‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 27 sur 224 · L — LE CŒUR EUCHAPISTIOUE SL · texte numérisé non relu

L — LE CŒUR EUCHAPISTIOUE SL

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«Rien, dit Je cardinal Franzelin, de plus pieux et de plus saint que d’honorer par un eulte direct d'adoration certaines parties de la sainte humanité qui ont servi an Verbe incarné de moyens plus puissants el plus parfaits pour se manifester au monde et réclamer les adorations des hommes : soit à titre d'instruments immédiats de ses actions, de ses souffrances et de In grande œuvre de Ia rédemption : soit à titre d'expressions plus complètes ou de Symboles plus élairs de tout ce que le Verbe incarné a senti et ressent encore, a fait et continue encore de faire, à souffert enfin pour nous (1). » — Tel est son Cœur sacré et voilà pourquoi il mérite et pourgnoi Jésus lui-même réclame pour lui ce culte direct d'adoration supréme et d'honneur divin qui n'est dû qu'à Dieu et à Ja sainte humanité que Dicu s'est unie par l’incarnation de son Verbe, pour se manifester aux hommes et conquérir leurs adorations en esprit et en vérité.

NT. — Où se trouve et où doit-on chercher le Cœur de Jésus-Christ pour lui rendre le culte que réclame le divin Maître dans la révélation de Paray ?

Si l'on veut l'honorer selon les intentions du Sauveur qui le révèle et de l'Eglise qui le propose, comme si l’on veut trouver en lui tous les secours, toutes les douceurs, toutes les richesses qu'il brûle de donner aux âmes, c’est dans le sacrement de l'Eucharistie qu'il faut chercher le Sacré-Cœur, là qu'il le faut honorer et adorer, parce que

(1) Manifestationes incarnati Verbi præsertim in opere redemptionis r ‘nt revocari ad vitam et passionem exteriorem, et ad vitams. : .sionem interiorem que esteriorem semper velut informabat. Hinc Ecclesia sponsa, ducta et subernata a spiritu Christi sponsi divini, secundum rationem declaratam duo præsertim objecta manifestationis cultui publico proposuit, SS. rulnera et SS. Co: Jesu, quæ duplici vitæ et passioni, externe et internæ respondent,

amque velut compendio repræsentant, (Franz.. p. 46N.)

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8 L'ORJET DE LA HÉVÉLATIOK em nantes muse am"

c'est là qu’il est réellement présent et vivant; là, qu'il renouvelle perpétuellement l'acceptation de la Passion et de la mort du Calvaire; là qu'il se veut donner récllement à chacun de nous par la manducation de la communion. En d’autres termes, le Cœur de Jésus dans l'Eucharistie est. corporellement et spirituellement, l'objet concret, complet et adéquat de la dévotion envers le Sacré-Cœur,

C'est, en fait, dans le Sacrement, que le Sauveur le montre, et toutes les raisons concourent à établir que c’est là qu’il le devait montrer,

Le fait, nous l'avons exposé en expliquant les paroles de la Révélation. C’est dans l’'Euchastio que Notre- Seigneur apparait le plus souvent et révèle son Cœur, foyer de sa vie; c'est des fautes commises contre son Sacrement qu’il montre son Cœur oftensé et blessé, c’est l'amour pour l'Eucharistie qu'il réclame ponr apaiser la soif ardente dont son Cœur est embrasé,

Nous n'ajouterons qu’une citation du Bref de béatification de la Bicnheureuse, où le Pape Pie IX ralifie le fait de l'apparition de Notre-Seigneur dans le Très Saint Sacrement, quand il demanda Ja fête de son divin Cour, — « L'auteur et le consommateur de notre foi ne poursuit rien plus ardemment, sinon d'allumer dans les âmes la flamme de l'amour dont brûle son propre Cœur. Pour développer cet incendie, il a voulu voir instituer dans l'Eglise la vénération et le culte de ce divin Cœur. Et, un jour que la Bienheureuse priait avec plus de ferveur devant le très auguste Sacrement de l’Eucharistie, Notre- Seigneur Jésus-Christ lui signifia qu'il aurait pour très agréable qu’on rendit un culte nouveau à son divin Cœur consumé d'amour pour les hommes : Aynte auguslissimun Eucharistie Sacramentuin férvidius oranti (HE ÆN

(1) Auctor fidei nostræ ct Consummator Jesus... nihil putius habuit, quam nt flammam choritatis, qua Cor ejus ureretur, in

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serait vraiment étrange que le divin Maitre fit intervenir à plusicurs reprises et d’une manière aussi précise l'Eacharistie dans la révélation de son Cœur, s'il n'avait pas le dessein de proposer ce Cœur, contenu dans le Sacrement, comme l'objet du culte nonveuu qu'il réclame,

Laissant de côté le fait et venant aux raisons, demandons: nous d'abord où les fidèles de l'Eglise qui combat sur cette terre pourraient bien, en dehors de l'Eucharistie, trouver, pour l'honorer et pour recevoir de lui tous les avaatages qu'il promet, le Cœur réel, Le Coœnr de chair de Notre. Sejonour ?

Car, il le faut dire encore, au risque de se répéter, ce que réclame le Sauveur et ce qu'a institué l'Eglise, dans Ja féte du Sacré-Cœur, ce n'est pas Le culte d'une idée sans nn objet concret, le cuite de l’amour sans nn signe sensible. Sans doute, c'est le culte de l'amour de Dieu, et cet amour est essentiellement spirituel. Mais il a pris une forme corporelle dans l'incarnation du Verbe: l'humanité de Jésus est devenue la forme personnelle de Dieu ici-bas, de Dieu qui aime, qui donne et qui agit, comme de Dieu à adorer, à aimer et à servir. Et dans cette humanité, c’est le Cœur de chair de Jésus qui a été le réservoir de l'amour de Dieu, le foyer de toutes ses ardeurs, la source de toutes ses Jargesses, l'instrument de la r‘demption. Les amours infus ei acquis de Pme de Jésus ont eu dans ce même Cœur leur organe et leur expression. N’est-il pas tout naturel que ce Cœur de chair, qui a été à la peine, soit à l'honneur, et que le Christ veuille voir honorer en lui animis hominum omnibus modis excitaret, Hune vero charitatis ignem ut magi incenderet, SNS, Cordis venerationem cultumque institni in Écciesia voluit ac promoveri. Ante augustissimum Eucharistiæ Sacramentum eidem fervidius oranti signiticatum est a Christo Domino gratissimum sibi fore, si cultus instituerctur sacrafissimi sui Cordis humanum erga genus charitatis ignem flagrantis, etc. (Lit. Apost. Beatificationis B. M. M. SS. D. D. Pii IX, 19 Aug. 1864.)

S' L'OPIET DE LA pr VÉLATION

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tous ss amours, comme c'est par Jui qu'il les à coneus humainement, manifostés par des nvres visibles et dépensés an profit des hommes ?

Sachant bien que jamais l'homme ne reviendrait à Dien Si Dieu ne se faisait homme, le Verbe s'est incarné, Sa chair est devenue l'amorce par laquelle il nous à repris, Ja séduction qui nous à gagnés, le filet dan: lequel il nons : enlacés, Il sait que ST abandonnait cette ressemblance humaine, les hommes, charnels toujours, Oublieraient bien vite sa divinité invisible. trop différente de leur nature, et retourneraient à l'idolàtrie. afin de se trouver des dieux sensibles, semblables ù eux, C’est Pourquoi, ne voulant Pas perdre le profit des ‘néantissements qu'il a affrontés Pour se faire homme et pour relever la créature humaine, c'est son humanité qu'il institue comme Je moyen de garder son empire sur les hommes, et dont il fait l'objet central de leur religion, quelque spirituelle qu'il la veuille, l'aliment nécessaire de la vie des âmes, quelque spirituelle qu'elle doive ûtre. A ces êtres qui ne sont pas de purs esprite, mais des esprits dans une chair, il donne les enseignements, les Mystères et les dons les plus inmatériels sous le signe de sa chair. Tel est le mystére fondamental du christianisme : l'extension et la perpétuité de lncarnation du Verbe ici-bas, par l'Encharistie.

Le mystire du Sacré-Cœur repose sur la même loi, Les définitions de l'Eglise l'ont nettement déclaré à l'encontre des prétendus délicats qui ne voulaient le culte du Sacré- Cœur que comme d'un objet tout spirituel : l'amour de Jésus, le souvenir et le culte de son amour, mais sans aucune relation avec le Cœur de chair du Sauveur, — Non, répondent les Souverains Pontifes, le culte qu Sacré-Cœur c'est le culte de l'amour, mais reconnu, professé, aimé dans un objet réel : le Cœur de chair du Verbe incarné (1).

(1) « De Corde non translative sumpto, sed in prapria et “atiya

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