‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 85 sur 224 · STE · texte numérisé non relu

STE

es marre

nl à

ee

sun mm

981 LES AMOURS DU £AGRÉ-CŒURN

ee ee

ee en < ec

Rien, en effet, comme la connaissance de <a bonté, ne met dans un jour à la fois plus éclatant et plus doux la nature intime de Dicu; rien ne dit mieux le caractère dominant de la vie, de la personne et de l'œuvre de Jésus qne sa bonté, Et comme c'est « du bon trésor de son Cœur que l'homme bon tire constamment tant ce qu'il donne par ses paroles et par ses bienfaits », le Cœur de Jésus-Christne se peut révéler sans faire resplendir des couleurs les plus séduisantes la Bonté infinie dont il est le séjour privilégié. l'instrument puissant et docile, en même temps que le chef. d'uuvre unique,

D'ailleurs, est dans le Sacrement qu'il fant contempler le Cœur sucré pour pénétrer dans les abimes enchanteurs de cet « océan de bonté (1) » ; car c’est dans lEucharistie, qui renferme tous les dons de la grâce et les dépasse par le don qu'elle est elle-même, que la Bonté divine, dont l'essence est de donner, accomplit sa plus parfaite manifestation.

Dien est on: Jésus est bon: le Sacrement de J'sus est sdloraplement bon : voilà ce que découvre à tout regard sincère le voile eucharistique entr'ouvert sur son Cœur par celui qui est, en même temps que « la splendeur de la lumiére sans ombre, l'image infiniment douce de la Bontä sans mesure : Candor lucis ælernæ el image Ponilalis illius (?). »

La Bonté a sa racine dans le cœur; elle s’'épanonit dans la physionomie ; elle se prouve par les fruits des bienfaits. Cest sous ce triple aspe:t qu'il la faut étudier en: ésus : dans son Cœur où elle jaillit des profondeurs de l'Etre divin en des flots intarissables de bienveillance, de générosité, de tendresse et de pitié; dans sa physionomie, où l'aspect, les paroles, la conduite, tout refiète la bienveillance

{1) Cor Jesu, Bonitatis oceanus. (Litanies die Sacré-Ccrrr.) (2) Sap., vu, 26.

NII, — LA LONTÉ 29

D ee ne + ee Ts CR bee Crete et

et la discrélion; dans ses bienfaits et dans sos dons qui, toujours gratuits et toujours précieux, sont aussi nombreux qu'inépuisables.

Mons avons adoré dans le Raeré-Cour la doncenr et la miséricorde : encore qu'elle touche de trés prés à l'une et à l'autre, la Bonté qui sollicite ici notre piété S'en distingrie pourtant, Dans Ja hiérarchie des idées, la Bonté les précède : la douceur est une de ses émanations, l'une de ses formes attravantes et son parfum bienfaisant ; la miséricorde est son mouvement vers ce qui est tombé, pour le relever, une restitution des premières donations perdues, pour laquelle un pardon nécessaire transforme la Bonté libérale en pitié compatissante (1). — La Bonté n’est donc ni la douceur, ni la miséricorde, encore qu'elle soit infiniment douce et infiniment miséricordieuse, encore que toute douceur sincère et toute miséricorde éprouvée plongent en la Bonté comme en leur source vive.

La Bonté dans le sein de Dieu et dans le Cœur de Jésus.

I. — La notion fondamentale de l’Etre divin est la bonté. Les païens, aux lumières de la seule raison, l’appelaient « le Dieu très bon : Optimo Deo »; le cœur humain, par le mouveme:. de son instinct élémentaire et universel, le nomme « le bon Dieu. »

Un être infiniment bon, qui veut le bien des autres êtres, donne volontiers tout ce qui est nécessaire pour

(1) Charitas respicit in beneficio collato communem rationem bon; misericordia respicit rationem revelantis miseriam vel de. fectum. (1: P., q. xxxr, a. l ad 3.)

Dhs

le procurer, et qui est incapable de faire ou de vouloir aucun mal à rien ds ce qui existe: un être riche, libéral, généreux, trouvant son plaisir à répandre les dons autour de soi, ayant à son service toutes les ressources et la toutepiissance pour les employer; un être dont l'indépendance souveraine assure le désintéressement, parce qu'il n'attend rien de personne; dont l'éternité rend la patience longue et comme interminable ; un être assez riche pour donner sans s’épuiser ; assez élevé au-dessus de toutes choses pour ne jamais déchoir quand il s'abaisse : assez magnanine pour oublier lingratitude et l'injure, et assez fort porta les purir quand la justice l'exige ; assez magnifique pour vouloir que ses dons élèvent ceux qui les reçoivent jusqu'à lni ressen.oler, partager sa vie et jouir de son propre bonheur; qui trouve sa gloire à voir fructifier ses dons, sans subir aucun détriment de la stérilté que la créature leur inflige; un être enfin qui donne gratuitement, qui prévient tous les désirs, surpasse tous les mérites, ne S’'appauvrit ni ne diminue ses dons en les muüitipliant; qui donne pour donner, parce qu'il lui plait, sans que rien l'y oblige et sans que l'on puisse mesurer ses bienfaits sur une raison quelconque, hormis son libre, souverain et unique bon plaisir : voilà l’idée du Bon Dieu, voilà l’idée de la Bonté divine. La Bonté, c’est le don: la Bonté infinie, c'est le don à l’infini : Deus a dando dicitur (1).

Théologiquement, saint Thomas dit que « ce qui est bon étant ce qui est désirable, et tout être parfait ne désirant

() Hæc dos propria est Deo, ut det omnibus omnia et a nemine quidquam recipiat. Ideo ah Hebræis vocatur Saddaï, id est mam “eus, cornu copie. Unde Deus a dando ” citur aut potius agroscitur. Hoc est quod Psalmita ait xv, 1 : Deus meus es tu quoniam bonorum meorum non indiges. — Propria ergo natura et indoles Dei est dare, ut docet S. Th., L. I contra Gentes, c. xxxix, ubi asserit lineralitatem esse virtutem maxime propriam Deo, qua solus se sargiter communicat quasi fons bonitatis. (Corn. a Lap. in I Jac., 5.)

Page 1