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l'autre. On comprend dès lors l'extrême importance du rôle d'interprète dans certaines circonstances. En Orient, les interprètes remj)lissent de véritables fonctions dans les ambassades, au cours des procès, etc. : on les appelle drogmans. Le drogman diffère du truchement, qui est un interprète sans caractère olTiciel. Il y a aussi, auprès des tribunaux français, des interprètes jurés ou traducteurs assermentés : ils sont choisis par le président i.
Interprétation. — Une traduction accompagnée de commentaires ou autres éclaircissements prend le nom d'/n^^rpr^/a/ion. Celle-ci est particulièrement nécessaire quand il s'agit de textes sacrés ou de textes de lois, conventions et traités, sujets à équivoque. L'interprétation 2 des textes sacrés prend le nom d'exégèse, d'herméneutique. Le Code civil a posé des règles d'interprétation des conventions 3 ; ce sont des règles d'équité et de bon sens.
Exégèse. Exégétique. — Les Grecs donnaient le nom d'exégètes à des iiit(Mj)rètcs olîiciels des rits, des oracles, des coutumes, etc. A .-Vthènes, ils étaient comme des jurisconsultes, que les juges consultaient dans les causes capitales. A l'époque alexandrine, les exégètes étaient des scoliastes, des commentateurs des grands écrivains. On réserve aujourd'hui ce nom aux interprètes des saints livres ♦. Mais, parmi ces interprètes, les rationalistes, qui traitent les livres saints comme des livres purement humains, ne diffèrent pas des autres exégètes profanes, et leur savoir n'a rien de commun avec la théologie. — En droit, on appelle méthode exégétique celle qui consiste à paraphraser les articles de loi, de manière à n'enseigner les principes qu'à propos de leurs applications. On préfère aujourd'hui la méthode contraire. — En grammaire, on appelle quelquefois exégétique la partie de la grammaire qui traite du sens, de rétymologie et de l'emploi des mots.
Massorètes. — C'est le nom donné aux docteurs juifs auxquels on doit la Massore 3, travail critique fiiit sur le texte de la Bible. L'objet de ce travail était de fixer, conformément à la tradition (massorahj, les ditlérentes leçons du texte, la lecture et la prononciation des mots. Les premiers massorètes étaient de la secte des Pharisiens. Ils divisèrent le texte en chapitres et en versets et rédigèrent des notes exégétiques. On leur attribue généralement les points-voyelles, dont la date d'origine est incertaine.
1061). — Ecrivains. — L'art d'écrire et l'art de parler. — L'art d'écrire est complexe et délicat entre tous. Sa finesse tient aux éléments mêmes dont il se sert, qui sont tous les mots et toutes les alliances de mots, les sens aux nuances si subtiles et les tournures en nombre infini dont se compose une langue. Quand celle-ci est
' Code d'inst. crim., art. 33a-3. — * V. looO et 1007. — ' .\rt. ii56-66. — * V. 1007 Exégèse biblique. — '•• V. Bible, a a* volume.
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riche, quelles merveilleuses ressources pour l'écrivain ! C'est par quelques sons fugitifs, ou plutôt par les signes graphiques qui les expriment et les font résonner de nouveau dans l'imagination, que l'écrivain habile s'empare de l'attention, de l'esprit, du sentiment et des passions de son lecteur et le conduit, pour ainsi dire» où il veut. On voit par là même la complexité de l'art d'écrire. Elle tient d'abord à cette variété même des moyens dont l'écrivain se sert ; elle tient ensuite aux ditTérents genres de littérature et de style. L'art d'écrire s'applique à tant d'objets, il répond à tant de besoins divers, qu'il est impossible d'en posséder également toutes les ressources. On n'écrit pas l'histoire comme le roman, ni le roman comme une dissertation philosophique. Autres sont les qualités de la prose et autres les qualités de la poésie. Les genres comportent des styles divers, et, dans le même genre, il y a place pour des variétés nombreuses. Bref, Fart d'écrire n'est pas moins complexe, à lui seul, que l'éloquence, la poésie et les autres connaissances qui demandent leur expression aux belles-lettres.
N'oublions pas cependant qu'il tranche vivement, à certains égards, sur l'éloquence ou l'art de la parole. L'orateur et l'écrivain ne réussissent pas, de tous points, par les mêmes moyens. Tel discours éloquent nous laisse froid à la lecture, et telle page excellente gagnera moins au débit qu'elle n'y perdra. On n'enseigne pas comme on écrit : mais le maître fait à la fois plus et moins que l'écrivain. Néanmoins, l'art d'écrire et l'art de parler ont cela de commun qu'ils emploient les ressources du langage, éveillent les idées et suscitent des images pour captiver l'attention d'un lecteur ou d'un auditeur, occuper sa pensée et le gagner. S'ils dilfèrent par ailleurs, c'est que la parole est fugitive et que l'écriture demeure : on ne peut que répéter ou expliquer la première, tandis qu'on peut revenir sur la seconde et s'y arrêter longuement. La parole a tous les avantages de la vie, mais aussi son caractère éphémère ; l'écriture a tous les avantages, avec tous les inconvénients, de l'immutabilité. La parole inspire et émeut davantage : l'écriture instruit mieux et provoque de plus longues réflexions i. Mais les deux arts sont souverains. L'art d'écrire est plus intellectuel. L'art de parler emprunte beaucoup à la déclamation, au débit, et, à ce titre, il prend place de quelque manière parmi les beaux-arts ; l'art d'écrire, au contraire, est tout littéraire et ne peut se séparer des belles-lettres.
Auteurs classiques. — A la Renaissance, on donna le nom de classiques à ceux des auteurs anciens qu'on regardait avec raison comme des modèles. Tels étaient, chez les Grecs: Homère, Sophocle, Euripide, Platon, Aristote ; chez les Latins, Gicéron, Virgile, Horace, Tite-Live, Tacite. Plus tard, on compta aussi, parmi les classi-
* V. sur la parole et lecrilure elles-mêmes le volume 20' et les suivants.
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ques, les auteurs modernes, en parliculierceux du siècle de Louis XIV, qui étaient remarquables comme les anciens par la distinction de la pensée et la perfection de la forme. Vers i83o, on opposa le genre romantique au genre classique '. Les romantiques prétendaient, et non sans quelque droit, s'atTranchirdu joug trop pesant de certaines traditions et de règles établies parfois arbitrairement. — Il ne faut pas oublier que, vers 200 av. J.-C, les alexandrins avaient déjà dressé un canon des auteurs classiques : il comprend plus de 60 noms. — En architecture, en sculpture, etc., on a distingué aussi le genre romantique du genre classique.
Logographes. — On a donné ce nom aux premiers prosateurs et annalistes ou chroniqueurs grecs : Phérécyde, Charon, Hellanicus, etc , qui se distinguaient des poètes épiques, surtout par l'emploi de la prose. Leurs récits avaient un caractère tout local : fondations de villes, généalogies, légendes. Ils sont antérieurs à Hérodote, qui fut le dernier des logographes et le premier des historiens, mais succèdent aux poètes mytluxfraphes, dont ils ne parviennent pas à corriger toutes les erreurs : leurs compositions, en effet, sont encore des recueils de légendes, de traditions plus ou moins altérées. — On a donné aussi le nom de locjographes à des orateurs judiciaires qui, à partir de la fin du v^ siècle av. J.-C, composaient des plaidoyers pour les plaideurs. La loi athénienne exigeait que chacun plaidât sa propre cause ; de là le métier des logographes, qui venaient en aide aux plaideurs incapables. 11 fut exercé souvent par de grands orateurs : ainsi Lysias.
Epistolographes. — Plusieurs écrivains ont excellé dans le genre épistolaire et nous ont laissé des recueils plus ou moins remarquables. Parmi les anciens on peut citer Pline le Jeune : parmi les modernes, M"'* de Sévigné, et. plus récemment, Louis Veuillot.
Polygraphes. — On donne ce nom aux auteurs qui ont écrit sur plusieurs matières, parfois les plus diverses. Citons, parmi les anciens : Xénophon, Platon, Aristote, Plutarque, Cicéron, Varron ; parmi les modernes : Bossuet, Fontenclle, Voltaire, Leibniz, Gœthe.
Encyclopédistes — Absolument on donne ce nom aux auteurs de l'Lncyclopédio du wni' siècle : Diderot, d'Alembert, Voltaire, Buflbn, Montesquieu, Condillac, Mably, Turgot, llelvétius, d'Holbach, Necker, Morellet, Mamiontel, Kaynal, Grimm, etc. Parmi ces écrivains, plu.sieurs sans doute n'entendaient pas donner des gages à l'impiété ; mais ils n'en collaborèrent pas moins à une œuvre mauvaise par ses tendances générales et son esprit, dont l'influence fut énorme, et qui prépara les malheurs de la Révolution, sans laisser par elle-même des germes de résurrection sociale *.
' Voir romantisme, naturalisme et doctrines littéraires, etc., 19* volume. » V. Encyclopédie looa.
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Editeur. — Aujourd'hui on entend le plus souvent par éditeur le libraire i qui publie l'ouvrage d'un auteur ; cette entreprise est surtout commerciale. Mais, sans compter que le libraire peut être doublé d'un artiste, d'un savant zélé et d'un propagateur intelligent, on entend aussi par éditeur l'érudit ou l'homme de lettres qui revise et publie les ouvrages d'autrui ou ses propres ouvrages. C'est ainsi que les éditeurs de l'antiquité et de la Renaissance furent des commentateurs et des philologues. Citons, dans l'antiquité : Aristarque et Démétrius de Phalère ; à la Renaissance, les Aide, les Estienne, les Elzévir. Plusieurs éditeurs de nos jours ont continué ces glorieuses traditions.
Commentateur. — Nous trouvons les premiers commentateurs à l'école d'Alexandrie; ils s'appellent Zénodote, Aristarque, etc., et exercent leur critique sur les poèmes homériques. A Rome, Donat et Servius commentent Térence et Virgile. Au moyen âge, des œuvres maîtresses, comme les quatre livres des Sentences de Pierre Lombard et la Somme de S. Thomas, sont l'objet de milliers de commentaires. A la Renaissance, les classiques grecs et latins ne sont pas moins commentés. Ils n'ont pas cessé de l'être de nos jours, parfois jusqu'au pédantisme. Les auteurs modernes : Corneille, Molière, La Fontaine, etc. ont été commentés à leur tour, et ils méritent de l'être. Nous devons signaler aussi les commentaires des codes et autres ouvrages de droit. Ceux des livres saints rentrent dans l'exégèse. Enfin certains mémoires historiques prennent le nom de Commentaires, mais sans que leurs auteurs prennent le nom de commentateurs : ainsi les Commentaires de César, de Montluc. Sans sortir des commentaires proprement dits, on distingue surtout les commentaires critiques et philologiques, qui portent sur la lecture du texte ; les commentaires exégétiques, qui en sont l'explication ; les commentaires littéraires, qui en font ressortir les mérites et les défauts.
Glossateur. — Les glossateurs sont ceux qui ont fait ou recueilli des gloses sur un livre. On a donné d'abord le nom de gloses à des mots vieillis ou difficiles à bien entendre, recueillis dans quelque auteur et expliqués : ainsi les Gloses d'Hippocrate. Mais la glose se dit le plus souvent de toute note explicative d'un passage obscur : elle est alors synonyme de commentaire. Elle en diffère cependant en ce qu'elle est moins libre, plus littérale. Les gloses étaient fort en vogue au moyen âge : elles portaient sur la Bible, sur le droit romain, etc. La Glose continue ou Grande Glose d'Accurse sur les Pandectes est l'une des plus célèbres 2.
Paraphraste. Métaphraste. — On a donné le nom de paraphrastes aux auteurs d'explications plus ou moins étendues d'un texte qui a besoin d'éclaircissement. Le paraphraste diffère du métaphraste,
* V. libraire, 26* volume — ^y Glose, glossaire, 22* volume.