point livrés pour l'éternité an supplice de a soil consumante, dont sont torlurés « les mandits » qui ont en le cœur assez dur pour refuser un verre d'eau à leur frère qui avait soif, je veux dire au plus aimable de tous leurs fréres, an plus afflivé et au plus ditne de compassion, à Jésus enfin. qui leur demandait à boire (D. Bien au contraire, mériterons-nous en retour d'entrer « comme les bénis du Pére »,dans le rovaume de loutes les voluptés saintes, d'être enivrés d'impérissables délices à ln table céleste (21, servie pur Jésus en personne sentin detre plonsés pour l'éternité dans l'océan dé li lumière, du bonheur et de la vie : lnebriabuntur ab uberlate dons tu, et torrente roluplatis tue potabis COS quote apud fe ext fons rite, et in Drinine tuo

vidobijirus Lien

() Discedite a ie, maleti, Hi, In ithetn teternum.….. sitivi, et non

dedistis mihi potum. Matth, xxv, 42) (2) Vos estis qui permansistis mecum in tentationibus meis : et eso dispono vobis... ut edatis ct bibatis super mensin meam in

rec :o meo {Lue., NUITS Se) (5) Ps, xxxv, 9

ns gi

Page 1