‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 29 sur 224 · EU — LE CGEUR EUCHARISTIQUE · texte numérisé non relu

EU — LE CGEUR EUCHARISTIQUE

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— Cette réalité physique du Cunr de Jésus, actuellement pén trée d'amour pour nous, où fa tronve.f-on, encore un coup, Sinon an Sucrement ?

Iest bien vrai que le Cœur ae Jus étant l'organe vital de sa sainte humanité, il vit on elle partout où elle est : or, elle est an ciel en même temps qu'au Sacrement. Estce le Cœur du Christ glorieux. du Roi de l'Eglise triomphante, glorilié par les hynines perpétuels de Ja reconnaissance des élus, qui sera proposé aux adorations suppliantes de l'Eslise qui voyage et qui combat ?

Cela ne parait guère possible. A chique église son chef, dans l'état qui convient à sa condition : aux élus le Christ glorieux, aux vovageurs le Christ sacramenté, Que les élus honorent le Cœur répandant le sans immortel dans les veines du Christ glorilié, colorant son visage des splendeurs de Ja vie à son éternel midi, tressaillant d'allégresses sans mélange, qui débordent dans les âmes des bienheureux en flots de lumière et de joie : c'est leur heuretise condition. Ils vivent en sa présence; ils sont les sujets du Roi de gloire.

Pour nous, citoyens de la Jérusalem terrestre, nous ne pouvons avoir avee lui que les relations spirituelles de la foi, de l'espérance et de l'amour; mais aucun rapport direct, aucun commerce sensible, aucune relation humaine. Nous ne pouvons ni le voir dans un signe, pour fixer en sa vue notre prière distraite ou découragée; ni le saisir et l’immoler pour nos péchés de chaque jour; ni surtout le manger pour nous incorporer à lui et participer à sa vie. Jusqu'à ce que les ombres du temps aient été dissipées par la lumière de l'éternité et que la corruption de notre chair ait été transformée par la résurrection incorruptible, tout le culte qui de nos bas fonds doit monter vers le Cœur du Christ glorieux, i+< miséricordes duquel nous attendons la récompense des joies éternelles, ne sera que le culte du désir; et encore notre relision ne par-

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S4 L'ONET DE LA NÉSÉLALION

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viendra-telle jusqu'à lui que si elle est portée par les mains du Pontife Eucharistique sur l'autel lu ciel.

Donc le Cœur du Christ récnant dans la loire ne peut être l’objet proposé ici-bas comimne l'objet immédiat de la dévotion envers le Sucré-Cœur.

Il reste que ce soit le Cœur de Jésus an Trés Saint Sacrement : car, en dehors du ciel, la sainte humanité n'est qu'au Saint Sacrement, et le Cœur de Jéans ne vit que dans son corps sacré.

C'est son Cœur de chair que Jésus veut voir honoré : voici le Sacrement dun corps de Jésus dont ce Cœur eit partie intégrante, la plus noble et la plus importante : Joe est corpus; meum.— Voici le Sacrement du Sang de Jésus, dont ce Cœur est la source et le moteur : Hic est sunquis meus. — Voici ie Sacrement de l'être personnel, divin et humain de Jésus, dont ce Cœur est l'organe centrai et Vital : Ego vobiscuin suin omnibus divhus. -- Rien done de plus réel que le Cœur de Jésus au Sacrement ; il y est réel comme la €éhair et le sang dont il est la vie physique ; il y est vraiment, comme l'âme et la divinité, dont il concourt à traduire et dont il symbolise l'amour, la vie et les vertus. — 11 y est, de plus, pour être donné aux hommes et riis en communication avec les hommes, comme la sainte humanité elle même : Recerez et y .-nesen lous, disait le Sauveur, en se livrant dans le Sac:oment. Et. en se revétant de l'état Sacramentel, il se rendait accessible à un double contact : au contact des sens par le signe des espèces ; au contact spirituel de la foi, que la parole divine met en relation avec la réalité cachée, mais substantiellement présente sous les espèces,

Le Cœur de Jésus nous esi aus ' résent, aussi acces. sible, aussi communiqué dans l'Eucharistie, que le corps du Sauveur : cœur et corps Y sont de même nature et se trouvent dans le même état, dans les mêmes conditions

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d'existence et d'action (1), Prétendrait-on que parce qu'il est, sous le signe sacrament:l, insaisiskabte HO séis el tant que sacrament”, que parce qu à cause de cela il est privé de toute forme extérieure et de toute dimension dans l’espace, prétendrait-on que 1: Cour du ‘auveur duns l'Eucharistie ne peut être adoré intérieurement ni honoré publiquement comme le réel et précis ohjet de 1otre culte? Muis alors que devient la fête du Corps de Jésus Christ dans l'Eucharistie ? Que devint la liturgie ‘atholique, code du culte publie rendu par l'Eglise au corps eucharistique de Jésus-Christ ? — Non, le Cœur de Jésus-Christ n'a pas de dinersion, ni de forme, ni de poid duns l'Eucharistie ; non n'y est pas comme les corps sont dans l’espace, y occupant une place d’où ils excluent par leur présence tous les autres corps ; non, il ne peut être atteint par aucun regard humain, ni mesuré par aicune main d'homme : mais cela, encore une fois, c'est la condition du corps lui-même de Jésus dans le Sacrement, Et comme ce corps du Sauveur, mulgré la réduction de toutes ses formes extérieures, n’y est pas moins substantiellement présent ; con,me il est composé de tous ses membres, vivant de la vie des corps ressusciiés et muni de tous ses organes, vrai corps humain toujours,

(1) Fide certum est Christum Dominum cum omnibus internis sanctissituiæ suæ humanitatis proprietatibus, cum suo corpore et omuibus partibus corporis eumdem esse in Eucharistin qui est in cæls: non enim duo sunt sed unum est corpus Christ. » — In corpore Christi secundum modum existendi sacramenralem est oo et dispositio partium, tigura et pulchritudo, si hæc sumantur secumlum partes et naturam partium in seipsis. Si autem ordo sumitur secundum dispositionem in spatio ac situm localem, ita nec or:10 est nec figura et pulchritudo dispositionis exteruæ, veque tamen confasio. — Toia-esplieatio æititur hoc velut fundamento : dis'i «uendum esse in corpore proprietatem essentialem, qua aptum est xd estensionem in spatio, — ab actuali ertensione in spatio quæ ex illa priori aptitudine est quidem naturaliter consequens, sel quæ tamen, maneute corporis essentia, per Dei omniputentiam impediri et suspendi potest. (Franz De Ench.sacramento, p- 166, 169.)

c0 L'OBJET DE LA RÉVÉLATION a

encore que jouissant d’un mode d'être plus voisin de la vie des esprits que äe celle des corps (1), — ainsi le Cœur de Jésus est:il substantiellement présent dans son humanité sacramentelle, organisé, vivant, exerçant toutes ses fonctions naturelles et ses influences vitales dans la vie de Jésus au Sacrement. Rien ne lui manque pour être un vrai cœur d'homme ; et si, par le privilège de la glorieuse immortalité, cette matière du corps et du Cœur de Jésus est élevée à des conditions d'être et d'agir qui appartiennent aux anges, ce privilège magnifique n'empêche pas le corps eucharistique, ni par conséquent le Cœur du Sauveur dans le Sacrement, d’être de la matière organiste et de la vraie chair humaine.

Tout ce qui résulte de là c'est que nous ne pouvons le représenter sous une forme sensible quelconque, ni dans notre imagination, ni par le pinceau, ni par la plume. Il est là, il y est vraiment chair et vraiment vivant : voilà tout ce que nous pouvons savoir. N'est-ce point assez, si c’est la mesure de science que l’Auteur de notre foi veut que nous en ayons ? En tout cas, si ces conditions d’une existence réelle et corporelle, mais mystérieuse et inctendue, défendaient de prendre le Cœur eucharistique du Christ pour l'objet corporel de la dévotion au Sacré-Cœur. il faudrait, pour être logique, s'abstenir de prendre le Corps sacramentel de Jésus pour l’objet physique de la dévotion envers le Saint Sacrement. La parité est absolue. Mais si la foi supplée aux sens et permet de saisir au Sacrement, dans les retraites de son existence substantielle,

(1) Hic modus præsentiæ est omnino analogus modo præsentise spirituum ; nec alia ratione quam secundum hanc analogiam a nobis concipi aut declarari potest, — Patres ob modum existendi sacramentalem appellant corpus Christi, corpus intelligibile, corpus spiritrale. (1b., p. 162.) — « Corpus Christi est in hoc sacrameuto per modum substantiæ, id est per modum quo substantia est sub dimensionibus, » (D. Th. [ls P. Q. rxxvt, a, 3.)

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