‹ Somme des connaissances humainesChapitre 43 sur 49 · N° 1033. PATHOLOGIE · texte numérisé non relu

N° 1033. PATHOLOGIE

l'étude et la classification. Pinel est l'auteur d'une Nosographie philosophique.

Clinique. — Pratiquée avec succès par Hippocrate, la clinique réapparaît au xiv= siècle, à l'époque de la création de nombreux hôpitaux par la charité chrétienne ; mais l'enseignement de la clinique n'est fondé que plus tard par van Swieten, à Vienne. Corvisart, Pinel et Desault la perfectioimèrent en France. Aujourd'hui les cUniques se sont multipliées. La seule faculté de Paris en compte seize, de médecine ou de chirurgie (^clinique médicale ou chirurgicale) ou pour diverses spécialités : accouchement, maladies mentales, etc.

Thérapeutique. — Cette partie de la médecine a pour objet le traitement des maladies ; ses préceptes portent sur le choix et l'administration des remèdes et autres moyens curatifs ' ; il lui appartient aussi d'indiquer les procédés chirurgicaux applicables dans les divers cas.

Hydrothérapie. — L'hydrothérapie n'est pas une méthode nouvelle ; car on la retrouve, quant au fond, à toutes les époques. Hippocrate et Celse en ont parlé. Mais elle a été proposée et pratiquée de diverses manières et avec divers succès. Un paysan de la Silésie, Pricssnitz, mort en i85i, la mit en vogue et fonda un établissement à Grœfenberg. L'eau froide y est administrée de toutes les manières, à l'intérieur et à l'extérieur : boissons, douches, bains, etc. Mais Pricssnitz était un empirique, et ce fut surtout Louis Fleury qui formula les règles du traitement hydrothérapique. Les succès de l'abbé Kneipp, curé de Wœrishofen, ont éclipsé ensuite tous les précédents. Plus de So.ooo malades ont fréquenté annuellement l'établissement de Wœrishofen. Quelle que soit sa forme, l'hydrothérapie est aujourd'hui plus que jamais appréciée.

Sérumthérapie. — C'est à Pasteur et à ses disciples ou continuateurs que l'on doit les principes de cette méthode de traitement des maladies virulentes. La sérumthérapie est devenue l'une des ressources les plus précieuses de la thérapeutique, et l'on peut en espérer des services encore plus grands ^.

Hygiène. — User sagement des choses, régler sa vie et tous ses exercices de manière à conserver la santé, tel est l'objet de l'hygiène. On distingue l'hygiène publi(]ue et l'hygiène privée. La première est l'objet delà législation et de la police sanitaire ; elle concerne l'alimentation publique, les marchés, les halles, les logements, les manufactures, la construction et l'entretien des égouts, les quarantaines à observer en cas de contagion à craindre de l'extérieur, etc. 11 y a, dans chaiiuc département, un Conseil d'hygiène publique, et à Paris, un Comité consultatif d'hygiène. \ diver*^ j)oinls

' V. remèdes, douches, etc., iS' volume. * V. remèdes, vaccination, etc., i5« volume.

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de vue, on distingue aussi l'hygiène générale et l'hygiène spéciale ; l'hygiène de l'enfance, scolaire, rurale, urbaine, industrielle, celle des prisons, des hôpitaux, etc. La division principale est tirée de la matière de l'hygiène, c'est-à-dire des choses dont l'homme jouit ou des fonctions qu'il exerce et des actes qu'il accomplit. Tout cela est assez bien compris dans les six groupes suivants, déterminés par Halle : i° les circumfusa ou choses environnantes (l'air, les astres, le climat) ; 2° les applicata (vêtements, bains, cosmétiques) ; 3° les ingesta (aliments, boissons) ; 4° les excréta (actions secrétoires et tout ce qui est rejeté de l'économie) ; 5° les gesta (actes, mouvements, habitudes, profession) ; 6** les percepta (perceptions, sensations, sentiments, passions, activité intellectuelle et morale). — L'hygiène a été bouleversée à la suite des découvertes de Pasteur et des progrès de la bactériologie. Connaissant mieux les agents de la contagion, on s'est appliqué à s'en défendre par les moyens appropriés. Delà les étuves et autres appareils de désinfection, les pavillons d'isolement pour les malades contagieux, etc. 1.

Cosmétique. — Cette partie de l'hygiène traite des cosmétiques et de leur emploi. On trouve des détails sur cet art dans les auteurs anciens : Ovide, Pline l'Ancien, Juvénal, Martial, etc. Criton, médecin célèbre du temps de Trajan, écrivit en grec un Traité des cosmétiques, qui n'a pas été conservé. Ovide écrivit un poème, Les Cosmétiques, dont il reste environ 260 vers.

Orthopédie. — C'est l'art de prévenir les difformités ou de les atténuer et même de les guérir : de là l'orthopédie préventive et l'orthopédie curative. La première relève de l'hygiène, et la seconde de la thérapeutique. Les principales difformités qu'attaquent les orthopédistes sont : la déviation de la colonne vertébrale, le torticolis, la luxation congénitale de la hanche, les pieds bots, les genoux cagneux, les jambes tortues. On a recours, poury remédier, à l'emploi d'instruments appropriés et à des opérations chirurgicales. Les moyens hygiéniques sont tous les soins qui conviennent à l'enfance, en particulier un bon mobilier scolaire. L'orthopédie ne date guère que du xviir siècle ; elle s'est développée à mesure que paraissaient se multiplier les infirmités qu'elle combat. L'orthopédie chirurgicale, en particulier, a progressé du même pas que la chirurgie.

Percussion. — La méthode d'exploration dite en médecine méthode de percussion, rend de grands services. Elle sert à faire connaître l'état de certains organes : le poumon, le cœur, le foie, la rate, l'estomac, l'abdomen, et à diagnostiquer ainsi un grand nombre de maladies. Elle se pratique avec l'extrémité des doigts ou le plat de la main, et beaucoup mieux d'une manière médiate, en interposant un ou plusieurs doigts de l'autre main ou en se ser-

* V. remèdes prophylactiques^ antiseptiques, i5« volume.

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vant d'un instrument particulier, dit le plessimèire. Indiquée par Avenbrugger, médecin de Vienne, mais négligée ensuite, la percussion a été mise en honneur par Corvisart et Laënnec. Elle est complétée par l'auscultation.

Auscultation. — Précieuse surtout pour le diagnostic des maladies de la poitrine et du cœur, l'auscuKation consiste à reconnaître l'état de l'organe par le bruit particulier qu'il fait entendre en fonctionnant à l'état de maladie ou dans l'état de santé. Pour ausculter, le médecin applique l'oreille sur l'organe qu'il veut connaître ; il peut ausculter aussi par le moyen du stéthoscope. Hippocrate n'ignorait point l'auscultation ; elle a été perfectionnée surtout par Laënnec, auteur d'un Traité de l'auscultation.

1094. — Chirurgie. — Inséparable de la médecine et regardée même comme une branche de la thérapeutique, la chirurgie exige cependant des connaissances spéciales et des aptitudes distinctes. Celles-ci sont assez bien indiquées par le proverbe ; Vieux médecin, Jeune chirurgien. Intervenir pour la guérison ou le salut du corps par des procédés manuels ou opérations, diviser ce qui était réuni ou réunir ce qui était divisé contre nature, retrancher, extirper ou extraire ce qui était nuisible : tel est l'objet particulier de la chirurgie. Connue des anciens, en particulier d'Hippocrate, appréciée par les Romains, qui avaient dans leurs légions des medici vulnerarii, négligée par Galien, mieux pratiquée par les Arabes, la chirurgie tomba plus d'une fois dans le charlatanisme, surtout lorsque sa pratique eut été interdite aux clercs. De cette époque datent les renoueurs, rebouteurs, la corporation des chirurgiens-barbiers. Elle a progressé beaucoup dans ces derniers temps, grâce au concours de l'anatomic, au j)erfectionnemcnt des instruments et de l'hémostase, grâce surtout à la découverte des ancsthésiques et des pansements antiseptiques. Les rayons Rœntgen sont venus ajouter encore à ses moyens d'information. Citons, parmi les chirurgiens célèbres : Fallope, Eustache ; Paré, créateur de la chirurgie moderne ; plus tard, Desault, Dupuytrcn, Larrey, Lisfranc. L'Académie royale de chirurgie, fondée en 1731, domina toute la chirurgie européenne pendant plus d'un siècle. Elle a publié des Mémoires.

Obstétrique. — Cest l'art de l'accouchement. Il était pratiqué par des sages-femmes à Rome, en (Jrèce, chez les Egyptiens, où nous voyons qu'elles refusèrent de se faire les complices du Pharaon, qui voulait faire périr tous les enfants mâles des Hébreux. Elles prétextèrent que les femmes des Hébreux savaient se sulTire et ne recouraient pas à leur ministère '. En France, au xviir siècle, les sages- femmes étudiaient à l'hùpital de la Maternité. Elles

» Exode, I.

doivent aujourd'hui suivre certains cours auprès des Facultés de médecine et ne peuvent exercer leur profession que dans les limites tracées par la loi.

Art dentaire. — Cet art, qui a progressé beaucoup, d'abord en Amérique, est devenu une spécialité importante, grâce au développement de toutes les branches de la chirurgie et aussi parle fait de l'extension des maladies, la carie en particulier, qui affectent les dents chez les peuples civilisés. Cet art relève de l'anatomie, de l'hygiène et, d'une manière générale, de la médecine, surtout lorsque des anesthésiqucs sont employés ; il exige aussi une certaine mécanique et une grande dextérité de main. Son exercice a été réglementé par des lois récentes. Les principales opérations dentaires sont : le limage, la cautérisation, \e plombage ou Vaurification, l'extraction. Avec la fabrication des pièces artificielles ou dentiers, le commerce des dents artificielles a pris de l'importance. On fait les fausses dents avec l'ivoire, les dents d'hippopotame, l'émail, etc.

Art de l'oculiste. — L'oculiste doit être médecin, pour bien connaître les sympathies de l'œil avec les autres organes. 11 doit être chirurgien, pour choisir les meilleurs procédés, les appliquer selon les cas et combattre les accidents qui peuvent être la suite de certaines opérations. Par le grand nombre des maladies qui affectent l'organe si délicat et si nécessaire de la vue 1, on juge facilement de l'importance et des difficultés de l'art de l'ocuhste.

Opérations chirurgicales. — Avec les progrès de la chirurgie, ses opérations sont devenues plus nombreuses, plus savantes et plus efficaces. Il n'est pas d'organe, pour ainsi dire, qui ne puisse être, et de plusieurs manières, l'objet d'opérations plus ou moins délicates. Signalons quelques-unes des principales ou des plus communes :

Ligature. — En chirurgie, on pratique des ligatures à diverses fins : pour faire une saignée, et alors on serre par une ligature la partie supérieure du bras ou du pied afin que le sang afflue dans la veine ; pour étreindre graduellement les tumeurs dont on veut amener la chute, et alors la ligature est permanente ; pour lier des artères dans les cas de blessure ou d'amputation, afin de prévenir des hémorragies qui pourraient être mortelles. On emploie, selon les cas, des bandes de toile, des cordonnets de soie, des fils métalliques, etc.

Inoculation. Vaccination. — En général, l'inoculation est toute introduction, dans l'économie, du principe d'une maladie contagieuse. Plus spécialement, elle consiste à prendre du virus variolique sur une personne légèrement atteinte et à l'introduire dans le corps d'une personne saine, afin d'y produire une variole bénigne et préservatrice d'une variole dangereuse. Mais cette inocula-

1 V. maladies : ophtalmie, cataracte, etc. 15*^ volume.

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tion elle-même n'était pas sans danger. Connue depuis longtemps en Asie et en Afrique, elle fut introduite à Constantinople en 1G73, puis importée en Angleterre et autorisée en France en 1674. Elle fut remplacée bientôt et avantageusement par la vaccination ', qui elle-même est une sorte d'inoculation. Le traitement de la rage selon la méthode pasteurienne et la méthode générale dite de sérumthérapie, se rapportent aussi à l'inoculation.

Saignée. — Elle est veineuse fphlèhotomiej ou artérielle fartériolomiej et se pratique, dans les deux cas, avec une lancette ; la saignée capillaire se pratique au moyen de sangsues ou de ventouses, etc. On distingue aussi la saignée générale et la saignée h-cale, selon qu'elle dégorge tout l'organisme ou un organe seulement. La saignée veineuse, qui est la plus ordinaire, se pratique généralement au pli du bras. Regardée autrefois connue un remède à peu près universel, la saignée est peut-être trop négligée de nos jours : on reconnaît cependant ses bons effets dans les cas de phlegmasies aiguës, de pléthore.

Transfusion du sang. — Elle fut pratiquée pour la première fois en 1666 par le docteur Emmercts, qui essaya par là de guérir un fou. Les accidents qui s'ensuivirent la firent condamner par le Châtelet. On l'a pratiquée depuis lors et avec plus de succès, mais pour fortifier les malades à la suite de pertes de sang considérables. Le sang transfusé doit provenir d'un individu de même espèce, et il faut le maintenir à la température du corps.

Artérintomie. — L'artériotomie ou saignée artérielle ne peut être pratiquée que sur certaines artères moins importantes et situées de façon que l'écoulement du sang puisse être facilement arrêté : telles sont les artères temporales superficielles et auriculaires postérieures, pour la compression desquelles les os du crâne fournissent un point d'appui.

Bronchotomie. — Elle peut se pratiquer de plusieurs manières : tantôt on ouvre seulement la trachée-artère ftrachéotomiej, tantôt le larynx f laryngotomie), tantôt les deux canaux à la fois /^trachéolaryngotomie). Cette opération, qui remonte à Asclépiade, peut se faire progressivement ou d'un seul coup de bistouri ; elle a pour but d'extirper quelque tumeur, ou d'extraire un corps étranger, ou seulement de permettre la respiration, dans les cas de croup, d'œdème de la glotte, etc. On doit maintenir la plaie béante, au moyen d'une canule, qui permet le passage de l'air.

Résection. — Elle consiste à retrancher une des extrémités articulaires d'un os ou quelque segment d'os malade. Elle est dite pathologique ou orthopédique. Celle-ci a pour but de remédier à quelque diirormité acquise ou congénitale.

Amputation. — Il y a plusieurs méthodes d'amputation : la plus

' V. vaccin, remèdes, i5e volume.

ancienne et la plus usitée est dite méthode circulaire. Les autres sont dites : à un lambeau, à deux lambeaux, ovalaire. L'amputation comprend l'incision des parties molles, la section de l'os au moyen d'une scie, la ligature des artères et le pansement. Lorsqu'un appareil prothétique doit être adapté au membre amputé, il faut rejeter la cicatrice hors du point d'appui de l'appareil. Grâce aux anesthésiques et aux antiseptiques, les amputations ont été rendues supportables et moins dangereuses. L'amputation qui se pratique aux points des articulations des membres est appelée amputation dans l'article, et quelquefois désarticulation.

Trépanation. — Elle consiste à percer les os, en particulier le crâne, au moyen du trépan, pour extraire ou redresser des fragments d'os, arrêter la carie, donner issue à un épanchement, etc. La trépanation a été pratiquée chez des peuples préhistoriques et, paraît-il, dans un but religieux. Abandonnée à cause de ses dangers, elle a été pratiquée de nouveau et avec succès dans les cas de blessure du crâne, de tumeurs intracrâniennes, d'épilepsie, etc.

Taille. Lithotomie, lithotritie. — La taille, dite aussi lithotomie, cystotomie, consiste à inciser la vessie pour en extraire les calculs. Elle était connue des anciens. 11 y a diverses méthodes de la pratiquer, et elle est encore en usage quand les calculs sont trop volumineux ou trop durs. Mais elle est d'ordinaire remplacée par la lithotritie, qui offre beaucoup moins de dangers. Connue des Arabes au xii'^ siècle et indiquée plusieurs fois depuis lors, l'idée de la lithotritie ou broiement des calculs dans la vessie, sans pratiquer aucune incision de cet organe, n'a été réalisée avec plein succès qu'au xix'^ siècle ^ .

Médecine vétérinaire. Hippiatrie. — Peu cultivée des anciens, bien que l'on trouve quelques indications dans les Géorgiques, la médecine vétérinaire a pris de nos jours une grande importance. L'agriculture lui doit la conservation de ses bestiaux et l'amélioration de leurs espèces. Tous les animaux domestiques profitent des progrès de cet art. Une de ses branches les plus cultivées est Vhippiatrie ou Vhippiatrique, appelée autrefois maréchalerie, médecine qui s'occupe spécialement de l'espèce chevaline. Dans l'armée, plusieurs vétérinaires sont attachés à chaque régiment de cavalerie ou d'artillerie. Bourgelat, auteur d'Eléments d'hippiatrique (1750) est regardé comme le créateur de cette branche de la médecine, qui est enseignée en France dans trois écoles spéciales : Alfort, Lyon et Toulouse.

1095. — Pharmacie, pharmaceutique. — Cette branche de la médecine a pour objet la préparation des médicaments, leur conservation et leur emploi. Longtemps confondue avec la médecine,

1 V. lithotome, instruments de chirurgie, S/je volume.

N° 1095. PHARMACIE IqS

alors que les médecins préparaient eux-mêmes les remèdes dont ils se servaient, cet art en est devenu distinct. Il relève étroitement de la botanique et de la chimie, auxquelles il emprunte la plupart des médicaments. La vente de ceux-ci fut longtemps laissée aux herboristes et aux épiciers-droguistes ; la vente des drogues fut ensuite réglementée ; plus tard vinrent les formulaires du Codex, qui régirent la pharmacie. Un Collège de pharmacie fut créé à Paris en 1677 ; il fut défendu de cumuler la pharmacie et le commerce de l'épicerie. Des Ecoles de pharmacie furent créées en i8o3. Aujourd'hui il existe en France trois Ecoles supérieures de pharmacie (Paris, MontpelUer, >ancy) ; quatre Facultés mixtes de médecine et de pharmacie (Lyon, Bordeaux, Lille, Toulouse) ; deux Ecoles de plein exercice (Marseille, Nantes; ; quatorze Ecoles préparatoires. A Lyon est rattachée l'école de médecine et de pharmacie militaire. Le titre de pharmacien de i" classe ne pont être conféré que par les Ecoles supérieures et les Facultés mixtes ; il donne le droit d'exercer la profession dans toute l'étendue du territoire français, d'enseigner dans les Ecoles de pharmacie et de remplir l'emploi d'otïîcier du service de santé dans l'armée de réserve et territoriale >.

Pharmacologie. — C'est l'étude de la matière médicale ou la description des médicaments : elle fait l'objet d'un enseignement spécial dans les facultés de médecine. Pharmaciens et médecins doivent connaître les caractères physiques, chimiques et médicaux des substances employées en thérapeutique.

Pharmacopée. — La rédaction de la Pharmacopée française est confiée à la Faculté de médecine et à l'Ecole de i)harniacie de Paris : c'est le Codex ou Formulaire officiel d'après lequel les médicaments doivent être préparés. La première édition date de 1748. Rédigé d'abord en latin, il fest aujourd'hui en français 2.

Toxicologie. — Cette partie de la médecine et de la pharmacie traite des poisons : elle les classe, reconnaît et étudie leurs etîets, détermine les moyens de les combattre. Indispensable à la médecine légale, elle éclaire la justice dans les cas d'empoisonnement criminel.

Embaumement. — Hormis les Grecs et les Romains, presque tous les peuples anciens ont pratiqué l'embaumement ; les Egyptiens en particulier l'ont pratiqué avec un art consommé, comme on le voit par les momies qu'ils ont laissées. Leurs opérations se réduisaient à vider le cadavre de ses viscères, à le soumettre à l'action prolongée du natroii, pour enlever la graisse et les parties muqueuses, h le bien laver ensuite, à le dessécher et à le soustraire à l'action de l'air au moyen d'un vernis et de bandelettes gom-

' V. commerce des remèdes, des plantes médicinales, apothicairerie, hertioristerie, aG' volume. — ' V. médicaments, i5* volume.

11' vol. 13

igd ENCYCLOPÉDIE : II* VOLUME

mées. Tombé en désuétude, rembaumement a été pratiqué de nouveau à partir du xvii'= siècle. Le procédé le plus simple consiste à injecter dans le corps, par une ouverture pratiquée à l'artère carotide, une solution de sulfate d'alumine. Le corps est ainsi soustrait à la fermentation putride et se dessèche. On évite néanmoins de l'exposer à l'humidité.

1096. — Botanique. — Connaître, décrire et classer toutes les plantes, tel est l'objet de la botanique. Il n'est guère de sciences qui rendent plus de services à l'humanité et puissent charmer autant ceux qui s'y appliquent. Elle comprend la botanique générale et la botanique spéciale. Celle-ci a pour objet la classification. Cellelà comprend la morphologie ou organographie et la physiologie végétales. Il convient d'ajouter, en outre, la botanique géographique, qui étudie la distribution des plantes à la surface de la terre ; et la paléontologie végétale, qui traite de la flore fossile. Bien que la botanique n'ait pas été étudiée par les anciens avec assez de méthode, il faut citer cependant Théophraste, Dioscoride, Pline le naturaliste. Tournefort le premier invente une classification (1694), basée sur la présence ou l'absence de la corolle. Linné, quelque temps après, refond les genres de Tournefort d'après les organes de la reproduction ; il simplifie la classification et la nomenclature, donnant à chaque genre un nom à part et désignant chaque espèce par un qualificatif ajouté au genre : il crée la langue botanique usitée aujourd'hui encore. Mais la classification de Linné, comme celle de Tournefort, était purement artificielle. Bernard de Jussieu (1759) et son neveu Laurent (1789) publient une nouvelle classification, qui conserve mieux les familles naturelles ; elle a contribué au bon succès des travaux entrepris par les botanistes qui ont suivi : Saussure, A. de Jussieu, Ad. Brongniart. Depuis lors, la science de la cryptogamie a été créée, pour ainsi dire, l'anatomie et la physiologie végétales sont mieux approfondies : bref, la botanique a bénéficié des progrès généraux des sciences naturelles 1.

1097. — Minéralogie. — Reconnaître, décrire et classer les minéraux, c'est-à-dire tous les corps inorganiques répandus à la surface ou cachés dans le sein de la terre, tel est l'objet de la minéralogie. Cette science est liée étroitement à la géologie. Comme le botaniste et le géologue, le botaniste doit explorer beaucoup la nature ; dans ses excursions scientifiques, il lui suffît de quelques instruments portatifs pour reconnaître à peu près toutes les espèces de minéraux. Ces instruments sont le marteau, une aiguille aimantée, une pointe d'acier, quelques acides, un chalumeau. Dès les origines, les minéraux furent plus ou moins connus, puisque

' V. règne végétal, description des plantes, Sg'-^a* volumes.

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