‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 83 sur 224 · IH · texte numérisé non relu

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dans la vie personnelle, par conséquent à vivre d'amour pour Dieu et pour le prochain, de pureté, d'obéissance à la volonté divine, de douceur et d’humilité.

Cet ensemble d'actes, réclamés par le Sanveur, constifuait bien la prise de possession radicale de a France par l: Cœur Sacré; c'était le rôgne de Jésus-Christ dans la l'rance et, par son apostolat ensuite, dans tout l'univers. Ah!la noble revanche et la juste compensation que désirait si légitimement le Cœur adorable, et avec lui le divin Père, pour les ionominies de la Passion! Clovis, encore catéchumène, au récit de ce drame d'iniquité triomphante, ému de ce qu'avait souffert le Christ qu'il commençait à aimer de son cœur ardent et loyal, à mesure qu'il apprenuit à le connaître, Clovis, interrompant l'instruction de saint Vaast son catéchiste, s'écriait généreusement : « Al! que n'étais-je là avec mes Frances pour le venger (1)! »

Le Christ-Jésus avait gardé pendant douze siècles le souvenir de cette parole de sincère et généreux amour. Et montrant son Cœur au successeur de Clovis, à l'aurore de temps mauvais, « livrés, comme les heures de la Passion, à la puissance des ténébres », il l'adjurait de se lever «lui avec ses Francs », de prendre sa cause en mains, et de lui offrir, en le faisant olorieusement régner, la revanche de la victorieuse défaite du Calvaire!

Hélas, Louis XIV n’entendit pas! Les scandales de sa vie, qui pourtant, à la fin, luissérent parvenir jusqu'à son cœur Pappel du repentir, y avaient:ls totalement émoussé ce sens délicat de la foi, nécessaire pour pereevoir le sens mystérieux des dons gratuits? Ce qui est certain, c’esz que, faute d’avoir rencontré, comme une digue infran-

(1) Si ego cum Francis meis inihi affuissem, ejus injurias vindicassem, (Aimoin, {Jist. Franc, 1. 1, e. xvr, = Darras, t, XIV, p. 35.)

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chissable, la consécration de la personne rovale et du peuple au Sacré-Cœur, le torrent dévastateur des mauvaises meurs, accru pendant la R'ronce et sons le règne de Louis XV, emporta le roi, la vaut", et fut sur le point d'engloutir à jamais la France elle-mème ‘1.

On vit plus tard ce malheureux pavs désemparé, pris d'une telle fureur d'impiété, qu'après avoir sacrilégement chassé Jésus-Christ du tabernacle séculaire de Notre-Dume, l'église nationale par excellence, où la Mère de Dieu veillait depuis tant de siècles sur « le Royaume de Marie », on le vit, dans la personne des indignes représentants Qu'il s'était laissé imposer, introniser la déesse Raison sous les traits d'une fille immonde, lesquels convenuient du reste parfaitement à cette divinité satanique.

Ce devait être et c’eût été la fin de la France, si le Christ-Jésus, qui aime les Francs jusqu'à la faiblesse et ne veut pas qu’ils périssent, n’eût alors inspiré au malhenreux successeur de Louis XIV, prèt à monter sur l'échafaud, d'obéir à l’ordre méconnu par son aïeul et de consacrer sa personne et son royaume à son Cœur adorable, — Louis XVI, victime innocente des péchés de sa race, qui devait, en mourant martyr, si noblement rappeler comment ses aïeux mouraient en héros, était bien encore, par le droit, le roi de France ; mais, dépossédé du pouvoir, enchaîné dans un cachot, abandonné par ses partisans terrifiés, il ne pouvait pas tenir les conditions de cet acte

(1) Dans la nuit de Noël 496, quelques heures avant de baptiser Clovis, saint Remi, saisi de l'esprit prophétique, lui tint ce lanvage : « Votre postérité souvernera noblement ce royaume, Elle gloritiera la sainte Eglise et héritera de l'empire des Romains. Elle ne cessera de prospérer tant qu'elle suivra la voie de la vérité et de In vertu, Mais la décadence viendra par l'invasion des vices et des mauvaises mœurs. C'est là en effet ce qui précipite la ruine des royatines et des nations. » (Greg. Turün. — Darras, p. 59.) — La royauté francaise n'est pas morte du manque de foi, elle a été tuée par les scandales des monarques et des grands.

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968 LES AMOURS DU SACGRÉ-CŒT

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solennel telles que les avait réelamées le Sacré-Cœur, IT tit ce qui Ii restait possible : et son acte si touchant dans les circonstances où il S'accomplit, s'il ne fut pas Ia consécra tion de ja France, fat du moins une amende honorable, un témoignage de sincère volonté, une priére sanctifiée par les larmes et par Ia mort, que le Cœur très miséricordieux daigna entendre pour ne point abandonner la France à la ruine totale où la Révolution la précipitait cperdument.

On ne lira pas sans émotion quelques traits de cet appel du roi martyr au Cœur de Jésus, en faveur de Ia France, alors dans 12 mème péril dé mort inminente que son malheureux souverain (1) :

« Vous voyez, à mon Dieu, toutes les plaies qui déchirent mon cœur et la profondeur de l'abime dans lequel je suis tombé... A mes malhenrs personnels et à ceux de ma famille, qui sont affreux, se joignent, pour accabler mon âme, ceux qui couvrent la surface du royaume. Les cris de tous les infortunés, les gémissements de la religion opprimée retentissent à mes oreilles, et une voix intérieure m'avertit encore que peut-être votre justice me reproche toutes ces calamités, parce que, dans les jours de ma puissance, je n'ai pas réprimé Ja licence du peuple et lirréligion; parce que j'ai fourni moi-même, sans le savoir, des armes à l'hérésie qui triomphe, en la favorisant par des lois qui ont doublé ses forces et lui ent donné l'audace de tout oser.

« Je n'aurai pas la témérité, à mon Dieu, de vouloir me justifier devant vous, mais vous savez que mon cœur à toujours été soumis à la foi et aux règles des mœurs: mes fautes sont le fruit de ma faiblesse et semblent dignes de

(1) Ce vœu, dont l'authenticité ne saurait étre révoquée en doute, a été fait en 1792, et l'acte en fut remis entre les mains de M. Hébert, général des Eudistes, alors confesseur de Louis XVI.

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JT. — L'AMOUR DE LA PATLIE 909

votre grande miséricorde. Vous avez pardonné au roi David, à Manassé….. Seriez-vous inexorable aujonrd'hui pour un fils de saint Louis qui prend ces rois pénitents pour modèles et qui, à leur exemple, désire 1énarer ses fautes et devenir un roi selon votre Cœur?

« O Jésus, divin réparateur de tontes nos iniquités, c'est dans votre Cœur adorable que je veux déposer les effusions de mon âme affligée, J'appelle à mon secours le tendre cœur de Marie mon auguste protectrice et ma mére, et l'assistance de saint Louis mon patron et le plus illustre de nos aïeux !

« Ouvrez-vous, Cœur adorable, et par les mains si pures de mes puissants intercesseurs recevez avec bonté les vœux satisfactoires que la confiance m'inspire et que je vous offre comme l'expression naïve de mes sentiments,

« Si, par un effet de la bonté infinie de Dieu, je recouvre ma liberté, ma couronne et ma puissance royale, je promets solennellement :

« De prendre dans l'intervalle d'une année, tant anprès du Pape que des évêques de mon royaume, toutes les mesures nécessaires pour établir en suivant les formes canoniques une fête solennelle en l'honneur du Sacré-Cœur de Jésus, laquelle sera célébrée 4 perpétuité dans tonte la France, le 4° vendredi après l'octave du Saint Sacrement, et toujours suivie d'une procession générale en réparation des outrages et des profanations commises dans nos saints temples pendant le temps des troubles, par les sehisinatiques, les hérétiques et les mauvais chrétiens ;

« D'aller moi-méme en personne dans trois mois. à compter © jour de ma délivrance, prononcer un jour de dimanc| . pied du maitre-antel, aprés loffertoire de la messe, cntre les mains du célébrant, un acte solennel de consécration de ma personne, de ma famille et de mon rovaume, an Sacré-Cœur de Jésus, avec promesse de donner btous mes sujets l'exemple de la dévotion et du culte qui pont dus à ce Cœur adorable ;

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« D'ériger et de décorer à mes frais une chapelle où un autel qui sera dédié au Sacré-Cœur de Jésus, qui sera un monument éternel de ma reconnaissance et de ma confiance sans bornes dans les mérites infinis et dans les trésors inépaisables de grâces qui sont contenus dans ce Cœur Sacré;

« Enfin de renouveler tous les ans au lieu où je me trouverai, le jour que l’on célébrera la fîte du Sacré- Cœur, l'acte de consécration exprimée plus haut, et d'assister à Ja procession générale qui suivra la messe de ce jour.

«Je ne puis aujourd'hui prononcer qu’en secret ces engagements, mais je les sisnerais de mon sang s'il le fallait, et le plus beau jour de ma vie sera celui où je pourrai les publier à haute voix dans le temple!

« O Cœur adorable de mon Sauveur, que j'oublie ma main droite et que je m'oublie moi-même si jamais j'oublie de vous aimer et de mettre en vous ma confiance et touie ma consolation, »

Cet acte si émouvani, qui fait tant d'honneur à la droiture et à la foi sincère de Louis XVI, fut, au moment où sombrait pour jamais, — du moins plus d’un siècle de déshérence semble l’établir, — la royauté très chrétienne de notre pays, comme la remise de la France à Jésus- Christ, son unique Roi immortel, par lies mains du dernier de ses rois mortels ; il fut comme l'amarre de sauvetage jetée à la barque de Ja France en péril suprème, et le miséricordieu: Sauveur daigna s'en contenter pour empêcher la France de périr avec son dernier roi très chrétien,

Mais l'obligation reste pour la France de répondre aux volontés réitérées du Sauveur e de se consacrer à son Cœur. Rien ne l'en a dégagée : la miséricorde imméritée exercée en sa faveur pour la préserver du cataclysme révolutionnaire qu'elle avait e’le-même déchainé, Ini rend au

1. — L'AMOUR DE LA PATRIR 071 js en nn : contraire cette obligation plus urgente. Le salut est là n pour elle,

à Dans la première partie de ce siècle, une religieuse de

Notre-Diume, morte en odeur de sainteté, pêtite sœur de la bienheureuse Margucrite-Marie par les communications qu'elle recut du Sacré-Caur, entendit ces paroles : « Lu

. « France est toujours bien chère à mon Cœur, el elle jui * «sera consacrée... Je lui prépare un déluge de gräces 7 «quand elle sera consacrée à mon divin Cœur... Je pré: a «pare toutes choses : la France sera consacrée à 1:0n « Cœur et toute la terre se ressentira des bénédictions que ü « je répandrai sur elle, La foi et la religion refleuriront en : « France par la dévotion à mon divin Cuur ()! e

Puisque aucun de ceux qui ont gouverné la France

: depuis la Révolution n'a su comprendre Le devoir qui lui incombait à l'égard du Sacré-Cœur, tandis que d’augustes

princes, très dignes de régner et qui aftirmaient leur réso-

lution de l'accomplir (2), sont morts sans avoir pu monter

sur le trône, c'est au pays lui-mème qui se fait gloire

É aujourd'hui de se gouverner par ses propres forces, de se

i présenter pour l'exécuter.

$ Et: faut avouer que l'instinct chrétien du peuple fidèle |

; de France, guidé pur les évêques « qui ont fait la France »

B (1) Notice sur lu Mére Murie de Jtsus, daus la Vie de la More |

ê Marie-Anne, de la Congrégation de Notre-Dame, t. 1. L'historien À & dit, d'après les confidences du P. Rousin, S, J., son directeur, que

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la pieuse contidente de Notre-Scisneur « reçut de Notre Seigneur lui-même la contiance que le vœu de Louis XVI serait un jour ex | cuté avec ses princit ales dispositions, »

(2) Le comte de Chambord et le comte de Paris. Ce dermer |

prince, dont l'âme, toujours chrétieune d'ailleurs, monta dans les | dernières années de sa vie jusqu'aux sommets de la piété, s'était

engugé, nous le savons de source certaine, à consacrer s1 personne

Ë et son rojaume au Sacré-Cœur, à Moutunutre, s'il etait appele

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et qui la referont, parce qu'ils représentent "Elise, mére inépuisable et libératrice infatisable des nations, il faut avouer que cet instinet, fruit de l'illumination divine, « su donner, sans aucune des ressources du pouvoir, à la const. cration de la France au Sacré-Cœur, un CoMHnencemett d'exécution grandiose, qui assure le reste Pour un temps assez prochain.

Dans son amour pour sa patrie d'élection, afin de la Pouvoir payer par les centuples retours dont il est coutumier, de ce qu'elle ferait pour lui en se consacrant à son Cœur, le Sauveur lui demandait trois choses : un sancetuaire royal, l’étendard national orné de son inuge, la consécration solennelle de la France pur ses chets légitimes.

Le sanctuaire va s'achever, impérissable monument de l'amour et du repentir de la France, de sa prière et de sa confiance dans le Cœur de son unique Roi immortel ! Quelle chapelle dans le palais des rois de France eût pu s'élever dans les proportions du Sanctuaire royal de Montmartre ? car c’est une basilique, « un paluis de roi » que l'église du Vœu national. Quel roi ne disposant que de sa cusselte, ou même, par un audacieux acle de foi, frappant la France d'une contribution destinée à honorer le Sacré-Cœur, eût pu espérer de réunir en vingt-cinq ans les trente millions qui sont sortis des sacrifices volontaires, des privations et de la pauvreté méme de tout un peuple? Parcourez la basilique du Sacré-Cœur et dites si chacune de ses pierres, portant le nom de ses donateurs, ne parle pas pour proclamer le repentir et Ja foi du clergé et de la iMagistrature, de l’armée et de la Marine, des médecins, des avocats et des artistes, des mères chrélicnnes et des families, des vicryes et des Moniales, du travail et des ouvriers, de l'industrie et du commerce, tandis que la crypte consacrée au souvenir des défunts fait ionter des profondeurs de l'expiation un continue] soupir d'espérance vers le Cœur de l'unique libérateur! Sans doute ce n'est pas encore

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la France chrétiennement constituée de lu base au sommet de l'ordre social; sans doute les détenteurs du pouvoir, quand ils ne sont pas des ennemis déclarés, S'absticnnent encore de participer à leur rans, qui est le premier, à cet hommage netional euvers le Cuur sacré de Jésus Christ. Mais, outre que c’est une assemblée souveraine. expression légume de la majorité de la nation, qui à sunclonneé l'achat du terrain et la permission d'y élever Ja basilique du Vu national, — il n'est peut-être pus témeéraire d'esperer que si tous les groupements sociaux qui ont offert leurs pierres séparées au temple matériel, voulaient se serrer de plus près et se pénétrer plus intimement, à la voix du Vicaire de Jésus-Christ, chargé d'exprimer les désirs de son Cœur au peuple chrétien, ils finiraient pur reformer plus compacte, plus active, et désormais durable, la majorité nationale, et donneruient publiquement l'inpulsion à la multitude populaire qui n'attend que ect exemple et ce mouvement pour se consacrer au Sacré- Cœur, c'est-à-dire n fait, pour s’abandonner à ses miséricordes, à son amour et à sa conduite souveraine !

Ces choses arriveront, parce que le Cuur de Jésus-Christ aime trop sa patrie d'adoption pour ne pas achever la grande œuvre de sa restauration chrétienne, inaugurée par la Révélation de Paray, et contirmte par le Vœu national : là c'était le Sacré-Cœur qui se donnait à lu France; ici cest la France qui se donne au Sacré-Cœur; c'est l'antique alliance du Christ avec le plus ancien peuple chrétien du monde qui se renouvelle pour les grands combats des derniers temps, ceux qui prépareront le règne glorieux du Christ, qui n'aura pas de fin!

Cc'icluons cette étude sur l'amour de le patrie dans le Cœur du Verbe Incarné. Elle nous à montré en lui le besoin d'aimer une patrie du plus noble amour et du plus généfeux dévouement, qui l'a conduit à se faire une patrie

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d'adoption, lu France, pour remplacer dans son culte patriotique son ingrat pays de nuissance.

Or, le foyer de tout amour surnaturel pour la patrie est le Cœur sacré de Jésus-Christ, et c'est à son contact, c'est en se nourrissant dé sa chair et cn se pénétrant de son amour dévoué et désintéressé, que l'on peut espérer d'éprouver toutes les saintes urdeurs, tous les généreux enthonsiasmes, toute lu passion d’abnégation et de sacritice qui constituent l'amour sacré d'un pays chrétien. Quelque noble, généreux et méme héroïque que soit lé patriotisme allumé en tout cœur d'homme bien né, il faut, quand il s'agit d'un pays que Dieu à appelé aux grandeurs d'une destinée chrétienne, plus que l'idée rationnelle, plus que le dévouement naturel du ; ttriotisime humain, Cest de foi divine qu'il est besoin d'amour divin, d'abuégation divine, pour servir dignement l'idéal, divin aussi, de lu patrie chrétienne. Le courage militaire, la probité commer. ciale et l'accomplissement des devoirs civiques ne suffisent plus à servir cette patrie des àämes encore plus que des corps, celte patrie qui inaugure sur terre la patrie céleste : elle requiert la stinteté d’une vie pure, la poursuite de lu perfection des vertus d’élat au foyer et dans la vie publique, le dévouement au prochain porté jusqu'au sucritice sans réserve de soi-méme et de sou sans, s’il est nécessaire. Comme suint Paul, il faut aimer ses frères selon la chair, fils de la même auguste patrie, jusqu'à accepter « d'étro anathème », c'est-à-dire victime expiatoire pour eux, dans les privations volontaires, duns les souffrances et dans lu mort mème, uffrontées librement pour leur bien,

Aucun moyen de grâce n'est assez puissant pour produire ces magniliques, muis très difticiles résultats, sinon le Sacrement où le Cœur exccllemment patriote de Jésus uous est donné en nourriture avec tous les amours qui y brülent, toutes les vertus qu'il x pratiquées dans la perfectiou. Celui-là uimera et servira mieux son pays qui sera plus uni au Cœur du Christ-Jésus. Lt, parlant à des L'ruu-

Qui, Je né Crains pus de leur dire : Vous n'aurez des ccm surnaturellement francais que quand vivra, agira et got

vernerna libresuent en vous lé Cour da Chrit-Jisus. ul ultue ai France plus que ne fit jamais le meilleur de « rois, plus que ne peutle faire le [ous dévoué de ses eufan! parce qu'elle est bi patrie de son choix priviiésié !

Plata Dieu que notre voix se pût étendre à tout notre pass, jusqu'à ses frontières du levant et du couchant, du midi ct du septentrion, pour dire à tous les fils de Wrance qui aiment leur pays, qui croient en sa surnatt relle vocation et espérent encore son relévement chréticu mais qui se Juissent effraver par la haine des secltaire., appesantie par a lourde multitude des indifférents et décorrager par les lonues attentes de tant de prières inexauce cn uppurence et par les insuccès de tant d'entreprises, nors voudrions leur dire avee le Psulmiste, apercevant enfin Les collines de Jérusalem, après Le lonss et douloureux exil qu: lui avait infligé la révolte de son fils Absalon (1) :

€ Levez, levez les veux, étendez vos bras et portez vos cœurs vers la ainte montagne, qui élève gloricusement le temple national du Sacré-Cirur au-dessus des collines de la grande cité francaise, celle de Ja défense humaine @) et celle de la protection divine (3) : c'est de là que viendra le secours victorieux : Lerari oculus ineus in nontes, “nile ronicl auriliune neihi (4).

(1) Ps. cxx, — Argumentum Psalmi. — Ab exule quodam, fortasse totius populi eu: ipso ex exilio redeuntis nomine, cum eonfecto Jam ituinere, Judiec montana aspiciente, coinpositus Psalmus, (C Bellarmini Explunatio in Psalmos.

(2) Le mont Valérien.

(3) La montasne Sainte-Geneviève,

(4) Ad montes, iilas puta quibus Hicrosolsinorum urbs cingebatur et maxime Nionem, cui templum a-idebat, (Note ab Annat, Criuu-

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pou, ad Explanationem Bellarmini.)

j LES AMOUHS DU SACRÉ EUR

«Cur c'est là que réside en personne le Créateur de la

$: terre et des cieux, fait homme pour nous, et qui, avant concu dans son Cœur uu amour de prédilection pour notre

patrie, veut être tout son secours : Auciliton mettin @ Donino, qui fecit column et terrain.

« O France, mets en lui toute ta confiance, et ne te laisse ‘ébranler par aucune mauvaise peur! Celui qui te garde, aussi bien par l'ardente sympathie de son Cour pour sa patrie que par obéissance empressée à l'ordre de son Père qui l’a remise entre ses mains, ne te laissera jamais, duns aucun moment d'oubli, heurter contre un ceueil, ni tomber dans un piège mortel : Non del in com- #notioner: pedein tuuin, neque durinitet qui custodil te!

« Non, non, :e Gardien du nouvel Israël ne saurait oublier ni s'endormir ; alors que ses yeux semblent clos et son bras immobile, son Cœur est attentif, son Cœur veille : Ecce non dormitabit neque dormiet, qui custodit Israel.

« Celui qui te garde est le Seigneur lui-méme, devenu ton propre Roi quand il te choisit pour son peuple; c'est le Dieu de toutes les nations, devenu ton Dieu patriotique, qui te protège et te tient par Ja main : Loninus custodit le, Dominus protect:0 tua, super manu dexteran ‘nan.

« Ilte gardera le jour, il te gardera la nuit : car rien ne pourra troubler son indéfectible veille : Per diem soi non urel le, neque lunu per noctein (1).

« Il gardera ton cœur de tout mal; il le gardera pour lui seul : car c’est ton cœur qu'il veut dans la pureté, dans la vérité, dans lu fidélité et Cans la «arité, en retour de

(1) Maurer hac lacutione nonnisi hoc dici vult : ueque interdiu ueque noctu tibi aliquid adversi accidet, (Ubi supr.)

son Cœur, qu'il te donne dans Les avances de ses grâces dans Fabondance de ses pesdons, dans linviolable fidélité de sa prédilection pour toi : Dossnus custorit te «4h ovni malo : rustodiat anni tuain Dominiuts

e Laisse-toi done conduire désormais dans toutes tes voies, dans toutes tes entreprises, an dedans et au dehors, par celui qui est, quelle que soit la forme de tes destinées, le souverain Roi de France, le Christ imortel qi aime les Francs de son grand Cœur, où brûle, dans sa plénitude de force et de splendeur, le fover du patriotisme sacré : Doninus custodial introilurt tuunr et eritionr Drum, er hoc nunc et usque in sœæculr (H)!»

(1) Egressuim et introitum, id est, :niversam vitæ agendique ralionem, (Ubi supr.)

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Le Cœur pe Jésus Curier. = T IL ‘

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