‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 30 sur 224 · LE CŒUR ÉUCHARISTIQUE o1 a to mi · texte numérisé non relu

LE CŒUR ÉUCHARISTIQUE o1 a to mi

la réalité de la sainte humanité pour l’adorer, l'aimer, la recevoir, voir revivre en elle ses vertus et ses œuvres d'autrefois, et resplendir aussi la gloire immortelle dans laquelle elle est entrée, — la mème foi fera sûrement et facilement pénétrer jusqu’au Cœur qui anime cette humauité, qui bat dans sa poitrine, qui projette le sang incorruptible jusqu’à ses extrémités pour y épanouir les roses empourprées des plaies ; la foi l’adorera, l'aimera et l’houorera comme l’organe de sa vie dans l'Eucharistie, comme l'instrument des œuvres accomplies tous les jours pur le Christ laborieux du Sacrement, et come le symbole de l'amour dont l’'Eucharistie est, selon le mot du Concile de Trente, le trésor répandu avec une divine prodigalité.

Cette objection contre le Cwur eucharistique tirée de son état invisible au Sacrement, n’est pas neuve. Au xvuie siècle, les Jansénistes de Pistoie et leurs défenseurs en avaient opposé une semblable au culte du Sacré-Cœur. « Ce n'est pas le cœur de chair que veut faire honorer l'Église, disaient-ils; car ce Cœur, n'étant pus visible en lui-même, ni découvert par le Sauveur dans sa forme naturelle, ilne peut pas être proposé à la dévotion des fidèles dans sa réalité, ni duns sa représentation : Quod nec lypus nec signum esse polest quuin nec visibile nec revelatum ab eo sit (1). » — L'Eglise enseignante et l'Eglise croyante ont fait justice de cette objection et elles ont été au Cœur de Jésus, dont la science et la foi leur disent assez la nuture et les perte ions, pour adorer et reconnaitre, en l’ honorant, Son amour, ses bienfaits et ses œuvres,

Ainsi en doit-il être du Cœur eucharistique, Nous savons par la foi que c’est un cœur de chair, appartenant à un homme véritable ; que ce cœur est uni, avec le corps dont il fait partie, à l'âme et à la divinité du Verbe Incarné ; nous savons que celte adorable Personne du Christ est

(à) Cité par Fraucelin : De Verbo Incariatu, p. 431

NEA TE ne ee ee ON A au Sacrement pour y être adorée, honorée et aimée des hommes, et nous al!ons à elle en esprit ; notre foi la saisit et elle nous montre, dans sa poitrine, son Cœur; elle y entre et nous y voyons, à sa lumiére toute spirituelle, l’âme de Jésus, sa divinité, présentes comme dans un sanctuaire plus saint que le ciel créé, y entretenant d’immenses foyers d'amour, de vie et de sainteté; et nous y adorons l’'Homme-Dieu tout entier avec un amour d'autant plus grand, que notre cœur s'est mis plus directement en contact avec le Cœur humain de Jésus, qui fait vivre pour nous et nous aimer en homme, le Fils éternel de Dieu !

Quelques esprits craindront Peut-être qu'en rendant un culte spécial au Cœur du Christ eucharistique, on n’enlève quelque chose au culte que mérite à tant de titres l’adorable Personne elle-même ; pourquoi, dirontils, faire une distinction entre le Cœur Sacré et l’'Eucharistie ? Ne voyez- VOUS pas que vous allez effacer l’Eucharistie derrière la lumière trop vive où vous placez le Cœur, et que vous n’exalterez la partie qu’au détriment du tout, qui est le Christ eucharistique lui-même : Chrislum totuin 2

Que ces esprits, inspirés par une crainte respectable à coup sûr, mais peu fondée, se rappellent la doctrine de Franzelin, exposée plus haut. Ils verront, avec le docte théologien, que l'humanité sainte mérite l’adoration parce qu’elle est le siège de la divinité, parce qu'elle est substantiellement pénétrée par le Verbe, et parce qu’elle est de Dieu ei de ses perfections Ja plus complète manifestation. ils verront, de plus, que si l'humanité de Jésus-Christ, prise dans son ensemble, mérite le culte d’adoration pour celte triple raison, il est légitime ct nécessaire qu'on le rende aux organcs principaux de l’humauité, unis substane tiellement, eux aussi, à la divinité, et à ces grands mystères qui ont servi à la manifester avec plus de splendeur. — Tel est le Cœur naturel de Jésus par rapport à la vie

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