NEURASTHÉNIQUES LECTEURS
Boutade
Toujours Musset , Byron, sont chers à nos mémoires, Nous relisons leurs vers et vénérons leurs gloires ;
Mais cela n’empêche pourtant Qu’ils n’aient souvent tressé la ronce avec la rose ; Dans leur chant âpre et fier, on sent, de la névrose Se glisser l’étrange serpent.
11 mord dans le baiser, ses ardeurs sont des fièvres, Il rend fous les cerveaux et met la bave aux lèvres, Comme après « Manfred » et « Rolla »
J’en ai vu s’appliquer — frémis, ô Thérapeute !
En compresses Darwin, en sinapismes Gœlhe Et prendre en potion Zola.
Ces lecteurs affolés, fantasques, lunatiques,
Bien plus que les auteurs sont des neurasthéniques.
Leurs soleils sont des éteignoirs,
Ponction les fait pleurer et défunt Paul Verlaine Hante le cauchemar de leur faridondaine Alors qu’ils révent de Chats noirs.