‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 93 sur 224 · UT, — LA DONT · texte numérisé non relu

UT, — LA DONT

eq ————

péluosité des torrents : Zrebriabuntur ah ubertate domus tucæ el lorrente voluplaltis tuc petabis e08 (HD »

IT — La magnificence, qui est, avec la libralité, au service de la Bonté dans ses etinsions de vie, Ia dépassi pur les excès où elle se plait, sa fonction comme son nom étant de concevoir et d'accomplir de grandes choses et d'atteindre en tout jusqu'à l'extréme du possible; elle ea différe parce qu’elle agit pour procurer les dons de la Bonté, alors (que Ja libéralité se contente de subir l'élan du cœur pour “couler ses bienfaits vers tous ceux qui les attendent (2).

On peut dire que jamais la Bonté divine n'apparut plus magnifique que dans les merveilles qu'elle opère, la somptuosité qu'elle déploie, les sacrilices qu'elle affronte pour faire au monde le don de l'Eucharistie : en tout cela elle atteint l'extrème limite, la fin : 2x fines dilerit. Elle est le chef-d'œuvre de la magnilicence divine. N'est-ce pas ce que confesse le Roi-Prophète dans le Psanme eucharistique cent dixième : « Toutes les ceuvres du Seigneur sont grandes : chacune est l'expression exquise de <es volontés : Magna opera Doinini? Mais ilen est une qui est sa magnificence même et sa gloire par excellence : C'est son anvre propre, l'œuvre qui est lui-même et où il se donne en personne : Confessio et inagnificentia opus ejus. Toutes les merveilles antérieures, il les à réunies en celle-ci, de se faire lui-même la nourriture de ceux qui le révèrent Mernoriam fecil inirabiliuin Suoruim : escan dedit linentibus se (3), »

(1) Ps. xxxv, 9.

(2) Magniticentia est liberalitas magna ; superexaltat liberalitatem magnitudine. — Consisti quidem in extremo considerata magnitudine ejus quod facit. (2 2e, q. cxxxiv, a. l et 2.)

(3) Magna opera Domini : exquisita in omnes voluntates ejus, Confessio et magniticentia opus ejus. Memorian fit mirabilium suorum.….. escam dedit timentibus se. (Ps. cx.)

Le CŒUR DE JÉSUS-CuRisT. — T. IL. 45

fi |

La magniticence se montre dans les grandes œuvres, — Au moment où son Cour veut atteindre dans ce don de Pucharistie les dernières fimites du possible, Jésus évoque sa puissante de Fils de Dien, égale à la toute puissance du Pére a se souvient, dit suint Jean, que son Pére ni a tout remis en main et qu'il a plein pouvoir sur toute close (D FE saisit dans la puissante étreinte de sa parole loutes les forces de Ta nature, toutes les lois du monde matériel il les arrache à leur ordre normal et les oblire de servir son dessein en se niant elles imémes, en perdant leur énergie native, en rebroussant chemin dans In voie au'elles suivent depuis lorisine des choses 2 et elles plient, et elles Tu obéissent {Il vent que la substance du pain disparaisse et que les accidents demeurent privés de leur soutien indispensable; il veut que sous ces accidents, sans Sy unir d'aucun lien naturel, la substance de son corps et de son sang soit rendue présente et qu'elle leur garde une existence qui dépendra, comme durée, de la conservation plus où moins longue de leurs molécules sans substance, veut que les lois du temps et celles de l'espace soient dépassées et contredites et qu'elles le servent par l'évidente violation de leur fonction naturelle, I veut que cet épi broyé, cette grappe foulée fassent partie du nouvel être qu'il prend pour se faire l'aliment de Fhomme:; que ces apparences Si intimement identifiées à sa personne, qu'on les adore avec elle d'une méme adoration, en demeurent pourtant si séparées que, si lai corruption les atteint, elles la subissent seules, tandis que Ja substance de son Corps demeure intacte et incorruptible. I veut que son être humain et divin tout ensemble serve de nourriture à la créature, la sanetifie, l'immortalise et la déitie,

Et toutes ces merveilles furent aceomplies sur une parole tombée de ses lvres! Et toutes les fois qu'un ministre

() Sciens quia omnia dedit ei Pater in manus et quia a Deo vecit et ad Deum venit..… (Joan., xi1, 8.)

marqué du caractère sacerdotal de éons Chile le mortel dd pe her, Pot faim un peche erchurer, pro nonee heéne parole, tonte ces merveille icéornplisent de nouveau. afin quéctat linecrovable Bonuté de ce lPore Macnitique, lequel 4 décidé DETTE enfants crées. pour vivre de su Vie divine, seraient nourris d'un aliment qui

contient sa divinité!

Lin macnilicence se déploie dans La somptuosité {) les grandes dépenses, loin de Feffraver, lattirents il faut que ce quelle donne soit non seulement bon et utile. mai pre cieux et rare: Ta richesse et la beauté lui semblent des qualités nécessiuires de ses bienfaits: elle poursuit, quoi qu'il en puisse coûter, le miens, le plus beau et Le plus partait dans ses dons. Elle est. en cela, qualité esccnticlte ment rovale et divine,

Ainsi, dit Fhistorien sacré, Assucrus, dans le crand festin qu'il donna perdant cent quatre Vincts jours à un peuple inonbrable dans des jardins merveillensement ornés, SeEViilen abondance les mets Les plus exquis et les vins [TES plus rares, « comme il convient à om inthicence dun roi: Ulnaquificontia regis digue ertl C3, s —= Un roi. dit la Parabole, célébrant les noces de son fils, convoque de nombreux invités au grand festin qu'il a fait préparer. I'envoie ses serviteurs leur dire: Venez. j'ai fuit tuer les animaux les plus gras et les oiseaux de fine el: PTE je n'ai

(1) Magniticentie est sumptus magnos favere, ad hoc quod opus Magnum Convenltenuter fiat. (Ulba SUD: A, 0, Co) —— Magniticentia potest attendt una spectdis ratio bontatis quod ipeum opus factum per artetn SIL m'acnum ss uhcet in quantutate, pretiositais, dignitate (A2; C:)

(2) Fecit grande convivium... ut ostenderet divitias glorie rem sul, aAC magnitudinem potentie sue... Bibebant autem qui invitati erant aureis poculis et als atque als vasis cibt inferebantur, Vinum quoque, ut mashiticentin reis dignum erat, abundans et præcipuum pouchatur, (Esther, 1.)

mn pat nn

NATH LES AMOURS Pt SACRI-CTUR

nas sang enrrennes ag

rien omis de ce qui peut constituer un banquet royal; tout est pièt : OGninia pardata sunt(Â),

Mais laissons les tigures et entrons av Cénacle, Le Roi de gloire convoque l'humanité tout entière à son festin: la salle est tendue de riches lapisseries 5 il préside Ja table en personne, I invite, il exhorte générensement & Mmaboer sans crainte et à boire sans gône : Prenez et manvez: prenez et buvez tous! Et que présente til? Sa chair, son SANS, SON âme, sa divinité, Oni, sa chair déifito par l'union personnelle an Verbe, préparée par les mains du Saint-Esprit: son sang immacule puisé à la source sans tache de la Vierge Marie, rendu plus pur encore par son contact avec le Verbe et devenu Je pris du rachat du monde; son âme où le Verbe produit sans interruption les merveilles innombrables de toutes les vertus: sa divinité avec les pe! ctions intinies de sa nature et les éternelles opéraie:. de ses personnes adorables : voilà ce que le Roi Jésus, pour montrer Ja magnhiticence de su Bonté, offre à l'innombrable multitude de tous lex hommes créts Par sa puissance, rachetés par sa miséricorde! Rien de moins que sa divinité et son humanité : los perfections, les vertus et les mérites de l’une et de l’autre! Appelez l'Eucharistie le Pain du ciel, le festin des Anges, le Pain de Dieu : tout cela est vrai, à condition que vous entendiez par là le Pain qui est Dien, qui remplit les cieux de sa gloire, que les Anges adorent et dont ils se nourrissent pour soutenir leur vie de lumière, d'amour et de bonheur impérissable,

Saint Pierre disait : « Dieu nous confère en Jésus tous les dons de sa puissance et de sa gloire, nécessaires pour vivre et aimer autant qne le requiert notre glorieuse vocation ; 11 nous remplit des dons les plus précieux et les plus

Een :

(1) Homo quidam fecit cœnam Magnam et vocavit multos. (Luc., x1v.) — Simile est regnum cœlorum homini régi qui fecit nuptias tilio suo. Ecce prandium meum paravi, tauri mei et altilia occisa sunt et omnia parata, venite ad nuptias. (Matth., xx11.)

DIT, —— LA BOoNTÉ + à

Maghiliques : ler que marin et pr'eliosa pronissa donavit; ain de nous rendre, par leur moven, participants de la nature et de la vie de Dieu : lt per bec efficiamini divinæ consortes nature (A.

Or cest bien le but de l'aliment divin de produire en nous cet effet de la maguilicence qui grandit ceux qu'elle comble de ses dons (2), C'est pour nous unir à notre prine cipe divin, nous faire vivre de sa vie de vertu et de sainteté hous amener à l'unité de pensées et d'anvres avee Dien,

à l'anité parfaite et durable où il vit avec son divin Pere, que le Clhrist-Jésus nous fait le don de lui méme duns le splendide aliment de l'Eucharistie,t hacune de ses effusions développe, élève, fortitie et fuit resplendir l'adoption divine dans nos âmes, accentue la ressemblance avec le tvpe éternel, nous rapproche de la vie d'intinie perfection et d'infinie béatitude dont nous vivrons dans la possession détinitive de Dieu : car ce Pain de la vie éternelle l'opire en nous et nous ÿ conduit infailliblement par des nsvone sions régulières et de plus en plus assurées,

Précieux par sa valeur intrinsèque, le don de l'Euchavishi © t non moins par les sacrifices qu'il a coûtés à son aiitisu donateur : c'est encore un des traits de la masgrniticencs que les grands travaux soutenus pour accomplir ses grandes œuvres, que les grands obstacles vaincus pour assurer ses grands bienfaits. La magniticence touche pui ce point à la force (3), et la force morale n'est autre chose

(1) Quomodo omnia nobis divinæ virtutis suæ, quie ad vitam et Pietatem donata sunt… qui vocavit nos propria gloria et virtute ; per quem maxima et pretiosa promissa donavit : ut per hæc efli- Ciamini divint consortes nature. (ilPetr.r, 47

(2) Magnitficentia factionem alicujus magni importat, scil, in...

dignitate, (Uhi supr.) (3) Magaiticentia potest poni pars fortitudinis, in quantum adjun. gitur ei, sicut virtus secundaria adjungitur principali : arduum in quod tendit magnificentia habet ditlicultatem propter dispendium rerut1 (A. 4, c.)

o1s LES AMOURS DU SACRI-CŒUN

—— nn 0

que l'amour: par où encore la magniticence, duns les sacrifives qu'elle affronte, se in ntre la servante dévoure de Ja Bonté : enr les œnvres bonnes et les bienfaits ne ont que les effusions de la Bonté poussées hors du sein de Dicu sous fx pression de l'amour (D.

La grande Victoire à remporter par la Bonté divine pour se donner en personne à l'homme était de franchir ln dise lance immense qui sépare l'être de néant de FEtre infini, ainsi que l'abime ouvert par la révolte entre le pécheur et le Créateur, que la justice de Dieu et l'insolvabilité de Ja créature rendaient infranchissable. I fallait, pour réunir ces extrémes, un effort, une effusion de la Bonté qui dépussassent le concevable (2), C'est à tenter cet effort incompréhensible et à opérer cette effusion inexplicable que Ja Bonté à manifesté dans une nouvelle lumicre Ja magniticence du don de l'Eucharistie,

Pour se donner à la créature dont le néant est loricine et reste Le fond, il fallait que l'Infini S'anéuntit en prenunt la condition de créature; pour se donner à l'homme picheur et condamné à La mort. il fallait que Ja Saintets acceptät la responsabilité du péché et que la Vie. pour en subir le châtiment, descendit dans la mort. De li, ce double anéantissement de l'incornation et de la mort sur la Croix, décrit par saint Paul en termes si énergiques et si graves (3), L'écat sacramentel les consacre l'un et l'autre et Les réduit encore en faisant du Verbe incarné une bouchée di pain à manger, et de la victime expirante sur le Calvaire une matière Sans forme humaine, une poussière de mort. Sacri-

A) Fundamentum vel motivum omnium motuum divinse voluntatis est amor, qui quidem, relative ad creaturas, « bonitas, gratia, misericordia, tidelhitas. (Corn, a Lap. in Jac., 1.)

(2) Emissio alicujus rei quanto fit ad aliquii distantius, tanto a miijore virtute procedit, (Q. cxvIr, a, 4, €.)

(3) Qui cui in forma Doi essel... exXINAnIVIL senmetipsum, formaim servi accipiens in similitudinem kominum factus ot habitu inventus it homo, Humiliavit semetipsum factus obediens usque ad mortein, iortem autem crucis. (Phil., 11, 7.

cri- » Ja que

onr dise ini, et la mir

Page 1