‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 33 sur 224 · LE CŒUR EUCHARIS TIQUE Jo · texte numérisé non relu

LE CŒUR EUCHARIS TIQUE Jo

Cœur. — Le culte du Sacré-Cœur, loin de nuire au culte de l'Eucharistie, l’accroit donc et le perfectionne. C’est le Sauveur lui-même qui fait ressortir son Cœur et le pose sur son Etre sacramentel, en attirant sur lui tous les regards : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé! » Et il attend de la manifestation de ce Cœur toutes les satisfactions dues à son Eucharistie, l’apaisement de la soif qui ie consume « d’être honoré et aimé dans le Très Saint Sacrement! »

IV. — Quelle est la notion complète du Cœur euck .ristique de Jésus-Christ? Exclut-elle le culte du Sacré Cœur dans son état mortel et dans son état glorieux ?

Ce mot de Cœur eucharistique, qui semble, au premiei abord, restreindre le Cœur de Jésus aux limites et aux conditions actuelles de son état sacramentel, aurait-il pour effet de restreindre aussi ie culte du Sacré-Cœur à la vice qu'il mène, à l'amour qu'il témoigne maintenant dans l'Eucharistie, “vec exclusion de la vie, de l'amour et desouffrances de l'état mortel du Sauveur, comme des gloires et des joies de son état glorifié ?

Chassez loin cette pensée; c'est tout le contraire qui est la vérité.

Nous prenons le Cœur de Jésus dans l'Eucharistie comme l'objet présent, actuel et immédiat de notre dévotion, parce que ce n’est que là que nous le pouvons trouver ici-bas ; et nous voulons y reconnaitre d’abord amour qui nous donne actuellement son Sacrement, parce que c'est celui qui nous touche de plus prè. ©Tais dans ce Cœur, comme dans le centre vivant de tot es merveilles du Verbe incarné, nous voulons adorer cout son passé de vice humaine, de vertus, de bienfaits et de souffrances ; nous voulons adorer tout son aveuir, c'est-à-dire ce qui fut pour lui, pendant sa vie voyagere, l'avenir, et ce qui le demeura

6 L'OBJEL DE LA RÉVÉLATION a erem…— ee ee er ut

rcore pour nous, sa gloire céleste, son règne éternel et sa béatitude, à la possession de laquelle il nous appelle.

Comme de son Eucharistie elle-même, nous croyons que le Christ à fait de son Cœur le mémorial de toutes ses merveilles, el que c’est dans ce point d'un perpétuel présent, mis à notre portte, que se rencontrent les abaissements de son incarnation et les gloires de son règne, peur étre, les uns et les autres. emplovés à notre profit et proposés à notre culte : Mesnoriain fecil onirabiliuin SUOTUM... escam dedit. — C’est l’ineffable attention de sa miséricorde, d’avoir voulu rapprocher de nous toute cette vie mortelle, si pleine d'enseignements, d'exemples et de mérites, d’avoir voulu la rendre présente à toutes les sénérations qui ne l'ont point vue et qui s'en éloignent de plus en plus, emporties par le torrent des siècles: @est l'avance inattendue de su condescendance de faire descendre jusqu'à nous la réalité de sa vic bienheureuse, pour nous en faire jouir partiellement par anticipation, et pour soutenir plus puissants et plus constants en nos âmes le désir el s’eflort qui nous en rendront possesseurs un jour : Misericors et miserator Dominus esCaie dedit linen- Libus se (1).

Celui-là la considère hnpurfaitement, qui ne voit das l'Éucharistie que l'amour du don présent, Ce présent fait revivre Lont le passé du Christ pour sa gloire et pour notre bien ; ce présent amène jusqu'à nous sa royauté éternelle pour nous là faire reconnaitre à l'avance. ce qui est un aVant-Soût du bonheur uw’elle nous réserve, L'Eucha ie est lt réalisation concrète de cette grande parole de Saint Paul : Christus heri, et hodie, ipse et in sæwcuta : là revit le Christ du passé, Jà vit le Christ du présent, là anticipe sa vie le Christ de l'éternite (2)

(1) jPnresee (2) Hebr., ii, &

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