IT. — LE CŒUN DIVIN
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est rempli et déhordant, et il les doit répandre, faire con« naître, aimer et agir dans le monde. C’est sa mission, « Je suis venu apporter le feu sur la terre, dira le Sauveur au Cœur dévoré des amours sans commencement et sans fin de sa divinité, et je me consume du désir d’en répandre l'incendie sur la terre (1)! + Laissez déborder ces torrents de lave ardente, qui veulent couvrir toute la terre! C'est la vie qui coule, la vie qui est en Dieu, la vie qui est l'amour de Dieu! Ils ne perdront que le mal, le malheur et la mort; ils feront revivre tout ce qui reste de bon dans les dons faits à l'homme lors de sa première dotation!
Pour traduire en caractères intelligibles ces trésors de l'éternel Amour, cachés dans le sein de Dieu, voilà que le Cœur sacré les manifeste par toutes les formes de l’amour humain : en paternité et en fraternité; en piété filiale et en amitié; en secours et en dévouement ; en assistance et en secours; en bonté, en bienveillance et en amabilité; en pitié et en condescendance, en support et en pardon. — Voilà qu'il les traduit par des soubresauts d'émotion, des tressaillements de tendresse ou de compassion, des sanglots, des soupirs et des larmes, ou par des complaisances et des joies, des sourires et des actions de grâces.
Ce Cœur du Fils éternel est le Cœur du meilleur, du plus tendre et du plus reconnaissant des enfants, attirant sur lui la tête de son Père mourant pour rendre plus doux et plus confiant son dernier soupir; secouant le joug écresant des douleurs mortelles qui l’étreignent sur la croix, pour donner à sa Mère un fils adoptif, soutien de sa vieillesse, compagnon fidèle de son isolement !
Ce Cœur du Tout-Puissant, qui a fait le monde en se jouant et le gouverne avec une impassible tranquillité, est le Cœur du compagnon de labeur de tous ceux qui travaillent et qui peiner!, acquérant par ses travaux
(1) Luc., x11, 49,
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126 L'OLIET DE LA RÉVILATION
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obscurs de trente années les trésors de palience, de force et de mérite qui féconderont les sueurs et récompenseront les fatigues des travailleurs de tous les temps!
Ce Cœur du Verbe, qui est dans le sein de Dieu la Vérité sans aurore, sans ombre et sans déclin, est le Cœur de l’'apôtre qui se consume à l'annoncer sous les ombres des mnts pour la rendre accessible aux yeux malades des hommes et qui lutte pour la rendre victorieuse de leurs contradictions et de leurs oublis!
Ce Cœur du Père qui est au cieux, c’est le Cœur du Pasteur descendu dans nos vallées pour recueillir les brebis dispersées, les ramener au bercail, sur ses épaules, s'il le faut, les garder la nuit contre le loup, au risque de sa Vie, et les nourrir de sa doctrine, de ses bienfaits, de sa chair et de son sang. Il a juré que pas nne ne périrait de toutes celles qui lui ont été confites (1)!
Ce Cœur du Dieu vivant, qui ignore toute décrépitude, c'est le Cœur du Médecin de toutes les maladies et de toutes les plaies, répandant sur les infirmités de l'âme et du corps les vertus de sa vie, les baumes de sa compassion, les collyres de ses lurmes, des remèdes faits de son propre sang, avec les assurances et les gages de la résurrection bienheureuse, où il n'y aura plus ni maux, ni pleurs, ni mort !
Ce Cœur de l'Etre infiniment heureux, qui n'a besoin de personne, c’est le Cœur de PAmi, offrant son aftection à tous, parce qu'il se sait assez grand, assez puissant, assez aimant pour se donner à tous tout entier, sans se diminuer pour aucun: le Cœur de l'Ami désintéressé, qui ne poursuit dans ceux qu’il aime que leur avantage, nie veut que donner, et qui, s'il consent à recevoir, le fait bien plus pour honorer ceux qui lui donnent que pour satisfaire aucun besoin: le Cœur de l'Ami fidèle autant
(1) Et non peribunt in :cternum et non lapiet cas quisquain de manu men. (Joan., x, 28.)
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que prévenant, de PAmi tendre autant que dévons qui su répandre des larmes avec ceux qu'il voit pleurer, ne pas repousser l'ami qui le trahit, relever l'ami qui l'a renié, et verser son sang jusqu'à la dernière goutte pour se garder tidèles les amis de su vie vovagère et S'attacser à travers les siècles tous les hommes qu'il appelle à son amitié, en les nourrissant d'un pain où son Cœur répand tous les charmes et toutes les forces de la dilection victorieuse !
Ce Cour du Créateur qui avait fait à sa créature de si magniliques avances, c'est le Cœur du Rédempienr, qui à accepté li mission et entrepris la Riche de tout restaurer, mais par ses propres travaux, quelque pénibles qu'ils soient; de tout racheter, mais à ses frais: de tout purifier, mais par son sans; de tout faire revivre d’une vie imimortelle, mais par sa propre mort: enfin d'assurer son œuvre restaurée en continuant jusqu'à la fin d'y soutenir son labeur, et d'y payer la rancon de ses créatures ingrates, dans l'effusion renouvelée de son sang !
Que dire encore ?
Que le Cœur de ce Dieu, qui est la fin suprême de Phormme et qui a le droit d'attendre dans une paix inaktérable qu'il tende vers lui au pris de tous les sacritices, cest le cœur du Prètre qui S'est fait le médiateur universel entre les hommes coupihles et sa Justice, qui s’est chargé de satisfaire à tous ses droits au nom des hommes insolvables, de lui offrir une religion disne de sa Majesté, de réparer pour leurs péchés, de les instruire, de les sanclilier et de les introduire dans son repos éternel. Et pour pourvoir à ces besoins doublement infinis, du côté des homimnes et du côté de Dieu, ce Prètre a dépensé sans réserve son amour pour son l'ère et son amour pour ses frères, ses prières, ses larmes el ses souffrances ; il a livré son àâme aux douleurs intimes, son corps aux coups: il a
donné sa vie. Ressuscité, il continue de s'offrir à Dieu chaque jour en sacrifice, aux hommes en aliment ; et la prière du
+ ie.
128 L'OHJET LE LA HÉVELATION
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son infatigable médiation ne cesse de monter vers le trône de la miséricorde, interpellant et plaidant sans reläche. jusqu'à ce que soit complété le nombre des élus qu’il doit faire entrer dans le temple de la gloire divine.
Or, toutes ces formes créées de l'amour ne sont que les manifestations de l'Amour incréé, qui les alimente, les excite et les multiplie pour se révéler et sv donner d'une manière mieux appropriée aux besoins de l'homme. Mais en chacune d'elles le Cœur sacré aime en cœur de Dieu, infiniment, infatigablement, inépuisablement. Pas de limites, pas d'obstacles, pas d'interruption, pas de repos, “as d’affaiblissement ni de diminution : c’est toujours la puissante, immense et féconde actualité de l'Amour réellement divin. C’est le Cœur d'un Dieu qui aime dans un sourire de l'enfant eomine dans le dernier soupir de l’héroïque victime ; chacun de ses nouvements est l'expression intelligi'e pour nous de l'Amour infini, chacun de ses batleucats marque ici-bas le rythme du vivant Amour qui ne connaît pas plus de limites dans sa puissance que dans sa durée, C’est parce qu'il est l'Amour divin en personne que rien ne saurait l'arrêter et qu'il sera victorieux de tout ce qu'il voudra vaincre : la mort et l'enfer même (1) ! I est l'amour qui est Dieu, envoyé icibas dans la personne du Fils unique du Père, et se manifestant par toutes les formes possibles de l’amour humain, portées chacune jusqu’à l'infini de la perfection : Zn hoc upparuit charilas Dei in nobis, quonidin Filium suuin unigenilum misil (2)!
IL. — Ce qui est vrai du premier ordre des actes du cour, à savoir aimer, s'applique aux actes de la volont, dont le
(1) Fortis est ut mors dilectio, dura sicut infernus æmulatio ; lampade« ejus ignis atque flammarum. Aquæ multæ non potierunt estiuguere charitatem nec flumina obruent illam. (Cant,, vint, G.)
(2) 1 Joan., iv, 9.
Il. — LE CŒUR DIVIN Hot
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cœur çst l'organe et le symbole. Toute volouté intégrale et droite produit des actes conformes à lu saine raison qui la dirige. Lu raison est la loi du bien moral. Les actes de la volonté, dictés par la raison, s'appellent les vertus, Relevés par la grüce divine, ces actes constituent Les vertus surnaturelles et font la sainteté.
Le Cœur Sacré devait éclater en vertus parce qu'il possédait la grace dans toute sa plénitude créte (1). Mais toutes ses vertus, encore qu'accomplies par la volonté et par les puissances de la nature humaine du Christ, étaient voulues, dictées et dirigées par la Personne du Verbe et pur conséquent étaient divines en même temps qu’humaines. Et si, en tant qu'humaines, elles étaivnt mesurées et limitées, le Principe divin qui les inspirait, la Fin divine à laquelle elles se terminaient, — car la personne est dans l'être le principe et la fin de tous les actes, — les rendaient divinement infinies.
Le Cœur Sacré fut capable de toutes les vertus absolument (2); il les produisit toutes dans leur degré le plus éminent, et cela dès le début de sa vie d'enfant, sans qu'il eût besoin d'exercice ou d'expérience pour en atteindre la perfection. Jamais la pratique de l’une ne nuisit à la perfection des autres ; s’il connut et dut vaincre des obstacles exteri qui les rendaient plus difficiles et partant plus
(1) Necesse est ponere in Christo gratiam habitualem primc propter unionen animé illius ad Verbum Dei : quanto enim aliquod receptivum est propinquius causæ influenti, tanto magis participat de influentia illius. Intluxus autem gratiæ est a Deo. (Ille P.. q. vu, a:1, C)
(2) Sicut gratia respicit essentiam animæ, ita virtus respici: poteutiam ejus. Unde oportet quod sicut potentiæ derivantur ab ejus essentia, ita virtutes sint quæedam derivationes gratiæ. Quanto autem aliquod principium est perfectius, tanto magis imprimit suos effectus : unde cum gratia Christi fuerit perfectissima, consequens est quoi ex ipsa processerint virtutes ad perticiendum singulas potentias anni quautum ad omues animnæ actus : et ita Christus habuit omnes virtutes. (Q. vir, a. 2, c.)