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HIT, — LA PONTÉ °n1
toutes les formes révélait combien était bon le Cœur d'où elle montait, comme une frondaison vigoureuse, charmant les yeux par ses fraiches couleurs, appelant au repos sous son épais ombrage, Et les foules uCcouraient confiantes au Maître bon dont la parole bonne calmait les douleurs, apaisait les inquiétudes et ranimait les espérances, « Per. sonne, disaient-elles, n’a parlé comme cet homme (1)! » — Sa parole répandait la vie parce qu'elle était l'expression de la bonté, qui doune et conserve la vie à tout ce qui est. Et saint Pierre exprime admirablement le sentiment de la multitude, gagnée à Jésns par le charme irrésistible de sa parole, quand 11 s'écrie, en s'élancant vers le bon Maitre : « Seigneur, à qui irions-nons » pour trouver un Maitre bon comme vous ? vos paroles sont esprit et vie : Domine, ad quein ibimnus ?
« Mais cout arbre bon fait de bons fruits; ct l'homme vraiment bon puise dans le bon trésor de son cœur des choses bonnes (2). » Le trésor du Cœur sacré, bon par excellence, devait étaler ses richesses en d'innombrables œuvres de bonté. Je ne parle pas encore de cette preuve suprême déposée dans le don de l'Eucharistie, mais de ces Manifestations de la physionomie, de Ia manière d’être et de faire, où resplendissait la bonté du Cœur de Jésus dans la spontanéité d’une inépuisable effusion.
Ce rayonnement extérieur de la bontc s’appe'le d'un nom consacré dans l'Ecriture comme celui d'une vertu qui, avant sa racine dans la bonté, en est pourtant distincte, comme le rayon de son foyer : c’est la bénignité. Elle brille doucement dans la bienveillance du regard, dans la modé ation du ton, dans la modestie de l'attitude, dans la simplicité des maniéres et dans la franchise engageante de l'accueil. La bonté du cœur n’est parfaite que traduite par la béni
(1) Joan., vir, 47.
(2) Bouus homo te bono thesauro cordis profert bona. (Lue., vr, 45.,
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guité de Ja physionomie. Le bourru bienfaisant, l'homme qui accompagne ses bonnes œuvres de tristesse, d'impatience où d'hésitation, n'est pas absolument bon (1). Le Saint-Esprit la dit : « L'homme bienfuisant ajoute à ses dons des regards et des sourires bienveillants, des paroles aimables, des empressements et des attentions qui doublent le bienfait (2), »
Ainsi en fut-il du Sauveur très bon : il manifesta la bonté de son Cœur dans la bénignité parfaite de sa personne : Apparuit benignitas Salvaloris nostri.
Pencant trente ans Marie et Joseph vécurent charmés dans l'atimosphère embaumée de bonté que créait autour de lui la soumission filiale, empressée, dévouée de ce plus charmant de tous les fils; cette grûce rayonnante, qui semblait grandir avec l'Enfant, était le développement chaque jour croissant de la bonté de son Cœur; car € la grâce » est un des noms révélis de la bonté (3).
Son premier acte de ministère publie est un acte de bouié délicate et attentive, où, daignant honorer de sa présence amie le mariage de Simon de Cana, l'un de ses proches, pauvre comme lui, il pourvoit charitablement à son indigence en accomplissant en sa faveur son premier miracle. Marie, qui le fréquentait depuis trente ans, le savait si enclin à la bonté, que, malgré l’apparente résistance à sa prière, elle dit avec assurance aux serviteurs
(1) Fructus autem Spiritus est : Charitas.. Benignitas, ypwiôrrs. Suavis et benignus atlectus ut in loquendo, responden&c, benefaciendo benisnum te ostendas. — Potest esse quis bonus et beneticus qui tamen non sit benignus, cujus natura et modus agendi sit rudior, asperior. rusticior : contra quod mailitat benignitas, ut naturam et conversationem flectat ad comita’ em, civilitatem et dulcedinem verborum et morum. (Corse. à Loy. in Gal., v.)
(2) In omri dato, hilarem fac vultur. iuum. (Eccli., xxxv, 11.)
(3) Obsecrantes vos gratiam et communicationem ministerii. Gratiam hic et alibi Apostolus vocat beneficentiam, munus, muuificentiam. (Corn. à L. in IE Cor.. vis, 4.)