LE BAIN DE LA MARQUISE
Dans le vieux parc désert et triste, où rien ne change, Chaque fois que je passe, à l'automne, je vois Un bain de marbre ancien, qu'aux beaux jours d'autrefois. Avait là, sous le chêne, une marquise étrange :
Aussi belle, a-t-on dit, mais moins chaste qu'un ange, C'est là qu'elle venait, pendant les tièdes mois, Se baigner, à midi, dans le calme des bois, Et peut-être y rêver aux amours de Fontange.
Les rossignols chantaient, les bois étaient fleuris, Le vent faisait silence, et l'onde diaphane A l'œil d'un Actéon livrait parfois Diane.
0 temps! fuite des jours! le parc tombe en débris, El, quand je passe au bord de ce bassin profane, Je ne vois plus au fond que des rameaux flétris!
i35 SONNETS CAPRICIEUX.