LA BONTÉ
eo,
dans la conduite : c'est la li: ialité dans le don et dans 1. plus précieux de tous, : don de !4 +, Le Christ, imur incarnée de la Bonté € 2rnelle, devai. La faire briller de
toute sa splendeur dan le don de j Fucharistie.
Saint Thomas nous a dit que le propre de la Bonté étant de donner et de se donner elle-même, Dieu, qui est la vie essentielle, est aussi la Bonté infinie, parce qu'il se répand dans tous les êtres pur le don de la vie, communication et reproduction, à des degrés divers, de son être divin (1).
Or, la vie, que Dieu donne initialement par Ja création, en tirant l'être du néant jar son unique puissance, il la conserve par l'aliment où par des dons successifs quil à déposés dans la nature, qu'il y renouvelle sans cesse par son action conservatrice, et que chaque créature, sous la conduite de sa Providence, v trouve selon son besoin. — s Je vous chapterai, Seigneur mon Roi, el Je vous Bémirai à jamais ! Le ,feioneur est bon pour tous les êtres, et les eflusions de sa bonté s'étendent sur toutes ses Œuvres ; toutes en chanteront la douce surabondance : car toutes, les yeux levés vers lui, attendent de lui leur nourriture au temps opportun. Et vous, Scigneur, vous ouvrez votre main el Vous remplissez tous les êtres des dons bénis de votre bonté : Aperis tu sanuin fui et üaples one animal benedictione (2). »
Laliment doit être, pour chacun des êtres créés, cons forme à sa nature. À l'ange l'aliment purement spirituel de li connaissance et de l'amour de Dieu : à l'oiseau l'insecte ou le grain de mil: à Fhomme, animal raisonnable, le
(PSS ESTEEVENE LIe
‘?) Exaltabo te, Domine Deus meus rex, et benedicam nomini tuo in sicculum et in sæculum siwcculi. Memoriam abundantise suavitatis lue eructabunt... Suavis Dominus universis, et miserationes ejus super omnia opera ejus. Oculi omnium in te sperant, Domine : et tu das escam illorum in tempore opportunv. Aperis... (Ps. CXLIV.)
té is
AUS LES AMOURS DU SACGLHÉ-CGŒEUR
pain matériel pour son corps; pour son esprit le pain de la science et pour son cœur le pain de Paffection. À son me, où Dieu à allumé le foyer d'une vie supérieure, participation réelle à sa vie divine, l'aliment de la grûce sous les formes des vertus infuses et des dons surnaturels, dispensés pour l'entretenir et laccroitre, jusqu'à la perfection suprènme de la possession éternelle.
Mais la grâce excellemment bonne, c'est l'Eucharistie ; le don inénarrable, c’est le Verbe incarne, livré par le Père au monde ; l'aliment complet de la vie divine, c'est le Pain de Dieu, le Pain vivant, le Pain de lu vie éternelle. Dans quelle réalité, dans quelle mesure, la Bonté de Dieu, incarnée dans le Cœur de Jésus, le donnerau-t-elle pour nous découvrir ses infinis trésors ?
Saint Paul faisait cette recommandation aux Corinthiens sollicités d'envoyer leurs aumônes à l'Eglise de Jérusilem persécutée : « Que chacun donne selon l'élan et la générosité de son cœur, non par contrainte et avec recret : cur Dieu aime qu’on donne de bon cour : Prout destinavit in corde suo (1). » Eh bien! quels sont les élans, quelle est Ja générosité, quelles sont les déterminations du Cuur sucré pour nous donner le bienfait du Pain vivant sans lequel nos âmes sont condamnées à la mort éternelle : Prowt destinavit in rorde suo? C'est à ce don que nous mesurcrons définitivement sa Bonté.
Saint Jean a vu ce qui se passa à la Cène dans le Cœur du Sauveur. Il a montré les torrents de la Bont s’élancant en des bonds impétueux pour briser tout ce qui se pouvait opposer à ses cffusions ; les vagues de cet océan montant et s'avançcant poussées par un souffle irrésistible pour couvrir tous les rivages sous leur débordement superbe : « Cum dilexisset, in finenr dilecit! » Sa Bonté
() Unusquisque prout destiuavit in corde suo, non ex tristitin aut ex uecessitate : hilarem entn datorcin diligit Deus, (H Cor., 1x, 7.)
Les SEE 6° PAPE CESR SR SRE
Ir LA BONTÉ 20!
nous l'avait livré à sa naissance comme le compagnon dévoué de notre exilet de nos travaux ; sa mort nous le livrait comme la victime innocente substitute au coupable, ct le prix de notre rédemption ; son triomphe au ciel 15 le donnera comme notre récompense et notre bex te éternelle : et sa Bonté n'est point encore satisfaite! De ces dons, les uns passés, les autres à venir, le Sauveur va faire un seul don qui les contiendra tous : le don méme de su gloire, réservé au temps des récompenses, il le donner on avant-goût, et, dès ici-bas, il pourra vivre avec chacun des siens dans une union si étroite qu'elle est l'identiticu tion de deux êtres en un seul. Le compagnon, la victime, le rémunérateur suprême, vont devenir le pin, l'aliment, la vie mème de l'homme; un pain contenant le Christ total, Dieu et homme, avec tous ses mystères, toutes ses vertus, tous ses trésors de mérites; toujours proposé, à tous et à chacun, chaque jour, pendant toute la durée des siècles : Zn Jinein dileit ! C'est jusque là, puisqu'il v à là une effusion plus large, plus abondante et plus magnifique d'elle-même, que la B eut se répandre ; etelle soulève, elle emporte le Cœur iveur à des desseins mugnitie ques, à des générosités animes, elle le bat de ses élans irrésistibles comme les flammes d'un incendie déchainé ; elle le brise, et elle s'échappe dans leffusion universelle, perpétuelle, inépuisable de l’'Eucharistie, le don de vie le plus libéral et le plus précieux de tous les dons qu'elle ait jamais faits à l’humanité. Voilà comment et jusqu'où le Sacré-Cœur veut donner, pour satisfaire et démontrer la Bouté dont il est rerapli : Prout destinavit in Curde suo !
Parmi beaucoup d’autres qualités qui la rendent adora blement aimable, la Bonté brille dans ses dons de ce triple caractère : la libéralité, la masniticence et la bonne race, Voyezen là splendeur suprème dans le don de l'Euchorislie.
ee
EL — La Boné est libérale par essence ; et la libéralité se manifeste par la facilité à donner et par l'abondance des dons : slle est en somme la men de la Bonté, largement ouverte ei répandant surabondanment les bienfaits (1).
Du Cœur de Jésus ouvert jusqu'en ses profondeurs pour répandre les effusions de sa bonté, le don de l'Eucharistie tombe dans ses mains saintes et adorables, qui s'élèvent et s'étendent pour le répandre sur le monde tout entier : 4ecepil punen in sanctas ac vene”abiles manus suus. Prenez et mansez-en tous, dit-il à ses Apôtres : Acciprle
eu hoc onnes. — Puis, fuites comme moi . Bénissez le pain et le donnez à manger à tous : UL sumanc et dent coloris. — Tous! — Et, de ses yeux élevés vers le ciel
pour voir, de ces hauteurs, l'univers dans toute son élendue créée, le Sauveur compte les hommes de toutes les générations qui se succéderont jusqu'à La fin du monde, et il dépose pour chacun d'eux dans les greniers eucharistiques les provisions du Pain divin nécessaires à chacun des jours de leur vie : Accipite ex hoc ones ! — Vous entendez ? Pour chacun, pour chacun des jours de sa vie, el pour tous, jusqu'à la fin! Qui pourra faire le dénombrement de tous les hommes, de toutes les nations, dns toutes les parties du monde, qui ont passé et passeront sur la terre, pour lesquels, sans en excepter un seul, le Christ à préparé et consacré implicitement le don quotidien de son Eucharistie? Qui comptera les vouttes de pluie pendant l'orage” C'est à l'abondance de ces longues pluies d'automne et de printemps, implortes pur le laboureur comme la condition nécessaire de la fécondité, accordées par Dieu comme un hienfait insigne de sa libérale bonté, que le Sauveur compare la surabondance du don de l'Eucharistie : « Je vous ferai pleuvoir Le pain des
(1) Liberalis est superabuudare in datisre, (Q. cxviu, a. 4.) — Aliv nomine lberalitas largitas nomioutur. (A. 1.)
DELATE CO TSEEANER ENTER
set
Il, — LA BONTÉ all
en nan,
nuées du ciel: Lecce ego plu rois pures de cœælo, » Et comme le peuple doutait de la réalisation d'une telle promesse, le Séjsneur répandit € en abondance » Ia mann: qui couvrit la terre tout autour du cutip, à l'écal des pluies et des neises les plus proloncées : Z4 piuit illis
Hé Cibarid inisit Llis dr abundantin 1).
Ainsi multipliuitil les pains an désert: ils étaient des milliers d'hommes, de fermes et d'enfants, Les sept pains, sous la bénédiction de sa Bonté, devinrent plus nombreux que les convives, et quand tous en eurent mines, il en restait encore de pleines corbeilles,
Ainsi fait-il pour la réalité du don suerumentel. où il <e livre en personne : « Tant ils sont, tant il est : et quand lous ont recu leur part, © qui est la plénitude du don rects dans son intégrité indivisible malvré la multiplication », il demeure dans sa surabondanc:, prèt à nourrir le lendemain plus dé convives qu'il n'en a encore nourris depuis le jour où il sortit sans nombre et sans mesure du Ca ur ef des mains du trés hon Sauvenr : Queen ist, lulu
èlie, nec Sussiplus COHNSUncilitr.
L'abondance dans le don : l'abondance dans les ellels du don, — Ce qu'il veut produire en se donnant, ce n'est pas 1 maigre aumône d'un pen de pain destiné à tromper fa fañn, ni un secours passaser, ni une sensation momo tunée de repos, ni, entin, l'apisement de tel besoin dn cœur, laissant déens, inassonvis et languissants les autres
désirs, Non! C'est le rassasiement, in satisi tion, la plénitue : « Que chacun prenne de la manne autGUE qu'il en voudra; le Seigneur veut qu'on en soit rassasié : Dabik vobis Doninus panes in saturitate, » — 4 On ON Ii quera jamais : chaque matin le Séigueur dressera la table
(1) Exod., xv1, 4. = Ps. LxxvIr, 25,
Fe HT TSES
SRE
| Fe
et la couvrira du pain des ages; ce pain réunira en lui seul toutes les propriétés innombrables des aliments qui conviennent à l'homme; chacun Y pourra goûter celles qu'il préfère, » — « Le Seigneur voulait leur faire éprouver l'effet du rassasiement purfuit : Pare cœli saturavit eos (1). »
Au désert, il ordonna que tous mangeassent à leur ‘tppétit, aiguisé par Ja marche et par l'épuisement, prolongé depuis trois jours, de toute provision; et ce n'est que lorsqu'ils eurent été «tous remplis » du pain miraculeux, éprouvant le repos #t la satisfaction de la satiété, qu'il ordonna aux apôtres de recueillir les restes abandonnés par eux de ce festin divin : Ut autein tinpleti sunt (2).
A la Cène, la Sagesse incarnée servait à ses convives le pain de sa chair succulente, le vin de son Sang généreux et Parfumé; dans chacun de ces éléments créés, ayant par #uxX-môêmes toutes les richesses, toutes les vertus et toutes les délices, il leur donnait de plus sa Divinité, plénitude infinie de tous les biens, épanchée dans l'âme de chacun pour l'assouvir et l'enivrer: et il leur disait, comme il répète à ses convives de tous les jours depuis dix-neuf siècles : « Mangez donc, Ô mes amis, et buvez; mangez et buvez jusqu’à l'ivresse, d mes bien-aimés (3)! » Ainsi, au ciel, « dans la maison du Pére » l'achèvement de tous les dons de la Bonté consistera « dans l'ivresse et l’abondance de toutes les délices, envahissant l'être glorifié avec l’im-
(1) Colligat unusquisque ex eo quantum suflicit ad vescendum. (ŒExod., xvi, 16.) — Paratum panem de cœlo prxstitisti eis sine labore omne delectamentum in se habentem et omnis saporis suavitatem... Substantia tua deserviens uniuscujusque voluntati, ad quod quisque volebat convertebatur., (Sap., XVI — Ps. c1v, 40.)
(2) Distribuit discumbentibus quautuim volebant. (Joan,, vi, 1], 12.) —- Et manducaverunt omnes et saturati sunt. Et tulerunt reliquias duodecim cophinos {ragmentorum plenos. (Matth, xiv, 20.)
(3) Comedite, amici, et bibite et inebiiamini, charissimi, (Cant., v, 1)