‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 67 sur 224 · LA PIËTÉ FILIALE ENVERS LE PÈRE 48 | RE NS SE · texte numérisé non relu

LA PIËTÉ FILIALE ENVERS LE PÈRE 48 | RE NS SE

——— de l’homme ne la concevra et ne l'exercera à l'égal de Jésus, parce qu'aucun n’est autant fils que Jésus, aucun ne devant tant à ses auteurs, aucun n'ayant tant reçu que lui de son Père. Même comme homme, le Verbe incarné est le propre Fils de Dieu. Et cette filiation divine, qui élève si haut son humanité, est un don gratuit du Père. Aussi, parmi les incffables et innombrables grâces répandues dans l'âme de Jésus par le Saint-Esprit, apportées en dot par le Verbe à cette épouse bien-aimée, brille au premier rans le don de la piété filiale. Personne, parmi tous les enfants adoptifs de Dieu, ne lui dira si vraiment, si tendrement, uv

de reconnaissance, d’umour ct d'uttachement : « Père, Père,

vous êtes mon Pere : Abba, Pater ! » D'aucun cœur ce cri de la piété filiale ne fera monter autant d'harmonie et ne charmera davantage les complaisances du Père : Ipse invocabil ne : Paler meus es tu ! Aussi le Père le recor.hüitra comme l’ainé de tous ses enfants, le premier par sa piété filiale comme par la dignité de sa personne et la Sainteté de sa vie : Z£t €g0 primogenilun ponam illuin excelsum præ regibus terræ (1).

ec autant

Nous n’exagérons pas en disant que la piété filiale de Jésus envers son divin Père a été l'âme de toute sa vie. — C’est par amour pour lui que le Verbe s’incarne, atin de lui donner l'honneur, l'amour, la religion que l'humanité révoltée et désormais indigne lui refuse : « Tu n'agrées plus ces victimes, d mon Père ; donne-moi une vie que je te puisse immoler; me voici prêt à faire toutes tes volontés, mème celle de mourir pour toi : Corpus aulem aptasti inihi; lunc dixi : Ecce tenio ut facian, Deus, tuain toluntatem (2). » — Faire connaitre, adorer comm. il convient, servir et glorifier son Père, sera son unique Passion. — C'est pour son amour qu'il mourra ; il tient à

(1) Ps, Lxxx vin, 27, (2) Hebr., x, 2,

as étés matt

156 LES AMOURS DU SACRÉ-CŒUI à

ce que le monde eutier le sache : Ut sciul mundus quid diligo Patrem, eamus hine (1)! Sa mort, comme sa venue ici-bas, n’est qu’un acte d'amour ilial pour son divin Père.

Quel admirable Cœur de fils, où n'entre jamais la plus petite racine d'égoisme ; où seul vit, règne et remplit tout, le pur et souverain amour pour un père ! Cette merveille mérite d’être étudiée.

Si le résultat de cette contemplation pouvait ètre de nous inspirer un véritable amour tilial pour Dieu, notre Pére aussi, inspirant notre vie, Comme celle de Jesus, des plus nobles motifs; s'exprimant, en nous comme en lui, par la religion profonde, lobéissance sans réserve, le zèle pour son service et pour sa uloire, nous serions ulors de vrais enfants de Dieu, semblables par l'adoption à Jésus notre frère, le fils ainé par nature !

IL. — La première et fondamentale expression de ect amour filial est la religion intérieure, l'adoration profonde dans laquelle vit anéanti devant son Père le trés humble l'ils de Dieu, — C'est qu’en effet, quand elle s'adresse à Dieu, la piété filiale prend un nom plus auguste; elle n'est plus de la piété simplement : elle est le culte, la religion proprement dite. Dieu n'est pas, conune les parents, une cause secondaire seulement de la vie des enfants : il est le premier principe de l'ètre et de tous les biens qui le conservent et l’accroissent; à cause de cela, la piété filiale envers lui franchit toutes les limites qui mesurent les obligations dues aux créatures, pour devenir la religion et

l'adoration en esprit et en vérité ducs à l'Etre infini (?).

(1) Venit princeps mundi bujus et in me non habet quidqaam. Sed ut cognoscat mundus quia diligo Patrem, et sicut mandatum dedit mihi Pater, sic facio : Surgite, eamus hine. (Joan., x1v, 30.)

(2; In utroque Deus summum obtinet locum, quia et excellenuissinus est et est nobis essendi et gubernationis primum principium. — Deus longe excellentiori modo est principium essend

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I — LA PIÉTÉ FILIALE ENVERS LE PÈNE 187 mm

Gette religion, le Verbe incarné la témoigne par la constante humilité où il se tient à l'érard de son Pére, ne s'estimant que néant, ne permettant pas qu’on lui attribue rien de bon à lui-même, mais rapportant tout à Celui de qui il a reçu son être humain : « Que m’appelez-vous bon ? I n’y a de bon que Dieu seul (1)! » — « No vous appelez

ni maitres ni seigneurs : il n'y 2 qu'un seul Maitre, qui est Dieu (?\. »

Il n'accepte pas qu'on croie qu'il dispose du temps ot des événements, ni des récompenses suprêmes, mais son Père à moi de vous faire asseoir à ma droite où à ma gauche, mais à mon Père (3).

seul : « Ce n’est pas

» — « Mon Père seul connait les temps et les moments qu'il a fixés aux événements (4). » — 1] vit dans un dépouillement volon-

tire et total de tout intérét personnel, humanité n'étant pas à elle-même son principe, puisque Dieu l'a formée, elle ne saurait avoir d'autre fin que son Créateur : « Je ne cherche ma gloire en rien. » — « De savoir si je suis honoré ou non, je ne m'inquiète pas : c'est mon Père que ceia regarde (5). » — Son repos, son bonheur, il le trouve uniquement dans l'adoration du bon plaisir divin : « Je te bénis, à Père, Seigneur souverain du ciel et de la terre, de ce que tu as voulu cacher ces choses aux sages el aux prudents et Les révéler aux petits ; oui, Pére, il est bien qu’il en soit ainsi. parce que tel est ton bon plaisir: {{a, Pater, quoniai sic placiluin est ante Le(6)!»,

sachant que son

et gubernationis quam pater; ideo alia virtus est religio quæ cultum Deo exhibet a pietate quie exhibet cultum parentibus ; sed ea qui sunt creaturarum, per quamdäm superexcellentiam ec causalitatem transteruntur in Deum. (Q. cL, a. 3 ad 2.)

(1) Quid me interrogas de bono ? Unus est bonus, Deus, (Mauth., SEX 0)

(2) Matth, xx, 8, 9 (3) Matth., xx, 22, (DFA T7

(5) Joan... vi, 5,

(6) Matth, x1, 25,

0 een 0e GE EN ESC E EEE 7 5 —

C'est sa piété tiliale qui fait sa priére si humble : humble dans ses attitudes, car il prie les genoux en terre, levant avec crainte les yeux vers le ciel, ou bien la face contre terre, dans un abaissement plus profond ; — humble par sa persévérance, car il prie des nuits entières, et, si son Père ne semble pas l'exaucer immédiatesnent, il attend patiemment son heure; — humble dans ses sentiments surtout : « Père, si tu veux; Père, tout t'est possible; Père, non pas ma volonté, mais la tienne »: — humble dans su résignation : « Père, Père, pourquoi m'as-tu abandonné ?.. Je remets mon âme entre tes mains! »

IE. — L'obtissance envers son Père est une autre expression de sa piété filiale.

Elle se compose d’abord de dépendance intérieure si sincère que la Sagesse incarnée « proteste n'avoir pas une pensée à elle, mais les prendre toutes dans la pensée du Père »; que le Verbe fait chair affirme « ne pas dire une seule parole que ne lui dicte le Père » ; que le Créateur des mondes, devenu créature, ne fait rien dont le Père ne lui donne « l’ordre, le modèle, la direction », par une prévenance et un concours assidus; aussi lui en attribue-t-il tout le mérite : Pater in me manens, ipse facit opera (1).

Ne lui demandez pas de retarder la manifestation de sa science devant les docteurs, malgré ce que son jeune âge donne d’étrange à ses questions et à ses réponses; ne lui demandez pas même de prendre le temps d'avertir sa mère,

(1) A meipso facio nihil, sed sicut i ‘* me Pater, hiec loquors et qui misit me mecum est et non : ‘t me solum, quia quéæ placita sunt ei facio semper. (Joan., vus, <8.) — Egn ex meipso non sum locutus, sed qui misit me Pater. [pse mihi mandatum dedit quid dicam et quid loquar. Quæ ergo ego loquor, sicut dixit mihi Pater sic loquor. (x11, 49.) — Amen, 1men dico vobis : Non potest Filius a se facere quidquam, nisi quod viderit Patrem facientem : quæcumque enim ille fecerit, hæc et Filius similiter facit. (v, 19.)

dite ge nénbi Een à

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