‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 74 sur 224 · IT + PIÉTÉ FILIALE ENVENS MARIE A · texte numérisé non relu

IT + PIÉTÉ FILIALE ENVENS MARIE A

mom qu à donner à sa Mère elle-même (Ds — 4 Dieu a voulu dépo. ser en Vos mains la plémtude de tous les biens : de sorte que si nous avons quelque espoir de salut, de pardon, de vie, nous savons que cela ne nous peut venir que de celle qui est montée aux cieux ef Y règne, appuvée sur son Fils bienaimé et débordante de joie 2)! 5

« Vous êtes la trésoriôre de Jésus-Christ, à Marie », non seulement de ses biens, mais de lui-même, le trésor des trésors, le don des dons! It puisque c'est du bon trésor du cœur que sortint tous les biens, les anciens et les nou- Veaux, vous êtes la trésorière de son Cœur : vous le pos: sédez, vous le gouvernez, vous le ‘pensez et vous ne l'épuisez jamais, parce qu'il est inépuisable et que son bonheur est d’être dépensé PAT VOS : Thesnrarie Jesu Christ (3)! 5

Donnez-nous non seulement les dons de Jésus, mais Jésus lui-même, et, dans Jécus, cu Qu'il y a de plus pré. cieux, donnez-nous son Cœur!

IV. — Quiconque voudra approcher de ce trésor, y pénétrer, V puiser, qu'il s'adresse à Marie, qui seule on a la clef. Et cette grande amante qu Sacré-Cœur, la V. Môére Parat, l'avait compris, qui, proposant le culte. l'amour et l'apostolat du Sacré-Cœur à ses filles comme leur fin souve. raine, voulut, dans le blason de ln Société, unir le Cœur

(1) Gaudet Filius orante Matre, quia omnia qui nobis, precibvs suæ Genitricis evictus, donat. ‘psi matri se donare Putat. (S, Theo; b. Alex. a Salazar. et. in Prov., vit, 18.)

(2) Deus totius boni plenitudinem posuit in Maria, ut proindé si quid spei in nobis est, si quid gratiæ, si quid salutis, ah ea ncverimus redundare qüæ ascendit innixa super Dilectum suwm deliciia aMuens.. Totis ergo medullis Cordium et votis omnibus Mariam nunc veneremur © .ia sic est voluntas ejus qui totum nos haere voluit per Mariam. (D. Bern, de Aquæ ductu.)

(3) B. Alb. Magn. Cité par S. Alphonse dans les Gloires de Marie,

LE CŒUR be JÉsus-Carisr — à pd te 12

206 LES AMOURS DE SAGRÉ-GŒUR nmaculé de Marie au Cœur adorable de Jésus er conduira toujours à celui-ci par celui-là.

Le Cœur de Marie est, en eflet, si intimement, si inséparablement uni au Cœur de Jésns, que la Vierge-Mère a pu dire à sainte Brigitte :

« Quand Jésus naquit de moi, je sentis comme Ia moitié de mon cœur sortir de ma poitrine pour naître ; lorsqu'il couftrit sur la croix, il me semblait sentir mon propre CŒnr endurer tous ses tourments ; et comme il serait impossible de percer un cœyr qui serait à moitié hors de la poitrine sans faire souffrir l'autre moitié restée dedans, ainsi, quand mon Fils, — cette vivar.e moitié de mon cœur —, était fasellé on crucifié, je sentais que c'était mon cœur qu'ils ciblaient de coups et cransperçaient de clous : Sic ego, cum flagellaretur et pungerelur L'ilius mens, GUASÈ CON acoum flagellahiiur el pungebatur (1)

Aujourd’hui que, dans sa gloire, le Cœur de Jésns jonit d'inaltérables délices, le Cœur de Marie vit de ses joies ; et comme le premier reste, malgré son exaltation, le Cœur bon et compatissant du Prêtre qui prie et de l'Avocat qui plaide pour notre salut, le Cœur de Marie éprouve toutes ses inclinations, toutes ses pitiés pour non. Lorsque par un excès ancien, renouvelé chaque jour, il se sacrilie sur l'autel, se donne en nourriture à chacun des siens où consent à demeurer, pour ne l:8 point abandonner, dans l'obscurité des tabernacles, le Cœur de Marie s'ide ‘'ifie à ces merveilles de générosité, d'expansion et de condescendance : son Cœur immaeulé bat perpétuellement du même

(1) Cum nasceretur Christus ex me, sensi ego quasi dimidium cor meum nasceretur et exiret à me; et Cum 1psi pateretur, sen-i quod quasi cor meum patiebatur. Sicut eum quod dimidium est extra et dimidium intra, si illud pnngitur quod est extra, æque sentit dolorem quod intus est, sic ego, cum flagellaretur et pun:eretur Filius meus, quasi cor meum flageilabatur et pungebatur. (Her. S. Birg., L I. c. XXxv.)

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mouvement d'amour que le Cour de son Fils devenu Sacrement !

Encore une fois, lumour filhial et lamour maternel identitient si parfaitement ces denx cœurs qu'ils n'en font qu'un: le Cœur de Jésus-Marie!

Qui done oserait S'upprocher du Coeur de Jésus-Christ sans passer par cette « Porte du ciel» de Ta gloire, qui est aussi la norte de ce ciel de Ta miséricorde, ouvert à tons ivi-bas ? — [a Bienheureuse s'adressait en ces termes à Marie pour toucher sûrement le Cour de son Fils:

€ O très sainte, trés uimable et très glorieuse Vierse Mère de Dieu, notre chère Mère, Maitresse et Avocate, à laquelle nous sommes toutes dévouées et consacrées en qualité de filles, de servantes et d'esclaves pour le terips et l'éternité, — nous nous jetons à vos pieds pour renouveler les vœux de notre fidélité et servitude envers vons, et pour vous prier qu'en qualité de choses vôtres, vous nous offriez, vonsucriez et immoliez an Sacré-Cour de ladorable Jésus. — nouset tout ce que nous sommes, tout ce que nous ferons et souflrirons, sans nous rien réserver... Et puisque vous avez tout pouvoir sur cet aimable Ceenr, faites done, ô notre charitabie Mère, qu'il recoive et accepte cette consécration que nous faisons aujourd'hui en votre présence et par votre entremise !

« O notre douce Espérance, faites-nous sentir votre pouvoir envers cet aimable Cæur de Jésus, et employez votre crédit pour nous v loger toujours. Priez-le d'exercer son souverain empire sur nos àimes en v faisant régner son amour, afin qu'il nous consomme et nous transforme en lui-même! Qu'il soit notre guide, notre trésor, nos délices, notre amour et notre tout en toutes ehoses! vil soit le soutien de notre impuissance, la foree de notre raiblesse, la joie de toutes nos tristesses.

€ O Sacrés Conrs de Jésns et de Marie, réparez tons les

908 LPS AMOURS DU SAGUÉ-CŒEUR

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manquements des nôtres; suppléez à tout ce qui nous manque; brûlez nos cœurs dans vos saintes ardeurs, Consonmez toutes nos froideurs et Richetés à vous aimer et servir, puisque nous voulons faire consister tout notre bonheur à vivre et à mourir en qualité d'esclaves de l'adorable Cœur de Jésus, filles et servantes de sa sainte Mère (1). »

UT La piété filiale de Jésus pour saiut Joseph.

Le Verbe Ineurné pouvait-il éprouver dans son Cœur une véritable piété filiale envers saint Joseph? — On admet bien que Jésus pût avoir quelque affection et donner des signes de déférence à saint Joseph : mais «était, pense ton, par simple condeseendance, duns laquelle il ne faut voir ni l'accomplissement d’un devoir, ni la reconnaissance d'un droit. Rien, par conséquent, qui rappelle Ja pidté liliale proprement dite, la dette de justice qui oblige les enfants envers leurs parents. Sous l'empire de cette donnre, on va bien jusqu'à appeler saint Joseph « l'ami du Sacré- Cœur », rien de plus. — Ami de Jésus comme les Apôtres, les disciples, et quelques autres privilégiés, mais pas son pére ; amitié fondée sur le choix, supposant l'égalité : mais non la paternité et Ja filiation. qui créent un droit, improsent des devoirs (2).

Craindrait-on de faire injure au Fils de Dieu ‘en le proclament tils d'un charpentier? Redonterait-on d’être inexact

() Vie et Œuvres, T, I, p. 540,

(2) Il est clair que nous ne parlons pas ici de droit rigoureux, basé sur l'excellence d'une personne à l'égard d'une autre, A ce titre, Marie elle-même n'avait aucun droit sur Jésus, le chef de toute créature. Il s'agit du droit établi par la volonté du Verbe lui-même, manifesté dans une relation où une charge à laquelle àl eonvenait qu'il se sonmit pour notre bien,

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en reconnaissant Joseph conne vrai père de Jésus? L'hésitation ne peut venir que de là.

Toute la question consiste, en eflet, à savoir si saint Joseph peut être appelé le pére de Jésus, dans un sens trés réel, qui légitime l'emploi pur et simple de ce nom; et si Jésus p it êlre obligé à des devoirs de piété filiule envers un homme qui ne serait pas son pére ?

Nous osons croire que l'hisitation n'est pas de mise, et que dv persévérer après quelque réflexion serait bien plus douloureux au Cœur filial de Jésus qu'injurieux à la dignité sublime de Joseph.

Avec Marie, nous disons sans réserve : « Votre pére et moi nous vous cherchions avec angoisse : l’aler Luus et cy0 dolentes quarebamnus le, » — Avec Jésus, qui ne pr'otesté pas contre ce titre de « pére », donné à Joseph pur Marie; puis, qui, ayant accompli le service de son Pere céleste, vient se ranger pour vingt ans encore sous la conduite de son père de la terre, comme de sa mère. nous “ppelons piété filiale cette obéissance, faite de soumission ct d'amour : Et erat subdilus illis.

I. — Certes, Joseph n'est pas le pére de Jésas au titre de la génération naturelle, comme sont tous cenx qui, dans la famille, portent ce non de majesté et de douceur. Mais la g‘nération est-elle Le seul fondement de Ja paternité ?

Que cette paternité, qui fait d'un homme le principe de la Vie d’un autre honime, selon les lois établies par le Créateur pour Ja propagation de la race, s'appelle la paternité naturelle, la paternité du sang: qu’elle fonde le lien le plus comnun des droits du père sur les enfants et de la piété des enfants envers leur père, nous n'en disconvenor ; pas. Mais cela ne fait pas qu'il n'y ait d'autres formes de * «ternité, très véritables aussi, sur lesquelles s'établissent légitimement des relations de droits protecteurs et de devoirs réconnnissants entre ceux qu'elles unissent.

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Dieu s'appelle le « Pêre de tous les hommes, notre Pére qui est dans les cieux, dont 1 paternelle Providence gouverne tout (1). » I n'engendre vourtant pas la vie corporelle selon Ta loi ordinaire ; il la produit, par sa puissance de cause suprème n la eréant d'abord dans son premier type, puis en la conservant par les moyens qu'il lui a plu d'établir, De plus, il donne aux âmes l'existence et l'ali. mentation spirituelle de La vérité, Sa paternité créatrice prend un caractère plus auguste quand elle produit l'être surnaturel de Ja grâce, qui fait de l'homme son enfant en toute vérité, vivant de sa propre vie divine,

« C'est de cette paternité éminente de Dieu que descend, dit saint Paul, toute paternité au ciel et sur la terre (2). « — Toute paternité ? — Celle de la chair et du sang d'abord : mais aussi, et plus parfaitement, la paternité spirituelle, qui unit certaines âmes entre elles par le lien d'une géné. ration surnaturelle.

Celle-ci n'est-elle pas une réalité bien définie dans le prêtre par exemple, qui engendre les âmes à Ja vie surna- Lurelle, qui la leur rend quand elles l'ont perdue, qui Palimente, la protège et la dirige vers sa perfection éternelle ? Ne crée-telle pas des liens très étroits d'autorité et de puissance d'une part, de dépendance, de respect et de reconnaissance de l'autre ?

En va-t-il autrement de celle qui unit dans la famille monastique les religienx à leur père, les filles à lei abbesse ou à leur supérieure ?

Que cette paternité monte avec la dignité et s’étende avee les sollicitudes d'une famille diocésaine à conduire : qu'elle atteigne son apogée dans la personne de celui que le moude entier vénère comme le Très Saint Père, sa réalité ne

(1) Tua, Pater, providentia gubernat omnia, (Sap., x1v, 3.) (2) Flecto genua mea ad Patrem Domini mei Jesu Christi, ex quo omnis paternitas in cœlis et in terra nominatur (Eph., 11, 11)

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Frandilelle pus avec l'antorité «1 la majesté ? los devoirs de vénération, d'obéissanee ot l'umour ne deviennent.ils pas plus étendus et plus urgents pour les enfants de ces peres selon l'esprit ?

Ces paternité diverses, anssi sublimes et aussi aimables qu'elles sont réelles et eflicaces, nécessaires et bienfuisantes, ne Sont pas établies sur le sang ni même sur la volonté de CEUX QUE ER sont revélus, Dien les crée et en investit ses élus par la mission Qu'il leur fite on par les sacrements institués pour les conférer,

Pourquoi n'aurait il pas formé en saint Joseph nne pater nité analogne, non Pas fondée sur ln communication de Ta vie, mais sur In Communication qu'il lui faisait de Son autorité, de sor amour, de sa providence à l'érard de son propre Fils, confié à cet artisan ? Paternité auguste et Unique, toute spirituelle, qui ne sera jamais donnée à aucun autre, ayant été instituée Hniquement pour la mission de Joseph à l'égard de JéSUS : impression créée de la paternité divine, que Dieu Marque en l'âme de Joseph an moment où le Verbe prend chair duns le sein de sa virginale épouse, — Caractôre surnaturel eUinefacable, remplissant l'âme de Joseph de Ja Paternité de Dieu, l'assimilant au Pére céleste, et Ini donnant les droits, les privilèges, la Sainteté, l'amour surtout et les aptitudes nécessaires au Pére terrestre dn Verbe incarné : tel le caractère sacerdotal, qui imprime dans l'âme du lévite une ressemblance parfaite avec Jésus, fait d'un être mortel un prètre pour l'éternité, conforme en tout au Prêtre éternel : Assiitatue Filio Dei nanet sacerdos in Perpeluu (1). — Celui qui peut produire les effets des sacrements sans l'aide des signes Sacranentels, ne peut il produire directement, par sa puissanee, une paternité véritable sans le moyen de la généra. tion humaine ?

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Nous croyons done que Josent, t vraiment le père de Jésus, par une commun tion dé ln maternité divine qu'il recut à cause de on élection #1 charge de nourrir. de protéger et de Criiuire le fils éternel de Dieu. devenu l'enfant mortel des fiouiues Quand Dieu le lui confia en Jui disant : « Tu seras le père de cet orphelin (A) », il revôtit saint Joseph de sa propre paternité, Ja plus réelle et la plus parfaite de toutes, en même temps qu'il mettait dans son cœur la tendresse dévouée d'un vrai père et marquait son front du sceau de Pautorité palernelle. Joseph devenait, dans le temps. le «père terrestre » de Celui dont le père s'appelle, dans Féternité, le « Père céleste, » Que le regard de Fenfant, fixé d'abord sur son « Père qui est aux cieux », s'abaissät ensuite sur 1e père qui gouvernait la maison de Nazareth, cest du même amour, du même respect, avec la même vérité qu'il lui disait : Mon père! vous êtes mon pére: l'aler eus es tu! — Jamais, sauf en Marie, ne parut aussi parfaite, aussi

{1) Orphano tu eris adjutor. (Ps. x, 14.) — Jésus, ce divin Enfant, eur lequel Joseph a toujours les veux et qui fait l'admirable sujet de se< saintes inquiétudes, est né sur la terre comme un orphelin, et il n'a point de père en ce monde, C'est pourquoi saint Paul dit qu'il est sans père : Sire patre. iHebr,, vi, 9.) Qui dira avec quelle joie Joseph recoit cet abandonné et comme il s'offre de tout son cœur pour être le père de cet orphelin? Il prend pour ce Dieu un cœur et des entrailles de père, et ce qu'il n'est pas par nature, il le devient par affection... Mais si S. Joseph n'est pas pére, comment aurait-il uu amour de père ? C'est ici qu'il nous faut entendre que la puissance divine agit en cette œuvre, Dieu lui en fait un de sa propre main. C'est cette main, qui forme en particulier tous les cœurs des hommes, qui fait an eœur de père en Joseph et un cœur de fils en Jésus. C'est pourquoi Jésus obéit et Joseph ne craint pas de lui commander. C'est que le vrai Pére de Jésus- Christ, ce Dieu qui l'engendre de toute éternité, ayant choisi le divin Joseph pour servir de père au milieu des temps à son Fils unique, a fait en quelque sorte couler en son sein quelque rayon ou quelque étincelle de cet amour intini qu'il a pour son ils; c'est ce qui lui change le cœur ; c'est ce qui lui donne un amour de père. (Bossuet, Panégvrique de S. Joseph, T* Point.)

digne d'amour, de vénération et d'obéissance l'imase de l'adorable paternité de Dieu!

I. — Un autre titre de Ja palernité dé saint Joseph à l'égard de l'Enfant-Dieu se trouve en la virginité dont il fit profession dans le plus saint des mariages,

Dieu exigeant, pour l'incarnation de son Fils, qu'il naquit d’une Vierge, dont la maternité ravonnerait, par un privilôge unique, de la splendeur d'une virginité inimaculée, Toseph, uni à Marie par un véritable hyménée, tenait entre ses mains le sort du Fils de Dion. Qu'il usät de ses droits, consacrés par Dieu même à l'origine des choses, ct Marie, encore que la plus sainte des épouses et des mores. devenait incapable de donner naissance an Fils de Dieu, lequel ne pouvait descendre du sein adorable du Pre que dans le sein d'une vierge, En consaerunt Ja virainité de Marie par Sa propre Virginité, Joseph Jui permettait de devenir la mére du Verbe incarné. Tout dépendait de ui. Il à done eu, par son abstention, faite de religieuse adora. tion des divins desseins et de relisieux amour envers sa virginale épouse, une part nécessaire à la maternité divine de Marie et à l'incarnation du Verbe.

La coopération effective à la formation du fruit humain, qui fonde la paternité naturelle. Joseph la offerte d'une manière bien supérieure par sa virginale réserve, Jésus est né de sa virginité, secondant celle de Marie : ilest le fruit de ces deux virginités. unies à servir Ia merveilleuse opération de l'Esprit-Saint.

Bien loin que cette réserve Jui enlève le droit à la palternité sur Jésus, elle le double en l'élevant à des hauteurs surnaturelles, qui ne seront jamais atteintes une seconde fois. Cet enfant est le fruit de son amour pour Dieu et pour Marie, qui réclamaient ici, l’un et l’autre, de le Voir produit par le moyen céleste et angélique de la virginité, Père, il eût eu le droit de l'être au Litre de «on mariaga

914 LES AMOURS DU SAGRÉ-CGEUR

avec Marie ; il l’est par le titre nouveau. sublime et inégalé, de sa virginité volontaire : infiniment plus père, et par un caractère plus auguste, que ne le sont tous ceux d’icibas (1)!

Aux yeux de Jésus, ces deux titres de Ia paternité « saint Joseph, celui de l'investiture surnaturelle reeue de Dieu et celui de la participation à la virginité de Marie, brillaient de tout leur éclat, avaient toute leur solidité; et c'est pourquoi l’affection qui remplissait son Cœur à l'égard de son Père terrestre était de la piété filiale proprement dite, la plus respectueuse et la plus tendre.

HT. — Cette piété filiale était faite de révérence, de reconnaissance et de soumission : de révérence pour la majesté du père, de reconnaissance pour son dévouement, d’ohtissance envers son autorité. Aucun cœur de fils n’en ressentit, aucun n'en témoigna autant.

Quand on songe à ce que no'ivait contenir d'amour, pour ce pére qui en était si un cœur comme celu: de Jésus, aux proportions in à la puissance infinie, où l'amour éternel en son infin ; substance aimait et agissait, produisait et Stimulait les innombrables flammes de tous les amours créés ; et que chaque regard, chaque parole de l'Enfant en était chargé, ainsi que chacun des actes d'obéis-

(1) Bossuet à prononcé sur ce sujet d'admirables paroles où le génie de l'aigle s'allie à la piété de l'âme la plus tendre. « Leurs promesses sont toutes pures, leur amour est tout virginal. Il reste maintenant à considérer ce qu'il y a de plus admirable; c'est le fruit sacré de ce mariage: je veux dire le Sauveur Jésus. — Mais il me semble vous voir étonnés de m'entendre précher si assurément que Jésus est le fruit de ce mariage. Cela peut paraître impossible ; mais si vous vous rappelez tant de vérités importantes que nous avons si bien établies, J'espère que vous m'accorderez aisément que Jésus, ce béni enfant, est sorti en quelque manière de l'union virginale de ces deux époux... O féconde virginité, si vous êtes le bion de Marie, vous êtes aussi le bien de Joseph. Marie l'a vouée, Jaseph

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ME — Pitié FILIALE ENVERS SAINT JOSELII 915

sance par lesquels il prèta pendant vingt ans son concours au travail de saint Joseph, on tombe dans In Stupeur ou plutôt dans le ravissement! Saint Joseph grandit, monte et S'ilumine d’une gloire incommunicuble, Il est le seul, absolument je seul à qui Jésus ait dit : « Mon père » ; le Seul qu'il ait aimé comme on aime un pire! Et cela fait de saint Joseph, dans l'ordre surnaturel, une hi‘rarchie à part, un monde où personne n'entre, sinon à titre de ser. viteurs, comme les anges qui l’assistèrent et le servent encore, où de suppliants, comme les hommes de tous les temps.

Après s'être témoisnée envers Joseph, pendant trente années, par la révélation de toutes les merveilles contenues dans sa double nature de Fils de Dieu et de premier-né des hommes: par les confidences de tous ses secrets; par la prophétie de ses futures douleurs, qu'il lui déconvrait pour l'associer par anticipation à l'œuvre de Ja rédemption et au martyre de compassion de Marie, afin de consommer sa sainteté par cet achèvement de Ja souffrance, — la piété fitiale de Jésus prit une forme particulièrement tonchante dans l'assistance qu'il prêta à son trés cher père mourant.

Il atlira doucement sa tête défaillante sur son Cœur, pour lui faire sentir combien il l'aimait, et combien, tout en acquiesçant sans réserve à la volonté de Dien qui les séparait, il souffrait de cette séparation. Il l'attira sur son Cœur pour que Joseph, en ÿ prenant son dernier repos, fût paré de toutes les heures paisibles et douces passées

la conserve, et tous deux Ja présentent au Père éternel comme un bien gardé par leurs soins communs. Comme done il a tant de part à la virginité de Marie, il en prend aussi au fruit qu'elle porte : c'est pourquoi Jésus est -on fils, non pas à la vérité par la chair : mais 1 est son tils par l'esprit, à cause de l'alliance virginale qui le joint avec sa mère. Et S. Augustin l'a dit en un mot : Propter quoa fidele conjuginm parentes Christi vocari ambo meruerunt, » (De Nupt. et Concup. L. LE, ubi supr.) (Pauég. de S. Joseph, fer Point.)

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pendant son enfance sur le cœur de ce cher père. Il l'attira sur son Cœur pour que, par une suprême clreinte, Joseph prit en ce foyer de la vie éternelle assurance de sa résurree-

tion prochaine et le gage de la vie bienheureuse. — Jésus lui

fermu les veux, de concert avee Marie: et, avec elle, il lava F son visage vénérable de ses larmes, embauma son corps Ë dans les aromates et l’ensevelit pieusement en l'accompagnant de ses prières. — Au matin de la résurrection, il

vint le réveiller de son court sommeil et rendit à son âme sa chair glorifiée: au midi resplendissant de - ascension, Joseph montait dans les cieux, porté par le méme char de lumière qui emportait le Sauveur dans sa gloire (1).

C'est là seulement que la piété filiale de Jésus allait trouver les moyens de se manifester avec autant d'éclat qu'elle le désirait et conformément aux mérites de ce bienaimé père. Le tableau prophétique de la glorification de saint Joseph a été peint au livre de la Genèse dans l'exal tation du tils de Jacob, que l'Eghse applique au Pére terrestre du Fils de Dieu.

IV. — De ce Joseph, en effet, l'Ecriture dit qu'il était comme le père du roi qui, lui avant abandonné tout le souvernement de sa maison, ne connaissait autre chose dans ses immenses possessions « sinon le pain que iui fournissail » son fidéle ministre (2).

(1) Exeuntes de monumentis post resurrectionem ejus. (Matth. xxvut, 53.) — Verisimile est imprimis hos fuisse qui peculiarem ad Christum relationem, vel parentelæ, vel proinissionis, vel sanctitatis habuere. (Corn. a L. in h. 1.)

(2) Invenitque Joseph gratiam coram Domino suo et ministrabat ei a quo præpositus omuibus, guberpabat creditam sibi domum et universa quæ ei tradita fuerant : benedixitque Dominus domu Aigyptii propter Joseph et multiplicavit tam in «edibus quam in agris cuactam ejus substantiam. Nec quidquam noverat nisi paneæ quo vexcebatur. (Gen., xxxiIx, 4.)

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UT. — PIÈTÉ FILIALE ENVELS SAINZ JOSEPH 24 y mn anne nn ,

Ur, le jour où il le voulut récompenser de lavoir sauvé lui-même avec son peuple de la famine, i! Jui décerna ce mémorable “loge devant tous les ofticiers de Ja cour : « Pourrai-je jamais trouver un k mime plus sage que toi, ou même qui te ressemble ? Je te donne le souvernement de toute ina maison ; tout le peuple obéira aux paroles sorties de ta bouche : car je L'établis le maître de PEgvpte entière. Seul, je serai au-dessus de toi. » Il prit alors de son doigt l'anneau qui était le sceau de l'autorité souveraine et le passa au doist de Joseph; il le revétit d’une robe éclatante de lin, et lui mit au cou un collier d’or. L'ayant fait asseoir à côté de lui sur son char, il ordonna à des hérauts de le précéder dans les rues de Ja cité royale en criant : « Tous, fléchissez Les genoux et sachez que voici le gouverneur inis à la tête de toute Egypte!» Entin, il lui donna cette dernière et solennelle investiture : « Par "uon nom de Pliaraon, je veux que personne n'ait le droit, -ù dehors de ton autorité, de remuer Main ou pied dans toute la terre d'Egypte; tu ne l'appelleras plus Joseph, muis le sauveur du monde (jt

Voilà l'événement fguratif: en voici la réalisation, o

Le Roi des rois, Jésus, au jour où il introduit son cher pére dans le ciel, lui dit devant les anges de toutes les hiérarchies, officiers et ministres de sa cour : « Puisqu’il plu à Dieu de te faire connaitre toute chose en te rendant non seulement le confident, mais le coopérateur immédiat du grand mystère de mon Iecarnation, caché aux grands et aux sages et isnoré des anges eUX-MmémMes (2), personne

(1) Geucs,, x11, 35-57.

(2) Fidelis servus et prudens, quem constituit Dominus... Solum in terris magni consilii coädjutorem fidelissimum... Cui incerta et vcculta sapientise sus manitestavit et dedit ii non ignarum esse mySterii quol nullus Principum hujus swculi asuovil (D. Bern, Sup. Missus est.)

Le CŒUR LE JESUS-Cuist, = Te Hi, 13

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218 LE»s AMOUR»S DU SACRÉ-CELUR

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n'est aussi rempli que toi de l'Esprit de Dieu, de sa sagesse et de sa science : Quia ostendit tibi Doininus omnia qui loculus es, nuinquid sapientiorem lui invenire potero ?

Puisque ce qui n’a jamais été donné et ne sera jamais permis à personne (1), à savoir de l'appeler « mon père », et « l'Epoux de la Mère de Dieu », t'a té accordé en vérité, à Joseph, jamais personne ne sera ton égal en sainteté, en mérite, en dignité et en puissance : Numnquid consinilein lui inrenire polero ?

Prends place sur mon trône, laissant la droite à la Reine ma mère : monte, ta place est [a premiére après la mienne, et personne n'y prétendra jamais ; seul, je serai au-dessus de toi: Uno tantuin regni solio ie præcedain.

Revèts les splendeurs de ta dignité royale : ce blanc manteuu de gloire, plus resplendissant que le soleil ; ce dijadème de perles ; cet anneau d'or, signe de ten autorité: Tulitque annuluin de snanu sua el dedil euin in manu ejus ; veslivilque euin vesle byssina, el collo lorqueinr aureain circumposuil.

A ce revêtement de la gloire conférée par la piété filiale dun cœur reconnaissant, Jésus ajoute linvestiture de l'autorité suprème, de la puissance universelle, du gouvernement effectif sur toute créature.

Parce que Joseph a été le père du Chef, père digne, fidèle, dévoué, il mérite d’être le père de tous les membres ; de les posséder, de les gouverner, et de recevoir d'eux, ses enfants d'adoption, les hommages, les obédiences, l'amour qu'il recut de son Fils ainé.

Que celui qui a fidèlement régi la maison de Nazareth, vouverne désormais la maison de l'Eglise universelle, aussi bien celle des cieux que celle de la terre: Tu eris super

(1) Cui datum est quod multi reges et prophetie cum vellent videre non viderunt, audire et non audicrunt, non solum videre et uucire, sed etiam portare, deducere, amalecti, deoscuiari, et nutrire et custodire. (Ubi supr.)

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di. — VITE FILIALE ENVERS SAINTE JUSkPT AY D done neue ecce te constilui Super tiTersint ler Ægypli.

Ce n'est pas simplement un culte d'inelination ou une dévotion laissée au choix de chacun, que Jésus réclame, pour Joseph, de l'Eglise universelle et de tous ses enfants célestes ou terrestres : c’est la dépendance acceptée, l'obéissance empresste, la soumission totale, universelle et nécessaire : le culte, la dette. l'obligation de l'obéissance filiale: Ad fui oris isperium cunctus populus obediet.

Je le jure par mon nom de Dieu et de Maitre souverain : Personne, de quelque dignité ou autorité qu'il soit, au ciel et sur la terre, ne pourra accomplir aucune œnvre sainte, gravir un degré de Ja vie surnaturelle, réussir en une entre. prise salutaire quelconque, sans ton ordre, ta permission, ton concours où ton intercession : Ægo sun Pharao : absque luo imperio non movebit quisquain manu aut pedeiïn in onn: terre Ægypti.

Pas de salut en dehors de toi, 6 Joseph: car ton nom est vrai, celui que je te donne et que tu porteras désormais, toi qui m'as sauvé de la mort de la faim et de celle de lu violence, c'est: le sauveur du monde: Vertitque noncen ejus el vocavil eum lingua Ægypliaca : salvalorer mundi.

L'ayant revétu de cette glorieuse splendeur, investi de celte autorité suprème, le Fils reconnaissant de Joseph le fait alors monter sur un char de triomphe jour que tous les peuples Jui viennent offrir les hommages de leur culte. Il ordonne à ses hérauts de le précéder en criant : Peuples, fléchissez les genoux! Sachez tous que Joseph est le maitre préposé à toute la terre d'Egypte par le Créateur, le Seigueur et le Rédempteur des mondes : l'ecitque eum ascenrere super currum suuim secunduin, clamante prwcone ut onnes corain eo genua flecterent, el prwpositum esse scirent unirersæ terre Ægypti.

Les hérauts angéliques, après avoir fait entendre cette

220 LES AMOUIS DU SAGRÉ-CEUR

raie

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an.

pt. chunation à toutes les hiérarchies célestes, l'ont transmise aux hérauts de l'Eglise et de la terre, Etle souverain Pontife lie IX, puis Léon NI, auxquels faisaient écho les Evéques du monde entier, ont proclamé Joseph Patron de l'Eglise universelle, — Patron : non pas seulement protecteur, défenseur, intercesseur, muis Père de l'Eslise univer- | selle : later, patronus. HS n'ont pus créé x paternité de | Joseph, ni sa dignité, ni son autorité paternelle sur Jésus et sur l'Église, corps spirituel de Jésus : ils l'ont reconne explicitement, l'ont proposée aux hommes en ces temps malheureux. comme un secours d'extraordinaire puissance, Ils l'ont fait honorer solennellement par tous et ils ont ainsi secondé les desseins et Les désirs de la piété filiule de Jésus pour son Pére tant aimé.

La terre entière à genoux, suppliante et confiante ; les pontifes de toutes les églises, avec le Pontife de Rome, à lu têle de toutes les nations ; le ciei avec les légions des saints de tous les temps, avec les cohortes des anges con duites par Gabriel, lPAnge de l'Incarnation, et par Michel, le chef des ministres invisibles de celui dont Joseph était l'ange visible, le ciel et la terre prosternés aux pieds de Joseph, l'acclamant comme le ministre souverain, le dispeusateur suprème de tous les bienfaits, l'Epoux de la Mère de Dieu, le Père du Roi l‘sus, le Pere universel de quiconque vit dans la grâce ou dans lu gloire : voilà ce que voulait pour son père ce Fils très aimant ; voila ce qui répond aux désirs de son Cœur et satisfuit le besoin de sa piété filiale envers saint Joseph!

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V. — Quiconque voudra se rendre agréable au Cœur sacré, l'honorer d’une religion intelligente et complète, quiconque surtout voudra le toucher et l’incliner vers soi, devra invoquer l'intercession de saint Joseph, comme celle de Marie, se couvrir de son nom, s'appuyer de son erédit. Joseph possède sur le Cœur de son Fils uu empire suns

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réserve, qui, bien loin de peser à sa filiale affection, lui est une satisfaction et une joie. Saint Bernard a dit le mot de l'union intime, nécessaire et indissoluble de Joseph avec le Cœur de Jésus. : Le Seigneur Dieu a vraimen: trouv en Joseph l'homme selon son Cœur ; etil a pu lui confier en toute sûreté, en toute garde et à jamuis, le trésor secret et sacré de son Cœur : Que Dominus invenil secunduim Cor suuin, cui lulo coninuillerel sacralissanuir alque secrclissimune Cordis sui arcanuin (1). »

Le Pére des cieux, Marie et Joseph, pèi: el inère de la terre, sont donc les objets de la piété filiale de Jésus : ils doivent nous inspire” ètre toujours devant nos yeus quand nous honorons ie Sacré-Cœur.

Le Père nous x donné son Fils, en le tirant des trésors de son amour éternel; Marie nous l'a présenté revètu de la forme humaine, prise en son sein ; Joseph nous l’a gardé par sa vigilance et nourri du pain de son rude labeur.

Aujourd'hui encore, c'est à Dieu notre Pére qu'il faut demander le trésor du Cœur de Jésus, par Marie et par Joseph qu'il le faut obtenir. C’est Marie et Joseph qui nous doivent présenter; ils sont les deux bras très doux et très puissants qui attirent, avec autant de miséricorde empressée que de patience infatigable, leurs enfants coupables, blessés et malheureux, sur le Cœur de leur Fils innocent, pour les y faire revivre dans la justice et dans la paix, dans la sainteté et dans le bonheur, pour l'éternité !

La Bicnheureuse fit peindre et placer, dans le premicr oratoire dédié au Sacré-Cœur, un tableau de forme naïve et de couleur simple, mais de pensée profonde et de grande théologie, que lui avait inspiré le Maitre bon dont le Cœur n'avait plus pour elle de secret, — Au centre, le Sacré- Cœur rayonnant de gloire ; au-dessus, Dieu le Père donnant

(1) Chi supr,

A2 LEs AMOURS DU SACRÉ-CŒUR

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au imoude le Cœur de son Fils, avec ces paroles: «e Ceci est le Cœur de mon Fils bien-aimé, en qui je me complais » ; à droite, lu très suinte Vierge, inclinée vers le monde et disant uvec tendresse : « Aimez-le, et il vous sauvera » ; à gauche, saint Joseph le montrant avec un mouvement l'ardente contiance, traduit par ces paroles : « Venez, il est ouvert à tous! » — Au bas, entre Marie et Joseph, une âme suppliante, en possession désormais de la dévotion parfaite envers le Cœur sacré, s'élance avec ce cri: « J'espére et je me donne à lui (1)!

Allons donc tous au Cour de Jésus-Christ, uppelés par Dieu le Père, amenés par Marie et pur Joseph : c'est le Cœur de leur commun Fils !

Le Sacrement de la piété filiale.

LE. — Nous avons dit que, pour continuer sur cette terre l'œuvre de dévouement jusqu'à l’immolution que lui inspire pour s: re sa piété filiale, l’admirable Fils de Dicu quitte son repos glorieux et renouvelle dans les perpétuels anéantissements de l'Eucharistie le sucritice de ses douleurs et de sa mort, en satisfaction à sa justice, en expiation de nos fautes.

Ce n’est pas assez pour son amour. Puisque son Père, par égard pour lui. le premierné de ses complaisances, a daigné appeler tous les hommes rachetés à l'honneur de l’adoption, Jésus, le Fils ainé, tire du trésor de son Cœur uu moyen merveilleux qui lui permet d'alimenter, d'assurer et de développer, dans tous ses frères adoptifs, la piété liliale envers leur commun Père. C’est la communion, par

(1) « Ce tableau est comme je l'avais désiré pour cette petite chapelle, qui est la première qui à été érigée en l'honneur du Sacré-Cœur. » (Lettres de la Bivnheureuse, F. IT, p. 15%.)

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