LE GŒUR DE L'HOMME PARFAIT
CE
modèle achevé sur lequel doit se transformer tout cœur qui aspire à recouvrer la perfection de ses origines, en se rendant digne du Créateur, qui l'avait fait si beau déjà, ct du Rédempteur venu pour le refaire plus merveilleux encore.
Pour donner ne füt-ce qu'une lointaine idée des aplendeurs de ce Cœur d'homme, aderable jusque dans sa condition humaine, parce qu'il est encore, dans cette condition môme, le Cœur d’un Dieu, tssavons de dire quelque chose de ses beautés et de ses tmabilités.
Beau de toutes les perfections, de toutes les grandeurs morales qui constituent ce qu'on appelle un grand, un noble cœur: — aimable à euuse de toutes les aflections, de tous les dévouements qui font d'un cœur bon la plus séduisante image du Dieu de toute bonté, — tel apparait le Cœur de Pifomme-Dieu et c'est ce qui le rend digne de l'union privilégiée où le fait vivre avee elle la Personne du Fils de Dieu; digne des chui es que doit remplir le Verbe incarné; digne d’être le principe de toute vie et de toute perfection pour nos cœurs: digne d'être aiiné, désiré et poursuivi comme l’objet de leur héatitude et le centre éternel de leur repos!
Les beautés morales du Cœur de l'Honme-Dieu, ce sont les qualités naturelles et surnaturelles dont il «st eurichi
disait de la sainte humanité, type sur lequel le Créateur faconnait le premier homme : « Adeo magna res agebatur, qua isti materia extruebatur. ltaque toties honoratur quoties manus Dei patitur, dum tangitur, dum decerpitur, dum deducitur, dum eftingitur. ecogita totum illi Deum occupatum ac deditum, manu, sensu, opere, consilio, sapientia, providentia, et ipsa in primis affectione, quæ lineamenta ducebat. Quodcumque enim limus exprimebatur, Christus cogitabatur homo futurus... Ita limus ille jam tunc imuginem induens Christi futuri in carne, non tantum Dei opus erat, sed et pignus. » (De Resurr. caruis, vi.)
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et celles qui marquent ses œuvres d’un caractère de grandeur qui ne sera jamais égalé. Dans son fond, c’est la pureté, la vérité, la force; — dans ses œuvres, la noblesse de l'inspiration, la grandeur des entreprises, d’invincibles obstacles affrontés et vaincus.
Qu'on ne s'étonne pas de voir attribuer au cœur des qualités et des œuvres qui conviennent à l'âme et à la personne. C'est la coutume de l'Ecriture et de l'enseiynement théologique, aussi bien que de toutes les langues, de symboliser l'homme tout entier dans son cœur (1).
Le cœur est le siège principal de l'âme : nous attribuons au Cœur de Jésus cette pureté fondamentale qui reud l'âme sainte et agréable à Dieu.
Le cœur est l’organe de l'intelligence, surtout de l'intelligence pratique, laquelle, sous la forme du conseil et de la prudence, conduit la vie : nous attribuons au Sacré- Cœur la vérité parfaite, soleil qui écluire toutes les voies du monde moral.
Enfin, le cœur est le maitre ressort de la volonté, et la force est, à ce point de vue, sa qualité la plus nécessaire : au Cœur du Christ la force sans défaillance.
Pureté dans son essence, vériié et force dans ses puissances (2), telles sont les beautés du Cœur Sacré.
« Une fois, lit-on dans la Vie de la Bienheureuse, après « la sainte Communion, Notre-Seisneur, voulant fixer ses «irrésolutions et se l’attacher pour toujours comme l'épouse
(1) Super illud Prov., v : Prœæbe, fili, cor tuum mihi, hæc habet Corn. a Lap. : Deus exigit cour, quia cor est principium vit omnisque cogitationis, voluntatis et actionis. Et cum Deus possidet cor, possidet totum hominem. (Prov., xx, 26.) -- Et in Ezech., xxxvi, 26 : Cor est sedes et ofticina rationis et voluntatis. Cor enim subministrat spiritus vitales et animales intellectui necessarios ad intelligendum, et voluntati ad amandum.
(2) Sicut gratin vrespicit essentiun anim, ita virtus respicit poteutium ejus. (P. 1e, q. vu, a. 1.)
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