II. — LA BONTr( RCE
intérieur, le Waitre ressort de la bonté. Car si ln bonté consiste essentiellement à se répandre et à se donner, la Bonté divine, source de tout ce Qui existe, ne peut S'épancher hors d'elle-méime qu'en Sinclinant, qu'en descendant, par ses attentions comme par ses dons, vers le néant où vers le péché, vers linfirmité ou Vers la faiblesse, vers tout ce qui x besoin. qui appelle et Qui attend, Mais ce buable et harmonierx Movement Vers Les choses inférieures à lui-méme est l'humilité de Dieu descendus jusqu'à NOUS : Laudubilis dejeclio in ina (1. En apparaissant doux et humble, Le Cœur sacré se proclunuait le Cœur bon pal essence : bon de la Bonté infinie et personnelle de la nälure divine, servie par Lontes les bontés Surnaturelles el naturelles dont le Créateur ait Pu Curichir Le Cwur de l'üomme parfuit !
L2 Donté dans la conduite de Dieu et dans la vie de Jésus.
I. — La conduite de Dicu, son SouVernement, l'esprit ‘jui Secuble inspirer toutes ses relutions avec Les créatures sont Hunifestement Murqués au coin de la Bonte.
Le Créateur, en ajoutant le don de la vie surnaturelle à celui de la vie nalurelle, devient un pére à l'écard de l'homme adopté pour son enfant. Et c'est en pére qu'il le “ouverne : la paternité est une des formes les plus authentiques de Ja bonté : Tu, later, Drotidentit quhernuat (2).
Son gouvernement est pondéré, mesuré, tempéré: c'est li inodération méme, la discrétion que rien ne peut pousser
(1) Humilitas, Secütiltuiu quod est VIFLUS, 1h sui ratione Iiportat Quad laudabil Hi dejectionermn in lin (24 Re, q. CL\I, a. À.) (San veee Multi addunt : Con H
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à l'excès, ni la colère, ni la faiblesse, ni le dépit (1). Il juge avec calme, sans passion et sans parti pris; il nous traite avec tant de discrétion, que le Sage appelle sa conduite envers l’homme une sorte « de respect » composé d’indulgence, de délicatesse et d'attention : Cum tranquillitate Judicas el cum magna rererentia disponis nos (2). Et pourtant, s’il voulait! Il est le Dominateur de toutes choses ; il à la toute-puissance entre les mains. S'il réglait son action à notre égard sur sa majesté, sa grandeur, ses droits, nous vivrions écrasés par le poids de la distance qui le sépare de nous: Mullur enim valere libi supererat semper : et virluti brachii iui quis resislet? Mais non; il s’est fait une régle de nons épargner par sa condescendance, sa patience, la discrètion de ses exigences, le tempérament apporté à ses volontés, la pitié de tous : Parcis auleix omnibus. Et le secret de cette conduite paternelle, c'est sa Bonté : il aime nos àmes parce qu’elles sont à lui : Qwoniain tua sunt, Domine, qui amas aninas (5).
Alors même qu'en l’offensant nous avons soulevé ses justes colères, sa Bonté reprend invariablement le dessus ; ct traitant d’abord ses fils révoltés avec patience, leur offrant les moyens les plus faciles et les plus sûrs de revenir, il les attend, continue de leur garder la vie, qui ust la première condition du repentir, et les couvre de sa protection. Il cache à ses propres yeux leurs péchés pour ne voir que leur origine divine et leur destinée éternelle, prend en pitié « la fragilité du limon dont ils sont formés (#) »,
(1) Omnia in mensura et numero et pondere disposuisti. (Sap., x 22)
(2) Tu autem, Dominator virtutis, cum tranquillitate Judicas et cum magna reverentia disponis nos : subest enim cum volueris, pousse. (Sap., xu1, 18.)
(3) Sap., xt, 22.
(4) Quomodo miseratur pater tiliorum, misertus est Dominus timentibus se : quoniam ipse cognovit tigmentum nostrum. Recordatus est quoniam pulvis sumus, (Ps. cit, 15.)
IT. — LA BOXTÉ 295
et n'écoute que la voix de sa Bonté, « dont il nous à enve. ,
lopp's comme d’un bouclier contre son courroux, pourtant si mérité (1). »
Jésus dira de cette conduite de son Pire ses œuvres s'inspire de la Bontt (2) : « Ain faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour vos persécuteurs et vos calomniateurs, afin d’être les dignes
» Qui dans toute:
1€Z VOS ennemi...
enfants de votre Père céleste. qui fait jouir da “its du soleil les bons et les MAUVAIS, qui accordr iles
fécondes aux impies comme aux justes, Que 1 est la perf tion fondamentale partaits comme votre Père qui est aux cieux (9). »
Même quand Dieu éprouve, il reste bon : car de toutes 1eS peines temporelles qu'il envoie. il tirer le bien éternel de ses enfants : OGania Cooperantur in bonum (4). Ceux qui le comprennent lui disent. après lPhumiliation : Vons êtes bon dé n'avoir humilié, pour m'apprendre à observer votre loi : l'humiliation a été pour moi la lecon de la vérité; je comprends maintenant votre justice, Fidéle à la loi que Vous Vous êtes faite, vous n'avez j gi qu'avec bonté pour votre indigne serviteur.
SALE a de Dieu, vous rende done
à le dessein arrété de
Jamais a Au! Seigneur, vous êtes bon
conduisez-moi par votr.
bonté dans les sentiers
de la sainteté : Bonus es Lu, el i,:
bonilate tua doce ine Justificationes tuas D),
(1) Domine, ut scuto bons voluntatis tus coronasti nos. (ES 158) (2) Opera Domini universa bona valde, (Eceli., NN SRE) (3) Mauh., v, 45, — Estote periecti Proprie in dilectione at
benignitate, ut neminem ab ea excludatis. (Corn. à L. in h. 1.) (4) Scimus quoniam Deum dlixentibus omnia Cooperantur in bonum is qui secundum Pr'opositum vocati Sunt sancti. — Omnia,
-Nnes tribulationes, inquit Ambrosius : OMNIA, « eliam poccate Sanctis Couperari in bonum », ait Aug. Lib, De corrept. et gratiu, C. 1. (Corn. a L. in Rom. c. VII.)
(5) Bonum mihi quia humilia
sti me ut discam justificationes tuas, — Cognovi, Domine, quia
quitas Judicia tua, et in veritate tua
humiliasti me. — Bonitatem fecisti cun tuum. (Ps, cxvin.)
h servo tuo, secundum verbum
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Lu bouté, inspiratrice de tontes les Voivs de Dien à l'égard des hommes, devait briller dans la conduite dn Fils de Dieu venu pour ramener à leur Père Jes fils égarés que la défiance et Ja crainte tenaient éloignés. Anssi. se montrer bon, briller par la bonté, se faire connaitre par ce caractère dominant, fat pour Je Sanveur un but poursuivi, un moyen déterminé d'accomplir sa mission, en méme temps qu'une manifestation naturelle de Ja bonté fondainentale de son Cœur.
Il revendiquait la bonté comme la caractéristique de sa personne et de sa mission. — « Je suis le bon Posteur : LG0 sum Pastor bonus. » — Il disait pius nettement encore : « Est-ce que je ne suis pas libre de faire le bien que je veux? Pourquoi votre œil est-il mauvais. quand je suis bon : Quia ego bonus suin (1) ? » — « Le Fils de l'homme n'est pas venu ponr juger, moins encore pour condamner et pour perdre, mais pour sauver (2). » — C'est l'ordre qu'il a recu de son P're, de sauver, de donner le salut éternel, par conséquent de faire le bien, le bien absolu : € Il faut que le Fils de l'Homme soit élevé et apparaisse aux regards de tous, comme autrefois le serpent dans le désert, afin que quiconqne le voit «soit santé, Car Dieu a tant aimé le monde qu'il ini a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en ui ne périsse pas, mais ail Ja vie éternelle. Il n'a pas envoyé son Fils pour condamner le monde, mais pour le racheter (2). »
Aussi, Jésus était-il universellement reconnu comme la bonté même, et on l'abordait en le saluant de ce plus doux et de ce plus glorieux de ses noms : « Magister Lone : Bon Maitre, » Si un jour il parut repousser cette appellation, c'est qu'il voyait qu’en la lui décernant on se lais-
(1) Amice, non facio tibi injuriam. Aut non licet mihi quod volo, facere? An oculus tuus nequam est, quia ego bonus sum? (Matth,, xx, 16.)
{?) Filius hominis non venit animas perdere sed salvare.(Luc.,1:.)
(3) Joan., xt, 16.
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IT, — LA POXTY 297
essentiel 5 >”
sait plutôt toucher par les charmes de Sa bonté humaine que Saïner par la majesté de sa bonté divine, Et comme celle-ci, en même temps qu'elle dépasse l'autre infiniment, en est aussi la raison d'être, Jésus, en revendiquant pour Dieu seul la perfection de la bonté, se proclamait doublement bon, et comme Dieu et comme homme : Quid ne dicis bonuin ? Unus est bonus, Deus (1).
De ect être foncitroment bon, la Ponte jilissait en denx Manifestations captivantes : Les fleurs de ses paroles, les fruits de ses œuvres,
« C'est de l'abondance du cœur que «ort la parole : de ee Cœur infiniment bon ne pouvaient sortir que des paroles de bonté : Lx abundantia enin cordis os loquitui (?). s Préceptes, conseils, paraboles, toute la doctrine dn Sauveur, impréonée de bonté, est l'enseignement de 1: bonté dans tous ses droits, toutes ses acceptions, tous ses effets,
Le premier des préceptes de la Loi nouvelle, celui qui les résume (ous, au point que son parfait accomplissement dispense de tous les autres; ce commandement qui sort du Cœur très bon dés le Sermon sur la montagne, pour inaugurer la prédication du Sauveur, et qui est en même temps la dernière expression de ses sentiments, consignée dans son testament, c'est le précepte de la charité mutuelle, manifestation concrète de Ja bonté du cœur, dévouée, patiente et humble. [1 disait sur la montagne : « Le second commandement, en tont semblable au premier, qui est d'aimer Dieu, est celui-ci : Vous aimerez voire prochain comme vous-même. En ces deux préceptes
() Et unus accedens, ait illi : Magister bone... Qui dixit ei: Quid me interrogas de bono® Unus est bonus, Deus. Ambr. Aug. et Hieron. legunt : Quid me dicis ve vocas bonum? (Corn. a L. in xix, 16, Matth.)
2) I est, ex eo quod in corde abundet, quod sæpe cor volvit cogitat, amat. (Corn. à [,. in x1r, 24, Matthà
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298 LES AMOURS DU SACGRI-CGŒUR
sout contenues toute la loi nouvelle et toute l’ancienne. » — 1] disait à la Cène : e Mon commandement particuliére. ment cher est que vous vous aimiez les uns les autres. Aimez-vous comme je vous ai aimés. » Et comme je viens de vous aimer d'un amour tout nouveau en me livrant à vous en nourriture, « c'est un commandement nouveau que je vous donne de vous aimer comme je vous ai aimés (1). »
Pour assurer l’accomplissement sincère de cette loi sn prême de la charité mutuelle, le Sauveur enseigne les préceptes de la bienveillance dans le jugement, du support, du pardon et du service humblement rendu : ce sont œuvres de bonté par excellence.
« Ne jug:z pas et vous ne serez pas jugé. » — « On vous a dit jusqu'ici : Œil pour «il, dent pour dent : mais moi je vous dis de ne pas repousser ceux qui vous font du mal: de présenter la joue gauche à qui vous a frappé sur la droite; de ne pas poursuivre devant les tribunaux celui qui vous :ispute votre tunique, mais de lui céder de plus votre manteau (2). » Pas d'irritation, de colère, ni de mépris, ni de jugement, ni de condamnation de son semblable : tout cela est contraire à la bonté, « qui pense du bien de tout le monde, qui ne dit du mal de personne, qui juge tout en bien, qui est aimable et affable envers tous. » — Bien plus : « Lavez-vous les pieds les uns aux autres, comme je vous en ai donné l'exemple (3). »
Puis, le pardon sous ces deux formes : le pardon demandé, la satisfaction offerte, si l’on est l'offenseur:; ct le pardon accordé, l’injure oubliée, le tort remis, le tout enveloppé dans l’amour sineire des ennemis, si l’on est loffensé : « Si, sur le point de déposer votre oblation sur l'autel, vous vous souvenez que votre frère a un juste grief contre vous, laissez là votre offrande et allez d’abord
(!) Matth., xxur, 27
(2) Matth., v, 38.
43) Matth., v, 22, — Joan., xiu,
mrsesEe, pare