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science, branche importante de l'histoire naturelle et, en particulier, de la physiologie. Elle est en relation étroite avec l'embryologie ou science de l'embryon et de son développement. On attribue, en effet, la plupart des monstruosités ou malformations, lamicrocéphalie par exemple, à certains arrêts de développement chez l'embryon. On distingue la tératologie en animale et en végétale. Il y a aussi une tératologie des cristaux. Isidore Geoffroy-Saint- Ililaire a écrit un volumineux Traité de tératologie.
Bactériologie. Microbiologie. — Cette science, qui a pour objet les organismes microscopiques, les bactéries, les microbes (d'où son autre nom, celui de microbiologie), fut soupçonnée dès que l'on connut l'existence des infusoires ; mais elle a été créée par Pasteur. Elle a pris aussitôt une extrême importance par le fait qu'une foule de maladies de l'homme, des animalix, des plantes, ont pour cause la propagation de ces organismes. Les bactériologistes recueillent ces germes de maladies, les isolent, les cultivent, les inoculent à des animaux et s'en servent comme d'un vaccin pour préserver ou guérir.
1092. — Médecine. — o,i. — Son objet, ses divisions, rapports avec les autres sciences. — Guérir les maladies, s'il y a lieu, et les prévenir dans l'état de santé, c'est tout l'objet de la médecine. Elle comprend donc, avec la patJiologie ou médecine spéculative, la tfiérapeiitique ou médecine pratique, et Vtiygiène ou prophylactique. A la médecine pratique s'ajoutent la chirurgie ou médecine opératoire et la clinique, qui est la médecine étudiée et enseignée au lit des malades, dans les hôpitaux. Reste encore la médecine légale, qui étudie les rapports de l'art médical avec la législation. Comme science, la médecine est en relation étroite presque avec toutes les branches de l'histoire naturelle, en particulier avec l'anatomie, la physiologie, etc. La pharmacologie, qui est son annexe naturelle, emprunte beaucoup à la botanique (plantes officinales) et à la chimie. Toutes ces connaissances rentrent de quelque manière dans les sciences médicales, auxquelles s'adjoint encore la médecine vétérinaire. Mais les relations supérieures de la médecine sont celles qu'elle entretient avec la psychologie et la morale. A ce sujet, on peut regretter que les médecins soient demeurés généralement trop étrangers aux connaissances philosophiques, morales et religieuses. De là le concours que beaucoup d'entre eux ont prêté à la cause du matérialisme, alors que leur influence pourrait être si salutaire. D'autres, en restant fidèles au spiritualisme, ont adopté des systèmes philosophiques faux ovi imparfaits : le vitalisme, l'organicisme, un animisme équivoque, etc.
0,2. — Son histoire. — Ces variations philosophiques font donc partie de l'histoire de la médecine. Cette histoire a une origine fabuleuse. L'inventeur et le dieu de la médecine, chez les Grecs,
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était Esculape : il avait son temple à Epidaure ; le serpent et le coq lui étaient consacrés. Ses descendants, les Asclépiadcs, cultivèrent le même art. Mais la science de la médecine ne fut constituée que par Hippocrate, qui montra la nécessité de l'observation et de la clinique et résuma les leçons de son expérience en des aphorisnies qui sont restés. Après lui, la doctrine médicale se rapetisse. Son propre gendre, Polybe, et les médecins suivants ramènent tout aux quatre humeurs : le sang, la pituite, la bile jaune et l'atrabile ; la santé résulte de leur juste rapport. De là Vhiinwrisme, auquel s'oppose plus tard le solidisine. Entre l'un et l'autre se tiendra un certain empirisme^ puis le méthodisme, Vrclectisme. Déjèi, à Rome, les méthodistes pratiquent souvent la saignée, à laquelle nos ancêtres avaient si souvent recours ; on y employa de bonne heure les sangsues. Après le Romain Celse, qui vivait au siècle d'Auguste et écrivit en huit livres un traité De re medica, survint Galien, qui éclipsa tous ses prédécesseurs et fut l'oracle de son art pendant plus de mille ans. Selon lui, le corps humain, comme le monde, résulte de quatre éléments : le chaud (feu), le froid (air), le sec (terre) et l'humide (eau) ; le sang est chaud et humide ; la bile, chaude et sèche, etc. Le mélange des humeurs constitue les divers tempéraments. De là un nouvel humorisme. Les Arabes cultivèrent à leur tour la médecine ; ils fondèrent en Orient et en Occident, à Bagdad et à Cordoue, des écoles célèbres. Au xi' siècle, est fondée en Italie l'école de Salerme : elle commente Hippocrate, Galien et laisse des aphorisnies. La médecine fait son entrée dans les Universités du moyen âge et les papes en organisent même l'enseignement : les écoles ou facultés de Paris, de Monlpellier, de Bologne, etc. deviennent célèbres. Au xvi* siècle, Paracelse s'élève contre l'autorité de Galien. Vers cette époque, on ne s'abstient plus de disséquer le corps humain par une crainte exagérée de profanation ; l'anatomie fait des progrès, dont prolile la médecine. Citons, parmi les médecins célèbres de ces derniers siècles: Sydenham. surnommé V Hippocrate antjlais ; HotTmann, qui explique tout par le mécanisme; Stahl, qui enseigne un certain animisme. Boerhaave, qui praticpie une sorte d'éclectisme; Rarthez. qui professe à MontpelHer le spiritualisme et le vilalisme ; Rroussais, ([ui exphtiue les maladies par l'irritation et les combat toutes par la méthode antiphlûyistifjuc ; Pinel et Esquirol, qui traitent par de meilleurs procédés les maladies mentales ; Ilahnemami, qui crée la médecine homéopathique, que plusieurs regardent comme ineiricace, mais inoireusive et analogue à la médecine expectante, celle qui se borne autant (jue jmssible à laisser agir la nature ; Claude Bernard, auteur de V Introduction à l'étude de la médecine expérimentale (i8t)5) ; l'abbé Knei])p, qui a inventé ou plutôt remis en vogue une méthode d'hydrothérapie. >'oublions pas Jeûner, l'inventeur de la vaccine (vers 1776; ; et Pasteur, dont les découvertes, analogues à
celles de Jenner, ouvrent de nouveaux horizons à l'art de guérir. En découvrant la cause des maladies contagieuses, le microbe, et en apprenant à guérir plusieurs d'entre elles (la rage, le croup, la diphtérie, etc.), par l'inoculation i, Pasteur a mis sur la voie de les guérir toutes. Ses découvertes ont conduit également à pratiquer les pansements antiseptiques, grâce auxquels tant de blessés sont arrachés à la mort, et une foule d'opérations chirurgicales rendues inoffensives.
0,3. — Le médecin; ses obligations professionnelles. — La profession médicale intéresse de trop près la santé publique pour qu'il ne soit pas nécessaire de la réglementer. D'après une loi de mars i8o3, nul ne peut exercer la médecine, sans diplôme : en violant cette loi, on est passible d'une amende envers les hospices. L'article 160 du Code pénal punit gravement les médecins qui délivreraient faussement des certiflcats de maladies ou d'infirmités propres à dispenser d'un service public, etc. En vertu de l'article 909 du Code civil, « les médecins qui ont traité une personne pendant la maladie dont elle meurt, ne peuvent profiter des dispositions faites en leur faveur ». On distingue les médecins civils et les médecins militaires. Ceux-ci, qui ont grade d'officier, selon leur classe, jusqu'au grade de général de division, se recrutent au moyen des Ecoles spéciales de Paris (Val-de-Grâce), et de Lyon. Un certain nombre de médecins civils remplissent des fonctions publiques : professeurs de facultés, médecins des hôpitaux, inspecteurs des eaux thermales, médecins chargés du traitement des indigents à domicile, etc. Ajoutons enfin que la profession médicale entraîne des responsabilités exceptionnelles et des devoirs de premier ordre (discrétion, dévouement, charité), que le médecin ne doit pas oublier 2 .
1093. — Pathologie. — Discerner les maladies et leurs symptômes, connaître leur cause ou leur origine, leur marche et leur traitement : tel est l'objet de la pathologie. De là ses différentes parties : Vétiologie, qui traite des causes des maladies, la symptomatologie ou diagnostic, dit aussi séméiologie ou séméiotique, qui traite de leurs signes ; la thérapeutique, qui indique le traitement. On divise aussi la pathologie en générale et en spéciale. Celle-ci comprend la pathologie chirurgicale ou externe, et la pathologie médicale ou interne.
Nosographie. Nosologie. — Bien que ces deux mots soient employés souvent l'un pour l'autre, cependant, à proprement parler, la nosographie est la description des maladies ; la nosologie en est
1 V. plus bas sérumthérapie.
* Voir les Encyclopédies ou Traités de médecine, et les ouvrages de déontologie médicale, dans le Répertoire bibliogr.