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rien tant que de reproduire ses perfections en d'antres êtres qui lui seront semblables, l'Etre divin est essentiellement bon parce qu'il est la cause créatrice de tout ce qui est: Lonus dicitur Deus sicut ex quo omnia subsistunt (À).
ILest souverainement et universellement bon. parce qu'il a tout donné et parce qu'il continue, par une effusion permanente de <a libéralité, de donner à tous es êtres qui existent les éléments de leur conservation, de leur développement, par où ils arrivent à leur perfection et par conséquent à leur bonheur, Saint Denis peint cette action bienfaisante de Ja souveraine Bonté et la raison de l'attachement invincible qu'ont pour elle tous les cœurs dont la perversion ne fait pas devier le sens : « La Bonté divine est une communication de l'Etre parfait répandue dans tous les êtres érès, par une effusion exubérante, régulière, incapable d'épuisement et d'affaiblissem nt, pour les amener par des progrès successifs à In perfection qui convient à chacun; elle atteint également les pl's élevés et les derniers des êtres par ses indéfectibles éistributions et ses infatisables opérations (2), »
Et saint Jérôme relève jusqu'à Dien, surnaturellement connu par la foi, le mot de Zénon : « La Bonté est cette perfection divine qui fait 44 bien à tont, ne fait de mal à rien : c'est la source intarissable de tout ce qui peut être avantageux à autrui (3). »
(1) Bonum esse præcipue Deo convenit… Perfectio est similitudo agentis, omne enim generat simile sibi… Cum ergo Deus sit prima causa eflectiva omnium, manifestum est quod sihi competit ratio boni et appetibilis. Unde Dyson. Lib. de Dir, Nom, e. 1v, Lect fi attribuit bonum Deo sicut prime caustæ eflicienti, dicens : Quod bonus dicitur Deus sicut ex quo omnia subsistunt.(l2 P., q. vi, a. 1.)
(2) « Exuberans, mea incessabili et eadem, et superpiena et imminuibili largitione, per quam omnia pertecta perficit, et unumquodque congrua sibi perfectione adimplet, — Portingens ad omnia pariter, et super omnia indefectibilibus largitionibus, et nunquan tiniendis operationibus, » (De Divin. Nom. c. XI.)
(3 Ex Zenone Hieronymus : « Bonitas est virtus quæ prodest omnibus et nubi nocet, sive virtus ex qua oritur uüilitas, aut etfectus
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ass LES AMOURS DU 8ACRÉ-CŒUR
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« Dans la plénitude de l'Etre divin, dit saint Thomns, elle est ln bienveillance, la volonté de faire du bien; au dehors, dans ses manifestations et dans ses œuvres, elle est In bienfaisance : Beneficentia est executio benevolentie M), s
La onté eat comme le cœur de Dieu, dont les deux bras, infatigables à donner et à agir pour le bien des créatures, sont la lib‘ralité et In bienfaisance.
Ces définitions de la théologie catholique sont la tradnction en termes précis de ces maguifique: données sur In Bonté de Dieu dont abondent les Ecritures : « Confessez tous que le Seigneur est bon! — Qu'il est bon, le Dieu d'Israël! — Que mon ñme et tout ce qui est en moi le bénisse! Bénis-le, à mon âme, et n'oublie jamais tous ses bienfaits! C’est lui qui te pardenne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes infirmités, qui arrache ta vie à la mort, qui te comble et t’enveloppe jusque par-dessus la tête de ses pitiés et de ses pardons! C'est lui qui remplit de ses biens tous tes désirsi Sa tendresse est celle d’un père qui cor aaît le limon dont sont faits ses enfants; qui gait qu'ils ne sont que poussière légère, herbe des champs sitôt fanée que fleurie! Sa Bonté est éternelle; c'est elle qui nous a aimés de toute éternité et qui veut nous aimer dans les siècles des siècles! O mon àme, où que tu sois de son domaine, bénis le Seigneur, car c’est sa Bonté qui le gouverne; quoi que tu voies, bénis le Seigneur, car toutes ses œuvres sont les œuvres bonnes de sa Bonté : In omni loco dominationis ejus, benedic anima mea Domino (2)! »
eui sit fons utilitatum. » (Corn. a L. in Gal., v, 22 : Fructus Spiritus sancti… bonitas.)
(1) Benevolentia et beneficentia non differunt nisi sicut actus exterior et interior, quia beneticentia est executio benevolentite : unde sicut benevolentia non est alia virtus à charitate, ita nef beneficentia. (Q. xxx1, a. 4, sed contra.)
(2) Ps. cu, passim. — Opera Domini universa bona valde, (Eccli., xxx, 21.)
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La Bonté est libérale ; elle me
t sa gloire donner : elle a besoin de donner largeu.snt, de se répandre ubondamment,
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Ile-même et sans rezarder à ce qu'elle donne
: Qui dat onnibus affluonter CE non inproperat (1)! Elle descend ‘1 sein de Dieu débordante, incapable de se contenir; comme un large fleuve qui inonde les vallées, elle ‘ouvre tout de ses ondes bienfaisantes, pénètre dans tous les êtres et Y apporte tout bien : Benedictio illius quasi fluvius inundarvit (2). La largeur à donner est un des noms de la libéralité ; elle ne sait restreindre ni retenir, elle excède volontiers (3); plus elle donne, plus elle répand, plus elle se sent justement gloricuse (4), et elle trouve sa souveraine perfection à donner aux êtres les plus éloignés d'elle, aux plus bas et uux plus dépourvus : £rissio alicujus rei, quanto fit ad “liquid distantius, tunto a majorée virlute procedi! (2).
La Bonté divine ne se contente pas d’être libérale, elle est magnifique. La libéralité donne pour faire du bien ; la Hiiüilicence agit accomplit de grandes œuvres, brave de grands obstacles, pour le même unique but (6), Elle se plait à atteindre l'extrême en tout : non que Dieu ne puisse
(1) Si quis vestrum indige omnibes, etc. (Jne., 1, 5.)
(2) Eccli., xxx1x, 27. — Benedictio, id est benelicie Deus terram aspirat, est quasi perennis fluvius a throno Dei usque in centrum terræ decurrens, ac Omnia Complectens, ivrig dans, alens, gubernans, promovens, Syrus Auvius fluit, id est perfluit, aflluit, influit. (Corn. à L. in h. 1.)
(8) Liberaiis non est respicere ad se ipsum, ita quod sibi minor: derelinquit, ait Phil. 4 DiC Cr 144 liberalitatem pertinet emissivam esse, unde alio nomine liberalitas largitas nominatur, quia quod largum est non est retentivum, sed est emis- (Q. cxvIL, a, 1.) — Liberalis est superabund loc. cit., a. 4, sed contra.)
(4) Largitas maxime claros facit. (Boët. L. II, De consolat.\
() Q. cxvir, a. 1, corp.
(6) Magniticentia superexaltat liberalit in extremo, (24 2«, Q. cxxxIv, a, 1.)
t sapientia, postulet a Deo qui dat ntia Dei, qua
ans, fecun- : Benedictio ejus sicut
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absolument faire plus grand, mais paree qu'il « résolu de p'uller pas plus loin. Elle accomplit done des merveilles ; cle les accomplit somptueusement, an prix des plus grandes dépenses : Ja magnilicence est rovule, divine, et he connait guére de limites, car elle met à son service la toutée-puissance elle-méôme (4, La Bonté divine est masnis tique duns ses dessoins, maghilique dans ses cuvres (2), C'est ce qui la rend universelle, capable de donner à tous et toujours, sans s'épuiser, 1. s'appauvrir, ni méme se fatiguer; capable de douner à tous sans diminuer la part haeun,; capable de donner à chacun, comme s'il était au monde, sans se diviser, sans que cette partcuiue ristlion l'absorbe, l'affaiblisse où lui fasse oublier 11 multitude, Ce caractère d'universelle effusion est Le sceau divin sur la Bonté (5).
unenn spectacle n'est plus sublime et plus suave en meme temps, que colui de Li Bouté divine, telle que la représente saint Denys, « S'éconlant sans cesser junais, uvee tons les biens, duns chaque eréature », tandis que la créature universelle, du brin d'herbe au chérubin. » lévo les yeux et tend, avec ses espérances, les mains vers elle, attendantde ses effusions gratuites, libérales et magniliques, Sa houtriture, son soutien, son progres, son bonheur : Oninia Le erspectant ul des illis escaune in lenporc Opporluso. Dante Le illis colligents aporiente Le sin
Ludin, onnia nplebuntur bonitale (%). »
0) Virtus dicitur per"comparationem ad ultimum im quod potentia potust, Non quidem ad ultimum ex parte defectus, sed ex parte eACessis, CUjUS FAO consistit In magnitudine, (2 2e, Q. cxxxiv, a. 1,0.) — Mas niticentue est suIptas imagros facere, (Q. 111.)
(2) « Magniicentia est rerum magnarum et excelsaruim, cum anim quadam ampla et splendida proportione, agitatio atque administratio », ait Cicero de Phet. 'äib. Il, De Juvent.: — ut agitatio ad interiorem intentionem re.eratur, administratio auteim ad exterioreiu exXecutionem, (Q. cxxxiv, à. 2 ad 2.)
(3) Quo communs, <a divinius bonum. (Arist. { Ethice., ci.)
(1) Ps, cut, 27, — Et pour äémourer cette vérité par le cone
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Il, — Telle est la Lonté de Dieu dans a halure, son caractere et ses perfections, Telle elle s'ost répatilue per. sounelle, c'est-i-dire éternelle. infinie, vivant de sa vie immuable et agissant d'une auction touté-puissante, dans le Cour de Jésus-Christ, an Moment où Le Verbe ÿ descen. dit. Car le Fils est la Bonté essentielle comiae Le Pre, et tout en la recevant de lai, i! ne lu recoit ni moindre, ni Moins ancienne, hi moins parfaite, En se faisant un Cou d'homine, c'est lu Bonté essentielle de fu nature
Wine qu'il Y verse tout entière, comme dans un octan sans rivages pour la contenir: c'est <a Bonté liberale et magnilique qu'il y incarne comme dans un iistrument tout-puissant pour en répandre les bienfaits et en CCE plie les œuvres merveilleuses, Ce n'est pas seulement pur une reproduction relative de ses porfoctions que le Verbe es Pinase de Li Bonté de Dieu s mate pur Et connu i vution éternelle, nécessuire el infinie de son essense : Luutyo bonilatis illius.
Eh bien! eetie « Jinage éternelle » vout se produire et apparaitre dans une image emée, mais <uns perdre uuenn de ses traits intérieurs, sans limiter son action bonfuisaute : elle crée le Cour de Jésus, — La bonté du cour est lt qualité la plus précieuse et la plus prisée dans Fhomm, Le gouie, la bravoure, le talent ou habileté distinguent un hounne, lui attirent l'admiration et de justes louunses : ten n'égale la bonté du cœur pour lui gagner l'affection ct la tidélité de ses semblables. L'homme bon se fait aimer, se lie les cœurs pur la sympathie ou pur la reconnaissance : ce lien est autrement puissant que l'admiration, où se méle facilement la jalousie, et plus durable que les louunges, dont le bruit est bientôt dissipé,
traste, le Saint-Esprit ajoute : Arertente autem te faciein trrbus buntur; avferes spirituin evrrn et deficient et in pulverem suum reverlertur,
Jésus, le plus parfait des hommes par l'excellence de sa nature et par son union personnelle avec la Bonté essentielle; Jésus, destiné à traduire humainement la Bonté divine ; Jésus, destiné à remener à Dieu l’humanité égarée, à panser ses blessures, à guérir ses infirmités, à relever son indigence, Jésus devait, avant tout, avoir un bon Cœur : un Cœur fait de bonté, d'indulsence et de condescendance; un Cœur grand, large, généreux, libéral, magnifique, prompt à donner, débordant et difticile à contenir, capable de tous les dons, de toutes les largesses, de toutes les prodigalités ; porté à tous les dévouements, capable de tous les sacrifices pour donner et faire du bien ; un Cœur de père et un Cœur de frère, un Cœur de Sauveur, un Cœur de roi et un Cœur de Dieu : car c’est par la bonté que l'on sauve, que l’on conquiert les âmes et que l’on conduit les hommes à leurs éternelles destinces.
Tel fut le Cœur de Jésus. Saint Paul appclait la naissance du Verbe Incarné dans la crèche de Bethléem : « L'apparition de la bonté et de la bénignité : Benignitas et hunanilas apparuit Salvatoris nostri Dei (1). » Saint Pierre marquait son passage sur la terre de ce sceau de la bonté : « Il a passé en faisant le bien, parce que la Bonté divine était en lui : Pertransiit benefaciendo, quonia: Deus erat cum illo (2). » Et quand le Sauveur voulut adresser au monue un suprême appel pour le gagner à lui, que fitil, sinon montrer son Cœur marqué de ces deux signes, la douceur et l'humilité, qui sont des caractères fondamentaux de la bonté : Vexnite ad me... quia mnilis sun et huinilis Corde ?
La douceur résume tous les traits extérieurs de ia bonté : la bénignité, laffabilité, la condescendance, la paix, le surport et la patience. L’humilité est le mouvement
Q) Tit., 11, #, = Gricce est : Bonitas, benevolentia et beneficentia, (2) Act., x.
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