HISTOIRE
ne pourrait suffire à le cultiver tout entier : ainsi Varchéologie, VépUjraphie.
0,3. — Divisions de l'histoire. — L'histoire elle-niême comprend deux grandes divisions : l'histoire relujieuse, en particulier l'histoire ecclésiastique, et Vhistoire civile. Cette division correspond à celle des connaissances en sacrées (^théologie;, et profanes (philosophie, etc.). L'histoire religieuse de l'humanité se confond avec Vhistoire des relicjions, qui a pris, de nos jours, une si grande importance. Cultivée avec impartialité et non dans un esprit de scepticisme religieux, elle contribue à démontrer la transcendance de la religion véritable par rapport à toutes les autres. Pour peu que l'esprit philosopliique s'y ajoute, elle devient une véritable science morale et religieuse, l'une des parties les plus importantes de l'apologétique 1. A un autre point de vue, on peut diviser l'histoire comme celle des peuples dont elle s'occupe (histoire des Grecs, des Romains, de France, d'Angleterre, etc.j. Une division plus haute, faite d'après le temps ou les ditrérents âges, englobe toutes les autres, qui, à leur tour, si elles sont traitées séparément, lui empruntent leurs subdivisions : c'est la division en histoire ancienne, histoire du moyen à(je, histoire moderne, h laquelle on ajoute Vliistoire contemporaine.
On peut aussi diviser l'histoire comme les sciences et les arts dont elle retrace les origines et les développements : histoire de la philosophie, des beaux-arts, de la peinture, de l'industrie, etc. 11 fut un temps où l'histoire générale et surtout 1 histoire politique, celle des guerres et des conquêtes, absorbait l'attention. Avec plus de raison, on étudie aujourd'hui l'histoire des mœurs, des coutumes, du travail, du commerce, etc., qui nous font mieux connaître la vie intime des peuples et peuvent nous servir de leçons.
1045. — Préhistoire ou science préhistorique. — C'est la connaissance archéologique des époques de l'existence de l'humanité sur lesquelles l'histoire proprement dite est muette. La préhistoire est relative aux dilTérents peuples, car leurs annales n'olTrent point la même antiquité. L'histoire du peui)le de Dieu commence avec la création; celle des Egyptiens, trois ou quatre mille ans avant .lésus-(>hrist ; celle des Grecs, mille ans avant Jésus-Christ ; celle de la Gaule, quatre ou cinq cents ans avant Jésus-Christ ; celle de la Germanie, au temps de César ; celle des deux Amériques, au temps de la découverte ou même de la colonisation. Grâce à la paléontologie, «1 la géologie, etc., on a pu connaître l'existence et ])lus ou moins les mœurs, la religion de races disparues, sans laisser de monuments littéraires. \ ers iS',8, Boucher de Perlhes établit que l'honnne avait été. dans nos contrées, le con-
' V. par exemple les travaux de l'abbé de Hroglie.
temporaiii du manimoulh, du rhinocéros, de l'éléphant et autres grands animaux disparus. L'une des premières préoccupations fut de marquer les principaux âges préhistoriques : on distingua les âges de la pierre, du bronze, du fer. Le premier comprend deux périodes : paléolithique et néolithique, ou de la pierre éclatée et de la pierre polie. Mais ces âges encore, avec leurs subdivisions, sont relatifs à la civilisation des différents peuples. Certaines tribus sauvages ne sont pas sorties de l'âge de pierre ou y sont retournées, bien que leurs ancêtres eussent connu peut-être l'usage du fer avant les Européens. L'époque des cavernes ou des troglodytes n'est pas moins relative. Mais l'étude des cavernes à ossements, celle des stations préhistoriques, lacustres et autres, l'examen attentif de tous les objets qui ont servi à des races disparues n'en ont pas moins fourni d'utiles renseignements. Les périodes préhistoriques particulières sont désignées ordinairement par les noms des localités où ces périodes sont le mieux caractérisées. On a ainsi : la période acheuléenne (Saint-Acheul) ou chelléenne (Chelles, en Seineet-Marne), caractérisée par des outils de pierre, la présence des grands animaux (éléphant, mammouth), un climat doux et pluvieux ; la période moustérienne (caverne de Moustier eiiDordogne), caractérisée par un climat moins clément ; la période solutréenne (Solutré, en Saône-et-Loire), caractérisée par un climat froid, la disparition du rhinocéros, l'abondance du cheval ; la période carnacéenne (Garnac, en Morbihan), caractérisée par de beaux outils de pierre, le culte des morts et la prédominance des idées religieuses, les monuments mégalithiques (dolmens, menhirs, cromlechs), l'apparition du bronze et du fer, etc. Un grand nombre de sociétés d'anthropologie ou d'archéologie préhistorique ont été fondées, et les questions dont elles s'occupent ont été agitées dans de nombreux congrès. A St-Germain-en-Laye, à Mayence, à Berlin, à Stockholm, à Moscou, à Saint-Pétersbourg, etc., il existe des musées plus ou moins riches d'objets préhistoriques.
104G. — Historiographe. — L'usage, pour les Etats et les princes, d'avoir des historiographes, est très ancien ; ce qui montre bien leur préoccupation de sauver de l'oubli ce qui avait rempli leur existence. A Babylone, les secrétaires du roi écrivaient les actes de son règne, comme on le voit notamment par le livre d'Esther i. A Rome, les grands pontifes rédigeaient des annales pontificales. Nous retrouvons ces usages à la cour de France. Charles V confia à Pierre d'Orgemont la charge d'écrire l'histoire de son règne. Charles IX créa la charge d'historiographe de France. Mézeray, Racine, etc., furent historiographes de Louis XIV; Voltaire le fut un moment de Louis XV ; Fontenelle le fut de l'Académie.
1 VI, I et suiv.