‹ Somme des connaissances humainesChapitre 37 sur 49 · N° 1084. OPTIQUE · texte numérisé non relu

N° 1084. OPTIQUE

tre les nombres de vibrations qui donnent les diverses notes de la gamme ; Otto de Guéricke montra que le son ne se propage pas dans le vide ; le Père Kircher donna l'explication de l'écho. A .Newton on doit la théorie mathématique de la transmission du son fondée sur la seule élasticité des milieux ; d'autres mathématiciens donnèrent la théorie des cordes vibrantes. Plus récemment, on a réussi (Helmholtz, etc.) à éclaircir la question déUcate du timbre des sons, en particulier de la voix humaine. Par l'invention du phonographe (1877), Edison est parvenu à enregistrer la voix humaine et à la reproduire mécaniquement; et Bell, en se servant du fluide électrique, a réussi à la transmettre au loin par le téléphone.

Echoniétrie. — C'est, en particulier, la science ou l'art de construire les bâtiments (églises, salles de spectacle, etc.) selon les lois de l'acoustique, en calculant et en combinant la réflexion des sons 1 .

Téléphonie. — On donna ce nom, en i856, à un système de signaux acoustiques, qui d'ailleurs n'ont rien de commun avec le téléphone actuel. La téléphonie est appelée aussi télégraphie acoustique 3 .

108 i. — Optique. — Cette partie de la physique a pour objet la lumière, les couleurs et les manières dont elles sont perçues. On remarquera ses rapports avec la physiologie, qui étudie le mécanisme de la vue; avec la psychologie, qui traite du sens de la vue et de l'imagination qui lui correspond, facultés éminemment esthétiques. On voit par là môme les relations de l'optique avec la peinture, la sculpture et la plupart des beaux-arts. On distingue l'optique y <^omé/ri^«e et l'optique physique. La première, qui ne s'occupe pas de la nature delà lumière, correspond à la dioptrique (lumière réfractée , à la catoptrique (lumière réfléchie), et à la chromatique (couleurs) d'autrefois. A la seconde se rapportent l'étude des radiations, des interférences, de la ditTraction, de la polarisation, etc. L'optique s'est développée avec toutes les autres sciences physiques. Descartes fit connaître, dans sa Dioptrique, les lois de la réfraction. Huyghens, dans son Traité de la lumière, proposa la théorie des ondulations, conlr<\ïrc à la théorie de l'émission. >ewton, à qui on doit un Traité d'optique, découvrit la décomposition de la lumière par le prisme. Plus tard on découvrit l'analyse spectrale et la photographie, qui, à elle seule, est devenue une branche si importante de la science, de l'art et de l'industrie. Citons encore, parmi les opticiens : Fresnel, auteur de Mémoires; Helmholtz, auteur de l'Optique physiologique.

' Cf. architecture, 13* volume.

* V. plus bas télégraphie éleclrique. co86.

Perspective. — Science ou art, la perspective relève essentiellement de l'optique et de la géométrie. Indispensable dans le dessin, la peinture, l'architecture, etc., elle n'était pas ignorée des anciens ; mais ils n'ont laissé aucun ouvrage spécial sur cette matière. Elle a été créée de nouveau et longuement étudiée par les modernes. On distingue la perspective spéculative et la perspective pratique. Celle-ci est dite linéaire ou aérienne. La perspective aérienne ajoute à la forme des objets les nuances des surfaces K

1085. — Photographie. — Cet art, si perfectionné de nos jours, où il trouve tant d'applications utiles et intéressantes, fut inventé par Niepce et par Daguerre. Celui-ci découvrit la sensibilité de l'iodure d'argent. Grâce à d'incessants perfectionnements et à la découverte d'une substance extraordinairement sensible, le gélatino-bromure d'argent, on est parvenu à prendre l'image des objets en une fraction minime de seconde ; ce qui permet d'inscrire des mouvements même rapides (de là le cinématographe). Mais les applications, sinon les plus curieuses, du moins les plus utiles de la photographie, concernent l'astronomie, l'histoire naturelle, l'art de la gravure. Elle permet, en effet, de fixer, pour les observer à loisir, les phénomènes astronomiques, par exemple le passage de Vénus sur le soleil, qui se produit rarement ; elle a même permis de dresser une carte très détaillée du ciel, œuvre colossale, qui eût été, sans elle, au-dessus des forces et des facultés humaines. Elle rend de même au naturaliste les plus grands services pour ses observations microscopiques et autres. Enfm l'imprimerie, le dessin, la gravure, etc. bénéficient également de ses progrès : de là la photogravure, là photolithographie, etc. 2.

1086. — Electrologie, — On peut donner ce nom à la science générale de l'électricité. Cette science a trouvé de nos jours des applications aussi belles que nombreuses, comme en témoignent les instruments qu'elle a inventés et dont elle se sert : télégraphe électrique, téléphone, etc. 3. Les machines qu'elle met en mouvement se substituent déjà aux machines à vapeur ; nous lui demanderons bientôt, semble-t-il, la plupart de nos moyens d'éclairage et de locomotion. La science de l'électricité comprend : l'électrostatique et V électro-dynamique. La première s'occupe de l'électricité supposée en équilibre (attractions et répuisions, influence) ; la seconde s'occupe des phénomènes produits par les courants. La thermo-électricité s'occupe des courants thermo-électriques, c'est-àdire produits par la chaleur. U électro-magnétisme s'occupe des rapports entre l'électricité et le magnétisme, c'est-à-dire des actions et réactions des courants sur les aimants, et des aimants sur les cou-

* V. peinture, dessin, 12* vol. — ^ V^ lithographie, gravure, 12° vol. ' V. instruments de physique, 3/i' volume.

>" 1086. KLECTKOLOGIE 170

rants. Les travaux et les découvertes d'Ampère ont porté particulièrement sur ce point, h' électro-chimie est la science des applications de l'électricité à la chimie ; elle a spécialement pour objet les phénomènes de décomposition et de combustion déterminés par la pile électrique. L'industrie tire parti de ces phénomèmes pour la dorure, l'argenture, etc. (V. ci-après, galvanoplastie.) Vélectrométallurgie a pour objet l'extraction et l'aiTmage des métaux par les procédés électriques. U électro-biologie ou électro-physiologie s'occupe des phénomènes électriques qui accompagnent les actes vitaux. L'électro- thérapie a pour objet le traitement électrique des alTections morbides. Enfin on donne le nom d'électrométrie à l'ensemble des méthodes usitées pour mesurer les grandeurs électriques. A l'histoire des progrès de la science de l'électricité sont liés les noms des Galvani, des Volta, des Ampère, des Œrsted, des Edison, des Branly.

Télégraphie électrique. — Une des plus belles applications de l'électricité est celle qui a été faite aux télégraphes ou moyens de communiquer à de grandes distances par des signaux. Le télégraphe électrique a remplacé ainsi le télégraphe aérien, qui avait rendu néanmoins avant lui de grands services. La télégraphie électrique s'est perfectionnée depuis avec les appareils qui ont été successivement employés : télégraphe à aiguilles, à cadran, t. de Morse, t. de Hughes, etc. Tous ces télégraphes ont des fils conducteurs. Mais aujourd'hui que la télégraphie sans fil a été découverte et rendue pratique, grâce surtout aux travaux de M. Branly, on peut communiquer à d'assez grandes distances par de simples décharges électriques, qu'enregistre un certain appareil récepteur.

Galvanoplastie. — Cet art industriel consiste à précipiter, au moyen d'un courant électrique fourni par une pile ou une machine magnéto-électrique, un métal en dissolution saline sur des objets que l'on veut embellir, ou revêtir d'une couche protectrice, ou dont on veut prendre l'empreinte. Le métal le mieux employé est le cuivre ; mais on peut aussi dorer et argenter par des procédés analogues : de là le ruolz. Si l'objet que l'on veut recouvrir d'une couche métallique est mauvais conducteur de l'électricité, comme le plâtre, la gutta-percha, on le métallisé, c'est-à-dire ([u'avant de le plonger dans la dissolution saline et de le soumettre au courant, on le rend bon conducteur, en y appliquant, avec une brosse, de la plombagine en poudre impalpable.

1087. — Chimie. — Cette science s'occupe principalement de l'analyse et de la synthèse des corps, des lois numéri(pies de leurs transformations. Elle confine à la physique et commande la métallurgie, la teinture et d'autres arts industriels ; elle rend de grands services à l'agriculture, à la médecine, etc. Un dislingue la chimie théorique et la chimie appliquée. La première se subdivise en miné-

raie et organique ; la seconde, en industrielle, agricole, médicale, etc. On donne le nom de thermo-chimie à cette partie de la chimie qui étudie les phénomènes calorifiques dont s'accompagnent les réactions chimiques. M. Berthelot a formulé ses principes dans la Mécanique chimique.

Les chimistes distinguent l'analyse qualitative et l'analyse quantitative. Celle-ci cherche les proportions dans lesquelles les éléments d'un corps sont combinés ; celle-là cherche la nature même de ces éléments. Dans l'une et l'autre on emploie deux procédés : la voie sèche et la voie humide, selon que le composé et le réactif sont mis en présence à l'état solide ou à l'état de dissolution. A l'analyse chimique répond la synthèse chimique. Par celle-ci on entend non seulement la formation de composés qui n'existent pas dans la nature, mais encore la formation directe de principes immédiats qui entrent dans la composition des corps organisés. C'est l'une des belles découvertes de la chimie organique.

Bien qu'elle n'ait été constituée que dans ces derniers siècles, la chimie n'était pas ignorée des anciens. Les Egyptiens embaumaient les corps avec un art parfait : ils savaient préparer le sel ammoniac, la soude, le verre, le savon, le vinaigre, l'acide prussique, divers poisons et médicaments. Les Chinois ont fabriqué de bonne heure la porcelaine, le salpêtre, la poudre à canon, l'alun et diverses teintures. Les Grecs et les Romains, moins attirés vers les sciences expérimentales, surent néanmoins travailler les métaux, composer des alliages et diverses matières tinctoriales. Chez les Arabes et au moyen âge, l'histoire de la chimie se confond avec celle de l'alchimie. Parmi les chimistes les plus célèbres des derniers siècles, citons : Stahl, qui fit des recherches sur la combustion (système phlogistiquej ; Margraff, Scheele, Priestley ; Lavoisier, qui corrigea les erreurs de Stahl et fonda la chimie sur ce principe, que rien ne se perd, rien ne se crée ; Guyton de Morvean, qui introduisit la nomenclature chimique ; Berthollet, Fourcroy, H. Davy, Berzelius, Chevreul ; Dalton, auteur de la théorie atomistique ; H. Sainte- Claire-Deville, Dumas, Pasteur, Berthelot i.

Alchimie. — Science hermétique ou hermétisme. — On donne le nom d'alchimie à la chimie ancienne, souvent chimérique et même superstitieuse, comme l'astrologie, sa contemporaine. Elle cherchait \3i panacée ou le remède universel, destiné à prolonger indéfiniment la vie, et la pierre philosophale, ou la transmutation des métaux en or. Cette opération chimique par excellence était le grand œuvre. On peut regarder comme une sorte d'alchimie la chimie ou art sacré des Egyptiens. Elle rentrait dans la science hermétique ou hermétisme, que les prêtres se réservaient et que l'on disait remonter à Hermès Trismégiste. Au moyen âge et un peu

* V. les ouvrages de Berthelot, Wurtz, Frémy, etc., dans le Rép. bibliog.

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