‹ Sonnailles et chansonnaillesChapitre 15 sur 40 · LE DERNIER FARD · texte numérisé non relu

LE DERNIER FARD

« Corne wilh me, in the silence of tlie night. »

Phœbe Sharps.

Le cœur qui brûle en ma poitrine, on le prendra, Pour le mettre en Rosace, au vitrail de la chambre Où le corps de ma Mie, inerte, embaumé d’ambre, Pour son dernier sommeil demain reposera.

La Rosace saignante, au soleil de décembre, Comme un cierge d’hymen, alors resplendira ; Poussant le lit pieux où la morte se cambre, Dans Taxe lumineux on le disposera.

Et de l’Astre divin la flamme sidérale Tamisant de mon cœur la pourpre triomphale. Clouera sur son beau front ma suprême douleur.

Cet éclair du Soleil, d’Amour dernier message, Irradiant soudain le virginal visage Mettra l’ultime Fard à l’ultime Pâleur. *

Triste enclos isolé, bas et louche d'entrée,

Presque Morgue et Charnier, quand ton portailbéant S’ouvre devant le char qui porte le néant De nos morts, tu deviens une enceinte sacrée.

Sur le marbre sanglant, de la chair massacrée Rien n’échappe à l’acier du scalpel souverain ; La Science poursuit son but noble et serein L’Amphithéâtre alors se nomme un Empyrée.

Et ces corps inconnus, aux blessures énormes, Cesmqscles en fouillis, ces chairs, ces os sans formes, Où l’avide Chercheur comme en un Livre a lu

Consacrent l'Immortel de l’œuvre poursuivie Et nous les saluons puisqu’en eux il a pu Arracher à la Mort le secret de la Vie.

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