‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 8 sur 224 · I + VNOILA GE CŒUR QUI A TANT AIMÉ · texte numérisé non relu

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volonté que lui manifestait Notre-Seigneur sont certaine. ment révélées quant à la substance et au sens : en la mettant sur les autels après avoir accepté d’elle Je mandat que le divin Maitre lui avait confié, les Souverains Pontifes se sont faits les garants de sa véracité.

I n'y a pas cependant d'obligation rigoureuse à tenir pour absolument dictés par Notre-Seigneur chacun des mots de Ia révélation. Cette inspiration directe n'appartient qu'aux Livres sacrés, Dans les révélations particulières on ne peut exiger qu'une chose, à savoir que l'objet propost aitété bien compris et que l'interprète ait tous les caractêres de la fidélité pour le transmettre exactement.

Mais, ces réserves faites, quelles paroles, après celles de l'Evangile, sont plus vénérables, plus augustes, plus Jlumineuses, plus pleines de sens ahondants et variés, de vertu surnaturelle, de saveurs célestes, que ces mots qui disent certainement tout ce que le Sauveur faisait comprendre à la Bicnheureuse, pour elle et pour le monde, sur son Cœur, sur son amour, sur ses mystérieuses angoisses ? qui traduisent ses plaintes douloureuses, mais aussi ses bontés infatigables et les inépuisables trésors qu'il veut répandre dans les âmes qui y croiront ? On les doit done peser, presser, ouvrir et approfondir; on les peut goûter et s'en nourrir longuement; on s'en peut inspirer : comme le nom même de Jésus, parce qu’elles disent son Cœur. elles sont lumière, aliment et remède ; elles exhalent le plus suave parfum et versent dans l'âme altérée Ia fraicheur qui ranime ct l'arome vivifiant qui enivre.

Le caractère dominant de cette grande révélation, et su fin principale, paraissent étre de faire éclater, dans la lumière du Cœur sacré, placé comme une lampe ardente devant le mystère du tabernacle, la présence personnelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, son humanité immortellement vivante dars le signe matériel du sacrement. l'amour enfin, Famonr divin et humain. l'amour

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actuel dont il y aime, avec ses droits sacrés et ses ardent désirs d'Y être aimé, Le cœur dit la personne, la vie et l'amour. En se manifestant dans une forme humaine au Saint Sacrement, ct en attirant l'attention sur son Cœur de chair qui bat dans sa poitrine, comme dans toute poitrine humaine. le Sauveur proclamait avec une irréfragable évidence, et qu'il vit en personne, et qu’il aime réellement, et qu'il veut être aimé dans le Sacrement.

Or, c'est bien ainsi qu'il se manifesta.

C'est des retraites entr'ouvertes du mystère sacramentel qu'il semble sortir ; c'est le voile impénétrable des espèces qu'il semble déchirer pour apparaitre à la Bienhenrense et lui révéler son Cœur. Elle est à ger ux, les yeux fixés sur l'Hostie exposée à ses regards. Tout à coup une éclatante lumière enveloppe et r° orbe dans sa splendeur le signe sans éclat du Sacreme . A la place de l'Hostie sainte, qui n'avait que les apparences, la forme et les dimensions matérielles d'un peu de pain, une forme humaine se dresse, s'accuse et se dessine en des traits aussi nets qu'harmonieux : il n’y a pas à en douter, c’est un homme, c'est l'Homme Dieu, c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ en personne !

Le rayonnement de sa gloire couvre son corps de ses plis lumineux. Il apparaît beau à ravir, plein d’une majesté tempérée de bonté et de douceur, tel qu’il se montre sans doute dans le ciel aux regards de Marie et de Joseph, tel qu'il apparaîtra, pour les réjouir éternellement, aux Yeux des élus. C'est un homme dans la plénitude de l’âge, de la vigueur et de la beauté. Ila les yeux ouverts Sur la créature privilégiée qui le contemple tremblante et ravie, Ses lèvres s’entr'ouvrent, et il parle : ses paroles harmonieuses se gravent ineffaçables dans la mémoire du témoin choisi pour les entendre et les transmettre. Il montre dans ses mains miséricordieusement étendues, dans ses pieds nus et découverts, dans son côté entr'ou-

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vert, la cicatrice de ses plaies, « qui brillent comme des soleils. »

Ah! cet homme, c'est Jésus-Christ, son Sauveur! Elle l’a reconnu à ses traits, à ses plaies, à sa voix.

Mais c'est le Christ parvenu au terme de sa vie, entré dans son glorieux repos, dans les immortelles allégresses de sa vie ressuscitée ; c'est le Christ dans cet état de gloire où le saisissent les paroles de la consécration eucharistique pour reproduire l'immolation de sa mort, en l’anéantissant dans l'inertie de l'état sacramenteï.

c'est alors que le Sauveur montre au milieu « de sa

, eémbrasée comme une fournaise, son adorable

«fr, vive source de flammes », qui s’en échappent et se

repandent jusque dans ses mains et dans ses pieds pour en Sortir en gerbes de fou.

Voilà bien le Christ Jésus, la vivante réalité cachée sous le signe eucharistique. Ce n'est pas un cœur seulement que voit la Bienheurense, séparé de la poitrine qui le contient et de l’être qu'il anime : c’est un être humain montrant son Cœur palpitant; c’est une personne vivante, organisée, agissante et païlante : c’est le Christ intégral, le Christ total, avec ga divinité. son âme, son humanité et sa gloire, tel qu’il est au ciel, tel qu'il est, encore qu’anéanti, mais trés réellement, dans l’Eucharistie : Christum totum, selon le mot dogmatique du Concile de Trente.

Il est vrai que, pour apparaître ainsi, l'auguste captif du Sacrement devait suspendre pour un instant, dans l'Hostie que contemplait la Bienheureuse, les lois de l’état sacramentel qui, <n supprimant pour son corps l'étendue actuelle des accidents, lui enlève les dimensions, les formes, toutes les apparences extérieures au moyen desquelles un corps se rend sensible, visible et tangible, capable d'exercer une action au dehors ou de subir un Contact extérieur, Ou bien, gardant son état insaisissable dans l’Hostis, il devait créer une forme visible, produire

43 LES J'ARNOLFS DE LA HRÉVÉLATION + te ane re cree ae eme. ORNE Cu À

nne Vision miraculeuse, pour se présenter sensiblement aux regards exiasiés de la voyante, ct Ini révéler. sous ces {rails empruntés, l'image de sa sainte humanité, Ja réalité sacrée qui vit et se cache sous le symbole eucharistique, Quel que soit le mode qu'il ait plu au souverain Maitre de choisir, dn moment qu'il apparaissait sous des traits humai® 3, il voulait évidemment manifester la réalité voilée dans Je Sacrement, à savoir qu'il y est un homme véritable et vivant, et que si le signe nous le présente sous une autre forme que celle de sa vie humaine. il ne nous donne pourtant pas un autre Christ que celni qui est né de Marie, qui est mort et qui, ressuscité, ne peut plus Wourir : Christus non alius, sed aliter.

in fixant l'attention par d'expresses paroles sur son Cœur qu'il montre : découvert, le Sauveur accentue encore Ja révélation de sa présence personnelle d'Homme-Dieu dans le Sacrement : car Je cœur dit lètre organisé, — Si donc le Cœur de Jésus est 1h, il fant que son corps y soit tout entier, et son âme, et sa divinité : car depuis la résurrection, le Christ ne peut plus mourir, et partout où il est, il y est intégralement. — Voilà Ja présence réelle de l'Homme-Dieu dans l'Eucharistie.

Le cœur est l'organe essentiel de Ja vie : « ce qui vit le premier, ce qui meurt le dernier dans l'être », selon l'axiome philosophique. — Le Ceur de Jésus anime done un être vivant, il proclame, malgré les apparences inertes du signe sacramentel, Ja vie réelle, Ja vie immortclle, givrieuse ct indépendante de toute cause extérieure, de l’'Homme-Dieu dans lPEncharisiie.

Enfin. dans loutes les langues, et surtout dans Ja langue parlée aux hommes par Dieu, et que gardent les saints Livres, le cœur est le siège, le foyer, l'orssane et le symbole de l'amour, de toutes les affections de l'âme, des vertus qui en sont le fruit ct des douleurs qui en naissent — En Montrant son Céur dans Je Sacrement, Je divin Maitre

T. — VOILA CE CŒUR QUI A TANT AIME! 45 ms a —

atleste qu'il y aime actuellement, qu'il y aime «son Pére EU Qu'il y aime les hommes de tous les amours de Dicu 6 d'homme dont le foyer fut allumé en son fîime dès le Monient de l'Incarnation : Qu'il Y aime de cet amour qui di fit produire pour le service de son Père et pour notre exemple toutes les vertns Jos plus parfaites et Jos plus Mériloires; de cet amour qui lui fit embrasser Ja Passion CU la mort pour notrs ealut : de ectamour enfin, atteignant Ps dernières limites du possible, qui créa la merveille ot Et an monde Je don de l'Eucharistie,

Présence personnelle, vie réelle, amour actuel dun Christ dans J'Eucharistie, voilà ce que fait éclater dans tout son jour la Révélation du Sacré-Cœur. On peut se demander si c'est son Cour on gi c'est ]n réalité du Sacremont qu'a voulu révéler le divin Maitre : si jnuais le mystère caché. Ja personne invisible du Christ eucharistique a été mieux iontrée, mise en plus éclatante évidence et rendue plus Ces ible à tons, dans sa vérité, =< vie cf son amour, que jar cette Révélation du Sacré-Cou

Cetla conclnsion se confirme encore d'un double fait, à Savoir que les réparations réclamtos par Notre-Seignenr Ont pour objet l'ingratitude par laquelle on répond à l'amour qu'il déploie dans l'Encharistie en faveur des hommes, ct les outrages dont on l'y abreuve : ensuite, que les moyens par lesquels il vent en être vengé sont les devoirs de la religion envers le Saint Sacrement, c'est à. ire la communion, l'adoration. les honneurs d'un culte royal : comme si ces deux choses, l'Encharistie et son Cœur, qui se peuvent bien distinguer, ne se pouvaient jamais :éparer pour la foi ot pour l'amour, Il identife Cans notre culte son Cœuret son Sacroment: c'est son Conr en lEucharistie qu'il montre : à son Cœur en l'Eucharistie qu'il attire ; c'est là qu'il le vent voir consol4 >t honoré,

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Toutes ces raisons permettent d’aflirmer qu'aucun mot, sinon celui de cœur eucharistique, ne rend plus complètement, avec plus d'énergie et de profondeur, l'objet «le la Révélation de Paray, et que la dévotion au Cœur eucharistique est l'expression parfaite du culte réclamé par le Sauveur pour son Cœur.

Si l'apparition nouvelle de ce mot dans le vocabulaire de la piété catholique étonna d'abord quelques esprits, sa parfaite et théologique adéquation à l’objet qu'il exprime l'a fait accepter de tous aujourd’hui, en même temps que les bénédictions et les largesses spirituelles des Souveruins Poatifes le signalaient à la religion des fidèles (1).

La dévotion au Cœur eucharistique de Jésus-Christ montre et trouve le Cœur Sacré là où le Sauveur l'a montré pour qu’on vint à lui, dans son humanité sacramentelle ; elle l’honore par les moyens qu'il a demandés : les actes de relision envers l'Eucharistie; elle l’aime et s'efforce de réparer là où il aime et là où son amour est méconnu : dans l'Eucharistie. Elle rappelle, représente, fait revivre et glorifie toutes les preuves d'amour de sa vie humaine et de sa mort dans le mystère où se gardent et vivent réunis, concentrés, toujours efficaces et toujours appliqués au monde et à chaque àme, tous les mystères de

(1) Une lettre publique du Re Commissaire Général du Saint Ofiice, adressée à S. Em. le Cardinal Archevèque de Paris, le 30 dé. cembra 1893, a rectifié des interprétations erronées d'un précédent décret du Saint Office, qui avaient commencé de se répandre contre l'orthodoxie parfaite du vocable de « Cœur eucharistique » :

« Le Saint Siège Apostolique ne croit pas devoir approuver telles et telles images nouvelles avant la prétention de resrésenter le Cœur Sacré de Jésus dans l'Eucharistie. Mais la devotion et le culte lu Cæur eucharistique de Jésus restent approuvés daus les termes indiqués à Votre Eminence le 31 mai 1891. Par cousécuent, les interprétations contraires de la presse sont des interprétations personnelles dont on n'a pas à tenir compte. »

+ Fr. ViNcexT-LéoN SALLUA, Corn. Gén., Arch. de Chalcéduine,

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l'Homme Dieu, c'est-ñ-dire dans la réalité impérissable, dans la présence toujours actuelle, dans le don sans cesse renouvelé de l'Encharistie,

Ah! c'est qu'en révélant son Cœur, le Sauveur ne voulait point le séparer de sa Personne, l'arracher à sa place nulurelle et à ses functions natives, ni le faire honorer isolément comme une relique préciense entre toutes, ou un simple souvenir exprimé pur un symbole : c’est Luiiméme, son humanité Sainte, sa vie immortelle et Son atour toujours agissant qu'il révélait, mettait en lumiôre et revêtait des charmes les plus séduisants, en révélant son Cour, Or, depuis l'Ascension jusqu'au dernier avèénement, le Christ personnel, vivant, agissant et aimant n'a qu'une existence et un seul nom sur cette terre il est et il s'appelle le Christ eucharistique, le Très Saint Sacrement |

IV. — Venons au commentaire des paroles de la Révélation consignées plus haut,

I est difficile, en les lisant attentivement, de ne pas remarquer qu'il y règne des accents divers, conformes à la variété des objets qu'elles visent et des sentiments qu'elles expriment. Dans ces quelques mots qui sont un grand discours, contenant plus de choses que les plus fameuses bibiiothèques, on peut aisément distinguer trois sujets disticts :

Le divin Maître commence par exalter l'amour d son Cœur qui a su, pour répandre ses magnifiques largesses, triompher de tous les obstacles et braver tous les sacrifices : « Voilà ce Cœur, dit-il avec un sentiment de légitime fierté, voili ce Cœur qui a tant aimé qu'il n'a rien épargné! » — C'est l'assurance d'un noble déf porté à tout contradicteur: ‘est ln constatation d'un fait certain, très glorieux pour son Cwur: et il en jouit, il s'en félicite,

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l'opposant victorieusement à l'apathie des hommes, L'ace cent est vif, ordent, triomphant, comme il convient à un chant de victoire!

Puis, il semble que la voix baisse, hésite, timide et confuse : on dirait l'accent humilit de Ja déception, l'aven douloureux d'une défaite. C'est qu'en effet le Christ, qui proclamait les preuves vicloricuses de son amour pour les hommes, est obligé de constater « qu'en retour de cet amour, au lieu de reconnaissance, il ne recoit, de la plupart, que des ingratitudes, des froideurs et des mépris! » — Douloureuse et humiliante évidence! Voilà le fruit amer de si riches semences, le maigre profit de si libérales avances ; voila le stérile résultat de tant d' forts! Et, dans ces pénibles aveux. il en est de plus poignants que d'autres : « Etre méconnu dans un amour qui dépasse celui qu’il montra dans sa mort! Etre méconnu par des cœurs qui Jui sont consacrés... ah! cela lui est plus sensi. ble que toutes les peines de Ja Passion... » IlLen est pour. fintainsi : e La plupart des hommes en usent de la sorte envers ce Sacrement de mon amour! »

À la suite de cette douloureuse Coalidence, on croit voir se fermer les yeux du Sanveur accablé, et sa tête s'incliner peSamment; ses lèvres, pressées par l'angoisse, se taisent : il est le vaincu de l'ingratitude bumaine, et Ja froideur obstirée de nos mauvais cœurs a eu raison de son Cœur embrasé des feux éternels!

Mais il ne peut uCcepler une défaite qui condamne ses propres Yainqueurs à leur éternel malheur. Il veut lutter encore, et il se cherclie deg auxiliaires. Alors, relevant ses regards vers la confidente de ses humiliations, il lui dit Vec Un accent suppliant, animé de désir et soutenu d'espérance : « Toi, du moins. donne-moi ce plaisir de SUppléer à leur ingratitude!.. 1] énumère ce qu'il faudrait

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pour le relever de son ahjection, consoler son Cour ct payer Son amour de retour, C’est un uppel direct, une provocalion personnelle, Et connaissant le cœur de Murauerile-Marie, sachant qu'elle n'épargnera rien non plus pour lui témoigner su reconnaissance, l'udoruble vaincu de nos ingralitudes reprend assurance et su VOIX SG ratimme, pleine de la certitude des futures victoires : « Fu me recevrast Tu me tiendras Compagnie! Tu me feras régner !... »

l'elle, croyons-nous, l’on peut se figurer la physiononue exlérieure, tels les accents divers et la marche de cette partie de Ja Révélation eucharistique du Sacré Cœur, si sublime et si touchante à la fois.

Appliquons-nous maintenant à en pénétrer le sens,

V. — Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu'il n'a rien épargné, jusqu'à s'épuiser et se consumer, Pour leur témoigner son amour.

L'on remarquera l'emploi de ces deux mots analogues, sinON synonymes : « S'épuiser et se consumer, » Si quel. qu'un ne voulait voir dans leur répétition que li mème pensée exprimée sous deux formes similaires, destinées à donner plus d'énergie, nous n'y contredirions pas : Mais nous croyons approcher davantage de la véritable interprétation et répondre mieux à l'ampleur de a pensée, en prenant ces deux mots comme réellement distincts, ot répélés avec intention pour désigner deux ordres de faits spéciaux. Y aurailil témérité à attribuer ces deux expressions aux deux amours principaux de la Passion ct de l'Eucharistie, qui constituent Le double objet spirituel du culte du Sacré-Cœur, tel que l'entend et le définit l'Eglise ?

« Voilà ce Cœur qui à tant aimé les hommes, qu'il r'>

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rien épargné pour leur témivigner sou uuivur, jusqu'a s'épuiser » — par tous les travaux de sa vie et de sa mort;

Voilà ce Cœur qui à tant « aimé les hommes, quil n'a rien épargné, jusqu'à se consumer », — en <e redutsant aux anéantissements qui font de Ini le pain doun: en l'Eucharistie !

A serrer le sens d'un peu près, on s'upereoit que celte interprétation a pour elle la logique et La grummuure, comme elle à les probabilités mvstiques,

Epuiser, c'est tarir, mettre à sec 6j: cost prendre an dedans pour répandre au dehors. On épuisée une fontaine en tirant ses eaux et en les versant dans une prairie pour la féconder, dans des parterres pour v rafraichir les racines desséchées et y ranimer la vie languissante, On épuise se trésor d'un Etat en y prenant les sommes qui le composeni pour payer des contributions de guerre; cormme on épuise la fortune d’un père en la dépensant en folles prodisralites. Epuiser donne donc l'idé. d'une force prise et dépensée au profit d'autrui; épuiser dit appauvrir, aflaiblir, vider. Notre-Seigneur se serait ainsi épuisé pencant toute sa Vie et surtout pendant sa Passion, sous Fimpulsion de son trop grand amour, en livrant aux hommes tous les trésors de su divinité et de son humanité, tout ce qu'il avait et tout ce qu'il était.

Consumer exprime une opération analogue quant an résultat, c'est-à-dire la tradition et Ia destruction de Fôtre, mais faites d’une autre manivre, C'est. dit Littré, détruire en réduisant à rien. Se consumer : c'est se détruire intr ricurement, voir ses forces et sa vie réduites à rien. CG'oat la dépression, l'aflaissement, l'écroulement et la disparition insensible des forces vives, des orsanes, de loute la

(1) Litré, Dirtionnaire de ler Langue fran tiSee

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