‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 34 sur 224 · I. LE CŒUR EUCHARISTIQUE · texte numérisé non relu

I. LE CŒUR EUCHARISTIQUE

Se SE PRIE +

Saint Thomas avait bien défini ce caractère de l'Euc ha ristie, d’être le centre qui rayonne sur le mystére univers :l du Christ, quand il la montrait avec sa triple sigyuification et sa triple action sur le passé, sur le présent et sur l’avenir : gardant le souvenir du passé et en appliquant les fruits; — répandant dans le présent la srâce de la charité, oi unit les hommes à Divu et entre EUX; — annonçant l'avenir glorieux et en préparant l'acquisition (D).

Du reste, cette triple signification à ses racines dans la nature même de l’Eucharistie et dans les éléments qui la composent. L'Euchäristie n'est-elle pas : la chair de Jésus- Christ, prise en Marie, — gloritiée dans la résurrection, — anéantie sous la forme du pain? Ce signe du pain dit le présent, l'état sacramentel de la sainte humanité: — cette chair rappelle l'incarnation dans la mortalité : — cette gloire présage la béatitude éternelle :» Chrisltus heri, et hodie, ipse et in sæcuta !

Ce qui est vrai du Christ eucharistique est vrai de son Cœur : lui aussi est un cœur de chair, et par là il rappelle et fait revivre j’amour, les mystéres et les bienfaits de la vie mortelle du Verbe incarné ; — lui aussi est entré dans l’immortalité de la gloire, et il donne l'espérance et l’avantgoût de cet amour achevé et incompréhensible qui veut nous mettre en possession de la gloire de notre chef; — lui aussi, il est anéanti dans cet état sacramentel, au moyen duquel Jésus-Christ se livre, dans l'excès impatient de son amou:. aux âmes qui cheminent péniblement dans le temps, pour leur fournir tous les secours nécessaires à leur rude labeur.

(1) Hoc sacramentum häbet triplicem significationem : unam respectu prieterlii, iu quantum est commemorationem dominicæ passionis et sec : hoc nominatur sacrificium ; aliam respectu rei præsentis, et sec : hoc nominatur communio, quia communicamus per ipsam Cbristo, et quia participamus ejus carne et divinitate, et quia communicamus et unimur ad invicem. (Ile P, Q. : XXI, à. 1.)

Le CŒUR DE JÉsus-Curisr. — T. IL ü

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ca L'ORJET DE LA RÉVÉLATION

Celui qui veut comprendre et honorer dans la plénitude de ses amours, de ses fonctions et de ses fins miséricordicuses le très saint Cœur du Christ eucharistique, le doit considérer dans cette plénitude de l'amour qu'it ‘voque, de l'amour qu'il prépare, de l'amour qu'il donne : — Cœur de chair, formé du sang de Marie: — Cour glorifié, rempli des gloires de la résurrection ; — Cœur sacramentel, anéanti sous les symboles qui lui permettent de s’inimoler en victime et de se donner en nourriture.

Faut-il ici développer par des preuves précises cet énoncé? Nous en aurons souvent l'occasion au cours de ces études. Donnons-en du moins un bref aperçu.

Pour ce qui est du passé, ce Cœur de chair, que j'adore dans la sainte humanité du Christ eucharistique, est bien le même qui fut formé, avec le corps de Jésus, par le Saint-Esprit, dans le sein de Marie, du plus pur de son sang virginal. — C'est le Cœur qui fut uni à l'âme passible du Verbe incarné pour souffrir de toutes ses passions et de toutes ses douleurs : la tristesse, la crainte, le dégoût et l'ennui, la honte et le mépris; mais aussi pour aimer de tous ses amours (1), qui lui étaient un tourment par leur ardeur, un tourment que redoublaient la froideur, l’inyratitude, l'abandon et la haine. — C'est le Cœur qui commença de jeter la première ondée de sang dans les veines du corps de Jésus aussitôt que le Verbe le toucha de son contact de vie au moment de l’incarnation ; et c’est lui qui propulsait dans ses artères, pendant toute sa vie, les flots de sang vivifiant qui donnaient au Sauveur la force des durs travaux de sa jeunesse, des courses apostoliques de

«d) Finis est (Festi SS. Cordis) ut r .ovetur memoria amoris Jesu Dei hominis. Oljectum autem mauifestationis Cor Jesu est potius quam alia pars, quia Cor illud divinum est symbolum amoris et totius vitæ internæ Jesu Christi. (Ex. S. R. C. Decreto. Franzelin, p. 473.)

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