‹ Sonnets capricieuxChapitre 100 sur 259 · SYLVACANNE · texte numérisé non relu

SYLVACANNE

Un vent frémit dans les roseaux.

L'aurore perce le nuage; De l'abbaye, au bord des eaux, Elle blanchit la nef sauvage.

Le temps a fait plus d'un ravage Sur les piliers, dans les arceaux ; Il a jeté des nids d'oiseaux Sur les décombres d'un autre âge.

0 vieux cloître silencieux,

Tu ne berces plus dans les cieux

Tes belles cloches argentmes!

Tes moines dorment leur sommeil Mais les oiseaux ont un réveil.

Et chanteront toujours matines!

CHOSES DU PASSR. [ >:)

L'ABHEUV(3IR

Chasseur aiguillonné par la chanson des cailles, Sur ce plateau désert, toi qui les viens chercher, Vois-tu ces lits étroits creusés dans le rocher? Ces trous ont vu, jadis, de nobles funérailles.

C'est ici qu'ont dormi, tombés dans les batailles, Plus d'un baron suparbe et d'un vaillant archer. La longueur des tombeaux mesure encor les tailles Des chevaliers géants qui vinrent s'y coucher.

Puis les jours ont passé, piétinant sur la gloire ; \jQ temps a fait son œuvre au chevet des héros. Il a mis en poussière et l'armure et les os ;

Kt voilà que la fosse, aujourd'hui sans mémoire, iN'est plus qu'un abreuvoir où le ciel met ses eaux, Alin que l'Iiiron (elle au priuemps vienne y boire!

no SONNETS CAPRICIEUX.

X \ Il I CHATEAU ABANDONNÉ

On entre, el sous la voûte on a froid dès le seuil : Ces vastes murs sont pleins d'un étrange mystère; Les ombres du passé, dans un silence austère. Habitent la demeure et vous y font accueil.

De grands portraits d'aïeux, peints dans leur vieil orgueil. Sont là, gardiens pensifs du donjon solitaire: Et, quand vous traversez la salle héréditaire. Immobile assemblée, ils vous suivent de l'œil.

J'ai passé tout un jour dans cette morne enceinte ; Triste, et sentant parfois comme une sourde crainte^ Je m'y suis pas à pas égaré lentement.

Le silence y parlait avec sîs lèvres closes.

Et je prétais l'oreille à ce chuchotement

Qui me disait tout bas : (( Songe au néant des choses! »

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