‹ Somme des connaissances humainesChapitre 30 sur 49 · N" 1047. MYTHOLOGIE I · texte numérisé non relu

N" 1047. MYTHOLOGIE I

1047. — Mythologie. — C'est l'histoire des dieux et des héros. Elle rentre, pour une bonne part, dans l'histoire fabuleuse des origines de certains peuples : Grecs, Hindous, etc. ; elle appartient aussi à l'histoire des religions. Les fables (mythes) de la mythologie sont souvent absurdes ou révoltantes; elles ont donné lieu, chez les anciens eux-mêmes, à diverses interprétations : morales, historiques, philosophiques, qui toutes paraissent fondées, pourvu qu'elles ne soient pas exclusives. Les premiers législateurs, en effet, ont dû allier des symboles à leurs enseignements et à leurs prescriptions : de là l'origine morale des mythes. D'autre part, il arrivait que des héros étaient divinisés après leur mort et que les poètes embellissaient leurs exploits: de là l'interprétation historique des mythes levliémérismei. On peut trouver aussi, dans plusieurs d'entre eux, des essais d'explication des phénomènes de la nature ou des vérités philosophiques. A cette manière de voir se rapporte ce passage de la Métaphysique d'Aristote ' : « Une tradition, venue des anciens et de la haute antiquité, et transmise à la postérité sous forme de mythes, nous apprend que les premiers principes du monde sont des dieux, et que le divin embrasse la nature tout entière. Le reste a été ajouté fabuleusement, dans le but de persuader le vulgaire et afin de soutenir les lois et les intérêts communs >>. Enfin, tout près de nous, Max Muller a essayé d'expliquer les mythes comme de simples métaphores prises au sens littéral. On sait toute l'intluence que la mythologie grecque et romaine a exercée sur la littérature et les arts, auxquels elle a fourni souvent des allégories nobles ou gracieuses. Mais cette influence a été excessive, à la suite de la Renaissance, et coïncide avec une sorte de néo-paganisme. La mythologie comparée ou l'étude comparative des diverses mythologies des peuples, a jeté des lumières nouvelles sur l'origine de ces peuples et l'histoire de leurs religions s.

iO-48. — Chronologie. — Connaître les diverses manières dont les peuples ont conqUé le temps et daté les événements de leur histoire ; restituer ainsi aux faits historiques leur place et leurs rapports dans la durée : tel est l'objet de la chronologie historique. Elle est plus ou moins fondée elle-même sur la chronologie astronomique, qui a pour objet les divisions naturelles du temps : années, mois lunaires, solstices, éclipses, etc. La chronologie dislin gue les ères et, avec elles, les diverses époques ou étapes de la vie des peuples. Telles sont, dans l'histoire du peui)le de Dieu, la vocation d'Abraham et la sortie d'Egypte; dans l'histoire romaine, la fondation de Rome; chez les (jrecs, la première olympiade; chez les musulmans, l'hégire. L'ère chrétienne les domine toutes. Mais oUe n'a été adoptée, généralement, ([u'assez tard, puisque ce fut

' Livre XII. — * Cf. Des dieux, 3* volume ; Des religions, 19* volume.

Denys le Petit qui introduisit l'usage de compter à partir de la naissance du Sauveur J. Ajoutons à ces premières difficultés les complications apportées par les divers calendriers, et l'on comprendra que les chronologistes soient souvent embarrassés pour assigner les dates précises d'événements importants et d'ailleurs parfaitement historiques. Le plus célèbre des travaux de chronologie est VArt de vérifier les dates, des Bénédictins 2.

Anachronisme. — Il y a deux sortes d'anachronismes : les uns consistent à placer un fait avant sa date véritable fmétachronismej; les autres à le placer ajDrès fparachronismej. Denys le Petit a commis un parachronisme, consacré ensuite par l'usage, en plaçant la naissance du Sauveur quelques années après sa date véritable (de 4 à 7 ans). C'est par un anachronisme que Virgile fait de Didon une contemporaine d'Enée. Fénelon, dans le.Télémaque, s'est permis, pour enrichir son sujet, plus d'un anachronisme. En peinture, au théâtre, etc., c'est une sorte d'anachronisme de prêter à des personnages anciens des costumes ou des mœurs, un langage qui n'étaient pas de leur temps. Ces anachronismes dans l'art et la littérature étaient fréquents autrefois : on s'aj^plique aujourd'hui à les éviter.

1049. — Biographie. — C'est l'une des formes les plus attachantes et les plus instructives de l'histoire : aucune n'est mieux à la portée de toutes sortes de lecteurs. A ce genre appartiennent les vies des hommes illustres, chefs d'Etat, grands capitaines, philosophes, etc. Parmi les anciens, Xénophon, Quinte-Curce, Plutarque, Diogène Laërce, Cornélius Népos, Suétone, s'y sont distingués. Certains monuments historiques de nos jours ne sont que des recueils de biographies : ainsi le Dictionnaire de Moréri,la Biographie universelle des frères Michaud, la Nouvelle Biographie générale de F. Didot. La biographie peut se diviser en deux branches : l'une profane et l'autre religieuse. Celle-ci comprend des recueils, comme celui des Bollandistes, qui est incomparable, et toutes les vies de saints. Bien traitées et organisées méthodiquement, celles-ci composeraient la plus belle des histoires de l'Eghse. Car, s'il est vrai que l'histoire de l'humanité est celle de ses grands hommes, l'histoire de l'Eglise est celle des génies mêmes de la sainteté.

Hagiographie. — Elle a pour objet les choses saintes et plus particulièrement la vie des saints. Cette partie si importante de l'histoire religieuse et même de l'histoire générale trouve ses éléments principaux dans les Actes des martyrs, les Martyrologes de l'Eglise d'Occident et les Ménologes de l'Eglise d'Orient, les biographies écrites par des témoins ou des contemporains, les enquêtes et bulles de canonisation, qui existent depuis le xnie siècle. Il appar-

^ V. l'article suivant.

2 V. pour le temps, les mesures du temps, les calendriers, le 5o' volume.

N° 1050. AHCIIÉOLOGIE I2()

tient à la critique historique de puiser avec discernement à ces différentes sources et autres encore, qui sont de valeur fort inégale. Parmi les hagiographes qui se sont distingués dans cette œuvre difficile, il faut citer Baronius, auteur d'une revision du Grand Martyrologe romain (Rome i58(ij ; dom Ruinart, qui édita le texte latin des Actes authentiques des martyrs; Mabillon, Tillomont. Parmi les hagiographes des premiers siècles, il faut citer: S. Vthanase, Eusèbe, Pallade de Galatie, chez les Grecs; S. Jérôme, Rufin d'Aquilée, chez les Latins ; un peu plus tard, Grégoire de Tours et S. Grégoire-le-Grand >.

lOoO. — Archéologie. Archéologie chrétienne. — C'est la science de l'antiquité et du moyen âge, surtout d'après les arts et les monuments. Son domaine est donc très vaste et l'un de ceux où l'érudition peut se donner une belle carrière. Le premier enseignement public de l'archéologie est dû à Laurent de Médicis. Parmi les archéologues célèbres, citons : Montfaucon, Kircher, Hardouin, Muratori, Quatremère, les deux Champollion, de Saulcy, Lenormant, J.-R. de Rossi, qui découvrit et créa, pour ainsi dire, la science des catacombes. Il existe différentes Sociétés et Revues d'archéologie.

Cette science se divise, comme l'histoire elle-même, en sacrée et en profane ; elle se divise aussi comme les divers peuples dont elle étudie les origines : archéologie orientale ; archéologie grecque, romaine, carthaginoise, etc. L'une de ses divisions les plus importantes, qui intéresse extrêmement l'histoire ecclésiastique, est Varchéologie chrétienne, dont M. Marucchi précise l'objet en ces termes : <( L'archéologie chrétienne est une branche de l'archéologie générale ou, pour mieux dire, de l'archéologie <( gréco-romaine », puisque les anciens chrétiens, dont elle étudie les mœurs, les coutumes et les monuments, ont vécu au milieu de la civilisation du monde grec et romain. Il s'ensuit que l'on ne peut connaître à fond cette science, si l'on n'a pas au moins une idée un peu exacte de l'histoire de l'empire romain, de sa constitution, de la littérature ancienne, des anciens usages publics et privés, de l'histoire de l'art, enfin de l'épigraphie classique. On peut dire que l'archéologie chrétienne n'est autre chose que l'application des règles générales de l'archéologie à l'étude de l'ancienne société chrétienne dans toutes les manifestations de sa vie. L'archéologie romaine classique a ses limites chronologiques bien déterminées et connues de tous : elle prend Rome à ses origines et la suit jusqu'à la destruction de l'empire et à la domination des barbares. Il n'en va pas de même pour l'archéologie chrétienne ; or^ peut lui donner

' V. les hagiographes conlcmporaiiis et leurs œuvres dans le fiép. bibliog. — V. dans la partie historique, les œuvres des grands historiens,

11' vol. ÎJ

l3o ENCYCLOPÉDIE : II*" VOLUME

des limites différentes suivant les pays. A Rome, et dans les régions de l'ancien monde romain, où le christianisme se répandit de très bonne heure, même dès le premier siècle de l'empire, la période archéologique s'arrête au ix^ siècle ; on passe ensuite au moyen âge proprement dit. Au contraire, dans les pays éloignés du centre de l'empire, où le christianisme ne pénétra que plus tard et où presque rien n'a été conservé des souvenirs et des monuments primitifs, on peut prolonger jusqu'à une époque assez tardive les limites de l'archéologie chrétienne.

(( L'archéologie chrétienne, comme toute archéologie, a pour objet les monuments et tout ce qu'on peut apprendre en les étudiant. Elle comprend donc la description des usages religieux, civils, familiaux, sur lesquels les monuments peuvent jeter quelque lumière ; par conséquent, de la liturgie dans ses origines et son développement primitif. Toutefois, ce qui la constitue le plus essentiellement, c'est, d'une part : l'étude de l'art chrétien dans ses trois grandes manifestations, peinture, sculpture, architecture ; c'est, d'autre part : l'épigraphie, avec ses exi^ressions funéraires et ses formules de prière pour le repos de l'âme, témoins irrécusables de la foi des anciens chrétiens ; avec ses indications historiques et topographiques, précieuses pour l'histoire des martyrs, des papes, d'autres grands personnages, et même des édifices sacrés » i .

On voit, par ces dernières lignes, que l'auteur compte l'épigraphie 2 parmi les sciences archéologiques. Mais il fait remarquer luimême que d'autres archéologues la rainènent à la littérature, nous dirions plutôt la philologie. Leur opinion peut se soutenir. Mais il ne faut pas oublier que l'histoire et les lettres se rencontrent souvent sur les mêmes objets, bien que le but de chacune reste distinct.

Antiquaire. Etude des antiquités. — Cette étude se confond avec l'archéologie. Elle a donc pour objet tout ce qui concerne les temps anciens : usages, croyances, institutions, monuments, objets d'art, inscriptions, médailles, armes et autres instruments, objets antiques de toute nature. Elle se divise comme l'archéologie. De là les Antiquités chrétiennes, bibliques ; les Antiquités grecques, romaines, gauloises, teutoniques, britanniques, etc. Signalons, parmi les principaux ouvrages : le Dictionnaire des antiquités chrétiennes, de Martigny (1878) ; le Dictionnaire des antiquités bibliques, de de Saulcy (1857) ; le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, de Daremberg et Saglio (1878) ; les ouvrages de Maspero, Schlieman, Collignon, Lecoy de la Marche, etc. K — Autrefois, on don-

* Dictionnaire de théologie catholique. V. Archéologie chrétienne. M. Marucchi est l'auteur d'Eléments d'archéologie chrétienne. Dom Gabrol a entrepris la publication d'un Dictionnaire d'archéologie et de liturgie.

* V. plus bas io52. — ^ Pour les ouvrages récents, v. le Répertoire hibliog.

N° 1051. BIBLIOGRAPHIE l3l

nait le nom (Vanliquaire à tout homme appliqué à l'élude de l'antiquité, et beaucoup de Sociétés d'archéologie portent encore le nom de Sociétés d'antiquaires. La plus célèbre est la Société nationale des antiquaires de France, fondée en i8o5, sous le titre d'Académie celtique. Elle a publié des Mémoires et, depuis i858, un Bulletin trimestriel. Mais aujourd'hui le nom d'antiquaire est réservé d'ordinaire à des amateurs plus empressés à réunir des collections que judicieux dans leur choix. Les antiquaires ont donc plus d'un trait commun avec les bibliomanes. Walter Scott (dans V Antiquaire) les a raillés également.

iOol. — Bibliographie. — C'est la science des livres. Elle intéresse grandoincnt toutes les autres sciences et, en particulier, l'histoire, dont elle est une branche imi^ortante. Son domaine s'agrandit démesurément ou plutôt se renouvelle de jour en jour. On distingue la bibliograpliie littéraire et la bibliographie matérielle, c'est-à-dire celle du contenu des livres et celle du contenant ou du format, etc. La première intéresse le savant, qui ne doit pas cependant négliger la seconde, surtout quand il s'agit de manuscrits. Il se rencontre ici avec le libraire et l'amateur : de là, la bibliophilie, dont l'exagération est la bibliomanie. Citons, parmi les monuments célèbres et anciens de la bibliographie : la Bibliothèque de Photins (ix' s.). Mais déjà auparavant, les bibliothécaires d'Alexandrie et les grammairiens romains s'étaient servis de notices bibliographiques et de répertoires méthodiques. Aide Manuce fit paraître un catalogue universel, où les coimaissances humaines étaient divisées en cinq classes : grammaire, poésie, logique, philosophie, religion. Lw demi-siècle après, Robert Estienne puiiiiait un nouveau catalogue, où les connaissances humaines sont divisées en quatorze classes. En i5'»5, Conrad Gesner commençait, à Zurich, la publication de sa Bibliotheca universalis. Au xvii* siècle, l'abbé Drouyn, conseiller clerc au parlement de Paris, entreprit une Bibliographie universelle ; les '^-21 volumes manuscrits de son répertoire sont conservés à la Bibliothèque de l'Arsenal. Signalons aussi le Mare magnum de Francesco Maruccelli (1G25-1703) en i5 v(^l., et VOrbis litterarius de Savonarole, en 'lo vol. En même tenq)-^ se multipliaient les catalogues spéciaux et môme les catalogues de catalogues. Depuis lors la pioduction des livres n'a fait que s'accroître. La Bibliothèque nationale qui en recevait 2,000 en 1811, en reçoit aujourd'hui, dit-on, ()o, 000. La bibliographie, loin de se décourager, est plus llorissante que jamais. Avec le Manuel du libraire et de l'amateur des livres, de Brunet (iSa^), ouvrage classique, il faudrait signaler toutes les bibliothèques particulières, les bulletins, les revues, les répertoires bibliograpliiques, les catalogues de grandes librairies, en France et à l'él ranger. A Bruxelles s'est conslilué un office international de bibliographie qui préparc un Répertoire général.

l32 ENCYCLOPÉDIE l 11^ VOLUME

10S2. — Epigraphie. — C'est la science des inscriptions, l'ensemble des règles à suivre pour les lire et les interpréter. Les inscriptions laissées en si grand nombre par les peuples anciens, qui n'avaient pas les ressources de l'imprimerie pour transmettre leur pensée, sont une source historique précieuse. On leur doit des renseignements décisifs sur la chronologie, la biographie, la généalogie, la linguistique, l'administration, les usages et les mœurs des peuples disparus. Mais elles sont le plus souvent indéchiffrables pour le vulgaire. Aussi l' epigraphie exige-t-elle des connaissances linguistiques et historiques et une grande sagacité. On a publié de vastes recueils d'inscriptions grecques, latines, etc. Leblanc a publié les Inscriptions chrétiennes de la Gaule (i856-65) ; J.-B. de Rossi, les Inscriptiones christianœ Urbis Bomœ. On doit à M. Gagnât un Traité d'épigraphie latine, etc., i. L'une des cinq Académies qui forment l'Institut de France porte le nom d'Académie des inscriptions et belles -lettres. Elle date de i663 et porta d'abord le nom de Petite Académie : elle devait s'occuper des inscriptions, médailles et devises. En 1701, on ajouta à ce programme, un peu étroit, la description des antiquités et monuments de la France. Ses travaux sont considérables 2. Nous avons vu plus haut que beaucoup d'archéologues rattachent l'épigraphie à l'archéologie, mais que d'autres la rattachent aux lettres. M. Marucchi se prononce eu ces termes pour la première opinion : (( Certains archéologues refusent de considérer l'épigraphie en général, païenne ou chrétienne, comme une branche de l'archéologie et la rattachent simplement à la littérature : les inscriptions ne sont-elles pas des textes gravés sur le marbre au lieu d'être écrits sur le parchemin ou sur le papyrus? Cette opinion, mise en avant par une école allemande moderne, qui voudrait ne faire rentrer dans l'archéologie que les seuls monuments figurés, est inadmissible. Les inscriptions, si elles ont avec les textes écrits des caractères communs, n'en sont pas moins de vrais monuments au sens propre du mot ; d'ailleurs, à la différence des textes littéraires, elles font toujours partie d'un monument ».

d('53. — Diplomatique. Paléographie. — Ces deux connaissances, qui sont des annexes si indispensables de l'histoire ancienne et du moyen âge, sont enseignées notamment à V Ecole des Chartes. Reconnaître l'authenticité des chartes, diplômes et autres manuscrits, les lire, les comprendre et découvrir, s'il y a lieu, les altérations qu'ils ont subies : tel est l'objet de la diplomatique. Elle se borne donc aux monuments écrits. Ses principes, posés au xvi^ siècle, ont été appliqués par les Bénédictins, etc., en particulier par Mabillon, auteur du De re Diplomatica. La paléographie se confond, en par-

* V. Répertoire hibliog. Le même auteur publie VAnnée épigraphique. Voir aussi dans le même Répertoire, Table méthodique i4.

* V. Académie, institut, i8« volume.

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lie, avec la diplomatique : elle a pour objet les écritures anciennes, leurs origines et leurs modifications. Cette science a été constituée, pour ainsi dire, par Montfaucon K

1054. — Iconographie. — Cette autre branche de l'histoire et de l'archéologie a pour objet, ainsi que l'étymologie l'indique, toutes les images anciennes : dessins, sculptures, médailles, monnaies, anneaux, camées, bustes, portraits surtout, etc. Ceux-ci abondèrent à Rome, de même qu'en Grèce. Il existe plusieurs ouvrages d'Iconographie f grecque, romaine, chrétienne, des contemporains, etc.). En i5i7, parut llhistrium imagines, de Mazzochi: au x\iV s., Vlconografia des frères Canini (1O69), et celle de Bellori (i685). Au xix^ s., Visconti et Mongez ont publié une Iconographie grecque et romaine ; D'idron ( iS\3) et l'abbé Crosnier (18A8) ont publié des Iconographies chrétiennes. Guénebault a publié deux Dictionnaires iconographiques ^. — Par extension, on appelle iconographies des séries de dessins représentant le règne animal, végétal, etc. Mais alors celles-ci appartiennent à l'histoire naturelle et non plus à l'histoire proprement dite.

Iconologie. — L'Académie la définit : « Interprétation, explication des images, des monuments antiques ». Littré ajoute ces deux sens : « Explication des figures allégoriques et de leurs attributs ; en terme de peinture, l'art de représenter les êtres de raison par des emblèmes, par des figures allégoriques ». Ainsi entendue, l'iconologie se rencontre avec la symbolique.

S3rinbolique — La symbolique se dit non seulement de l'ensemble des symboles propres à une religion, à un peuple, mais encore de « la science qui expose ces symboles et qui essaye de les expliquer » (Acad. ) Les symboles étant d'un usage constant dans les anciennes religions de l'Egypte, de l'Inde, de la Grèce, etc., la symbolique fait nécessairement partie de l'histoire de ces religions et des peuples qui les professèrent. Elle rentre aussi, par là même, dans la mvthologie K Un ouvrage capital en cette matière est la Symbolique de Creuzer. M. Guigniaut l'a traduit sous le titre de Religions de l'antiquité.

lOoo. — Numismatique. — C'est une des branches les plus curieuses, les [>lus <léveloppées et les plus utiles de l'archéologie et de l'histoire, comme en témoignent les riches médailliers de nos musées et de certains particuliers. Grâce à elle, une foule de personnages historiques, des dates et des faits importants nous sont connus, qui seraient restés dans l'oubli. C'est depuis le xvr siècle que la numismatique a pris un grand développement. lUidée

* V. cuire autres, Gihy. Mniuiel de dijtlomaliijue; pROf. Manuel de paléographie. — * \. aussi RiAT, Catalogue de la collection des porlraits de la Bibliothèque nationale. — * V. mythologie 1047.

publia son traité De asse, à Paris et à Vienne (i 5 14-22). A la fin du XYiir siècle, Eckliel publia, à Venise, sa Doctrina nummorwn veterum (1792-8, huit vol.). Au xix" siècle, Mionnet publia sa Description des médailles antiques (1806 ■^'j), et les travaux de numismatique se multiplièrent, avec les autres recherches archéologiques et iconographiques. Une Revue numismatique se publie à Paris depuis i835. D'autres revues numismatiques paraissent à Bruxelles, à Londres, à Berlin, etc.

Glyptographie. — Larousse la définit : « Science qui a pour objet l'étude et la connaissance des pierres gravées antiques ». A cette science se rapportent la dactyliographie et la dadyliologie, description et science des anneaux et cachets antiques. De nombreux travaux ont été publiés sur ces matières. Citons seulement le Trésor de numismatique et de glyptique, de Gh. Lenormant 1.

IO06. — Blason. — Le blason ou art héraldique fait partie de l'histoire du moyen âge. C'est, en effet, à l'époque des croisades que les armoiries font leur apparition et se transmettent dans les familles nobles. Elles ne furent d'abord que les signes ou emblèmes adoptés par les chefs, pour se faire reconnaître sous leur armure et ralher leurs partisans au milieu du combat. Ces signes se compliquèrent bien vite, et le blason devint un art. Les Français le cultivèrent les premiers et avec le plus de succès. Aujourd'hui encore, les Anglais blasonnent en français. On a publié une foule de traités de blason, depuis celui du P. Menestrier (1682).

1057. — Métrologie. — Les poids et mesures ont varié beaucoup dans les divers temps et chez les différents peuples 2. De là une science historique très particulière : la métrologie. Elle embrasse de quelque manière toute l'histoire par l'un de ses côtés les plus pratiques.

1058. — Statistique. — Longtemps mêlée à la politique et aux autres sciences sociales, la statistique n'a été traitée spécialement qu'à partir de la moitié du xviir siècle. Etendue des Etats, population, criminalité, moralité, mouvement industriel et commercial : tels sont ses principaux objets. Elle ne néglige aucun des faits sociaux et s'attache à les exprimer par des nombres exacts. Il reste ensuite à bien interpréter ceux-ci, et c'est là seulement que consiste la véritable science. La statistique éclaire toute l'histoire contemporaine ; elle fournit aussi des renseignements indispensables à l'économie sociale, à la politique, etc. Il existe au ministère de l'intérieur, un bureau de statistique; il fut créé sous Napoléon par Chaptal. Des sociétés de statistique ont été fondées en France et à

* V. glyptique, 11' volume.

* Voir unités de mesure : mètre, gramme, livre, h']^ volume.

N" 1059. F.TiiNOGHAPiin: i35

l'étranger. Chaque année paraissent divers bulletins ou annuaires de statistique. L'un des plus remarquables, au point de vue politique, est VAlnianach de Gotha.

Démographie. — Née au xviir* siècle, cette science s'est développée surtout dans la seconde moitié du xiv' siècle, à mesure que se multipliaient les recensements de la population et autres publications officielles de statistique. La démographie, en elVel, est une branche de cette dernière, bien qu'on puisse la conqDter aussi parmi les sciences anthropologiques. Elle doit beaucoup aux travaux du docteur Hertillon, qui a systématisé les observations des statisticiens. On distingue la démographie statique et la démographie dynamique. La première observe l'état de la population, les groupes, les races qui la composent, l'état-civil des personnes (mariés, veufs, divorcés, etc.), le degré d'instruction, la moralité, etc. La seconde observe le mouvement de la population : le nombre des naissances, des morts, des mariages, des innnigrés, etc. On voit que la démographie appartient à l'histoire contemporaine et à la sociologie.

1059. — Ethnographie. Ethnologie. — L'ethnographie est une science complexe qui tient à la fois de la géographie, de l'histoire, de la psychologie et de la physiologie, de l'anthropologie. Elle considère, en effet, la manière dont les divers peuples sont distribués sur la surface du globe, leurs origines et leur propagation, leurs mœurs, leur langue ci leur religion, les dilVérentes races qu'ils ont formées, etc. De Quatrefages s'est distingué dans cette science; de même Mgr Leroy et d'autres missionnaires, pour l'ethnographie des plus anciens habitants de l'Afrique. D'après lîroca, Vetluwiiraphie est la description de chaque peuple en particulier, au lieu ([ue Vethnologie est la description de l'ensemble des races et de leurs rapports : la première est une analyse, et la seconde est une synthèse. Mais il parait plutôt que l'ethnographie est à Vethnologie comme la description ou l'histoire est à la science proprement dite. Considérées comme sciences naturelles, l'ethnographie et l'ethnologie rentrent dans la sociologie, entendue comme histoire naturelle de l'homme.

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