‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 56 sur 224 · II. — LA VÉRITÉ SANS OMPRE · texte numérisé non relu

II. — LA VÉRITÉ SANS OMPRE

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mort glorieusement enveloppé dans la bannière de la vérité, en proclamant ses droits imprescriptibles par ces sublimes paroles : « J’ai toujours parlé ouvertement à la face de tous; je n'avais rien à cacher : car je ne suis venu et ne suis né dans ce monde que pour donner témoignage à la vérité (1)! »

Il s’est survécu pour assurer le règne de la vérité : « en envoyant l'Esprit de vérite, qui procède de lui, et qui complète tous ses enscignements »; en fondant l'Eglise « phare indestructible de la vérité à travers les âges » ; en se faisant lui-même « pain des inteliigences » pour les nourrir de vérité, « azyme sans levain de la Pñque, pour soutenir dans les âmes la sincérité et la simplicité (2). » Pénétrant dans les cœurs pour y allumer son ardent amour de la vérité, il brûle, en passant, comme un charbon ardent, les lèvres de ceux qui le recoivent, pour les embraser du zèle de la proclamer, de la répandre et de ne la laisser jamais muette devant l'ignorance, l'erreur ou la négation.

O Cœur de Jésus, c'est « votre gloire unique », au milieu de tous les cœurs humains, menteurs par infirmité ou par malice, « d’être plein de vérité comme de pureté!» Vérité éternelle, vous aviez créé le premier homme dans la justice et la vérité; Vérité incarnée, vous êtes venu « refaire icibas la vérité perdue (3) » ; « vous n'avez qu'un désir, c’est

(1) Ego palam locutus sum mundo, et in occulto locutus sun nihil... Ego ad hoc natus sum et ad hoc veni in mundum ut testimonium perhibeam veritati. (Joan., x1x, 4)

(2) Expurgate vetus fermentum ut sitis nova conspersio sicut estis azymi. Etenim Pascha nostrum immolatus est Christus. Itaque epulemur non in fermento malitiæ et neçuitiæ, sed in azymis sinceritatis et veritatis. (1 Cor., v..)

(3) Vidimus gloriam ejus... plenum gratiæ et veritatis, — Veritas per Jesum Christum facta est. (Joan., 1, 17.)

A DT ed osad ie mo que tous ceux pour lesquels vous êtes mort parviennent à ?. Connaissance de la vérité (1). »

O Cœur vrai, absolument vrai dans votre nature, dans vos pensées, dans vos paroles et dans vos œuvres (2), délivrez nos cœurs des entraves de l'erreur et de la duplicité, en y projetant le rayonnement de votre pure lumière ! Ce sera nous délivrer en même temps du péché, car tout péché est un obseurecissement volontaire de votre lumière en nos cœurs. « (est seulement alors que nous serons vraiment libres (3), Œuand nous serons les affranchis de la vérité! Je vous adore, vous bénis « et me donne tout entier à vous dans la simplicité de mon cœur : car, vous qui connaissez nos cœurs, vous n'y aimez que la simplicité (4). » Daignez me garder enlacé pour jamais dans les liens « de la miséricorde et de la vérité, qui se sont indissolublement noués dans votre Cœur (5) », pour m'attacher à vous, côntre immuable de ma vraie vin!

La force sans défaillance.

La force est la troisième des perfections fondamentales qui élèvent le, Cœur de Jésus au-dessus de tout cœur humain, pour faire de lui le cœur de l'Homme parfait. Comme la pureté orne l'essence du Cœur sacré d'une sainteté sans tache, embellie de toutes les vertus infuses et acquises, la

(1) Omnes homines vult salvos fieri et 4 agnitionem veritatis venire. ([ Tim., 11, 4.)

@) Christus à Joanne vocatur vertlas quia in eo fuit quadruplex veritas : veritas entis, veritas mentis, veritas oris et veritas operis, (Corn. a L.,inl Joun., 1x.)

(3) Veritas liberabit vos. (Joan., vin, 532.)

(4) Scio, Deus meus, quod probas corda ot simplic tatem diligas, unie et ego in shnplicitate cordis mei letus obtuli intversa he!

(9) Ps, xxxix, 12,

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force est nécessaire pour permettre à ses vouloirs et à ses amours de poursuivre énergiguement et d'atteindre sûrement les objets dans lesqueis la Jumière sans ombre de son intelligence lui a moatré un élément de perfection pour l’œuvre qu’il vient accomplir.

Car le cœur est lorgare de la volonté et des affections de l'âme, Ce qu'il faut à la volonté, instrument de tendance, destiné à saisir et à retenir le bien où l'être intelligent doit trouver sa perfection et son repos, c’est la force : la force morale, qui lui sert de levier pour s'élancer, de point d'appui porr soutenir son effort, et de défense pour garder, contre les causes adverses, le bien conquis.

La force sst surtout nécessaire au Cuur du vaillant Restaurateur de la nature humaine pour guérir la vojonté de l'homme tombé, qui s'est vue, par ectte chute, brisée et uffaiblie irrémédiablement dans tous les descendants du premier pére (1).

R'21 de plus lamentable que le spectacle du cœur humain deyuis ce moment fatal, en face du devoir, de la vertu, de ‘effort pour le bien et de la constance à le faire. C’est une perpétuelle hésitation. des alternatives d'élans et de reculs, de résolutions, en apparence décisives, suivies de honteuses capitulations; le succès obtenu, compromis aussitôt par de pires défaites; aucune suite quelque temps soutenue, aucune persévérance un peu assurée. D'ordinaire, l'appréhension du combat empêche de prendre les armes. l'horreur de l'effort paralvse les désirs qui paraissaient de quelque vivacité; le besoin de jouir sans travail, de conquérir sans lutte, de posséder sans souci amène à toutes les concessions, à toutes les lächetés ; ou, si l'on a affront* la lutte, les sacrifices qu’elle ordonne de renouveler pour ussurer le succès définitif, font abandonner le champ de

(1) Liberum arbitrium viribns attenuatum et inelinatum. (Trid,

Sess. VE CE)

164 BEAUTÉS Ex GRANDEURS DU SACRÉ-CŒUR RTE RETE TE DRE

Latuille après queiques escurmouches. En fait, l'état du cœur humain depuis lu chute, c’est l’universelle apathie, la trahison du devoir, la passion de jouir du plus de bienêtre possible avec le moins d'efforts et de sacrifices. C'est le sensualisme sous toutes les formes : dans les affections, dans les choses de l'esprit, dans la vie matérielle et jusque dans les rapports avec Dieu. C'est l’affaissement des caractères, l’affadissement du cœur, l'énervement de la discipline, la détente de toute énergie, l'amollissement des courages. De là, un abattement habituel, une tristesse Mauladive et qui semble endémique ; les sourds murmures du mécontentement, les plaintes contre la destinée, qui semblent ne se taire jamais ; c’est vraiment l’êre des soupirs inutiles, des larmes stériles, des vaines espérances ct des illusions suivies d’amères déceptions : enlin, c'est l'apostasie générale, tant à l'égard de Dieu que de toutes les saintes causes qu'il ordonne de servir, Et la raison de ce mal, aussi profond qu’étendu, c’est que « toute tête est Malade et tout cœur sans force : Oinne caputl languiduin ctomne cor mærens (1). »

Ah! qu’apparaisse donc un cœur vraiment fort, vers lequel se puissent tourner, sur lequel se puissent appuyer veux qui espèrent encore et ne voudraient pas être entrainés par le torrent qui emporte, comme une boue sans consistance, les débris informes du cœur humain, décomposé ct nauséabond, dans l'abime de l'éternel désespoir !

Voici le Cœur de l'homme parfait : c'est le cœur de celui qui s'appelle « le Fort », et dans lequel agit en liberté l'Esprit de force (2) » ; c'est le cœur du Lion de Juda, vainqueur de la mort, terreur des ennemis de Dicu, qui tremblent et s'enfuient à son approche (5). »

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