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(1) Tota die expandi manus meas ad populum non credentem et contradicentem mihi. (Rom., x, 21.) — Nolumus hune regnare super nos. (Luc., x1x, 14.)
(2) Oseæ, 1, 2,
tous les peuples. Si, en effet, pour quelque grand service rendu à une cité par un étranger, on paye la dette de com. mune reconnaissance en lui offrant le titre de citoyen ou les droits de naturalisation, le Christ rédempteur des nations, qui apportait à tous les peuples les bienfaits de la civilisation chrétienne, et à tons les hommes le bien, supérieur encore, de In restauration surnaturelle, méritait à un titre unique d'être proclamé le citoyen d'honneur de toutes les patries chrétiennes. — Mais davantage : son Père lui avait dit : « Demande-moi le gouvernement de toutes les nations de la terre (1) », mais paye cet honneur de ton sang, et celle possession de ta vie, Le Christ avait accepté : ayant réalisé les conditions du pacte, ayant payé, délivré et conquis tous les peuples, il est devenu leur maitre, leur possesseur et leur roi à jamais. C'est du moment de Sa mort que date cette prise de possession souveraine : Ja croix sst le premier trône Qu'il ait occupé : Regnarit & ligno Deus.
Voulant multiplier sa royale présence et l'étendre anssi loin que s'étend son empire, c'est-à-dire jusqu'aux confins de la terre, il a institué l'Eucharistie qui manifeste d'une maniére authentique et sublime l'amour patriotique de son Cœur pour la grande patrie de l'univers racheté, qu'il a adoptée. Car il tronve le moyen, par ce mystère qui unit toutes les grandenrs du règne à toutes les abnégations du dévouement, de proclamer ses droits de souverain des nations, dont il réclame les k.::1 ges et la soumission : de renouveler le titre de ses d. its, #n continuant les hienfaits qui fondent et gardent dans Ja cœur des peuples les obligations envers les souverains.
IL est présent, il habite, il protège, il gouverne : il distribue les dons de sa Providence et les gräces de son amour. [ nourrit les âmes : il est la condition essentielle de la vie
(1) Ps. 1e.
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spirituelle pour tous les homes, sous tous les cieux dans toutes les conditions. IL est le gage du serment qui unit les époux, le foyer où leur amour s’avive, se puritie et se renouvelle sans cesse; le lien des familles; le sanctuaire qui garde la cité; la seule force morale qui puisse maintenir la concorde entre les classes de la société ; la source de l'autorité et le gage de la sainteté du sacerdoce ; la victime du sacritice public qui relie le peuple à Dieu, rend su religion efficace et lui assure on retour les dons et les pardons divins.
Seul il domine de su maujsté éternelle la majesté des pouvoirs qui lui doivent l'udoration, et seul il peut leur communiquer cette autorité supérieure qui incline les volontés. À tous ies titres, de toutes les manières, la présence sacramentelle du Christ le fait le premier citoyen, le roi, en même temps que le serviteur dévoué de toutes les nations chrétiennes.
Et c’est l’amour dont il les aime au point de se donner encore, à jamais et partout, à leur bien, qui est le foyer de cet admirable jatriotisme chrétien, aussi supérieur au patriotisme naturel que les choses divines et surnaturelles le sont aux choses humaines. N'est-ce point ici-bas, réaliste dans les ombres de la foi, la prophétie de ce monde nouveau qui ne s'épanouira dans toute sa splendeur que dans la patrie céleste : « Voici le tabernacie de Dieu avec les hommes, et Dieu habitera avec eux. Ils seront son peuple, et le Dieu qui demeurera avec eux sera leur Divu : £t ipse Deus cum. eis erit eorum Deus : ecre nova facio omnia (1) 2 :
Cette présence personnelle de l'Homme-Dieu au milieu des peuples chrétiens, réalisée par l’Eucharistie, la facilit* des relations avec lui, son immixtion constante dans leurs affaires, ce partage de leurs destinées heureuses ou male heureuses, cette loi, par lui établie, d'être l'aliment néces.
(1) Apoc., xx1, 3,
saire et ordinaire de leur vie personnelle non moins que de leur vie sociale, sous peine de voir lu premiére périr dans la corruption du péché et la seconde dans les divisions de l'anarchie, cette splendeur des rites du sacrilice public, et des temples de la présence eucharistique, toutes ces choses qui sont où l'Eucharistie elle méme ou des conséquences immédiates de l'Euchuristie, font la grandeur fondamentale des nations chrétiennes. Et comme les vallées sont louées de leur fertilité, « où le froment abonde (1) », ainsi la vitalilé, la richesse et la gloire des nations chrétiennes consistent à être semées abondamment du froment eucharistique, à le cultiver avec plus de soin et d'honneur, à en être plus assidûment nourries. La nation la plus eucharistique est la plus grande des nations, parce qu'elle est la plus rapprochée de Dieu, principe de toute grandeur, la plus pénétrée de sa vie, la mieux dirigée par ses sages conduites, la plus assurée de ses secours, la plus chère à son Cœur! Et c’est d'elle, bien plus véritablement que du peuple juif, qu’il faut dire : « Voilà le peuple sage et intelligent, voilà la grande nation ! non, il n'en est pas d'aussi grande, parce qu'il n'en est aucune dont Dieu soit plus intimement et plus miséricordieusement rapproché : Nec est alia nalio lam grandis ut habeat Deos appropinquantes sibi sicut Deus noster adest cunclis obserrationibus nostris ! »
En vertu de ce principe, il est incontestable que la patrie terrestre par excellence de Jésus-Christ, c’est la sainte cité de Rome. C'est là que le Christ eucharistique reçoit du plus parfait des prêtres le plus parfait des cultes, et c’est de là qu’il épanche dans le monde entier la source du sacerdoce ; c'est là que le Mystère de foi fait briller à jamais la vérité pure de toute erreur, et illumine tous les fluimmbeaux des évêques et des docteurs placés sur
(1) Et valles abundubunt frumeuto, (Ps. 1x1v, 11)
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le chandelier des Eglises particulières ; c’est là qu’il communique aux apôtres, avec leur mission, le feu sacré sur les flammes duquel ils s’envolent pour le porter aux nations infidèles. Pierre est venu prendre sa capitale à Satan, le prince de ce monde vaincu par Jésus, pour la consacrer à son vainqueur, et c'est là que, jusqu'à la fin des siècles, le Christ règne, commande et triomphe de tous les ennemis qui tentent de s'élever contre son empire. Rome est la sainte Sion nouvelle, la cité royale de Jésus, le tempie sacro-saint de l'Eucharistie, qui lui sarde les promesses de l'indéfectibilité dans la possession du règne de Jésus, dans la profession de la vraie foi, dans la perpétuité du sacerdoce iégitime, dans la fécondité de l'apostolat sacré,
« O Rome, s’écriait saint Léon le Grand, Pierre t'a choisie pour sa part, sous l'inspiration de l'EÉsprit-Saint, alors qu'il s'est agi de distribuer entre les Apôtres le monde à évangéliser. Il fallait en effet que le Prince de l'Ordre apostolique s’attribuat la cité impériale, afin que la lumiére de la vérité qui devait se répandre pour le salut de toutes les nations, le pñt faire plus efficacement en partant de Ia cité qui était la maitresse du monde! — Voilà tes vrais fondateurs, à Rome, qui t'ont «menée à cette gloire incomparable d’être la nation sainte, le peuple choisi, la ville du sacerdoce et de la vraie royauté! Le Siège pontifical de Pierre t'a vraiment constituée la tête du monde et l'a permis d'étendre ton empire, par la religion du vrai Dieu, plus loin que tu ne l'avais fait par lu gloire de tes armes et la sagesse de tes conseils (1)! »
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(1) Cum duodecim Apostoli accepta per Spiritum sanctum omaium locutione linguarum, imbuendum Evangelio mundum distributis sibi terrarum pertibus suscepissent, beatus Petrus princeps Apostolici ordinis ad arcem Romani destinatur imperii, ut lux veritatis, quæ in omnium gentium revelabatur salutem, etlicacius se ab ipso capite per totum mundi corpus effunderet. — Isti sunt patres tui verique pastores, qui té regnis cœlestibus inserendam multo melius multoque felicius condiderunt quain ill quorum studio prima mænium tuorum fundamenta locata sunt... Isti sunt